( 25 mars, 2014 )

Révélations à Sainte Faustine (Kowalska)

(source : http://www.seraphim-marc-elie.fr/article-34532607.html)

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Fin octobre 1936, Sœur Faustine dut descendre en enfer, lieu d’horreur, afin d’en rendre compte. Elle écrit    dans son journal :
<< Aujourd’hui, un ange m’a conduite dans les abîmes de l’enfer.    C’est un lieu de grande souffrance, d’une étendue affreusement grande. Les différents tourments que j’y ai vus sont les suivants :     le premier tourment, qui constitue l’enfer, c’est la perte de Dieu ;     le deuxième, les reproches permanents de la conscience ;     le troisième, le fait que cet état soit immuable ;     le quatrième est le feu qui dévore l’âme sans la détruire ; c’est un tourment épouvantable, un feu allumé par la colère de Dieu ;     le cinquième tourment, c’est l’obscurité permanente et une puanteur abominable ; bien qu’il fasse nuit, les démons et les âmes damnées se voient les uns les autres ; ils voient la méchanceté des    autres et aussi leur propre méchanceté ;     le sixième tourment est la compagnie incessante de Satan ;     le septième, le désespoir épouvantable, la haine envers Dieu, les médisances, malédictions et outrages.
Ce sont les tourments que tous les damnés endurent en commun, mais ce n’est pas tout. Il y a aussi les tourments particuliers des sens. Ce avec quoi une âme a péché, c’est par là qu’elle est    torturée de manière épouvantable et indescriptible. Il existe des cavités affreuses et des abîmes de la torture où chaque tourment diffère des autres.
Au vu de cette souffrance abominable, je serais morte si la toute-puissance du Seigneur ne m’avait soutenue. Que le pécheur sache que c’est avec l’organe des sens, par lequel il a péché, qu’il    sera torturé pendant toute l’éternité. J’écris cela sur ordre du Seigneur, afin qu’aucune âme ne puisse s’excuser en prétendant qu’il n’y a pas d’enfer, ou bien que personne n’y est allé et que    l’on ne sait pas ce qui s’y trouve.
Moi, Sœur Faustine, je me suis trouvée dans l’abîme de l’enfer sur ordre du Seigneur afin de témoigner que l’enfer existe. Je ne peux pas en parler maintenant, car l’ordre du Seigneur est que je    fasse une déposition écrite. Les démons étaient remplis de haine à mon égard mais, à cause de l’ordre du Seigneur, ils durent m’obéir. Ce que j’ai écrit n’est qu’un faible reflet de ce que j’ai    vu. J’ai pu remarqué que la plupart des âmes qui s’y trouvent sont celles qui n’ont pas cru à l’enfer.
Après être revenue à moi, je ne pouvais pas me remettre de l’effroi causé par la vue des souffrances des âmes là-bas. C’est pourquoi je prie maintenant encore plus intensément pour la conversion    des pécheurs. J’implore sans cesse la miséricorde divine en leur faveur.>>
<< Pendant un instant >>, ainsi écrit-elle le 9 février 1937, << le Seigneur m’a montré les péchés commis aujourd’hui dans le monde. J’ai eu si peur que je me suis évanouie.    Bien que je connaisse la profondeur insondable de la miséricorde divine, j’ai été surprise que Dieu permette au monde de continuer à vivre ainsi. Aussi m’a-t-il fait comprendre que les élus    constituent un contre-poids. Lorsque leur nombre sera complet, ce sera la fin du monde…>>
<<  Ma fille, parle au monde de ma Miséricorde insondable. Je désire que la fête de la Miséricorde divine devienne le refuge de toutes les âmes, et surtout celui des pécheurs. Ce jour-là,    toute la plénitude de ma Miséricorde se déversera. Je verserai tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de cette source. Celui qui se confessera et communiera en ce jour, obtiendra    la rémission complète de ses péchés et des punitions qu’ils entraînent. Que personne ne craigne de venir à moi, même si ses péchés étaient les plus répréhensibles. Je désire que ce jour soit fêté    le premier dimanche après Pâques.>>
<< Jésus m’a commandé d’écrire une neuvaine et de la prier pendant les neuf jours précédant la fête de la Miséricorde. Il faut la commencer le Vendredi-Saint. >>

Neuvaine:

Je désire me transformer toute entière en Votre miséricorde et être ainsi un vivant reflet de Vous, ô Seigneur; que le plus grand des attributs divins, Votre insondable miséricorde, passe par mon âme et mon coeur sur le prochain.  

Aidez-moi, Seigneur, pour que mes yeux soient miséricordieux, pour que je ne soupçonne et ne juge jamais d’après les apparences extérieures, mais que je discerne la beauté dans l’âme de mon prochain et lui vienne en aide. 

Aidez-moi, Seigneur, pour que mon oreille soit miséricordieuse, afin que je me penche sur les besoins de mon prochain et ne reste pas indifférente à ses douleurs ni à ses plaintes.  

Aidez-moi, Seigneur, pour que ma langue soit miséricordieuse, afin que je ne dise jamais de mal de mon prochain, mais que j’ai pour chacun une parole de consolation et de pardon.  

Aidez-moi, Seigneur, pour que mes mains soient miséricordieuses et remplies de bonnes actions, afin que je sache faire du bien à mon prochain et prendre sur moi les tâches les plus lourdes et les plus déplaisantes.   

Aidez-moi, Seigneur, pour que mes pieds soient miséricordieux, pour me hâter au secours de mon prochain, en dominant ma propre fatigue et ma lassitude. Mon véritable repos est dans le service rendu à mon prochain.   

Aidez-moi, Seigneur, pour que mon coeur soit miséricordieux, afin que ressente moi-même les souffrances de mon prochain. Je ne refuserai mon coeur à personne. Je fréquenterai sincèrement même ceux qui, je le sais, vont abuser de ma bonté, et moi, je m’enfermerai dans le Coeur très miséricordieux de Jésus. Je tairai mes propres souffrances. Que Votre miséricorde repose en moi, ô mon Seigneur.

O mon Jésus, transformez-moi en Vous, car Vous pouvez tout.

 

<< S’il la prie une fois, même le pécheur le plus endurci recevra beaucoup de grâces de ma Miséricorde infinie.>>
<< Malgré ma passion amère, beaucoup d’âmes se perdent. Je leur lance la dernière bouée de sauvetage. C’est la fête de ma Miséricorde. S’ils ne louent pas ma Miséricorde, ils se perdront    pour l’éternité.>>
Extraits du Journal de Sr. Faustine (* 1905 – † 1938),
rédigé à la demande de son confesseur, Prof. Michael Sopocko
Jésus: << Porte au monde l’annonce de ma grande et insondable miséricorde. Prépare le monde à mon second Avent. Avant que je ne vienne comme juge, j’ouvre encore une fois tout grand les    portes de ma miséricorde.
Les flammes de ma miséricorde me dévorent : je me sens poussé à la déverser sur les âmes.
Des fleuves d’amour s’écoulent de toutes mes plaies, et surtout de mon cœur.
Pour punir, j’ai toute l’éternité, mais à présent je prolonge encore le temps de ma miséricorde. Je ne punis que si l’on m’y oblige. Je désire que les pécheurs viennent à moi sans aucune crainte.    Les grands pécheurs ont tout particulièrement droit à ma miséricorde. Je me réjouis lorsqu’ils prennent refuge en ma miséricorde. Je les inonde d’amour, bien au-delà de leurs attentes…
C’est pour eux que je suis venu sur cette terre ; pour eux que j’ai versé mon sang. Je ne peux punir celui qui s’en remet à ma miséricorde.
Aucun péché, même si c’était un abîme de méchanceté, ne pourra épuiser ma miséricorde ; car plus on y a recours, plus elle se répand en abondance.
Le pécheur qui viendra se réfugier en ma miséricorde me glorifiera et honorera mes souffrances, fussent ses forfaits noirs comme la nuit. A l’heure de sa mort, je le défendrai moi-même comme mon    honneur.
Le plus grand pécheur désamorce ma colère lorsqu’il fait appel à ma compassion. Je lui fais droit par ma miséricorde insondable et infinie.
Je suis saint, et le moindre péché m’est en horreur mais, quand les pécheurs regrettent leurs fautes, ma pitié est sans limite. Je les poursuis de ma miséricorde sur tous leurs chemins.    Lorsqu’ils trouvent en moi leur patrie, j’oublie toute amertume et me réjouis de leur retour. Dis-leur que je ne cesse jamais de les attendre : je tiens mon oreille contre leurs cœurs pour    entendre le moindre battement en ma faveur. Je les poursuis par les reproches de leurs consciences et les épreuves, par la tourmente et l’éclair et par l’appel de l’Eglise : mais s’ils repoussent    toutes mes grâces, je les abandonne à eux-mêmes et leur donne même ce qu’ils désirent.
Celui qui ne veut pas entrer par les portes de ma miséricorde devra comparaître devant ma justice.
Je me réjouis lorsque quelqu’un me demande beaucoup ; car je suis poussé à donner beaucoup, et toujours plus. Ceux qui ont le cœur étroit, qui demandent peu, me consternent.
Annonce, ma fille, que je suis tout amour et pitié : chacun, s’il s’approche de moi avec confiance, reçoit ma grâce en telle abondance qu’il ne peut la contenir et qu’elle rayonne autour de lui    sur les autres. Lorsqu’une âme loue ma bonté, Satan tremble et s’enfuit au plus profond de l’enfer.
Dis aux prêtres, qui s’efforcent de devenir des apôtres de ma miséricorde, que je confère à leurs paroles une force de conviction irrésistible et que je toucherai les cœurs de ceux auxquels ils    s’adresseront.
Rien ne me blesse plus que le manque de confiance d’une âme consacrée à Dieu : son infidélité me transperce le cœur. Les péchés qui consistent à douter de ma bonté me touchent de la façon la plus    cruelle. Croyez au moins à mes plaies !
Les âmes, dans le monde et dans les monastères, qui m’aiment sans retenue, réjouissent mon cœur et le regard de mon Père repose sur eux avec bienveillance. Ce sont eux qui opposent une digue à la    justice et qui ouvrent les vannes de ma miséricorde. L’amour de ces âmes continue de porter le monde.

