( 31 mars, 2014 )

Euthanasie

Dans une période ou tous les médias nous préparent mentalement à accepter une loi sur la « fin de vie », Monsieur l’Abbé Belmont à écrit un article très bien fait qui nous rappel certaine vérités, vous pouvez le trouver sur la page : http://www.quicumque.com/article-les-trois-mensonges-de-l-euthanasie-122250390.html, mais je tiens à vous le faire partager :

Les trois mensonges de l’euthanasie

Dans notre monde pris de folie et de rage autodestructrice, les pays les uns après les autres votent des lois    autorisant, promouvant et bientôt rendant obligatoire l’euthanasie. C’est ainsi qu’en Belgique, l’euthanasie des enfants est en passe d’être acceptée    par un gouvernement en folie.

Ce qui est étonnant, c’est que souvent les opposants à ces lois homicides ne savent comment argumenter pour    faire barrage à ce courant proprement diabolique, ou s’en tiennent au registre sentimental ou subjectif. Il faut leur montrer que la propagande pour l’euthanasie n’est qu’un enchaînement de    mensonges, et les en convaincre par des raisons vraies et permanentes.

1.  Mensonge sur le nom et la chose.     Euthanasie signifie, selon son étymologie, bonne    mort. En langage chrétien, la bonne mort, c’est la coïncidence entre l’état de grâce et la séparation de l’âme et du âme. Car de cette coïncidence dépendent l’éternité tout entière et donc    la « réussite » de la vie terrestre. La loi du salut éternel est la même pour tous, depuis Abel jusqu’au dernier homme qui mourra dans la conflagration finale du monde : pour aller    au Ciel, il faut mourir en possédant la vertu surnaturelle de charité (et donc nécessairement la foi théologale qui fait appartenir à l’Église catholique, et l’espérance qui en est la première     œuvre).

L’euthanasie qu’on nous propose consiste à mourir par suicide    (moyen le plus sûr pour aller en enfer, puisqu’il est non seulement un grave péché mais aussi la privation de la possibilité de faire un acte de contrition) ou par assassinat si l’on n’est pas consentant. Ce n’est même pas un assassinat en haine de la foi catholique (qui pourrait constituer un glorieux et salutaire    martyre), ce n’est qu’un acte crapuleux perpétré pour des motifs de fausse compassion ou d’intérêts inavouables.

Pis encore, l’euthanasie est le vol de la mort, de cet instant    précieux qui est le point d’orgue de la vie, son accomplissement. Soit qu’on vous tue sans votre consentement, soit qu’on vous persuade de vous laisser tuer, soit qu’on vous fasse sombrer dans    une inconscience… inconsciente, c’est toujours la dépossession de la mort qu’on induit… elle est pourtant l’événement le plus certain et le plus décisif de la vie, celui par lequel elle prend son    sens plénier.

L’honnête homme, celui qui, bien que privé de la lumière de la Révélation divine, veut vivre et mourir selon la    droiture naturelle (le peut-on sans la grâce de Dieu ?), l’honnête homme sait que par la seule lumière de la raison il ignore beaucoup de choses de la mort. Mais il sait avec certitude que    la mort n’est pas une fin, puisque son âme est spirituelle ; il sait qu’elle est l’accomplissement de la justice puisque sur cette terre la justice des hommes est infirme et partielle, voire    partiale. Tout en lui refuse cet homicide programmé qu’on lui vante sous le nom d’euthanasie : il ne peut voir dans les médecins qui la pratiquent que de tueurs à gage, puisque ce sont des    gens payés pour assassiner des innocents (et en cela l’euthanasie est comparable à l’avortement).

2.  Mensonge par confusion volontaire.     Les partisans de l’euthanasie confondent (font semblant de confondre) laisser mourir selon la    nature et provoquer la mort.

Pour conserver la santé et la vie, la (divine) loi naturelle nous oblige à employer les moyens ordinaires. Il y a dans cette notion de moyens ordinaires des éléments qui varient avec les époques et    avec les pays ; elle comporte aussi une nécessaire proportion avec les résultats escomptés. C’est un jugement qui relève de la vertu de    prudence, et qui requiert donc à son origine une ferme intention droite. Il peut y avoir dans cette notion de moyens ordinaires une zone de flou devant laquelle on reste indécis.

Il ne faut pas non plus négliger le fait que la vie humaine n’est pas un bien absolu : elle est ordonnée à    la gloire de Dieu et au bien commun de la société : elle peut être consacrée, elle peut être sacrifiée, elle peut être « réquisitionnée ».

Mais le principe n’en demeure pas moins clair. Qui n’emploie pas les moyens ordinaires pour maintenir sa vie et    sa santé se suicide ; qui prive autrui des moyens ordinaires de rester en vie n’est rien d’autre qu’un meurtrier.

Au contraire, personne n’est tenu, ni pour lui-même ni pour son prochain, d’utiliser des moyens    extraordinaires : ceux qui sont trop coûteux, trop éloignés, dangereux, laissant des séquelles graves. Là aussi, il faut modifier le jugement selon les époques, les pays, les possibilités.    C’est encore la vertu de prudence (et donc l’intention droite qu’elle requiert) qui en décidera.

Quand les moyens médicaux employés pour maintenir quelqu’un en vie deviennent très lourds ; qu’ils    empêchent d’autres personnes de bénéficier des soins qu’ils monopolisent ; qu’ils sont une charge excessive et paralysante pour une famille ; qu’ils comportent des risques graves :    il n’y a plus d’obligation de persévérer. On peut décider de « laisser faire la nature » sans la moindre faute morale. Et si la poursuite de la maintenance en vie devient vraiment    déraisonnable, il peut y avoir nécessité morale de cesser.

La charité chrétienne réclame cependant qu’on laisse au mourant l’occasion de recevoir les derniers sacrements    avant de laisser la nature faire son œuvre : c’est une réquisition de l’ordre divin des plus impérieuses.

Mais provoquer directement la mort, soit par un moyen « positif » comme une injection létale, soit    par la cessation des moyens ordinaires de maintenir en vie, est un homicide volontaire, un crime qui crie vengeance devant Dieu. Et c’est ce crime que les « euthanasiens » camouflent    derrière le refus de l’acharnement thérapeutique : ils le font en semant la confusion, en profitant de quelques cas limites qui se peuvent présenter et dans lesquels il est permis    d’hésiter.

C’est une forme de mensonge particulièrement exécrable parce qu’elle séduit les ignorants, trouble les esprits    faibles et même les autres (c’est le propre du sophisme), et annihile les clairs principes de la morale naturelle.

3.  Mensonge par insinuation    calomnieuse. L’euthanasie est réclamée comme le moyen nécessaire d’exercer le « droit à mourir dans la dignité ».     Mourir par suicide, mourir assassiné, mourir contre la loi de Dieu, contre la tendance la plus foncière de la nature humaine, mourir en méprisant le Jugement de Dieu… il y a une infamie de    prétendre que c’est « mourir dans la dignité ». L’euthanasie est une mort indigne, criminelle, abjecte.

Cette réclamation est en outre l’insinuation que tous ceux qui se consacrent au soin et au soulagement des    malades sans s’arroger le droit de vie et de mort sur eux, n’ont pas le souci de la dignité de ceux dont ils ont la charge ou n’y pourvoient pas. C’est renvoyer dans le néant le courage des    malades, le dévouement du personnel médical, la sollicitude des familles. Il y a ainsi quelque chose de particulièrement répugnant dans la réclamation de légaliser l’eutha­nasie, une ingratitude    fondamentale, le piétinement de toute vertu.

Une accusation contre la sainte Église catholique est souvent en filigrane dans les revendications du     « droit à l’euthanasie ». Aurait-on oublié que l’Église a inventé les hôpitaux ; que l’Église a fourni des millions d’âmes consacrées qui se sont dévouées aux malades, aux    mourants, aux infirmes, à tous les cas tragiques de la misère humaine (qui par ailleurs sont le fruit des péchés que l’Église est seule à combattre et à absoudre) ; aurait-on oublié que    l’Église, en rappelant et en urgeant la loi divine qui interdit de tuer, a été le plus puissant stimulant aux progrès de la médecine. C’est un oubli volontaire, et la raison est que l’Église est    la gardienne du droit naturel et le ministre de la charité divine, qui deux réalités que le monde a en horreur.

Pour connaître l’enseignement et la charité de l’Église – aussi incessante qu’ordonnée et délicate – il suffit    de lire le discours de Pie XII qui va suivre. Mais en attendant il faut conclure.

*

Le mensonge et l’homicide sont la marque distincte du diable : « Vous avez le diable pour père, et    vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été homicide dès le commencement, et il n’est pas demeuré dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le    mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur, et père du mensonge » (Jo. VIII, 44).

L’industrie de la perte des âmes est l’œuvre propre du diable, dans sa haine de Dieu et des    hommes.

La réduction en esclavage est la marque propre du démon et de ses œuvres. Or, chaque fois que les hommes    usurpent un domaine qui n’appartient qu’à Dieu, c’est un esclavage plus sournois et plus fatal qu’ils nous préparent.

La propagande pour l’euthanasie trouve sa source dans des puissances    qui ne sont pas de ce monde. Le combat à mener contre elle est, et doit être, un combat essentiellement surnaturel : prière, pénitence, confiance en Dieu, témoignage de la foi    catholique. Sans déserter les moyens naturels légitimes, sans mépriser les arguments de raison, sans chasser Dieu de l’ordre naturel (c’est la terrible tentation de nombreux opposants : si    on y cède, c’est un anéantissement des fondements de ladite loi et un blasphème), recourons à l’intercession de la sainte Vierge Marie, « forte comme une armée rangée en ordre de    bataille ». C’est elle qui vaincra, tant pour la splendeur de l’Église catholique que pour la régénération de la chrétienté.


Pie XII

Problèmes religieux et moraux de l’analgésie  

En 1956, des anesthésistes avaient posé au Pape trois questions sur le    bien-fondé de l’analgésie, l’atténuation ou la suppression de la conscience lors d’anesthésies générales ou du fait de l’emploi d’analgésiques centraux, et le traitement de la douleur chez les    mourants, fût-ce aux dépens de la lucidité du patient et de la durée de sa vie. Le 24 février 1957, devant une assemblée internationale de 500 médecins et chirurgiens réunis à Rome par le    professeur Gedda, président de l’Institut G. Mendel, Pie XII rappelait les techniques et pratiques utilisées de son temps, puis menait, à la lumière de la Révélation chrétienne, une    réflexion morale approfondie sur les attitudes que l’homme est appelé à avoir, selon les circonstances, face à la douleur et aux moyens de l’atténuer. Il analysait quand l’homme est tenu de    rester vigilant et quand il peut accepter de perdre la conscience et la maîtrise de lui-même.

Voici la transcription de la réponse que le Pape donnait à la    troisième question, relative à l’analgésie chez les grands malades et les mourants. Très précise, mais complexe, la fin de ce discours mérite d’être lue avec beaucoup de soin. Depuis 1957, les    techniques médicales ont évolué, mais les principes directeurs énoncés par Pie XII demeurent l’enseignement intangible du magistère de l’Église catholique.