( 18 mars, 2014 )

MAGDALENA de la CROIX, ses révélations sur les saints Anges

Texte tiré de la page : http://voiemystique.free.fr/ancilla_domini.htm

Esquisse biographique Quelques extraits

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Ce petit livre a été tiré des expériences mystiques de Mechtilde Sch. Cette âme privilégiée appartenait à la pieuse Association de Saint Grignon de Montfort, et lors de son admission elle reçut ce nom de Magdalena de la Croix.

        C’est ainsi qu’elle se nomme elle-même dans ses écrits mais le plus souvent encore elle signe simplement : “Ancilla”. Cette dernière dénomination lui fut donnée par son directeur spirituel Mr le curé Fischer, il voulait ainsi lui indiquer que toujours, en toutes circonstances elle devait se considérer comme la servante du Seigneur.

        Petite enfance et adolescence à Munich. Dès son éveil à la vie cette âme avait reçu

        Bien que continuellement dans le monde, très peu de personnes connurent sa vie religieuse et mystique.

        Favorisée des stigmates du Christ, mais par ordre de Dieu ils n’étaient visibles que pour son confesseur.

        Dès ses jeunes années Dieu commença sa formation au sacrifice, ce tendre cœur d’enfant se vit repoussé par sa mère à qui, à sa naissance, elle avait failli coûter la vie. Toute l’affection maternelle était réservée aux sept frères et sœurs de Mechtilde.

        Par contre, son père, homme de haute culture et de profonde piété aimait la petite fille à l’égal de ses autres enfants. Les mauvais procédés de sa mère n’endurcirent pourtant pas le cœur de l’enfant.

        A quatre ans, M. éprouvait une compassion pour N.D. des Douleurs. Certain jour elle monta sur une chaise et d’un petit mouchoir de dentelle elle essuya les larmes Le la Divine Mère. Et voici que les larmes disparurent.

        Mais les pleurs reparaissaient et la petite M. éprouvait une vive douleur, alors avec persévérance elle les essuyait de nouveau. Ayant fait la rencontre d’un pauvre enfant frappé de cécité elle supplia le Seigneur de le guérir par les larmes de sa Mère et, lorsque de son petit mouchoir de dentelle elle eût touché les yeux de l’aveugle, ils s’ouvrirent à là lumière.

        A cinq ans elle fit le don total d’elle-même. Dès lors, elle vit son “Archange” qui lui fut donné comme guide Spécial, en plus de son ange gardien.

         M. reçut une éducation solide et soignée. Elle avait une magnifique voix d’alto.

         Le choix d’un confesseur fut de la plus grande importance pour sa vie spirituelle ; ce fut le Père Sch. Rédemptoriste qui le devint. Il semble avoir été exceptionnellement éclairé et inspiré par Dieu. Très sévère, lorsqu’il constata que sa pénitente marchait dans une voie de grâces extraordinaires, où elle était visiblement conduite par son ange gardien, il sut extirper de cette âme tout germe de vanité ou d’amour-propre pour la maintenir dans une profonde humilité. Plus les grâces que Dieu répandait sur cette âme étaient grandes, plus elle était persuadée de son indignité.

        M. se sentait fortement attirée vers la vie religieuse, une de ses sœurs Portait l’habit des “Servantes de Marie” (Servites). Le Père Sch. lui affirma qu’elle était appelée au mariage, ce fut ainsi qu’e1le épousa le 7 Mai 1895 un homme à qui elle donna toute son affection, mais qui bientôt changea d’attitude envers elle et montra un caractère difficile et lui fût un tyran dans le plus mauvais sens du mot trouvant un malin plaisir à la, martyriser jour et nuit, physiquement et moralement.

        Et cependant elle lui garda tout son amour.

        En 1898 son mari ayant accepté un poste important dans le Wurtemberg le ménage dut habiter O. Là ses rapports de direction furent très difficiles. Le mariage fut pour elle le chemin du Golgotha. En compensation, le Père Sch. lui annonça qu’elle rencontrerait un bon confesseur. Mr Fischer fut présenté à Magdalena. Par son ange gardien comme le don de Dieu “Deus dedit”. Plus tard ce prêtre s’adjoignit un confrère pour conduire d’une main sûre cette âme victime et pour réaliser lui-même dés progrès en sainteté. Nous appellerons ce dernier prêtre sous le nom que lui donna l’Archange “Servus Dei” Serviteur de Dieu.

        Le journal de Magdalena, une centaine de pages, contient avec tous les détails les relations de ses croix, de ses souffrances, comme aussi de ses grâces extraordinaires. Une croix particulièrement lourde pour elle fut de ne pas avoir d’enfants. Mais en revanche Dieu lui donna une très grande famille d’enfants spirituels : hommes et femmes, prêtres et laïcs personnes consacrées à Dieu, qui se placèrent sous sa direction et, par elle furent conduites de manière Supérieure dans les voies de la vie chrétienne.

        Elle fut favorisée du don de bilocation. Pendant que son corps reposait sur sa couche, son ange gardien l’enveloppant d’une sorte de manteau gris, l’emmenait au loin. Elle allait consoler les blessés de guerre et ils la reconnurent à leur retour au pays natal. Un de ses enfants spirituels est en danger de commettre un péché mortel, Magdalena vient à lui et lui fait des remontrances, il repousse alors la tentation.

        Elle avait reçu de son Archange l’ordre strict de cacher les faits extraordinaires de sa vie, de sa stigmatisation, aussi longtemps qu’elle serait de ce monde.

        Avec le temps sa faculté de souffrir pour le prochain et pour certaines âmes du purgatoire augmente. Jamais elle n’obtint l’allègement de ses souffrances personnelles, mais elle l’obtint pour autrui.

        Son mari ne cessa de trouver de nouvelles occasions de la tourmenter, elle ne cessa de prier pour sa conversion ; ce n’est qu’après sa mort qu’elle lui obtint de mourir repentant, ainsi que la femme qui empoisonna sa vie conjugale.

        Le Père Sch. mourut le 24 Mars 1906, mais ses relations avec Ancilla ne furent pas interrompues.

        Le 15 Novembre 1919 elle écrit à une fille spirituelle:  « Aujourd’hui après midi, je sommeillais. J’ai rêvé que le Père Sch. était devant moi avec une expression de grande bonté, il me dit : “Bientôt ma chère fille, bientôt”. Que dois-je entendre par-là, lui demandais-je ? Alors il mit un doigt sur sa bouche et répéta. “Bientôt ma chère fille bientôt”. Et il disparut ».

        Le 21 Novembre Magdalena reçut encore une fois l’Extrême Onction. Quand Mr le curé Fischer lui dit de s’abandonner à la volonté de Dieu et de recevoir la mort de Sa main, elle se contenta de sourire, car depuis longtemps elle se réjouissait à la pensée de cette heure.

        Le 30 Novembre elle envoya la religieuse qui la soignait à une Messe matinale, c’était un dimanche, pendant l’absence de sa garde-malade, elle expira. Son mari était près d’elle et elle put encore lui dire : “Je dois mourir”. Quelques souffles et son âme s’envola. Saint André, qu’elle avait aimé et honoré comme Apôtre de la Croix était venu la chercher.

        Le visage de la morte exprimait le bonheur et la paix. Une majestueuse grandeur entourait le cadavre. Comme doucement plongée dans l’oraison, elle était là, telle qu’on l’avait vue agenouillée à la table de communion.

        Aujourd’hui du haut du Ciel, Ancilla fait toujours du bien parmi nous. Avec le temps, peu à peu elle se fera connaître.

Gauting, 7 Novembre 1935 Friedrich Ritter von Lama.