[Troisième question : L’emploi des narcotiques est-il licite    pour des mourants ou des malades en péril de mort, à supposer qu’il existe pour cela une indication clinique ? Peut-on les utiliser même si l’atténuation de la douleur s’accompagne    probablement d’un abrégement de la vie ?]

L’emploi d’analgésiques chez les mourants…

Pour juger de cette licéité, il faut aussi se demander si la narcose sera relativement brève (pour la nuit ou    pour quelques heures) ou prolongée (avec ou sans interruption) et considérer si l’usage des facultés supérieures reviendra à certains moments, pour quelques minutes au moins ou pour quelques    heures, et rendra au mourant la possibilité de faire ce que son devoir lui impose (par exemple de se réconcilier avec Dieu). Par ailleurs, un médecin consciencieux, même s’il n’est pas chrétien,    ne cédera jamais aux pressions de qui voudrait, contre le gré du mourant, lui faire perdre sa lucidité afin de l’empêcher de prendre certaines décisions.

Lorsque, en dépit des obligations qui lui incombent, le mourant demande la narcose pour laquelle il existe des    motifs sérieux, un médecin consciencieux ne s’y prêtera pas, surtout s’il est chrétien, sans l’avoir invité par lui-même ou mieux encore par l’intermédiaire d’autrui, à remplir auparavant ses    devoirs. Si le malade s’y refuse obstinément et persiste à demander la narcose, le médecin peut y consentir sans se rendre coupable de collaboration formelle à la faute commise. Celle-ci, en    effet, ne dépend pas de la narcose, mais de la volonté immorale du patient ; qu’on lui procure ou non l’analgésie, son comportement sera identique : il n’accomplira pas son devoir. Si    la possibilité d’un repentir n’est pas exclue, on n’en possède toutefois aucune probabilité sérieuse ; et même qui sait s’il ne s’endurcira pas dans le mal ?

Mais si le mourant a rempli tous ses devoirs et reçu les derniers sacrements, si des indications médicales    nettes suggèrent l’anesthésie, si l’on ne dépasse pas dans la fixation des doses la quantité permise, si l’on a mesuré soigneusement l’intensité et la durée de celle-ci et que le patient y    consente, rien alors ne s’y oppose : l’anesthésie est moralement permise.

… et chez les malades inopérables ou    inguérissables

Faudrait-il y renoncer, si l’action même du narcotique abrégeait la durée de la vie ? D’abord, toute forme    d’euthanasie directe, c’est-à-dire l’administration de narcotique afin de provoquer ou de hâter la mort, est illicite, parce qu’on prétend alors disposer directement de la vie. C’est un des    principes fondamentaux de la morale naturelle et chrétienne que l’homme n’est pas maître et possesseur, mais seulement usufruitier de son corps et de son existence. On prétend à un droit de    disposition directe, toutes les fois que l’on veut l’abrégement de la vie comme fin ou comme moyen.

Dans l’hypothèse que vous envisagez, il s’agit uniquement d’éviter au patient des douleurs insupportables, par    exemple, en cas de cancers inopérables ou de maladies inguérissables. Si entre la narcose et l’abrégement de la vie n’existe aucun lien causal direct posé par la volonté des intéressés ou par la    nature des choses (ce qui serait le cas si la suppression de la douleur ne pouvait être obtenue que par l’abrégement de la vie), et si, au contraire, l’administration de narcotiques entraîne par    elle-même deux effets distincts, d’une part le soulagement des douleurs, et d’autre part l’abrégement de la vie, elle est licite ; encore faut-il voir s’il y a entre ces deux effets une    proportion raisonnable, et si les avantages de l’un compensent les inconvénients de l’autre. Il importe aussi d’abord de se demander si l’état actuel de la science ne permet pas d’obtenir le même    résultat en employant d’autres moyens, puis de ne pas dépasser, dans l’utilisation du narcotique, les limites de ce qui est pratiquement nécessaire.

Conclusion et réponse à la troisième    question

En résumé, vous Nous demandez : « La suppression de la douleur et de la conscience par le moyen des    narcotiques (lorsqu’elle est réclamée par une indication médicale) est-elle permise par la religion et la morale au médecin et au patient (même à l’approche de la mort et si l’on prévoit que    l’emploi des narcotiques abrégera la vie) ? » Il faudra répondre : « S’il n’existe pas d’autres moyens et si, dans les circonstances données, cela n’empêche pas    l’accomplissement d’autres devoirs religieux et moraux : oui. »

Comme Nous l’avons déjà expliqué, l’idéal de l’héroïsme chrétien n’impose pas, au moins d’une manière générale,    le refus d’une narcose justifiée par ailleurs, pas même à l’approche de la mort ; tout dépend des circonstances concrètes. La résolution plus parfaite et plus héroïque peut se trouver aussi    bien dans l’acceptation que dans le refus.


L’enseignement de Pie XII est tout entier sous-tendu par trois vérités indubitables :

–  la vraie vie n’est pas celle que nous connaissons ici-bas ; la vie véritable est la vie du    Ciel, la vie de béatitude dans la gloire de Dieu, vie commencée ici-bas dans la grâce sanctifiante. Et donc la première chose dont on se doit préoccuper, c’est l’âme du malade du défunt qui doit    se préparer au jugement de Dieu, en rentrant en grâce si cela est nécessaire, en se purifiant et en grandissant dans la charité ;

–  ni la souffrance ni la mort ne sont le mal absolu ; le mal absolu, celui qu’il faut fuir sans    condition, c’est le péché. La souffrance et la mort peuvent (et doivent) être l’occasion d’un grand amour de Dieu, d’une efficace expiation des péchés, d’un total abandon à la sainte volonté de    Dieu, et d’une particulière union à Jésus-Christ souffrant et mourant ;

–  La loi naturelle est une loi divine directrice et intangible, qui laisse une place notable à la    compassion, à la prudence, à la conviction que tout le monde n’est pas capable d’héroïsme, ou que celui-ci prendra çà ou là des formes différentes.

( 25 mars, 2014 )

Révélations à Sainte Faustine (Kowalska)

(source : http://www.seraphim-marc-elie.fr/article-34532607.html)

soeur-faustine

Fin octobre 1936, Sœur Faustine dut descendre en enfer, lieu d’horreur, afin d’en rendre compte. Elle écrit    dans son journal :
<< Aujourd’hui, un ange m’a conduite dans les abîmes de l’enfer.    C’est un lieu de grande souffrance, d’une étendue affreusement grande. Les différents tourments que j’y ai vus sont les suivants :     le premier tourment, qui constitue l’enfer, c’est la perte de Dieu ;     le deuxième, les reproches permanents de la conscience ;     le troisième, le fait que cet état soit immuable ;     le quatrième est le feu qui dévore l’âme sans la détruire ; c’est un tourment épouvantable, un feu allumé par la colère de Dieu ;     le cinquième tourment, c’est l’obscurité permanente et une puanteur abominable ; bien qu’il fasse nuit, les démons et les âmes damnées se voient les uns les autres ; ils voient la méchanceté des    autres et aussi leur propre méchanceté ;     le sixième tourment est la compagnie incessante de Satan ;     le septième, le désespoir épouvantable, la haine envers Dieu, les médisances, malédictions et outrages.
Ce sont les tourments que tous les damnés endurent en commun, mais ce n’est pas tout. Il y a aussi les tourments particuliers des sens. Ce avec quoi une âme a péché, c’est par là qu’elle est    torturée de manière épouvantable et indescriptible. Il existe des cavités affreuses et des abîmes de la torture où chaque tourment diffère des autres.
Au vu de cette souffrance abominable, je serais morte si la toute-puissance du Seigneur ne m’avait soutenue. Que le pécheur sache que c’est avec l’organe des sens, par lequel il a péché, qu’il    sera torturé pendant toute l’éternité. J’écris cela sur ordre du Seigneur, afin qu’aucune âme ne puisse s’excuser en prétendant qu’il n’y a pas d’enfer, ou bien que personne n’y est allé et que    l’on ne sait pas ce qui s’y trouve.
Moi, Sœur Faustine, je me suis trouvée dans l’abîme de l’enfer sur ordre du Seigneur afin de témoigner que l’enfer existe. Je ne peux pas en parler maintenant, car l’ordre du Seigneur est que je    fasse une déposition écrite. Les démons étaient remplis de haine à mon égard mais, à cause de l’ordre du Seigneur, ils durent m’obéir. Ce que j’ai écrit n’est qu’un faible reflet de ce que j’ai    vu. J’ai pu remarqué que la plupart des âmes qui s’y trouvent sont celles qui n’ont pas cru à l’enfer.
Après être revenue à moi, je ne pouvais pas me remettre de l’effroi causé par la vue des souffrances des âmes là-bas. C’est pourquoi je prie maintenant encore plus intensément pour la conversion    des pécheurs. J’implore sans cesse la miséricorde divine en leur faveur.>>
<< Pendant un instant >>, ainsi écrit-elle le 9 février 1937, << le Seigneur m’a montré les péchés commis aujourd’hui dans le monde. J’ai eu si peur que je me suis évanouie.    Bien que je connaisse la profondeur insondable de la miséricorde divine, j’ai été surprise que Dieu permette au monde de continuer à vivre ainsi. Aussi m’a-t-il fait comprendre que les élus    constituent un contre-poids. Lorsque leur nombre sera complet, ce sera la fin du monde…>>
<<  Ma fille, parle au monde de ma Miséricorde insondable. Je désire que la fête de la Miséricorde divine devienne le refuge de toutes les âmes, et surtout celui des pécheurs. Ce jour-là,    toute la plénitude de ma Miséricorde se déversera. Je verserai tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de cette source. Celui qui se confessera et communiera en ce jour, obtiendra    la rémission complète de ses péchés et des punitions qu’ils entraînent. Que personne ne craigne de venir à moi, même si ses péchés étaient les plus répréhensibles. Je désire que ce jour soit fêté    le premier dimanche après Pâques.>>
<< Jésus m’a commandé d’écrire une neuvaine et de la prier pendant les neuf jours précédant la fête de la Miséricorde. Il faut la commencer le Vendredi-Saint. >>

Neuvaine:

Je désire me transformer toute entière en Votre miséricorde et être ainsi un vivant reflet de Vous, ô Seigneur; que le plus grand des attributs divins, Votre insondable miséricorde, passe par mon âme et mon coeur sur le prochain.  

Aidez-moi, Seigneur, pour que mes yeux soient miséricordieux, pour que je ne soupçonne et ne juge jamais d’après les apparences extérieures, mais que je discerne la beauté dans l’âme de mon prochain et lui vienne en aide. 

Aidez-moi, Seigneur, pour que mon oreille soit miséricordieuse, afin que je me penche sur les besoins de mon prochain et ne reste pas indifférente à ses douleurs ni à ses plaintes.  