Elle est l’auteur du petit livre ci-dessous dont le contenu a été puisé dans sa propre vie. Ce n’est que le choix de quelques extraits et leur coordination qui est mon œuvre.

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POURQUOI NOUS HONORONS SI PEU LES ANGES.

        Le motif principal est très simple : nous ne les connaissons pas ou tout au moins très peu.

        La connaissance précède toujours l’amour et la vénération. De la connaissance de leur supériorité, de leur perfection, de leurs rapports intimes avec Dieu, de leur puissance et de leurs privilèges, jaillit spontanément notre vénération des Anges. Si nous savions comme ils nous aiment en Dieu et entourent nos âmes de cette affection parce qu’ils furent témoins du plus grand acte d’amour: la mort volontaire du Fils de Dieu, et par-là savent le prix dont Il rachète toute âme humaine nous leur rendrions cette affection et nous serions humblement heureux de pouvoir les saluer comme des amis et des frères en Dieu. Mais nous ne les connaissons pas. Nous ne connaissons même pas notre propre ange gardien, bien qu’il soit notre fidèle compagnon et notre ami durant tout le cours de notre vie. Nous pourrions peut-être le connaître davantage si nous en prenions un tant soit peu la peine. Il le mérite vraiment.

        Nous savons que les anges sont des esprits bienheureux dans l’éternelle vision et la connaissance de 1′éternel Amour : Dieu.

LA BEATITUDE DES ANGES.

        Pour la multitude du monde angélique la céleste béatitude est parfaite. La connaissance de Dieu n’est pas la même à tous les degrés. Ces degrés consistent simplement en ce que les plus hautes hiérarchies possèdent une plus grande connaissance de Dieu que celles qui sont au-dessous d’elles (entre tous les Anges, St Gabriel et St Michel ont la plus parfaite connaissance de Dieu).

        Les Séraphins sont plongés d’un tel degré dans cette connaissance qu’ils sont embrasés d’un ardent amour.

        Puisqu’elle est parfaite, la béatitude des Anges ne peut s’accroître, mais ils peuvent, me semble-t-il éprouver des joies accidentelles.

        Aussi souvent qu’un ange gardien conduit une âme du purgatoire au Ciel, il éprouve une grande joie parce qu’il est heureux de ce qu’une âme de plus est digne de Dieu et Le louera éternellement. C’est un bonheur indescriptible pour un ange lorsqu’il a la certitude que les fruits de la Passion et le Précieux Sang de Jésus-Christ ne sont pas perdus pour l’âme dont il eût la garde.

LES ANGES GARDIENS.

        Ils ont un soin continuel des humains qui leur sont confiés. Leur nombre est si grand qu’aucun ange ayant conduit son protégé à l’éternité ne revient rendre le même service à une génération suivante.

        L’Ange qui accompagna l’homme sur la terre reste avec lui dans le Ciel.

        Les Anges Gardiens des malheureux qui ne verront jamais la Splendeur Divine ne sont pas placés à un moindre rang. Dieu Juste leur donne autant de bonheur qu’aux autres, et ils sont spécialement affectés au service de la Reine des Anges; c’est avec une indescriptible joie qu’ils louent la justice du Seigneur.

        Il est différents degrés parmi les Anges Gardiens ; les uns sont ardents, d’autres silencieux, je dirais presque réservés. Les Anges de ceux qui souffrent compatissent aux douleurs de leur protégé. D’autres anges ont le visage souriant ; ils servent leurs protégés plus qu’ils ne les soutiennent. Ce sont les Anges des âmes pures.

        Les enfants ont des anges plus aimables qu’on ne saurait le dire. Il m’a semblé les voir, ayant leurs mains jointes pour la prière et leurs regards élevés vers le Ciel.

        Les pauvres pécheurs ont aussi des Anges d’une grande majesté. Des yeux de mon âme, je les ai vus ; leurs mains sont croisées sur la poitrine, et leurs yeux suppliants regardent le Ciel avec douleur. Ah ! comme un péché mortel doit terriblement offenser Dieu pour que les Anges en éprouvent une telle tristesse.

        Les âmes pieuses obligées de vivre dans un milieu non chrétien ont un Ange tout spécial; de même que les personnes à qui Dieu donne une mission particulière à remplir.

        Il n’est rien de plus aimable qu’un Ange Gardien. Rien n’égale la Bonté de Dieu qui aime tant nos âmes, qu’elles sont gardées, guidées et même servies par un Ange.

        O toi ! mon plus fidèle ami, mon frère bien aimé, mon saint ange gardien, je te salue mille fois au nom de Jésus et je remercie Dieu de ce qu’il t’a créé si beau, si bon, si puissant.

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ASSISTANCE DES ANGES GARDIENS PAR DES ANGES D’UN ORDRE PLUS ELEVE.

        Lorsqu’une âme s’engage dans le chemin de la perfection, elle reçoit à part son ange gardien, d’autres anges d’un ordre plus élevé principalement de ceux du troisième et du quatrième chœur, des Vertus et des Puissances.

SERVICES RENDUS PAR LES ANGES

        Je vois mon ange et réclame son secours. L’Archange m’accompagne dans mes voyages mystiques ; il me mène et me ramène. Si je voulais écrire une chose que je ne devrais pas dire, il serait là aussitôt pour m’avertir et arrêter ma main. il arriva qu’un jour, recevant une très longue lettre, je fus sur le point de répondre brièvement, mais l’Archange me dit : “Oublies-tu ton vœu de souffrir ?” Je regardais mon Crucifix et pensais : “Comme le Seigneur a supporté pour toi des peines infinies ! Je veux être patiente”.

        D’après ce qu’elle me racontait (communique un de ses enfants spirituels) son ange lui apparaissait vêtu de manières différentes.

        Vêtement vert et clair signifiait des petites souffrances et des contrariétés. Vert sombre, c’était l’annonce de grandes douleurs et de lourdes croix. S’il portait des vêtements sacerdotaux, comme l’aube et l’étole il venait annoncer de grandes grâces ; alors il avait l’air joyeux et solennel.

        Vers le soir, il apparaissait souvent vêtu de bure sombre et tenant un bâton, comme les pèlerins; cela signifiait qu’il venait la chercher. Comme je lui exprimais mon étonnement de ce qu’un ange put l’emporter avec le poids de son corps, elle me répondit : “comment vous expliquer cela ? Imaginez-vous que mon ange m’enveloppe d’un voile gris ou qu’il m’entoure d’un épais nuage, et qu’ainsi nous partons”. Où ?

        Elle me raconte ceci : “La semaine dernière je suis allée chaque nuit en Belgique ; j’avais là trois pécheurs à convertir et à préparer pour la réception des sacrements ; ce fut une tâcha difficile. Ils résistaient et ne voulaient pas ; enfin j’eus la victoire et tous trois moururent réconciliés avec Dieu.

        Au mois dernier (1919), j’ai passé trois nuits à Haunstetten près d’Augsbourg ; là, un grave sacrilège avait été commis envers le Saint Sacrement : le Tabernacle fracturé, les Hosties dispersées et piétinées. Avec mon Archange, je pus recueillir les parcelles des Saintes Hosties sur le plancher et celles attachées aux chaussures du criminel ; puis faire un acte de réparation devant le tabernacle.

J’ESSUIE LES LARMES.

        Aujourd’hui je cherchais refuge près de Mon Ange et le suppliais de se souvenir de mes souffrances dans sa gloire. Alors il m’apparut dans sa merveilleuse splendeur. Il se pencha sur mon lit en disant. “Tu n’es jamais seule. Vois, jour et nuit, je suis près de toi, je sèche tes larmes et je présente tes prières au Seigneur. Mon frère le compagnon de Gabriel, lui aussi, est près de toi et t’apporte la force dont tu as besoin pour supporter les amertumes dont tu dois être accablée”. Je vis le compagnon de Gabriel près de moi. Il avait une étole verte ; à son diadème des pierres vertes étincelaient. En le voyant j’éprouvais une grande tristesse. Mon ange me consola et dit : “Tu souhaites aimer Jésus, ce n’est que par la souffrance que tu parviendras à aimer Dieu de tout ton cœur. Allons, prends courage”.

        J’envoyais mon bon Ange à mes amis spirituels pour qu’il les Salua au nom de Jésus. Je ne vois pas mon Archange mais toujours mon ange gardien est près de moi ; il est si aimable, et si bon. Aujourd’hui, vers le soir, quand je souffrais beaucoup, il me prit dans ses bras et appuya sur sa poitrine ma tête endolorie. Aussitôt je me sentis mieux et la fièvre me quitta.

LES ANGES GARDIENS.

        Le culte des Anges Gardiens apporte beaucoup de consolations et de courage. Ils sont partagés en divers ordres et leurs couleurs qu’ils revêtent dans mes visions sont différentes. C’est parmi eux qu’ont été choisis les sept esprits bienheureux qui se tiennent devant le trône de Dieu toujours prêts à exécuter ses Ordres.