Aidez-moi, Seigneur, pour que ma langue soit miséricordieuse, afin que je ne dise jamais de mal de mon prochain, mais que j’ai pour chacun une parole de consolation et de pardon.  

Aidez-moi, Seigneur, pour que mes mains soient miséricordieuses et remplies de bonnes actions, afin que je sache faire du bien à mon prochain et prendre sur moi les tâches les plus lourdes et les plus déplaisantes.   

Aidez-moi, Seigneur, pour que mes pieds soient miséricordieux, pour me hâter au secours de mon prochain, en dominant ma propre fatigue et ma lassitude. Mon véritable repos est dans le service rendu à mon prochain.   

Aidez-moi, Seigneur, pour que mon coeur soit miséricordieux, afin que ressente moi-même les souffrances de mon prochain. Je ne refuserai mon coeur à personne. Je fréquenterai sincèrement même ceux qui, je le sais, vont abuser de ma bonté, et moi, je m’enfermerai dans le Coeur très miséricordieux de Jésus. Je tairai mes propres souffrances. Que Votre miséricorde repose en moi, ô mon Seigneur.

O mon Jésus, transformez-moi en Vous, car Vous pouvez tout.

 

<< S’il la prie une fois, même le pécheur le plus endurci recevra beaucoup de grâces de ma Miséricorde infinie.>>
<< Malgré ma passion amère, beaucoup d’âmes se perdent. Je leur lance la dernière bouée de sauvetage. C’est la fête de ma Miséricorde. S’ils ne louent pas ma Miséricorde, ils se perdront    pour l’éternité.>>
Extraits du Journal de Sr. Faustine (* 1905 – † 1938),
rédigé à la demande de son confesseur, Prof. Michael Sopocko
Jésus: << Porte au monde l’annonce de ma grande et insondable miséricorde. Prépare le monde à mon second Avent. Avant que je ne vienne comme juge, j’ouvre encore une fois tout grand les    portes de ma miséricorde.
Les flammes de ma miséricorde me dévorent : je me sens poussé à la déverser sur les âmes.
Des fleuves d’amour s’écoulent de toutes mes plaies, et surtout de mon cœur.
Pour punir, j’ai toute l’éternité, mais à présent je prolonge encore le temps de ma miséricorde. Je ne punis que si l’on m’y oblige. Je désire que les pécheurs viennent à moi sans aucune crainte.    Les grands pécheurs ont tout particulièrement droit à ma miséricorde. Je me réjouis lorsqu’ils prennent refuge en ma miséricorde. Je les inonde d’amour, bien au-delà de leurs attentes…
C’est pour eux que je suis venu sur cette terre ; pour eux que j’ai versé mon sang. Je ne peux punir celui qui s’en remet à ma miséricorde.
Aucun péché, même si c’était un abîme de méchanceté, ne pourra épuiser ma miséricorde ; car plus on y a recours, plus elle se répand en abondance.
Le pécheur qui viendra se réfugier en ma miséricorde me glorifiera et honorera mes souffrances, fussent ses forfaits noirs comme la nuit. A l’heure de sa mort, je le défendrai moi-même comme mon    honneur.
Le plus grand pécheur désamorce ma colère lorsqu’il fait appel à ma compassion. Je lui fais droit par ma miséricorde insondable et infinie.
Je suis saint, et le moindre péché m’est en horreur mais, quand les pécheurs regrettent leurs fautes, ma pitié est sans limite. Je les poursuis de ma miséricorde sur tous leurs chemins.    Lorsqu’ils trouvent en moi leur patrie, j’oublie toute amertume et me réjouis de leur retour. Dis-leur que je ne cesse jamais de les attendre : je tiens mon oreille contre leurs cœurs pour    entendre le moindre battement en ma faveur. Je les poursuis par les reproches de leurs consciences et les épreuves, par la tourmente et l’éclair et par l’appel de l’Eglise : mais s’ils repoussent    toutes mes grâces, je les abandonne à eux-mêmes et leur donne même ce qu’ils désirent.
Celui qui ne veut pas entrer par les portes de ma miséricorde devra comparaître devant ma justice.
Je me réjouis lorsque quelqu’un me demande beaucoup ; car je suis poussé à donner beaucoup, et toujours plus. Ceux qui ont le cœur étroit, qui demandent peu, me consternent.
Annonce, ma fille, que je suis tout amour et pitié : chacun, s’il s’approche de moi avec confiance, reçoit ma grâce en telle abondance qu’il ne peut la contenir et qu’elle rayonne autour de lui    sur les autres. Lorsqu’une âme loue ma bonté, Satan tremble et s’enfuit au plus profond de l’enfer.
Dis aux prêtres, qui s’efforcent de devenir des apôtres de ma miséricorde, que je confère à leurs paroles une force de conviction irrésistible et que je toucherai les cœurs de ceux auxquels ils    s’adresseront.
Rien ne me blesse plus que le manque de confiance d’une âme consacrée à Dieu : son infidélité me transperce le cœur. Les péchés qui consistent à douter de ma bonté me touchent de la façon la plus    cruelle. Croyez au moins à mes plaies !
Les âmes, dans le monde et dans les monastères, qui m’aiment sans retenue, réjouissent mon cœur et le regard de mon Père repose sur eux avec bienveillance. Ce sont eux qui opposent une digue à la    justice et qui ouvrent les vannes de ma miséricorde. L’amour de ces âmes continue de porter le monde.

( 25 mars, 2014 )

NEUVAINE À SAINT JOSEPH

Saint Joseph

Ô, Saint Joseph, protecteur si grand, si fort, si prompt car vous êtes près du trône de Dieu, je vous confie mes besoins et mes désirs.

Ô, Saint Joseph, aidez-moi par ta puissante intercession, et obtenez-moi de ton Divin Enfant toutes les bénédictions, par Jésus-Christ notre Seigneur afin que, grâce à votre pouvoir céleste ici-bas, je puisse rendre hommage au plus aimant des Pères.

Ô, Saint Joseph, je n’ai aucune crainte lorsque je vous regarde avec Jésus endormi dans vos bras ; je n’ose pas m’approcher lorsqu’Il repose sur votre cœur. Serrez-Le en mon nom et baisez Sa belle Tête pour moi et demandez-Lui de me rendre mon baiser lors de mon dernier soupir.

Ô, Saint-Joseph, Patron des âmes désespérées, priez pour moi.  Amen !

——–

Cette prière a été trouvée à la cinquantième année de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. En 1505, le pape Jules II l’envoya à l’empereur Charles qui partait en guerre. Quiconque lira cette prière, ou l’entendra ou la gardera sur soi, ne mourra pas subitement, ni ne se noiera, ni ne mourra des effets du poison ; nul ne tombera non plus entre les mains de l’ennemi, ne périra pas dans un incendie, ni ne sera vaincu en bataille.

La dire neuf matins consécutifs pour obtenir n’importe quelle faveur. Elle a toujours été exaucée. Il faut donc s’assurer de vraiment désirer ce que l’on demande.

(source :http://trinite.1.free.fr/prieres_ch_neuv_lit/neuv_joseph_julesii.htm)

( 18 mars, 2014 )

MAGDALENA de la CROIX, ses révélations sur les saints Anges

Texte tiré de la page : http://voiemystique.free.fr/ancilla_domini.htm

Esquisse biographique Quelques extraits

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Ce petit livre a été tiré des expériences mystiques de Mechtilde Sch. Cette âme privilégiée appartenait à la pieuse Association de Saint Grignon de Montfort, et lors de son admission elle reçut ce nom de Magdalena de la Croix.

        C’est ainsi qu’elle se nomme elle-même dans ses écrits mais le plus souvent encore elle signe simplement : “Ancilla”. Cette dernière dénomination lui fut donnée par son directeur spirituel Mr le curé Fischer, il voulait ainsi lui indiquer que toujours, en toutes circonstances elle devait se considérer comme la servante du Seigneur.

        Petite enfance et adolescence à Munich. Dès son éveil à la vie cette âme avait reçu

        Bien que continuellement dans le monde, très peu de personnes connurent sa vie religieuse et mystique.

        Favorisée des stigmates du Christ, mais par ordre de Dieu ils n’étaient visibles que pour son confesseur.

        Dès ses jeunes années Dieu commença sa formation au sacrifice, ce tendre cœur d’enfant se vit repoussé par sa mère à qui, à sa naissance, elle avait failli coûter la vie. Toute l’affection maternelle était réservée aux sept frères et sœurs de Mechtilde.

        Par contre, son père, homme de haute culture et de profonde piété aimait la petite fille à l’égal de ses autres enfants. Les mauvais procédés de sa mère n’endurcirent pourtant pas le cœur de l’enfant.

        A quatre ans, M. éprouvait une compassion pour N.D. des Douleurs. Certain jour elle monta sur une chaise et d’un petit mouchoir de dentelle elle essuya les larmes Le la Divine Mère. Et voici que les larmes disparurent.

        Mais les pleurs reparaissaient et la petite M. éprouvait une vive douleur, alors avec persévérance elle les essuyait de nouveau. Ayant fait la rencontre d’un pauvre enfant frappé de cécité elle supplia le Seigneur de le guérir par les larmes de sa Mère et, lorsque de son petit mouchoir de dentelle elle eût touché les yeux de l’aveugle, ils s’ouvrirent à là lumière.

        A cinq ans elle fit le don total d’elle-même. Dès lors, elle vit son “Archange” qui lui fut donné comme guide Spécial, en plus de son ange gardien.

         M. reçut une éducation solide et soignée. Elle avait une magnifique voix d’alto.

         Le choix d’un confesseur fut de la plus grande importance pour sa vie spirituelle ; ce fut le Père Sch. Rédemptoriste qui le devint. Il semble avoir été exceptionnellement éclairé et inspiré par Dieu. Très sévère, lorsqu’il constata que sa pénitente marchait dans une voie de grâces extraordinaires, où elle était visiblement conduite par son ange gardien, il sut extirper de cette âme tout germe de vanité ou d’amour-propre pour la maintenir dans une profonde humilité. Plus les grâces que Dieu répandait sur cette âme étaient grandes, plus elle était persuadée de son indignité.

        M. se sentait fortement attirée vers la vie religieuse, une de ses sœurs Portait l’habit des “Servantes de Marie” (Servites). Le Père Sch. lui affirma qu’elle était appelée au mariage, ce fut ainsi qu’e1le épousa le 7 Mai 1895 un homme à qui elle donna toute son affection, mais qui bientôt changea d’attitude envers elle et montra un caractère difficile et lui fût un tyran dans le plus mauvais sens du mot trouvant un malin plaisir à la, martyriser jour et nuit, physiquement et moralement.

        Et cependant elle lui garda tout son amour.