SAINT MICHEL

        Est toujours le plus près de Dieu le Père. Je le vois semblable à un guerrier. Sa beauté est d’une sublime élévation. Les anges de son ordre ont le même aspect que lui.

        Ces archanges assistent les martyrs pendant leurs tourments, comme aussi tous les hommes qui souffrent persécution pour Dieu. A de semblables heures, Dieu, par St Michel, envoie un Archange qui, avec l’Ange Gardien, vient au secours de celui qui est persécuté ou martyrisé.

        Que d’actes de renoncement et de mortifications héroïques, que de force de volonté chez des âmes qui ne pensent pas qu’elles sont redevables aux Anges du secours qu’elles ont reçu. Les anges sont si fidèles au service des hommes, et les hommes sont si ingrats envers les anges !

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SAINT GABRIEL

        Il est tout particulièrement le messager du Saint Esprit. Ses privilèges le mettent au même rang que Saint Michel. Il est l’ange des fils du Saint Esprit, des prêtres, des âmes qui honorent le Saint Esprit et souhaitent le servir dignement. Les prêtres ne devraient pas passer un seul jour sans l’invoquer, surtout lorsqu’ils doivent prêcher. Ceux qui sont aux prises avec de grandes peines physiques et morales doivent 1′invoquer. Il nous obtient un grand amour pour la Vierge Marie. A l’heure de leur mort il viendra saluer et conduire à sa Reine les âmes qui l’auront invoqué souvent.

        La beauté de Saint Gabriel est séduisante, irrésistible, elle gagne les cœurs ; elle n’est pas aussi imposante que celle de Saint Michel.

        Une fois j’étais agenouillée devant mon Crucifix auquel je ne voyais pas le Christ suspendu, et je méditais sur l’abandon et les effroyables douleurs de Marie.

        Je pleurais amèrement sur les souffrances de la Vierge Marie lorsque je sentis un suave parfum. Ma chambre s’i1lumina, je vis St Gabriel qui me dit avec grande joie : “Je te salue toi et tes larmes bénies”. J’étais éblouie par l’irradiante clarté qui émanait de “l’ange du Seigneur” et je fermais les yeux. Quand je les rouvris, la Vierge Immaculée était devant moi, pleine de bonté. Une fois encore, St Gabriel se tourna vers moi et dit, Tu as souffert avec Marie, réjouis-toi avec elle ! Tu n’as jamais récité le chapelet des Sept joies; fais-le donc! Le chapelet apporte de grandes joies à ceux qui le récitent et beaucoup de joie à la Reine du Ciel. Fais en part à tes amis spirituels. Salue les au nom de Jésus et dis leur que ma Reine les aime et veille en tout temps sur chacun d’eux, car ils travaillent à rependre mon culte et celui de tous les Anges ; ceci est une inexprimable joie pour la Reine des Anges.

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L’ANGE GARDIEN DE HUMMANITE  DE JESUS.

        A l’Angélus saluons St Gabriel. Avec quelles délices il a d’entendre les mots “Ecce Ancilla domini”. Voici, je suis la Servante du Seigneur, et comme il s’est profondément incliné lorsque le Verbe s’est fait chair.

        Saint Gabriel est aussi l’Ange Gardien de l’humanité de Jésus. C’est lui qui, le premier, annonça la naissance du Christ aux bergers, et il accompagna la Sainte Famille pendant sa fuite en Égypte. Au Jardin des Oliviers, il soutint Jésus dans son Agonie ; à la quatrième station du Chemin de la Croix, il se tenait près de Marie et quand Jésus mourut sur la Croix, il était près de lui. Il fut l’Ange de la Résurrection et celui de l’Ascension.

        Parce que cet Ange assista le Seigneur mourant, ceux qui vénèrent Saint Gabriel seront consolés et fortifiés par lui à leurs derniers moments. La fête de Saint Gabriel est proche de celle de Saint Joseph. Quand Saint Joseph était de ce monde, Saint Gabriel était en actives relations avec lui ; il lui communiquait les conseils et les commandements de Dieu. C’est pourquoi il est dans l’ordre divin que les têtes de l’Annonciation, de St Joseph et de St Gabriel se trouvent dans le même mois, la même octave.

LES PREMIERS SERVITEURS DE LA VIRGINALE REINE.

        La Divine Providence ayant désigné St Gabriel pour être le premier serviteur de Marie, Reine des Vierges, il demeura toujours près d’elle. Ce privilège élève Gabriel au-dessus des autres anges et on ne peut lui faire plus grand plaisir que de remercier la Sainte Trinité de l’avoir choisi pour annoncer à Marie le Mystère de l’Incarnation. Oh ! toi bienheureux esprit céleste, élu de Dieu  pour transmettre ses ordres, je te salue avec une humble tendresse et je me réjouis au-delà de toute expression en pensant au moment où dans le Ciel je pourrai comprendre tes privilèges et ta beauté. “Toi, rempli de grâces entre tous les Anges, toi, élu par le Seigneur, toi, le Serviteur béni de la Vierge Immaculée, je te salue mille fois au nom de Jésus et de ta céleste Reine. Je t’en supplie à l’heure de ma mort, annonce moi que j’ai trouvé grâce devant Dieu”.

SAINT RAPHAEL

        Saint Raphaël est le patron, le Protecteur des confesseurs et de leurs pénitents. Celui qui l’honore aura toujours un bon directeur de conscience. Il est l’Ange de la consolation dans les difficultés de notre temps ; il est notre secours dans la détresse. Il s’intéresse d’une façon Particulière au Sacrement de Pénitence. Les gens engagés dans le sacrement du mariage ne doivent pas l’oublier.

        On représente ordinairement Saint Raphaël tenant un bâton semblable à un sceptre ; Saint Gabriel un lys ; Saint Michel un glaive et un bouclier.

        L’Archange de 1a patience à son visage tourné vers le Ciel, Ses mains sont jointes, pour Une fervente prière, sa beauté a quelque Chose d’émouvant, je dirais presque mélancolique. Où Dieu l’envoie, 1a résignation et la patience pénètrent les âmes. Il est des personnes auprès desquelles il séjourne presque continuellement. Ces natures privilégiées peuvent tout supporter, même l’incroyable. Partout où ses regards s’arrêtent, il y a une croix, et il aide celui qui souffre avec courage à la porter patiemment (Ancilla était de ceux-là). Archange secourable, j’ai besoin de toi, moi aussi. Je ne suis pas digne de demander ta visite, mais viens, pour l’amour de Dieu, afin que je ne l’offense pas par mes pensées de lâcheté et d’impatience. Maintenant je considère davantage le privilège de cet ange. Oh ! que le Ciel doit être beau.

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LES SOUFFRANCES SONT DE TRES GRANDS BIENFAITS DES GRACES DE DIEU

        Ce matin vers trois heures, j’ai vu l’Archange Raphaël. Il avait l’apparence d’un pèlerin, mais son visage a une grande majesté, à laquelle se joignait une grande bonté. Je souffrais d’une grande oppression ; il mit sa main sur mon cœur qui s’apaisa et mes souffrances diminuèrent. De, tout mon cœur, je remerciais St Raphaël lui recommandant aussitôt “Deus dedit”, “B.” Je demandais la guérison de “Servus Dei”, Il sourit et me dit : “Les désirs de Deus Dedit dont tu sollicites la réalisation seront allégés, mais il aura toujours ce souci, car le Seigneur ne le lui enlèvera pas complètement. Il y a des désirs et des soucis dont Dieu ne délivre jamais parce qu’il veut toujours être prié. Il aime par-dessus tout les prières pleines d’abandon à sa volonté.

        Dieu est infiniment bon et miséricordieux envers les hommes et Il ne laisse rien sans récompense : à ceux qui le prient et qu’Il semble ne pas écouter Il donne de grandes grâces qu’un cœur humain ne pourrait se les représenter. La compréhension des prévenances de la bonté divine est une des plus grandes joies réservées aux âmes humaines dans la bienheureuse éternité.

        Qu’elle est grande la valeur de la souffrance ! Les souffrances sont les plus grands bienfaits et les plus grandes grâces de Dieu.

        Les hommes ne comprennent pas plus la valeur de la souffrance qu’ils ne comprennent l’extraordinaire grandeur et la puissance du prêtre. Le sacerdoce est chose si élevée, si prodigieuse, que même les hommes les plus avancés dans la voie de la sainteté mourraient de terreur et d’humiliation s’ils arrivaient à la moindre connaissance des pouvoirs du prêtre. Cette connaissance appartient à la béatitude éternelle. Il demeura muet dans une sublime contemplation.

GARDIEN ET PROTECTEUR DU PRETRE.

        Après un court instant je lui pris la main et dis : “Qu’en est-il avec le Père B.” Il me regarda amicalement et répondit : “Que doit-il en être ? Fidèle ouvrier dans la vigne du Seigneur il est en souci pour son séminaire, mais il doit rejeter ses soucis sur le Seigneur qui l’aidera en tout temps…”

        Je te dis encore que l’ange du diocèse se tient devant l’évêque comme un protecteur. Il a changé son sceptre contre une épée et un chérubin l’accompagne. Malheur à ceux contre qui il lèvera l’épée des anges ! Trois fois Malheur à ceux qu’elle blessera ! La porte du Ciel restera fermée pour eux. Comme le Seigneur a dit à ses apôtres : “Veillez et priez” ainsi je vous répète : “veillez et priez ! Veillez sur les faux prophètes afin qu’ils n’entraînent pas tant d’âmes au Royaume des Ténèbres ; priez sans cesse, afin que le Seigneur relève et fortifie les faibles, qu’Il soutienne les forts pour qu’ils ne chancellent pas … Car pour l’Église le temps de la grande tribulations est commencé.

LES VERTUS.

        Comme leur nom l’indique, ces Anges personnifient les Vertus. Dieu les envoie à tout homme qui, de toute l’énergie de sa volonté travaille avec persévérance à son amélioration ; qui ne s’arrête pas lorsqu’il a extirpé un défaut, mais au contraire, continue à employer tous les moyens de mortification spirituelle et corporelle pour sauver son âme. Il est des prêtres qui ont continuellement un de ces anges près d’eux. Généralement, ils ont peu de soin pour eux-mêmes, ne se Ménagent point et se Mortifient sans cesse. Ils sont les préférés des Vertus.

        Maint pécheur converti est accompagné d’un de ces anges. L’ange encourage jour et nuit et le pénitent ne cesse de lui obéir, car l’ange l’oblige à persévérer par la force de vertus qu’il possède.

        Toutes les âmes attirées à la vie intérieure doivent invoquer spécialement les anges de ce chœur, car les bonnes pensées ne suffisent pas à nous rendre parfaits, il faut aussi la force de la vertu pour les mettre à exécution.

LES PUISSANCES.

        Les anges du chœur des Puissances sont grands. Ils m’apparaissent portant une aube et une dalmatique. A peu d’exception près, ils ne servent que les prêtres. Leur force est plus intense que celle du chœur précédent. Devant eux le démon s’enfuit… Leurs Mains sont croisées Sur la poitrine, leur regard a quelque chose d’impérieux, d’irrésistible. Leur visage resplendit magnifiquement. Ce chœur mérite bien sa dénomination par la haute Majesté de ses anges.

        Ils protègent les prêtres, spécialement dans l’exercice de leur ministère ; ces anges doivent être invoqués avant la récitation du bréviaire, car ils chassent les distractions dans la prière. Pourtant, on ne pense jamais à eux: Anges, Archanges, Chérubins, Séraphins, sont invoqués alors que sont négligés les autres chœurs. Du troisième et du quatrième chœur les prêtres reçoivent une assistance spéciale dont ils ont besoin au confessionnal pour diriger les âmes consacrées à Dieu.

        Les confesseurs ont aussi besoin de ces anges lorsque des âmes spécialement aimées de Dieu sont sous leur direction.

        Les prêtres qui, jour et nuit, ont un de ces anges sont les privilégiés de Dieu, car cet Ange conduit à la connaissance de soi-même et donne un vif désir de perfection.

        Quand un prêtre est gardé par un Ange des Puissances il est à peu près certain que plus tard, il recevra un ange du chœur des Dominations. Il est arrivé qu’un prêtre dès son ordination, ait reçu un Ange des Puissances parce qu’il était appelé à une grande activité comme confesseur. Un prêtre assisté d’un Ange des Puissances exerce une particulière autorité sur les âmes et son ministère est béni. Chaque fois que leur zèle s’attiédit, l’Ange le ranime. On invoque l’assistance des Anges de ce chœur dans les sécheresses spirituelles, dans toute les mauvaises dispositions intérieures et dans les tentations de colère et d’impatience.

LES PRINCIPAUTES

        Chaque paroisse a un ange spécial qui appartient au chœur des Principautés. Cet Ange est grand et d’un magnifique aspect ; il est entouré d’un chœur d’autres anges

        Prosternés devant le Saint Sacrement, ils prient , jour et nuit pour les membres de la paroisse; ils veillent à ce que les mourants reçoivent les derniers sacrements et à ce que les enfants soient baptisés. Ils connaissent chaque paroissien de leur église. Ils implorent le pardon de Dieu pour chaque offense grave. Ils sont habituellement des intercesseurs.

        Ils honorent le Dieu caché dans l’hostie, si oublié des hommes et les attendant en vain. Pour réparer l’indifférence des âmes, ces Anges chantent le Sanctus d’une manière mystérieuse et sans interruption. On ne les invoque presque jamais. Le culte de ce chœur d’anges apporte la joie et l’assiduité dans la prière. Leurs traits sont gracieux et pleins d’amabilité, mais ils expriment une profonde douleur si quelqu’un reçoit la Communion indignement. En tel cas, ils se prosternent et disent des prières réparatrices.

        Aucun prêtre ne devrait négliger de Saluer les Anges de la paroisse dont il a la charge; par cette pratique il recevrait des grâces abondantes, grâces qui sont rarement méritées.

        La Fête de la Dédicace est jour de joie pour les Principautés. L’Ange de chaque église présente à Dieu les prières, les actes de piété, les mortifications, les mérites accumulés depuis la dernière fête. C’est aussi le jour où le Prince Céleste bénit 1′édifice. Cet ange n’abandonne jamais les enfants de la paroisse et prie sans :cesse Dieu pour eux ; il leur obtient courage et force. Une mère ne peut prier avec plus de ferveur que lui… et personne ne le remercie.

LES DOMINATIONS.

        Le Sixième chœur est celui des Dominations. Ce sont les anges à qui Dieu confie ceux qui doivent enseigner, que ce soit dans la chaire d’une grande école, celle d’une église ou au confessionnal lorsqu’il s’agit de direction spirituelle. Les missionnaires sont gardés par les Dominations. Ces anges sont avec tous ceux qui s’efforcent d’étendre le Royaume de Dieu sur la terre.

        Les Supérieurs de communautés et de séminaires ont aussi un de ces Anges, à condition qu’ils soient humbles. Ces âmes doivent glorifier Dieu, c’est pourquoi un tel Ange se tient à leur côté. Dans mes visions ils ont un bouclier portant le nom de Dieu. Leur visage luit comme le soleil, leur couronne éblouit par sa magnificence. Il, faut les invoquer pour obtenir l’extension du Royaume de Dieu en ce monde par la conversion des hérétiques, des incroyants, des catholiques tièdes et de ceux qui n’en ont que le nom. Dans le découragement, ayons rebours à eux ; ils nous aideront. Mais on ne pense pas souvent à ces anges. Dans  la Préface, on dit bien : “Adorant Dominationes”, mais on n’y pense pas après la Messe, et cependant ils travaillent tant pour agrandir le Royaume de Dieu.

        Quand j’avais neuf ans, il m’arrivait fréquemment de plaindre les Anges parce qu’ils étaient honorés dans la Préface, en paroles, mais presque jamais avec le cœur. En compensation je récitais chaque jour neuf Ave en l’honneur des neuf chœurs et trois Gloria pour tous les prêtres afin qu’ils aient une connaissance plus grande des Anges et de leurs privilèges. Je suis restée fidèle à cet exercice, il apporte beaucoup de consolation, et en retour Dieu nous donne le don d’oraison.

LES TRONES

        Le Septième Chœur, les Trônes, est le Chœur Royal. Chaque diocèse, chaque royaume, chaque communauté, a un ange spécial choisi dans les Trônes.

        Ces anges m’apparaissent semblables à des rois. Leur visage est empreint de noblesse et de majesté surnaturelle. Malgré leur aspect majestueux, leur regard fixe le Ciel avec humilité et ardente ferveur.

        Ils présentent sans cesse au Tout-Puissant les prières de leur royaume. Ils offrent à 1a Sainte Trinité tous les renoncements, les sacrifices, les mortifications qu’exerce chaque cœur humain et les ennoblissent, les sanctifient par leurs propres prières. Leur souveraineté consiste en ce perpétuel dévouement ; leur règne dans la plus profonde humilité ; leur couronne dans un brûlant amour.

        Par le vouloir de Dieu il est fait mention d’eux dans la Préface, sinon ils seraient jamais nommés. Il y a quelque chose de silencieusement tragique dans le service des anges : Ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour l’humanité coupable et les malheureux hommes, pauvres de foi, sont de glace ; ils les oublient en prétendant que leur existence est un conte gracieux. Les Anges nous servent sans relâche ; ils n’attendent aucun remerciement et en reçoivent rarement. Pourtant, la dévotion aux Saints Anges nous aiderait à atteindre la perfection, la sainteté.