        En 1898 son mari ayant accepté un poste important dans le Wurtemberg le ménage dut habiter O. Là ses rapports de direction furent très difficiles. Le mariage fut pour elle le chemin du Golgotha. En compensation, le Père Sch. lui annonça qu’elle rencontrerait un bon confesseur. Mr Fischer fut présenté à Magdalena. Par son ange gardien comme le don de Dieu “Deus dedit”. Plus tard ce prêtre s’adjoignit un confrère pour conduire d’une main sûre cette âme victime et pour réaliser lui-même dés progrès en sainteté. Nous appellerons ce dernier prêtre sous le nom que lui donna l’Archange “Servus Dei” Serviteur de Dieu.

        Le journal de Magdalena, une centaine de pages, contient avec tous les détails les relations de ses croix, de ses souffrances, comme aussi de ses grâces extraordinaires. Une croix particulièrement lourde pour elle fut de ne pas avoir d’enfants. Mais en revanche Dieu lui donna une très grande famille d’enfants spirituels : hommes et femmes, prêtres et laïcs personnes consacrées à Dieu, qui se placèrent sous sa direction et, par elle furent conduites de manière Supérieure dans les voies de la vie chrétienne.

        Elle fut favorisée du don de bilocation. Pendant que son corps reposait sur sa couche, son ange gardien l’enveloppant d’une sorte de manteau gris, l’emmenait au loin. Elle allait consoler les blessés de guerre et ils la reconnurent à leur retour au pays natal. Un de ses enfants spirituels est en danger de commettre un péché mortel, Magdalena vient à lui et lui fait des remontrances, il repousse alors la tentation.

        Elle avait reçu de son Archange l’ordre strict de cacher les faits extraordinaires de sa vie, de sa stigmatisation, aussi longtemps qu’elle serait de ce monde.

        Avec le temps sa faculté de souffrir pour le prochain et pour certaines âmes du purgatoire augmente. Jamais elle n’obtint l’allègement de ses souffrances personnelles, mais elle l’obtint pour autrui.

        Son mari ne cessa de trouver de nouvelles occasions de la tourmenter, elle ne cessa de prier pour sa conversion ; ce n’est qu’après sa mort qu’elle lui obtint de mourir repentant, ainsi que la femme qui empoisonna sa vie conjugale.

        Le Père Sch. mourut le 24 Mars 1906, mais ses relations avec Ancilla ne furent pas interrompues.

        Le 15 Novembre 1919 elle écrit à une fille spirituelle:  « Aujourd’hui après midi, je sommeillais. J’ai rêvé que le Père Sch. était devant moi avec une expression de grande bonté, il me dit : “Bientôt ma chère fille, bientôt”. Que dois-je entendre par-là, lui demandais-je ? Alors il mit un doigt sur sa bouche et répéta. “Bientôt ma chère fille bientôt”. Et il disparut ».

        Le 21 Novembre Magdalena reçut encore une fois l’Extrême Onction. Quand Mr le curé Fischer lui dit de s’abandonner à la volonté de Dieu et de recevoir la mort de Sa main, elle se contenta de sourire, car depuis longtemps elle se réjouissait à la pensée de cette heure.

        Le 30 Novembre elle envoya la religieuse qui la soignait à une Messe matinale, c’était un dimanche, pendant l’absence de sa garde-malade, elle expira. Son mari était près d’elle et elle put encore lui dire : “Je dois mourir”. Quelques souffles et son âme s’envola. Saint André, qu’elle avait aimé et honoré comme Apôtre de la Croix était venu la chercher.

        Le visage de la morte exprimait le bonheur et la paix. Une majestueuse grandeur entourait le cadavre. Comme doucement plongée dans l’oraison, elle était là, telle qu’on l’avait vue agenouillée à la table de communion.

        Aujourd’hui du haut du Ciel, Ancilla fait toujours du bien parmi nous. Avec le temps, peu à peu elle se fera connaître.

Gauting, 7 Novembre 1935 Friedrich Ritter von Lama.

Elle est l’auteur du petit livre ci-dessous dont le contenu a été puisé dans sa propre vie. Ce n’est que le choix de quelques extraits et leur coordination qui est mon œuvre.

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POURQUOI NOUS HONORONS SI PEU LES ANGES.

        Le motif principal est très simple : nous ne les connaissons pas ou tout au moins très peu.

        La connaissance précède toujours l’amour et la vénération. De la connaissance de leur supériorité, de leur perfection, de leurs rapports intimes avec Dieu, de leur puissance et de leurs privilèges, jaillit spontanément notre vénération des Anges. Si nous savions comme ils nous aiment en Dieu et entourent nos âmes de cette affection parce qu’ils furent témoins du plus grand acte d’amour: la mort volontaire du Fils de Dieu, et par-là savent le prix dont Il rachète toute âme humaine nous leur rendrions cette affection et nous serions humblement heureux de pouvoir les saluer comme des amis et des frères en Dieu. Mais nous ne les connaissons pas. Nous ne connaissons même pas notre propre ange gardien, bien qu’il soit notre fidèle compagnon et notre ami durant tout le cours de notre vie. Nous pourrions peut-être le connaître davantage si nous en prenions un tant soit peu la peine. Il le mérite vraiment.

        Nous savons que les anges sont des esprits bienheureux dans l’éternelle vision et la connaissance de 1′éternel Amour : Dieu.

LA BEATITUDE DES ANGES.

        Pour la multitude du monde angélique la céleste béatitude est parfaite. La connaissance de Dieu n’est pas la même à tous les degrés. Ces degrés consistent simplement en ce que les plus hautes hiérarchies possèdent une plus grande connaissance de Dieu que celles qui sont au-dessous d’elles (entre tous les Anges, St Gabriel et St Michel ont la plus parfaite connaissance de Dieu).

        Les Séraphins sont plongés d’un tel degré dans cette connaissance qu’ils sont embrasés d’un ardent amour.

        Puisqu’elle est parfaite, la béatitude des Anges ne peut s’accroître, mais ils peuvent, me semble-t-il éprouver des joies accidentelles.

        Aussi souvent qu’un ange gardien conduit une âme du purgatoire au Ciel, il éprouve une grande joie parce qu’il est heureux de ce qu’une âme de plus est digne de Dieu et Le louera éternellement. C’est un bonheur indescriptible pour un ange lorsqu’il a la certitude que les fruits de la Passion et le Précieux Sang de Jésus-Christ ne sont pas perdus pour l’âme dont il eût la garde.

LES ANGES GARDIENS.

        Ils ont un soin continuel des humains qui leur sont confiés. Leur nombre est si grand qu’aucun ange ayant conduit son protégé à l’éternité ne revient rendre le même service à une génération suivante.

        L’Ange qui accompagna l’homme sur la terre reste avec lui dans le Ciel.

        Les Anges Gardiens des malheureux qui ne verront jamais la Splendeur Divine ne sont pas placés à un moindre rang. Dieu Juste leur donne autant de bonheur qu’aux autres, et ils sont spécialement affectés au service de la Reine des Anges; c’est avec une indescriptible joie qu’ils louent la justice du Seigneur.

        Il est différents degrés parmi les Anges Gardiens ; les uns sont ardents, d’autres silencieux, je dirais presque réservés. Les Anges de ceux qui souffrent compatissent aux douleurs de leur protégé. D’autres anges ont le visage souriant ; ils servent leurs protégés plus qu’ils ne les soutiennent. Ce sont les Anges des âmes pures.

        Les enfants ont des anges plus aimables qu’on ne saurait le dire. Il m’a semblé les voir, ayant leurs mains jointes pour la prière et leurs regards élevés vers le Ciel.

        Les pauvres pécheurs ont aussi des Anges d’une grande majesté. Des yeux de mon âme, je les ai vus ; leurs mains sont croisées sur la poitrine, et leurs yeux suppliants regardent le Ciel avec douleur. Ah ! comme un péché mortel doit terriblement offenser Dieu pour que les Anges en éprouvent une telle tristesse.

        Les âmes pieuses obligées de vivre dans un milieu non chrétien ont un Ange tout spécial; de même que les personnes à qui Dieu donne une mission particulière à remplir.

        Il n’est rien de plus aimable qu’un Ange Gardien. Rien n’égale la Bonté de Dieu qui aime tant nos âmes, qu’elles sont gardées, guidées et même servies par un Ange.

        O toi ! mon plus fidèle ami, mon frère bien aimé, mon saint ange gardien, je te salue mille fois au nom de Jésus et je remercie Dieu de ce qu’il t’a créé si beau, si bon, si puissant.

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ASSISTANCE DES ANGES GARDIENS PAR DES ANGES D’UN ORDRE PLUS ELEVE.

        Lorsqu’une âme s’engage dans le chemin de la perfection, elle reçoit à part son ange gardien, d’autres anges d’un ordre plus élevé principalement de ceux du troisième et du quatrième chœur, des Vertus et des Puissances.

SERVICES RENDUS PAR LES ANGES

        Je vois mon ange et réclame son secours. L’Archange m’accompagne dans mes voyages mystiques ; il me mène et me ramène. Si je voulais écrire une chose que je ne devrais pas dire, il serait là aussitôt pour m’avertir et arrêter ma main. il arriva qu’un jour, recevant une très longue lettre, je fus sur le point de répondre brièvement, mais l’Archange me dit : “Oublies-tu ton vœu de souffrir ?” Je regardais mon Crucifix et pensais : “Comme le Seigneur a supporté pour toi des peines infinies ! Je veux être patiente”.

        D’après ce qu’elle me racontait (communique un de ses enfants spirituels) son ange lui apparaissait vêtu de manières différentes.

        Vêtement vert et clair signifiait des petites souffrances et des contrariétés. Vert sombre, c’était l’annonce de grandes douleurs et de lourdes croix. S’il portait des vêtements sacerdotaux, comme l’aube et l’étole il venait annoncer de grandes grâces ; alors il avait l’air joyeux et solennel.

        Vers le soir, il apparaissait souvent vêtu de bure sombre et tenant un bâton, comme les pèlerins; cela signifiait qu’il venait la chercher. Comme je lui exprimais mon étonnement de ce qu’un ange put l’emporter avec le poids de son corps, elle me répondit : “comment vous expliquer cela ? Imaginez-vous que mon ange m’enveloppe d’un voile gris ou qu’il m’entoure d’un épais nuage, et qu’ainsi nous partons”. Où ?

        Elle me raconte ceci : “La semaine dernière je suis allée chaque nuit en Belgique ; j’avais là trois pécheurs à convertir et à préparer pour la réception des sacrements ; ce fut une tâcha difficile. Ils résistaient et ne voulaient pas ; enfin j’eus la victoire et tous trois moururent réconciliés avec Dieu.

        Au mois dernier (1919), j’ai passé trois nuits à Haunstetten près d’Augsbourg ; là, un grave sacrilège avait été commis envers le Saint Sacrement : le Tabernacle fracturé, les Hosties dispersées et piétinées. Avec mon Archange, je pus recueillir les parcelles des Saintes Hosties sur le plancher et celles attachées aux chaussures du criminel ; puis faire un acte de réparation devant le tabernacle.

J’ESSUIE LES LARMES.

        Aujourd’hui je cherchais refuge près de Mon Ange et le suppliais de se souvenir de mes souffrances dans sa gloire. Alors il m’apparut dans sa merveilleuse splendeur. Il se pencha sur mon lit en disant. “Tu n’es jamais seule. Vois, jour et nuit, je suis près de toi, je sèche tes larmes et je présente tes prières au Seigneur. Mon frère le compagnon de Gabriel, lui aussi, est près de toi et t’apporte la force dont tu as besoin pour supporter les amertumes dont tu dois être accablée”. Je vis le compagnon de Gabriel près de moi. Il avait une étole verte ; à son diadème des pierres vertes étincelaient. En le voyant j’éprouvais une grande tristesse. Mon ange me consola et dit : “Tu souhaites aimer Jésus, ce n’est que par la souffrance que tu parviendras à aimer Dieu de tout ton cœur. Allons, prends courage”.

        J’envoyais mon bon Ange à mes amis spirituels pour qu’il les Salua au nom de Jésus. Je ne vois pas mon Archange mais toujours mon ange gardien est près de moi ; il est si aimable, et si bon. Aujourd’hui, vers le soir, quand je souffrais beaucoup, il me prit dans ses bras et appuya sur sa poitrine ma tête endolorie. Aussitôt je me sentis mieux et la fièvre me quitta.

LES ANGES GARDIENS.

        Le culte des Anges Gardiens apporte beaucoup de consolations et de courage. Ils sont partagés en divers ordres et leurs couleurs qu’ils revêtent dans mes visions sont différentes. C’est parmi eux qu’ont été choisis les sept esprits bienheureux qui se tiennent devant le trône de Dieu toujours prêts à exécuter ses Ordres.

SAINT MICHEL

        Est toujours le plus près de Dieu le Père. Je le vois semblable à un guerrier. Sa beauté est d’une sublime élévation. Les anges de son ordre ont le même aspect que lui.

        Ces archanges assistent les martyrs pendant leurs tourments, comme aussi tous les hommes qui souffrent persécution pour Dieu. A de semblables heures, Dieu, par St Michel, envoie un Archange qui, avec l’Ange Gardien, vient au secours de celui qui est persécuté ou martyrisé.

        Que d’actes de renoncement et de mortifications héroïques, que de force de volonté chez des âmes qui ne pensent pas qu’elles sont redevables aux Anges du secours qu’elles ont reçu. Les anges sont si fidèles au service des hommes, et les hommes sont si ingrats envers les anges !

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SAINT GABRIEL

        Il est tout particulièrement le messager du Saint Esprit. Ses privilèges le mettent au même rang que Saint Michel. Il est l’ange des fils du Saint Esprit, des prêtres, des âmes qui honorent le Saint Esprit et souhaitent le servir dignement. Les prêtres ne devraient pas passer un seul jour sans l’invoquer, surtout lorsqu’ils doivent prêcher. Ceux qui sont aux prises avec de grandes peines physiques et morales doivent 1′invoquer. Il nous obtient un grand amour pour la Vierge Marie. A l’heure de leur mort il viendra saluer et conduire à sa Reine les âmes qui l’auront invoqué souvent.

        La beauté de Saint Gabriel est séduisante, irrésistible, elle gagne les cœurs ; elle n’est pas aussi imposante que celle de Saint Michel.

        Une fois j’étais agenouillée devant mon Crucifix auquel je ne voyais pas le Christ suspendu, et je méditais sur l’abandon et les effroyables douleurs de Marie.

        Je pleurais amèrement sur les souffrances de la Vierge Marie lorsque je sentis un suave parfum. Ma chambre s’i1lumina, je vis St Gabriel qui me dit avec grande joie : “Je te salue toi et tes larmes bénies”. J’étais éblouie par l’irradiante clarté qui émanait de “l’ange du Seigneur” et je fermais les yeux. Quand je les rouvris, la Vierge Immaculée était devant moi, pleine de bonté. Une fois encore, St Gabriel se tourna vers moi et dit, Tu as souffert avec Marie, réjouis-toi avec elle ! Tu n’as jamais récité le chapelet des Sept joies; fais-le donc! Le chapelet apporte de grandes joies à ceux qui le récitent et beaucoup de joie à la Reine du Ciel. Fais en part à tes amis spirituels. Salue les au nom de Jésus et dis leur que ma Reine les aime et veille en tout temps sur chacun d’eux, car ils travaillent à rependre mon culte et celui de tous les Anges ; ceci est une inexprimable joie pour la Reine des Anges.

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L’ANGE GARDIEN DE HUMMANITE  DE JESUS.

        A l’Angélus saluons St Gabriel. Avec quelles délices il a d’entendre les mots “Ecce Ancilla domini”. Voici, je suis la Servante du Seigneur, et comme il s’est profondément incliné lorsque le Verbe s’est fait chair.

        Saint Gabriel est aussi l’Ange Gardien de l’humanité de Jésus. C’est lui qui, le premier, annonça la naissance du Christ aux bergers, et il accompagna la Sainte Famille pendant sa fuite en Égypte. Au Jardin des Oliviers, il soutint Jésus dans son Agonie ; à la quatrième station du Chemin de la Croix, il se tenait près de Marie et quand Jésus mourut sur la Croix, il était près de lui. Il fut l’Ange de la Résurrection et celui de l’Ascension.

        Parce que cet Ange assista le Seigneur mourant, ceux qui vénèrent Saint Gabriel seront consolés et fortifiés par lui à leurs derniers moments. La fête de Saint Gabriel est proche de celle de Saint Joseph. Quand Saint Joseph était de ce monde, Saint Gabriel était en actives relations avec lui ; il lui communiquait les conseils et les commandements de Dieu. C’est pourquoi il est dans l’ordre divin que les têtes de l’Annonciation, de St Joseph et de St Gabriel se trouvent dans le même mois, la même octave.

LES PREMIERS SERVITEURS DE LA VIRGINALE REINE.

        La Divine Providence ayant désigné St Gabriel pour être le premier serviteur de Marie, Reine des Vierges, il demeura toujours près d’elle. Ce privilège élève Gabriel au-dessus des autres anges et on ne peut lui faire plus grand plaisir que de remercier la Sainte Trinité de l’avoir choisi pour annoncer à Marie le Mystère de l’Incarnation. Oh ! toi bienheureux esprit céleste, élu de Dieu  pour transmettre ses ordres, je te salue avec une humble tendresse et je me réjouis au-delà de toute expression en pensant au moment où dans le Ciel je pourrai comprendre tes privilèges et ta beauté. “Toi, rempli de grâces entre tous les Anges, toi, élu par le Seigneur, toi, le Serviteur béni de la Vierge Immaculée, je te salue mille fois au nom de Jésus et de ta céleste Reine. Je t’en supplie à l’heure de ma mort, annonce moi que j’ai trouvé grâce devant Dieu”.

SAINT RAPHAEL

        Saint Raphaël est le patron, le Protecteur des confesseurs et de leurs pénitents. Celui qui l’honore aura toujours un bon directeur de conscience. Il est l’Ange de la consolation dans les difficultés de notre temps ; il est notre secours dans la détresse. Il s’intéresse d’une façon Particulière au Sacrement de Pénitence. Les gens engagés dans le sacrement du mariage ne doivent pas l’oublier.

        On représente ordinairement Saint Raphaël tenant un bâton semblable à un sceptre ; Saint Gabriel un lys ; Saint Michel un glaive et un bouclier.

        L’Archange de 1a patience à son visage tourné vers le Ciel, Ses mains sont jointes, pour Une fervente prière, sa beauté a quelque Chose d’émouvant, je dirais presque mélancolique. Où Dieu l’envoie, 1a résignation et la patience pénètrent les âmes. Il est des personnes auprès desquelles il séjourne presque continuellement. Ces natures privilégiées peuvent tout supporter, même l’incroyable. Partout où ses regards s’arrêtent, il y a une croix, et il aide celui qui souffre avec courage à la porter patiemment (Ancilla était de ceux-là). Archange secourable, j’ai besoin de toi, moi aussi. Je ne suis pas digne de demander ta visite, mais viens, pour l’amour de Dieu, afin que je ne l’offense pas par mes pensées de lâcheté et d’impatience. Maintenant je considère davantage le privilège de cet ange. Oh ! que le Ciel doit être beau.

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LES SOUFFRANCES SONT DE TRES GRANDS BIENFAITS DES GRACES DE DIEU

        Ce matin vers trois heures, j’ai vu l’Archange Raphaël. Il avait l’apparence d’un pèlerin, mais son visage a une grande majesté, à laquelle se joignait une grande bonté. Je souffrais d’une grande oppression ; il mit sa main sur mon cœur qui s’apaisa et mes souffrances diminuèrent. De, tout mon cœur, je remerciais St Raphaël lui recommandant aussitôt “Deus dedit”, “B.” Je demandais la guérison de “Servus Dei”, Il sourit et me dit : “Les désirs de Deus Dedit dont tu sollicites la réalisation seront allégés, mais il aura toujours ce souci, car le Seigneur ne le lui enlèvera pas complètement. Il y a des désirs et des soucis dont Dieu ne délivre jamais parce qu’il veut toujours être prié. Il aime par-dessus tout les prières pleines d’abandon à sa volonté.

        Dieu est infiniment bon et miséricordieux envers les hommes et Il ne laisse rien sans récompense : à ceux qui le prient et qu’Il semble ne pas écouter Il donne de grandes grâces qu’un cœur humain ne pourrait se les représenter. La compréhension des prévenances de la bonté divine est une des plus grandes joies réservées aux âmes humaines dans la bienheureuse éternité.

        Qu’elle est grande la valeur de la souffrance ! Les souffrances sont les plus grands bienfaits et les plus grandes grâces de Dieu.

        Les hommes ne comprennent pas plus la valeur de la souffrance qu’ils ne comprennent l’extraordinaire grandeur et la puissance du prêtre. Le sacerdoce est chose si élevée, si prodigieuse, que même les hommes les plus avancés dans la voie de la sainteté mourraient de terreur et d’humiliation s’ils arrivaient à la moindre connaissance des pouvoirs du prêtre. Cette connaissance appartient à la béatitude éternelle. Il demeura muet dans une sublime contemplation.

GARDIEN ET PROTECTEUR DU PRETRE.

        Après un court instant je lui pris la main et dis : “Qu’en est-il avec le Père B.” Il me regarda amicalement et répondit : “Que doit-il en être ? Fidèle ouvrier dans la vigne du Seigneur il est en souci pour son séminaire, mais il doit rejeter ses soucis sur le Seigneur qui l’aidera en tout temps…”

        Je te dis encore que l’ange du diocèse se tient devant l’évêque comme un protecteur. Il a changé son sceptre contre une épée et un chérubin l’accompagne. Malheur à ceux contre qui il lèvera l’épée des anges ! Trois fois Malheur à ceux qu’elle blessera ! La porte du Ciel restera fermée pour eux. Comme le Seigneur a dit à ses apôtres : “Veillez et priez” ainsi je vous répète : “veillez et priez ! Veillez sur les faux prophètes afin qu’ils n’entraînent pas tant d’âmes au Royaume des Ténèbres ; priez sans cesse, afin que le Seigneur relève et fortifie les faibles, qu’Il soutienne les forts pour qu’ils ne chancellent pas … Car pour l’Église le temps de la grande tribulations est commencé.