LES CHERUBINS

        Sont les glaives du Seigneur.  Leur vêtement est de resplendissante et pure lumière. Leur face est sévère et comme expression ressemble à St Michel. Il sont ceinturés de feu et leur main droite tient une épée à lame de feu. Leur couronne est faite de rayons de soleil.  Ils personnifient le zèle de la gloire de Dieu et l’arme toujours prête à la défendre. Quand Dieu eût chassé Adam et Eve du Paradis Terrestre, des Chérubins en gardèrent l’entrée dit l’Ecriture Sainte.

        Je Crois que des Chérubins doivent veiller sur le Souverain Pontife.

        Dans les tentations de doute, d’impureté, de scrupules, Il est bon de les invoquer. J’ai vu que cette dévotion avait des résultats surprenants.

LES SERAPHINS

        Et voici le chœur bienheureux des Séraphins. Que dois je en dire ? Ils sont amour et servent l’Amour. Ils honorent, ils louent, ils aiment la Sainte Trinité sans interruption. Ils ne peuvent faire autre chose, et c’est leur béatitude. Leur amour s’enflamme de jour en jour et d’heure en heure, un plus grand amour qui les a choisis pour son service et sa louange. Quel cœur ne désirerait pas être rempli d’amour en méditant les sublimes fonctions des Séraphins ? Qui n’envierait ces Anges bienheureux entre tous, qui, de toute éternité ont été créés pour aimer l’éternel Amour, source de tout Amour ? Quel magnifique holocauste d’amour sont ces anges qui sans cesse brûlent sans se consumer et qui peuvent se plonger toujours, éternellement dans l’Amour. Quand on contemple la splendeur des Anges on voit mieux combien la terre est petite et l’humanité misérable ; alors, celui qui médite, pressent la perfection du Créateur et de son Amour sans limite qui livra son Fils pour nous sauver. Par la dévotion aux Anges, nous nous rapprochons de Dieu. Pourquoi les Anges sont-ils si peu honorés et aimés ?

L’ANGE GARDIEN MAITRE ET AVERTISSEUR.

        …L’Ange sourit… dis à “Servus Dei” qu’il y a beaucoup d’âmes qui n’ont d’autres désirs que de trouver Dieu et le servir. Dis lui qu’il est dans ce, monde beaucoup plus d’innocence et de sainteté qu’il le croit. La vie de sacrifice de telles âmes monte comme un encens vers le Ciel et réjouit le Cœur de Dieu.

        Ce matin, de bonne heure, avant l’Angélus, mon Archange me dit : “Tu ne dois désirer rien d’autre que d’appartenir à Dieu. En même temps il ne conseilla d’éviter les examens de conscience inutiles et d’être attentive à commencer et à terminer mes actions et mes paroles en Dieu. Lorsque j’ai répliqué que je trouvais cela très difficile, car il faut exercer une particulière attention, il dit : “Pour Dieu et Sa volonté, rien ne doit être trop difficile pour toi. Plus la lutte sera vive, plus le repos conquis sera profond et heureux. Délivre ton cœur de ce qui est terrestre et Dieu viendra y demeurer. Donne tout ton cœur à ton Créateur et Maître et Il te donnera tout son Amour”.

        Mon Archange me disait hier : “Il ne faut pas renouveler une confession générale quand elle a été déjà faite avec une bonne préparation et une ferme volonté de bien se confesser”. Non seulement c’est tout à fait inutile, mais c’est perdre un temps précieux. L’âme ne doit pas toujours penser à la sévère justice de Dieu, mais aussi à son immense miséricorde. Si : “O Dieu, que de cette visite, de cette conversation il me vienne joie ou peine, j ‘accepte tout et ne veux pas autre chose que t’honorer et te servir”.

PRIE POUR L’ACCROISSEMENT DE TES PEINES.

        Aujourd’hui, après le repas,  je m’assis dans ma chambre et voulus réciter mes habituels neuf Pater et Ave en l’honneur des neuf Chœurs des Anges. Je pensais à mon Archange. Soudain je le vis devant moi ayant une expression sévère que je ne lui connaissais pas. “Tu t’assieds pour prier, dit-il, et tu as pensé auparavant : “comme je suis fatiguée, je me réjouis de l’idée que d’ici le mois de Mai je pourrai me reposer dans l’Éternité”. Comment est-il possible que toi, favorisée par Dieu de tant de souffrances, tu penses si facilement à quitter cette vie. Nous, les Anges ne pouvons jamais souffrir pour Dieu et par Sa Volonté. Si nous étions capables d’éprouver de l’envie, nous aurions ce sentiment envers les humains parce qu’ils peuvent souffrir.

    Va tout de suite demander pardon au Saint Sacrement de mésestimer cette précieuse vie de souffrances dont Dieu te gratifie… En te confessant, n’omets pas de t’accuser de ton peu d’estime des grâces de Dieu ».

    Ayant rassemblé mes forces, je me rendis à l’église où, de tout mon cœur et en pleurant, je priais Dieu de me pardonner. Je demandais aussi à mon ange de ne plus être fâché. Il ne se montra, pas. Puis devant mon Crucifix je priais le Seigneur de dire à l’ange que je m’étais repentie autant que possible et qu’il ait compassion de ma faiblesse. Alors le Crucifix sourit et s’inclina profondément vers moi. J’éprouvais un vif désir de m’appuyer sur Jésus, et je le fis. Je reconnus mon coupable découragement, et comme j’avais tort de demander la délivrance de mes peines. pour nous pauvres pécheurs, et comme une âme s’élève dans la grâce et dans l’Amour Divin lorsqu’elle souffre, patiemment soumise à la Volonté Divine. Je fus par un ardent désir de souffrir et de vivre longtemps si telle était la volonté de mon Amour crucifié. Je pris courage et dis : “Seigneur, laisse-moi vivre et souffrir encore longtemps”. Le Seigneur me regarda avec une indicible tendresse. Je ne le voyais plus crucifié mais ressuscité, et je dus fermer les yeux. Le Seigneur éleva la main droite, et je vis, devant moi, un grand et bel Ange tenant une lumière dont la flamme était si infime qu’elle semblait sur le Point de s’éteindre. Je dis : “Ah ! Seigneur comment ce Séraphin ose-t-il, paraître devant toi avec une si faible lumière ?” Le Sauveur me répondit avec une grande bonté “N’as-tu pas aujourd’hui, caressé l’espoir de mourir bientôt ? Cette lumière symbolise ta vie. Veux-tu qu’elle s’éteigne Vite ?” Je répondis avec vivacité : “Seigneur qu’elle s’éteigne aujourd’hui ou dans de nombreuses années, pourvu que Ta Sainte Volonté s’accomplisse”. Le Seigneur jeta un regard plein de force créatrice sur la pauvre lumière qui grandit aussitôt. Je dis alors “Que ta Volonté soit faite, O cher Seigneur, sur la terre comme au Ciel”.

OFFRE TES MAUX A L’ENFANT

        … Les trois Rois furent les premiers hommes qui honorèrent Marie en tant que Reine. En contemplant ce tableau, j’éprouvais une grande douleur à la pensée de nos graves et nombreux péchés, volontiers j’aurais apporté une offrande comme je le voyais faire aux trois rois, mais je n’avais rien. Alors je vis mes deux Anges, le compagnon de Gabriel tenait en main une large coupe d’or, et mon ange gardien y déposa un frêle rameau de myrrhe. Et l’Ange me dit : “offres tes maux à l’Enfant. Je saisis la coupe et je priais l’Enfant de daigner y déposer la myrrhe de ses souffrances afin que je puisse la lui offrir car ce que j’avais était trop peu do chose L’Enfant sourit et bénit mon minuscule rameau qui grandit prodigieusement et se couvrit de roses rouge sombre. Leur céleste parfum me remplit de délices et j’oubliais toutes mes douleurs…”

C’EST A LUI QUE TU ES SOUMISE ET NON A MOI.

        … La fonction d’un directeur spirituel est si haute que nous, les Anges, en sommes étonnés. Par ton obéissance, tu honoreras et serviras Dieu.

        … Aujourd1hui. comme je quittais ma chambre pour me mettre route, un Ange merveilleusement beau parut devant moi. Il ressemblait à un lévite, les bras croisés sur la Poitrine, les regards levés au Ciel dans une attitude suppliante…

        … Pour lui être agréable, je récitai : Ave Maria Gratia Plena, Dominus tecum… Il étendit les mains et me regarda avec une céleste bonté. Puis il dit : “Je suis l’ange que Dieu envoie à ceux qui souffrent ; maintenant je viens à toi ; ensuite j’irai vers le P.B. puis à Deus Dedit. Ne te décourage pas et d’avance rends grâce à Dieu pour les douleurs à venir ! Il disparut.

LES AMES PURES PLUS BELLES QUE LES ANGES

        Mon deuxième ange, celui que j’ai reçu hier matin, appartient aux Archanges. Il me fortifiera selon la volonté de Dieu, son visage est sérieux, il m’accompagnera jusqu’à la mort.