LES VERTUS.

        Comme leur nom l’indique, ces Anges personnifient les Vertus. Dieu les envoie à tout homme qui, de toute l’énergie de sa volonté travaille avec persévérance à son amélioration ; qui ne s’arrête pas lorsqu’il a extirpé un défaut, mais au contraire, continue à employer tous les moyens de mortification spirituelle et corporelle pour sauver son âme. Il est des prêtres qui ont continuellement un de ces anges près d’eux. Généralement, ils ont peu de soin pour eux-mêmes, ne se Ménagent point et se Mortifient sans cesse. Ils sont les préférés des Vertus.

        Maint pécheur converti est accompagné d’un de ces anges. L’ange encourage jour et nuit et le pénitent ne cesse de lui obéir, car l’ange l’oblige à persévérer par la force de vertus qu’il possède.

        Toutes les âmes attirées à la vie intérieure doivent invoquer spécialement les anges de ce chœur, car les bonnes pensées ne suffisent pas à nous rendre parfaits, il faut aussi la force de la vertu pour les mettre à exécution.

LES PUISSANCES.

        Les anges du chœur des Puissances sont grands. Ils m’apparaissent portant une aube et une dalmatique. A peu d’exception près, ils ne servent que les prêtres. Leur force est plus intense que celle du chœur précédent. Devant eux le démon s’enfuit… Leurs Mains sont croisées Sur la poitrine, leur regard a quelque chose d’impérieux, d’irrésistible. Leur visage resplendit magnifiquement. Ce chœur mérite bien sa dénomination par la haute Majesté de ses anges.

        Ils protègent les prêtres, spécialement dans l’exercice de leur ministère ; ces anges doivent être invoqués avant la récitation du bréviaire, car ils chassent les distractions dans la prière. Pourtant, on ne pense jamais à eux: Anges, Archanges, Chérubins, Séraphins, sont invoqués alors que sont négligés les autres chœurs. Du troisième et du quatrième chœur les prêtres reçoivent une assistance spéciale dont ils ont besoin au confessionnal pour diriger les âmes consacrées à Dieu.

        Les confesseurs ont aussi besoin de ces anges lorsque des âmes spécialement aimées de Dieu sont sous leur direction.

        Les prêtres qui, jour et nuit, ont un de ces anges sont les privilégiés de Dieu, car cet Ange conduit à la connaissance de soi-même et donne un vif désir de perfection.

        Quand un prêtre est gardé par un Ange des Puissances il est à peu près certain que plus tard, il recevra un ange du chœur des Dominations. Il est arrivé qu’un prêtre dès son ordination, ait reçu un Ange des Puissances parce qu’il était appelé à une grande activité comme confesseur. Un prêtre assisté d’un Ange des Puissances exerce une particulière autorité sur les âmes et son ministère est béni. Chaque fois que leur zèle s’attiédit, l’Ange le ranime. On invoque l’assistance des Anges de ce chœur dans les sécheresses spirituelles, dans toute les mauvaises dispositions intérieures et dans les tentations de colère et d’impatience.

LES PRINCIPAUTES

        Chaque paroisse a un ange spécial qui appartient au chœur des Principautés. Cet Ange est grand et d’un magnifique aspect ; il est entouré d’un chœur d’autres anges

        Prosternés devant le Saint Sacrement, ils prient , jour et nuit pour les membres de la paroisse; ils veillent à ce que les mourants reçoivent les derniers sacrements et à ce que les enfants soient baptisés. Ils connaissent chaque paroissien de leur église. Ils implorent le pardon de Dieu pour chaque offense grave. Ils sont habituellement des intercesseurs.

        Ils honorent le Dieu caché dans l’hostie, si oublié des hommes et les attendant en vain. Pour réparer l’indifférence des âmes, ces Anges chantent le Sanctus d’une manière mystérieuse et sans interruption. On ne les invoque presque jamais. Le culte de ce chœur d’anges apporte la joie et l’assiduité dans la prière. Leurs traits sont gracieux et pleins d’amabilité, mais ils expriment une profonde douleur si quelqu’un reçoit la Communion indignement. En tel cas, ils se prosternent et disent des prières réparatrices.

        Aucun prêtre ne devrait négliger de Saluer les Anges de la paroisse dont il a la charge; par cette pratique il recevrait des grâces abondantes, grâces qui sont rarement méritées.

        La Fête de la Dédicace est jour de joie pour les Principautés. L’Ange de chaque église présente à Dieu les prières, les actes de piété, les mortifications, les mérites accumulés depuis la dernière fête. C’est aussi le jour où le Prince Céleste bénit 1′édifice. Cet ange n’abandonne jamais les enfants de la paroisse et prie sans :cesse Dieu pour eux ; il leur obtient courage et force. Une mère ne peut prier avec plus de ferveur que lui… et personne ne le remercie.

LES DOMINATIONS.

        Le Sixième chœur est celui des Dominations. Ce sont les anges à qui Dieu confie ceux qui doivent enseigner, que ce soit dans la chaire d’une grande école, celle d’une église ou au confessionnal lorsqu’il s’agit de direction spirituelle. Les missionnaires sont gardés par les Dominations. Ces anges sont avec tous ceux qui s’efforcent d’étendre le Royaume de Dieu sur la terre.

        Les Supérieurs de communautés et de séminaires ont aussi un de ces Anges, à condition qu’ils soient humbles. Ces âmes doivent glorifier Dieu, c’est pourquoi un tel Ange se tient à leur côté. Dans mes visions ils ont un bouclier portant le nom de Dieu. Leur visage luit comme le soleil, leur couronne éblouit par sa magnificence. Il, faut les invoquer pour obtenir l’extension du Royaume de Dieu en ce monde par la conversion des hérétiques, des incroyants, des catholiques tièdes et de ceux qui n’en ont que le nom. Dans le découragement, ayons rebours à eux ; ils nous aideront. Mais on ne pense pas souvent à ces anges. Dans  la Préface, on dit bien : “Adorant Dominationes”, mais on n’y pense pas après la Messe, et cependant ils travaillent tant pour agrandir le Royaume de Dieu.

        Quand j’avais neuf ans, il m’arrivait fréquemment de plaindre les Anges parce qu’ils étaient honorés dans la Préface, en paroles, mais presque jamais avec le cœur. En compensation je récitais chaque jour neuf Ave en l’honneur des neuf chœurs et trois Gloria pour tous les prêtres afin qu’ils aient une connaissance plus grande des Anges et de leurs privilèges. Je suis restée fidèle à cet exercice, il apporte beaucoup de consolation, et en retour Dieu nous donne le don d’oraison.

LES TRONES

        Le Septième Chœur, les Trônes, est le Chœur Royal. Chaque diocèse, chaque royaume, chaque communauté, a un ange spécial choisi dans les Trônes.

        Ces anges m’apparaissent semblables à des rois. Leur visage est empreint de noblesse et de majesté surnaturelle. Malgré leur aspect majestueux, leur regard fixe le Ciel avec humilité et ardente ferveur.

        Ils présentent sans cesse au Tout-Puissant les prières de leur royaume. Ils offrent à 1a Sainte Trinité tous les renoncements, les sacrifices, les mortifications qu’exerce chaque cœur humain et les ennoblissent, les sanctifient par leurs propres prières. Leur souveraineté consiste en ce perpétuel dévouement ; leur règne dans la plus profonde humilité ; leur couronne dans un brûlant amour.

        Par le vouloir de Dieu il est fait mention d’eux dans la Préface, sinon ils seraient jamais nommés. Il y a quelque chose de silencieusement tragique dans le service des anges : Ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour l’humanité coupable et les malheureux hommes, pauvres de foi, sont de glace ; ils les oublient en prétendant que leur existence est un conte gracieux. Les Anges nous servent sans relâche ; ils n’attendent aucun remerciement et en reçoivent rarement. Pourtant, la dévotion aux Saints Anges nous aiderait à atteindre la perfection, la sainteté.

LES CHERUBINS

        Sont les glaives du Seigneur.  Leur vêtement est de resplendissante et pure lumière. Leur face est sévère et comme expression ressemble à St Michel. Il sont ceinturés de feu et leur main droite tient une épée à lame de feu. Leur couronne est faite de rayons de soleil.  Ils personnifient le zèle de la gloire de Dieu et l’arme toujours prête à la défendre. Quand Dieu eût chassé Adam et Eve du Paradis Terrestre, des Chérubins en gardèrent l’entrée dit l’Ecriture Sainte.

        Je Crois que des Chérubins doivent veiller sur le Souverain Pontife.

        Dans les tentations de doute, d’impureté, de scrupules, Il est bon de les invoquer. J’ai vu que cette dévotion avait des résultats surprenants.

LES SERAPHINS

        Et voici le chœur bienheureux des Séraphins. Que dois je en dire ? Ils sont amour et servent l’Amour. Ils honorent, ils louent, ils aiment la Sainte Trinité sans interruption. Ils ne peuvent faire autre chose, et c’est leur béatitude. Leur amour s’enflamme de jour en jour et d’heure en heure, un plus grand amour qui les a choisis pour son service et sa louange. Quel cœur ne désirerait pas être rempli d’amour en méditant les sublimes fonctions des Séraphins ? Qui n’envierait ces Anges bienheureux entre tous, qui, de toute éternité ont été créés pour aimer l’éternel Amour, source de tout Amour ? Quel magnifique holocauste d’amour sont ces anges qui sans cesse brûlent sans se consumer et qui peuvent se plonger toujours, éternellement dans l’Amour. Quand on contemple la splendeur des Anges on voit mieux combien la terre est petite et l’humanité misérable ; alors, celui qui médite, pressent la perfection du Créateur et de son Amour sans limite qui livra son Fils pour nous sauver. Par la dévotion aux Anges, nous nous rapprochons de Dieu. Pourquoi les Anges sont-ils si peu honorés et aimés ?

L’ANGE GARDIEN MAITRE ET AVERTISSEUR.

        …L’Ange sourit… dis à “Servus Dei” qu’il y a beaucoup d’âmes qui n’ont d’autres désirs que de trouver Dieu et le servir. Dis lui qu’il est dans ce, monde beaucoup plus d’innocence et de sainteté qu’il le croit. La vie de sacrifice de telles âmes monte comme un encens vers le Ciel et réjouit le Cœur de Dieu.

        Ce matin, de bonne heure, avant l’Angélus, mon Archange me dit : “Tu ne dois désirer rien d’autre que d’appartenir à Dieu. En même temps il ne conseilla d’éviter les examens de conscience inutiles et d’être attentive à commencer et à terminer mes actions et mes paroles en Dieu. Lorsque j’ai répliqué que je trouvais cela très difficile, car il faut exercer une particulière attention, il dit : “Pour Dieu et Sa volonté, rien ne doit être trop difficile pour toi. Plus la lutte sera vive, plus le repos conquis sera profond et heureux. Délivre ton cœur de ce qui est terrestre et Dieu viendra y demeurer. Donne tout ton cœur à ton Créateur et Maître et Il te donnera tout son Amour”.

        Mon Archange me disait hier : “Il ne faut pas renouveler une confession générale quand elle a été déjà faite avec une bonne préparation et une ferme volonté de bien se confesser”. Non seulement c’est tout à fait inutile, mais c’est perdre un temps précieux. L’âme ne doit pas toujours penser à la sévère justice de Dieu, mais aussi à son immense miséricorde. Si : “O Dieu, que de cette visite, de cette conversation il me vienne joie ou peine, j ‘accepte tout et ne veux pas autre chose que t’honorer et te servir”.

PRIE POUR L’ACCROISSEMENT DE TES PEINES.

        Aujourd’hui, après le repas,  je m’assis dans ma chambre et voulus réciter mes habituels neuf Pater et Ave en l’honneur des neuf Chœurs des Anges. Je pensais à mon Archange. Soudain je le vis devant moi ayant une expression sévère que je ne lui connaissais pas. “Tu t’assieds pour prier, dit-il, et tu as pensé auparavant : “comme je suis fatiguée, je me réjouis de l’idée que d’ici le mois de Mai je pourrai me reposer dans l’Éternité”. Comment est-il possible que toi, favorisée par Dieu de tant de souffrances, tu penses si facilement à quitter cette vie. Nous, les Anges ne pouvons jamais souffrir pour Dieu et par Sa Volonté. Si nous étions capables d’éprouver de l’envie, nous aurions ce sentiment envers les humains parce qu’ils peuvent souffrir.

    Va tout de suite demander pardon au Saint Sacrement de mésestimer cette précieuse vie de souffrances dont Dieu te gratifie… En te confessant, n’omets pas de t’accuser de ton peu d’estime des grâces de Dieu ».

    Ayant rassemblé mes forces, je me rendis à l’église où, de tout mon cœur et en pleurant, je priais Dieu de me pardonner. Je demandais aussi à mon ange de ne plus être fâché. Il ne se montra, pas. Puis devant mon Crucifix je priais le Seigneur de dire à l’ange que je m’étais repentie autant que possible et qu’il ait compassion de ma faiblesse. Alors le Crucifix sourit et s’inclina profondément vers moi. J’éprouvais un vif désir de m’appuyer sur Jésus, et je le fis. Je reconnus mon coupable découragement, et comme j’avais tort de demander la délivrance de mes peines. pour nous pauvres pécheurs, et comme une âme s’élève dans la grâce et dans l’Amour Divin lorsqu’elle souffre, patiemment soumise à la Volonté Divine. Je fus par un ardent désir de souffrir et de vivre longtemps si telle était la volonté de mon Amour crucifié. Je pris courage et dis : “Seigneur, laisse-moi vivre et souffrir encore longtemps”. Le Seigneur me regarda avec une indicible tendresse. Je ne le voyais plus crucifié mais ressuscité, et je dus fermer les yeux. Le Seigneur éleva la main droite, et je vis, devant moi, un grand et bel Ange tenant une lumière dont la flamme était si infime qu’elle semblait sur le Point de s’éteindre. Je dis : “Ah ! Seigneur comment ce Séraphin ose-t-il, paraître devant toi avec une si faible lumière ?” Le Sauveur me répondit avec une grande bonté “N’as-tu pas aujourd’hui, caressé l’espoir de mourir bientôt ? Cette lumière symbolise ta vie. Veux-tu qu’elle s’éteigne Vite ?” Je répondis avec vivacité : “Seigneur qu’elle s’éteigne aujourd’hui ou dans de nombreuses années, pourvu que Ta Sainte Volonté s’accomplisse”. Le Seigneur jeta un regard plein de force créatrice sur la pauvre lumière qui grandit aussitôt. Je dis alors “Que ta Volonté soit faite, O cher Seigneur, sur la terre comme au Ciel”.

OFFRE TES MAUX A L’ENFANT

        … Les trois Rois furent les premiers hommes qui honorèrent Marie en tant que Reine. En contemplant ce tableau, j’éprouvais une grande douleur à la pensée de nos graves et nombreux péchés, volontiers j’aurais apporté une offrande comme je le voyais faire aux trois rois, mais je n’avais rien. Alors je vis mes deux Anges, le compagnon de Gabriel tenait en main une large coupe d’or, et mon ange gardien y déposa un frêle rameau de myrrhe. Et l’Ange me dit : “offres tes maux à l’Enfant. Je saisis la coupe et je priais l’Enfant de daigner y déposer la myrrhe de ses souffrances afin que je puisse la lui offrir car ce que j’avais était trop peu do chose L’Enfant sourit et bénit mon minuscule rameau qui grandit prodigieusement et se couvrit de roses rouge sombre. Leur céleste parfum me remplit de délices et j’oubliais toutes mes douleurs…”

C’EST A LUI QUE TU ES SOUMISE ET NON A MOI.

        … La fonction d’un directeur spirituel est si haute que nous, les Anges, en sommes étonnés. Par ton obéissance, tu honoreras et serviras Dieu.

        … Aujourd1hui. comme je quittais ma chambre pour me mettre route, un Ange merveilleusement beau parut devant moi. Il ressemblait à un lévite, les bras croisés sur la Poitrine, les regards levés au Ciel dans une attitude suppliante…

        … Pour lui être agréable, je récitai : Ave Maria Gratia Plena, Dominus tecum… Il étendit les mains et me regarda avec une céleste bonté. Puis il dit : “Je suis l’ange que Dieu envoie à ceux qui souffrent ; maintenant je viens à toi ; ensuite j’irai vers le P.B. puis à Deus Dedit. Ne te décourage pas et d’avance rends grâce à Dieu pour les douleurs à venir ! Il disparut.

LES AMES PURES PLUS BELLES QUE LES ANGES

        Mon deuxième ange, celui que j’ai reçu hier matin, appartient aux Archanges. Il me fortifiera selon la volonté de Dieu, son visage est sérieux, il m’accompagnera jusqu’à la mort.

        Dans les chagrins de mon cœur j’implorais mon ange. Je le vis avec le compagnon de Gabriel, dans leur céleste et noble beauté. Oh ! leur dis-je comme vous êtes merveilleusement beaux. Et vous devez être encore plus beaux que je ne vous vois, certainement, si je vous voyais dans tout l’éclat de votre splendeur, je devrais mourir. Le frère de Gabriel répondit : “Oui, c’est vrai, mais la beauté des élus est plus grande que celle des anges parce qu’ils ont pu souffrir pour Dieu. Je repris : “Comme les âmes do mon directeur et de son ami doivent être belles …” Tu n’as qu’une faible idée de la magnifique beauté de ces âmes. Si Dieu te la dévoilait toute tu ne saurais pas si c’est lui-même que tu voie. Il en est ainsi pour toute âme pure. Les âmes sacerdotales ont une splendeur toute particulière, merveilleuse en son rayonnement ; ce n’est qu’au Ciel qu’elles se verront. Et ce sera une grande part de leur bonheur et de leur éternelle jubilation”.

PLUS DE VALEUR Q’UN SAC REMPLI DE PIECES D’OR

        Pourquoi Deus Dedit s’attriste-t-il inutilement de  ne pouvoir être Plus charitable (me dit l’Archange) Dieu ne regarde pas la grandeur du don, mais la bonne volonté. Un seul mot de bonté sincère dit à un affligé à plus de valeur qu’un sac de pièces d’or.

LES ANGES DANS LA VIE DES SAINTS.

        Ce matin pendant mon oraison, je vis Saint Jean Népomucène. Dion Archange me dit que l’on n’invoque pas assez ce glorieux martyr. Il est non seulement le patron des confesseurs, mais celui des âmes calomniées. Les prêtres doivent l’invoquer tout spécialement pour leurs calomniateurs. Mon Archange me recommanda cet exercice pour moi-même…

LES ANGES ET LES AMES DU PURGATOIRE.

        Ce soir mon ange me fit parcourir une partie du Purgatoire. C’est épouvantable ! Que sont toutes les souffrances de la terre en comparaison ! Qu’est ce que le feu le plus ardent en comparaison de ce brasier consumant et sans flammes! Je parvins à la dernière place et j’y vis une parente que l’on croyait, à tort, bienheureuse depuis long temps… Elle est au nombre de ceux qui doivent souffrir le plus longtemps et pour qui les messes ne sont guère plus qu’une goutte d’eau car la Justice de Dieu ne permet pas que les mérites de nos prières leur soient appliqués. Elles mêmes n’accepteraient pas ce soulagement car elles savent que la Justice Divine exige qu’elles expient par ces tourments. C’est une partie du Purgatoire où les anges eux-mêmes ne peuvent pénétrer qu’à certains moments de l’année liturgique, pour consoler leurs protégés d’autrefois; un lieu rempli d’inexprimables soupirs et de larmes ardentes ; un lieu qui serait l’enfer s’il n’y avait l’espérance, et la certitude de ne pouvoir, en aucun cas, y rester plus longtemps que jusqu’au Jugement Dernier. Oh ! les pauvres âmes. Je voulus tendre la main à l’une d’elles pour l’attirer à moi et la consoler, mais mon ange me retint en disant : “Ne la touche pas! Tu brûlerais et tomberais en poussière; malgré toute ta force, ton corps ne pourrait supporter ce feu”.

        … De plus ce lieu est rempli d’épaisses ténèbres; je n’y aurais rien aperçu si la gloire de mon ange ne m’avait éclairée. Les pauvres âmes qui sont dans ces horribles ténèbres doivent cependant, être estimées heureuses, car la plupart de ceux qui ont commis des péchés semblables aux leurs sont damnés ; leurs péchés ressemblent à celui de Lucifer. Au dernier moment, un mourant peut encore, par une grâce spéciale de Dieu, faire acte d’amour parfait, et traverser seulement le Purgatoire.

        Je vis une âme qui, à mon avis, devait expier longuement car, pendant sa vie elle avait gravement offensé Dieu par ses imprécations, ses colères et ses vices. Quand j’ai demandé à mon ange quelle serait la durée de l’expiation pour cette âme, il dit en souriant : “Dans cette heure même cette âme entrera dans la joie éternelle”. Et comme je m’étonnais car elle était entrée seulement la veille dans son éternité, il m’expliqua que cet homme, à ses derniers moments, sur le point d’être jugé, ressentit un si ardent amour et une si vive contrition, lui qui avait tant aimé la vie et en avait tant joui, se réjouit de mourir parce qu’il ne pourrait plus offenser le Sauveur.

        Je demandais s’il aurait un moindre degré de béatitude et l’ange me répondit : “Non, son trône sera dans le chœur des Séraphins”. Durant sa vie il n’avait jamais refusé l’aumône à un pauvre. Bienheureux les miséricordieux, il leur sera fait miséricorde !