        Dans les chagrins de mon cœur j’implorais mon ange. Je le vis avec le compagnon de Gabriel, dans leur céleste et noble beauté. Oh ! leur dis-je comme vous êtes merveilleusement beaux. Et vous devez être encore plus beaux que je ne vous vois, certainement, si je vous voyais dans tout l’éclat de votre splendeur, je devrais mourir. Le frère de Gabriel répondit : “Oui, c’est vrai, mais la beauté des élus est plus grande que celle des anges parce qu’ils ont pu souffrir pour Dieu. Je repris : “Comme les âmes do mon directeur et de son ami doivent être belles …” Tu n’as qu’une faible idée de la magnifique beauté de ces âmes. Si Dieu te la dévoilait toute tu ne saurais pas si c’est lui-même que tu voie. Il en est ainsi pour toute âme pure. Les âmes sacerdotales ont une splendeur toute particulière, merveilleuse en son rayonnement ; ce n’est qu’au Ciel qu’elles se verront. Et ce sera une grande part de leur bonheur et de leur éternelle jubilation”.

PLUS DE VALEUR Q’UN SAC REMPLI DE PIECES D’OR

        Pourquoi Deus Dedit s’attriste-t-il inutilement de  ne pouvoir être Plus charitable (me dit l’Archange) Dieu ne regarde pas la grandeur du don, mais la bonne volonté. Un seul mot de bonté sincère dit à un affligé à plus de valeur qu’un sac de pièces d’or.

LES ANGES DANS LA VIE DES SAINTS.

        Ce matin pendant mon oraison, je vis Saint Jean Népomucène. Dion Archange me dit que l’on n’invoque pas assez ce glorieux martyr. Il est non seulement le patron des confesseurs, mais celui des âmes calomniées. Les prêtres doivent l’invoquer tout spécialement pour leurs calomniateurs. Mon Archange me recommanda cet exercice pour moi-même…

LES ANGES ET LES AMES DU PURGATOIRE.

        Ce soir mon ange me fit parcourir une partie du Purgatoire. C’est épouvantable ! Que sont toutes les souffrances de la terre en comparaison ! Qu’est ce que le feu le plus ardent en comparaison de ce brasier consumant et sans flammes! Je parvins à la dernière place et j’y vis une parente que l’on croyait, à tort, bienheureuse depuis long temps… Elle est au nombre de ceux qui doivent souffrir le plus longtemps et pour qui les messes ne sont guère plus qu’une goutte d’eau car la Justice de Dieu ne permet pas que les mérites de nos prières leur soient appliqués. Elles mêmes n’accepteraient pas ce soulagement car elles savent que la Justice Divine exige qu’elles expient par ces tourments. C’est une partie du Purgatoire où les anges eux-mêmes ne peuvent pénétrer qu’à certains moments de l’année liturgique, pour consoler leurs protégés d’autrefois; un lieu rempli d’inexprimables soupirs et de larmes ardentes ; un lieu qui serait l’enfer s’il n’y avait l’espérance, et la certitude de ne pouvoir, en aucun cas, y rester plus longtemps que jusqu’au Jugement Dernier. Oh ! les pauvres âmes. Je voulus tendre la main à l’une d’elles pour l’attirer à moi et la consoler, mais mon ange me retint en disant : “Ne la touche pas! Tu brûlerais et tomberais en poussière; malgré toute ta force, ton corps ne pourrait supporter ce feu”.

        … De plus ce lieu est rempli d’épaisses ténèbres; je n’y aurais rien aperçu si la gloire de mon ange ne m’avait éclairée. Les pauvres âmes qui sont dans ces horribles ténèbres doivent cependant, être estimées heureuses, car la plupart de ceux qui ont commis des péchés semblables aux leurs sont damnés ; leurs péchés ressemblent à celui de Lucifer. Au dernier moment, un mourant peut encore, par une grâce spéciale de Dieu, faire acte d’amour parfait, et traverser seulement le Purgatoire.

        Je vis une âme qui, à mon avis, devait expier longuement car, pendant sa vie elle avait gravement offensé Dieu par ses imprécations, ses colères et ses vices. Quand j’ai demandé à mon ange quelle serait la durée de l’expiation pour cette âme, il dit en souriant : “Dans cette heure même cette âme entrera dans la joie éternelle”. Et comme je m’étonnais car elle était entrée seulement la veille dans son éternité, il m’expliqua que cet homme, à ses derniers moments, sur le point d’être jugé, ressentit un si ardent amour et une si vive contrition, lui qui avait tant aimé la vie et en avait tant joui, se réjouit de mourir parce qu’il ne pourrait plus offenser le Sauveur.

        Je demandais s’il aurait un moindre degré de béatitude et l’ange me répondit : “Non, son trône sera dans le chœur des Séraphins”. Durant sa vie il n’avait jamais refusé l’aumône à un pauvre. Bienheureux les miséricordieux, il leur sera fait miséricorde !

        La veille de la fête du Saint Nom de Jésus, un nombre incalculable d’âmes entrèrent au Ciel…

        Il me vint soudain la pensée d’offrir toutes les sueurs d’angoisse à la Justice Divine en faveur des Pauvres âmes du Purgatoire.

        Je suivis cette inspiration et demandais aux neuf chœurs des Anges de m’aider dans cette prière. Ma prière fut fervente et pressante comme elle ne l’avait jamais été… je voulus m’interrompre, mais mon ange me dit : “Prie encore, prie jusqu’à ce que soit délivrée l’âme à  laquelle Dieu applique tes prières”. Mon âme fut si profondément émue que je ne trouvais plus d’autre prière que : “O Jésus ! Miséricorde, Tu dois être miséricordieux, car Tu as voulu mourir pour nous, pauvres créatures”. Et je renouvelais cette invocation de manière toujours plus pressante avec d’abondantes larmes, car la plainte de cette pauvre âme parvenait à mon oreille. Enfin une grande Paix m’envahit et de lassitude, mes yeux se fermèrent. Alors mon ange me dit : “Ouvre les yeux et loue la miséricorde de Dieu”. Je vis un jeune garçon plein d’une grâce céleste qui se tenait debout devant moi.

        Il me dit : “Ta compassion, ta prière et tes larmes m’ont ouvert les portes du Ciel. Maintenant je vais devant le Trône de Dieu. Auparavant je veux te remercier et te dire que je te rendrai ta prière au centuple. Depuis vingt et un an j’étais dans le Purgatoire, oublié de mes parents et de mes amis. A l’heure de ta mort, je viendrai t’assister”.

RELATIONS AVEC LES ANGES DU PURGATOIRE.

        … Ce soir, vers cinq heures, j’étais assise à ma place habituelle près de la fenêtre, devant une image du Sacré-Cœur et je priais pour les pauvres âmes; soudain mon ange se trouva devant moi et me dit d’une manière pressante : “Fais attention et ne t’effraie pas”.

        On frappe doucement à la porte. Pleine d’anxiété, je dis “Entrez” et le défunt K parut Il Paraissait terriblement misérable et vint jusqu’à moi près de la fenêtre. Il était très faible et très las et me dit d’une voix éteinte : “Enfin je peux venir jusqu’à vous ! mon cœur s’en réjouit. Tous m’oublient, excepté vous. Dites donc au curé F. de ne pas m’oublier tout à fait. Chaque jour j’attends le secours de sa prière. J’ai tant prié pour lui et il commence à m’oublier. Mais maintenant, cela ira mieux puisque j’ai pu venir moi-même à vous”.

        Je lui demandais s’il devait souffrir encore longtemps, car tant de messe ont été célébrées pour lui. Il me répondit en pleurant abondamment que, de toutes ces messes, une seule lui fut appliquée, Car il avait à B. célébré la messe à des heures trop irrégulières, de sorte que beaucoup de gens ne pouvaient y assister parce qu’ils ne savaient jamais à quelle heure elle serait dite. La Justice Divine, dit-il a voulu que ces messes me soient reprises jusqu’à ce qu’il y ait une suffisante compensation pour les omissions et les retards involontaires de ces gens.

        Je lui demandais comment je pourrais lui venir en aide. “Par la patience et la prière”. Je lui promis que la nuit prochaine je souffrirai et prierai pour lui avec instance jusqu’à ce qu’il soit délivré. Je lui demandais si les larmes qu’il venait de répandre ne l’avaient pas soulagé ? Il répondit : “Toutes les souffrances de ce monde rassemblées, depuis sa création jusqu’à sa fin, ne sont rien auprès d’une seconde du plus léger Purgatoire”. Je me séparais de la pauvre âme plaintive.

        C’était si beau et si impressionnant de voir le respect avec lequel mon ange accompagna jusqu’à la porte cette âme sacerdotale; tout à coup, cette âme disparut et mon ange et moi priâmes avec ferveur.