        La veille de la fête du Saint Nom de Jésus, un nombre incalculable d’âmes entrèrent au Ciel…

        Il me vint soudain la pensée d’offrir toutes les sueurs d’angoisse à la Justice Divine en faveur des Pauvres âmes du Purgatoire.

        Je suivis cette inspiration et demandais aux neuf chœurs des Anges de m’aider dans cette prière. Ma prière fut fervente et pressante comme elle ne l’avait jamais été… je voulus m’interrompre, mais mon ange me dit : “Prie encore, prie jusqu’à ce que soit délivrée l’âme à  laquelle Dieu applique tes prières”. Mon âme fut si profondément émue que je ne trouvais plus d’autre prière que : “O Jésus ! Miséricorde, Tu dois être miséricordieux, car Tu as voulu mourir pour nous, pauvres créatures”. Et je renouvelais cette invocation de manière toujours plus pressante avec d’abondantes larmes, car la plainte de cette pauvre âme parvenait à mon oreille. Enfin une grande Paix m’envahit et de lassitude, mes yeux se fermèrent. Alors mon ange me dit : “Ouvre les yeux et loue la miséricorde de Dieu”. Je vis un jeune garçon plein d’une grâce céleste qui se tenait debout devant moi.

        Il me dit : “Ta compassion, ta prière et tes larmes m’ont ouvert les portes du Ciel. Maintenant je vais devant le Trône de Dieu. Auparavant je veux te remercier et te dire que je te rendrai ta prière au centuple. Depuis vingt et un an j’étais dans le Purgatoire, oublié de mes parents et de mes amis. A l’heure de ta mort, je viendrai t’assister”.

RELATIONS AVEC LES ANGES DU PURGATOIRE.

        … Ce soir, vers cinq heures, j’étais assise à ma place habituelle près de la fenêtre, devant une image du Sacré-Cœur et je priais pour les pauvres âmes; soudain mon ange se trouva devant moi et me dit d’une manière pressante : “Fais attention et ne t’effraie pas”.

        On frappe doucement à la porte. Pleine d’anxiété, je dis “Entrez” et le défunt K parut Il Paraissait terriblement misérable et vint jusqu’à moi près de la fenêtre. Il était très faible et très las et me dit d’une voix éteinte : “Enfin je peux venir jusqu’à vous ! mon cœur s’en réjouit. Tous m’oublient, excepté vous. Dites donc au curé F. de ne pas m’oublier tout à fait. Chaque jour j’attends le secours de sa prière. J’ai tant prié pour lui et il commence à m’oublier. Mais maintenant, cela ira mieux puisque j’ai pu venir moi-même à vous”.

        Je lui demandais s’il devait souffrir encore longtemps, car tant de messe ont été célébrées pour lui. Il me répondit en pleurant abondamment que, de toutes ces messes, une seule lui fut appliquée, Car il avait à B. célébré la messe à des heures trop irrégulières, de sorte que beaucoup de gens ne pouvaient y assister parce qu’ils ne savaient jamais à quelle heure elle serait dite. La Justice Divine, dit-il a voulu que ces messes me soient reprises jusqu’à ce qu’il y ait une suffisante compensation pour les omissions et les retards involontaires de ces gens.

        Je lui demandais comment je pourrais lui venir en aide. “Par la patience et la prière”. Je lui promis que la nuit prochaine je souffrirai et prierai pour lui avec instance jusqu’à ce qu’il soit délivré. Je lui demandais si les larmes qu’il venait de répandre ne l’avaient pas soulagé ? Il répondit : “Toutes les souffrances de ce monde rassemblées, depuis sa création jusqu’à sa fin, ne sont rien auprès d’une seconde du plus léger Purgatoire”. Je me séparais de la pauvre âme plaintive.

        C’était si beau et si impressionnant de voir le respect avec lequel mon ange accompagna jusqu’à la porte cette âme sacerdotale; tout à coup, cette âme disparut et mon ange et moi priâmes avec ferveur.

        Lorsque cette âme entra au Ciel, je vis qu’elle était accueillie par la Miséricorde Divine. Une voix me dit : “Je suis la Miséricorde et celui-ci fut un de ceux qui suivirent toujours mes traces. C’est pourquoi je l’ai oint de l’huile de la joie et le conduis au bonheur éternel. Il fut miséricordieux pendant son terrestre pèlerinage ; vois, moi la Divine Miséricorde je viens au-devant de lui à l’entrée du Ciel”.

        L’ange de la patience parut ensuite. Je le connaissais déjà. Son expression grave, je dirais même parfois douloureuse, s’était transformée en joie et il tendit au bienheureux la palme de la victoire.

        Puis encore une fois, j’entendis le splendide Alléluia du chœur des anges et je vis l’élu avancer dans l’éternelle lumière. Remplie de bonheur je restais en arrière.

LE FAUX ANGE

        … Aujourd’hui je me Sentais terriblement abandonnée et lasse à mourir. Toutes les peines de ma vie pesaient lourdement sur mon cœur, comme aussi l’abandon des meilleurs. Subitement, je vis devant moi une étrange apparition. Elle était enveloppée d’un vêtement bleu brodé d’or. Toute sa personne était belle, mais il y avait quelque chose d’indéfinissable qui me repoussait. A voix basse cette apparition commença à énumérer toutes les fautes de ma vie et me plaignit amèrement de l’impossibilité où j’étais de réparer pour le bien omis. Mon âme fut comme transpercée d’un glaive. Mais je m’apaisais quelque peu en pensant : “Si j’écoute ces discours plus longtemps je vais désespérer ! Il est impossible qu’un bon esprit parle de cette façon. Je considérais attentivement celui qui me parlait, et comme au début, je me sentis mal à l’aise ; ses yeux étaient toujours baissés.

        Je l’interrompis brusquement dans son énumération de mes négligences – il en était à ma quinzième – année et je lui dis : “Au nom de Jésus Crucifié, je t’ordonne de lever les yeux et de me regarder”. Son beau visage se crispa dans une horrible grimace, et deux yeux terribles, pleins de haine, les yeux du démon, me dévisagèrent.

        Je savais qui j’avais devant moi. Je commandais au démon de rester encore et lui dis : “Tous les péchés dont tu m’as fait le compte je les ai commis et encore mille fois plus. Mais si mes péchés sont sans bornes en nombre et en gravité, ma confiance dans les mérites de Jésus Crucifié est aussi illimitée”.

        Je prononçais sans y réfléchir la formule de bénédiction que j’emploie habituellement avec les âmes du Purgatoire : “Que la Miséricorde de Dieu te console et te donne la paix”. Le démon disparut en poussant un hurlement formidable. Mais je vis mon très aimé Père Jean se tenir devant moi, fâché et il me dit. “Comment peux-tu adresser ce vœu de paix au démon, à lui qui ravit si volontiers la paix aux hommes et travaille toujours à troubler la paix ? Comme tu es irréfléchie pour souhaiter la paix à celui qui par un jugement de la Justice de Dieu, l’a perdue pour l’éternité !” Cela me fit de la peine et j’ai récité le Te Deum en l’honneur de la Divine Justice.

NOUS AVONS TOUJOURS EPROUVE LA MERVEILLEUSE ASSISTANCE DE NOTRE ANGE GARDIEN.

        Nous ne voulons pas prendre congé d’Ancilla et des bons anges à travers le royaume desquels elle nous a conduits, en les quittant à la porte de l’Enfer.

        Nous voulons faire un retour en arrière jusqu’au trône de S.S.Pie XII et l’entendre nous dire lui-même comme il connaît son ange gardien et ce qu’il en pense. Le jour de la fête des Saints Anges, le 2/10/34, il parlait à une grande assemblée d’enfants venus de toute l’Italie. Et de quoi ? de l’Ange Gardien.

        Il rappela d’abord les paroles du Grand Serviteur de Marie, St Bernard, le chantre et panégyriste des anges gardiens.

        “N’oubliez jamais ce compagnon de votre vie et honorez le pour sa présence, pour son dévouement, pour sa bienveillance: Ayez confiance en sa protection”.

        En effet, l’ange de Dieu nous accompagne de sa présence ; il nous honore et nous aime par sa bienveillance et nous aide par sa protection.

        En conséquence, pour nous aussi, il a la même bonté que celle indiquée par St Bernard. Nous ne devons jamais oublier la présence de notre ange gardien ; ce Prince de la Cour Céleste ne doit jamais avoir à rougir de nous.

        Enfants ou adultes, nous ne voudrons jamais faire quelque chose qui puisse offenser celui qui a soin de nous, avec sollicitude. Jamais nous ne voudrons faire ce que nous n’oserions accomplir devant notre père, notre mère, ou le moindre de nos camarades, car partout, à chaque instant, notre ange est présent. Mais ce n’est pas tout. Sa présence est pleine de délicatesse et de bonté ; nous devons, en retour, l’honorer par notre délicate tendresse, notre soumission, notre dévotion, en y ajoutant notre reconnaissance envers Dieu.

        Nous prouverons notre pieuse confiance par une prière quotidienne, au commencement et à la fin de chaque journée, comme aussi pendant son cours.

        En cela nous ferons comme le Pape qui, de l’aurore la nuit, chaque jour de sa vie invoque son ange gardien et répète souvent cette invocation dans la journée, surtout quand des embarras et des difficultés se présentent, ce qui, naturellement, n’est pas rare.

        Nous attachons une grande importance, dit encore le Saint Père à vous déclarer hautement ce devoir de reconnaissance, car Nous avons toujours éprouvé le merveilleux secours de notre ange gardien.

        Très souvent, Nous avons vu et senti que notre ange est à nos côtés, toujours prêt à Nous soutenir et à nous secourir. Ceci, tous vos anges gardiens le font aussi pour vous chers enfants. Ils sont toujours là, toujours pleins d’amour, toujours vigilants.

        La certitude que nous sommes gardés par un Prince de la Cour Céleste, par un de ces esprits dont le Sauveur a dit en parlant de ceux des petits enfants : “qu’ils contemplent sans cesse la majesté de Dieu”, cette certitude, dis-je, ne doit pas nous inspirer seulement du respect et de la dévotion, mais aussi une pleine confiance.

        Cette confiance est nécessaire et doit s’affermir lorsque l’accomplissement d’un devoir pénible nous attend et que tenir de bonnes résolutions nous est difficile.

        Alors nous devons compter tout spécialement sur le secours, la défense et la Protection de notre ange gardien.

        La prière est la plus vraie et la meilleure expression de cette confiance.

        Chacune des salutaires paroles de St Bernard – conclut le Souverain Pontife — furent, dès nos premiers pas, gravés dans notre cœur par notre mère, aussitôt que nous fûmes capables de les comprendre.

        Avec la grâce de Dieu, elles nous ont toujours soutenu dans les travaux de notre existence, et Seront encore notre force et notre secours tant que le Seigneur nous accordera de vivre ici bas.

AMEN

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