        Lorsque cette âme entra au Ciel, je vis qu’elle était accueillie par la Miséricorde Divine. Une voix me dit : “Je suis la Miséricorde et celui-ci fut un de ceux qui suivirent toujours mes traces. C’est pourquoi je l’ai oint de l’huile de la joie et le conduis au bonheur éternel. Il fut miséricordieux pendant son terrestre pèlerinage ; vois, moi la Divine Miséricorde je viens au-devant de lui à l’entrée du Ciel”.

        L’ange de la patience parut ensuite. Je le connaissais déjà. Son expression grave, je dirais même parfois douloureuse, s’était transformée en joie et il tendit au bienheureux la palme de la victoire.

        Puis encore une fois, j’entendis le splendide Alléluia du chœur des anges et je vis l’élu avancer dans l’éternelle lumière. Remplie de bonheur je restais en arrière.

LE FAUX ANGE

        … Aujourd’hui je me Sentais terriblement abandonnée et lasse à mourir. Toutes les peines de ma vie pesaient lourdement sur mon cœur, comme aussi l’abandon des meilleurs. Subitement, je vis devant moi une étrange apparition. Elle était enveloppée d’un vêtement bleu brodé d’or. Toute sa personne était belle, mais il y avait quelque chose d’indéfinissable qui me repoussait. A voix basse cette apparition commença à énumérer toutes les fautes de ma vie et me plaignit amèrement de l’impossibilité où j’étais de réparer pour le bien omis. Mon âme fut comme transpercée d’un glaive. Mais je m’apaisais quelque peu en pensant : “Si j’écoute ces discours plus longtemps je vais désespérer ! Il est impossible qu’un bon esprit parle de cette façon. Je considérais attentivement celui qui me parlait, et comme au début, je me sentis mal à l’aise ; ses yeux étaient toujours baissés.

        Je l’interrompis brusquement dans son énumération de mes négligences – il en était à ma quinzième – année et je lui dis : “Au nom de Jésus Crucifié, je t’ordonne de lever les yeux et de me regarder”. Son beau visage se crispa dans une horrible grimace, et deux yeux terribles, pleins de haine, les yeux du démon, me dévisagèrent.

        Je savais qui j’avais devant moi. Je commandais au démon de rester encore et lui dis : “Tous les péchés dont tu m’as fait le compte je les ai commis et encore mille fois plus. Mais si mes péchés sont sans bornes en nombre et en gravité, ma confiance dans les mérites de Jésus Crucifié est aussi illimitée”.

        Je prononçais sans y réfléchir la formule de bénédiction que j’emploie habituellement avec les âmes du Purgatoire : “Que la Miséricorde de Dieu te console et te donne la paix”. Le démon disparut en poussant un hurlement formidable. Mais je vis mon très aimé Père Jean se tenir devant moi, fâché et il me dit. “Comment peux-tu adresser ce vœu de paix au démon, à lui qui ravit si volontiers la paix aux hommes et travaille toujours à troubler la paix ? Comme tu es irréfléchie pour souhaiter la paix à celui qui par un jugement de la Justice de Dieu, l’a perdue pour l’éternité !” Cela me fit de la peine et j’ai récité le Te Deum en l’honneur de la Divine Justice.

NOUS AVONS TOUJOURS EPROUVE LA MERVEILLEUSE ASSISTANCE DE NOTRE ANGE GARDIEN.

        Nous ne voulons pas prendre congé d’Ancilla et des bons anges à travers le royaume desquels elle nous a conduits, en les quittant à la porte de l’Enfer.

        Nous voulons faire un retour en arrière jusqu’au trône de S.S.Pie XII et l’entendre nous dire lui-même comme il connaît son ange gardien et ce qu’il en pense. Le jour de la fête des Saints Anges, le 2/10/34, il parlait à une grande assemblée d’enfants venus de toute l’Italie. Et de quoi ? de l’Ange Gardien.

        Il rappela d’abord les paroles du Grand Serviteur de Marie, St Bernard, le chantre et panégyriste des anges gardiens.

        “N’oubliez jamais ce compagnon de votre vie et honorez le pour sa présence, pour son dévouement, pour sa bienveillance: Ayez confiance en sa protection”.

        En effet, l’ange de Dieu nous accompagne de sa présence ; il nous honore et nous aime par sa bienveillance et nous aide par sa protection.

        En conséquence, pour nous aussi, il a la même bonté que celle indiquée par St Bernard. Nous ne devons jamais oublier la présence de notre ange gardien ; ce Prince de la Cour Céleste ne doit jamais avoir à rougir de nous.

        Enfants ou adultes, nous ne voudrons jamais faire quelque chose qui puisse offenser celui qui a soin de nous, avec sollicitude. Jamais nous ne voudrons faire ce que nous n’oserions accomplir devant notre père, notre mère, ou le moindre de nos camarades, car partout, à chaque instant, notre ange est présent. Mais ce n’est pas tout. Sa présence est pleine de délicatesse et de bonté ; nous devons, en retour, l’honorer par notre délicate tendresse, notre soumission, notre dévotion, en y ajoutant notre reconnaissance envers Dieu.

        Nous prouverons notre pieuse confiance par une prière quotidienne, au commencement et à la fin de chaque journée, comme aussi pendant son cours.

        En cela nous ferons comme le Pape qui, de l’aurore la nuit, chaque jour de sa vie invoque son ange gardien et répète souvent cette invocation dans la journée, surtout quand des embarras et des difficultés se présentent, ce qui, naturellement, n’est pas rare.

        Nous attachons une grande importance, dit encore le Saint Père à vous déclarer hautement ce devoir de reconnaissance, car Nous avons toujours éprouvé le merveilleux secours de notre ange gardien.

        Très souvent, Nous avons vu et senti que notre ange est à nos côtés, toujours prêt à Nous soutenir et à nous secourir. Ceci, tous vos anges gardiens le font aussi pour vous chers enfants. Ils sont toujours là, toujours pleins d’amour, toujours vigilants.

        La certitude que nous sommes gardés par un Prince de la Cour Céleste, par un de ces esprits dont le Sauveur a dit en parlant de ceux des petits enfants : “qu’ils contemplent sans cesse la majesté de Dieu”, cette certitude, dis-je, ne doit pas nous inspirer seulement du respect et de la dévotion, mais aussi une pleine confiance.

        Cette confiance est nécessaire et doit s’affermir lorsque l’accomplissement d’un devoir pénible nous attend et que tenir de bonnes résolutions nous est difficile.

        Alors nous devons compter tout spécialement sur le secours, la défense et la Protection de notre ange gardien.

        La prière est la plus vraie et la meilleure expression de cette confiance.

        Chacune des salutaires paroles de St Bernard – conclut le Souverain Pontife — furent, dès nos premiers pas, gravés dans notre cœur par notre mère, aussitôt que nous fûmes capables de les comprendre.

        Avec la grâce de Dieu, elles nous ont toujours soutenu dans les travaux de notre existence, et Seront encore notre force et notre secours tant que le Seigneur nous accordera de vivre ici bas.

AMEN

( 15 février, 2013 )

Prophetie et vie de la Bienheureuse Catherine de Racconigi

Bienheureuse Catherine de Racconigi

source du texte : http://forumdeprieres.forumsactifs.com/t2794p15-propheties-des-peres-des-saints-et-bienheureux-de-l-eglise

Catherine de Racconigi (1547)

La bienheureuse Catherine de Racconigi (1446-1547) est une tertiaire dominicaine du Piémont en Italie. Cette vierge italienne, voyant les premières sessions du Concile de Trente, annonce que les divisions de la Sainte Église ne seraient pas menées à bon terme par ce Concile. Avant la rénovation de l’Eglise, elle voit les châtiments à venir, ce qui la laisse à demi-morte :Le protestantisme gagnera du terrain, même en Italie ; jusqu’à que le Turc l’envahisse et qu’elle souffre, pour la seconde fois de la peste.Il n’y aura pas de concile complet ou parfait avant le temps où viendra le très saint Pontife que l’on attend pour la future rénovation de l’Eglise.Notre Seigneur indigné contre ses pasteurs et la barque de l’Eglise sur le point de couler, mais elle se sauve, guidée par Saint Grégoire (le grand Pape).Les infidèles se convertiront alors avec une grande ferveur d’esprit à la sainte Religion.Bienheureuse Catherine de Racconigi

Bienheureuse
CATHERINE DE MATTEI de Racconigi
Religieuse du Tiers-Ordre séculier
(1486-1547)
fêtée le 5 septembre

Bienheureuse Catherine de RacconigiCatherine de Racconigi est une des vierges les plus illustres du Tiers-Ordre de la Pénitence de Saint-Dominique, sa vie est toute merveilleuse, sa sainteté extraordinaire et ses vertus vraiment héroïques : prophéties, extases, visions, grâces, miracles de toutes sortes remplirent son existence. Les Anges, les Saints, spécialement saint Dominique, saint Pierre martyr et sainte Catherine de Sienne, qu’elle considérait comme son père, sa mère et ses maîtres, lui apparaissaient fréquemment. L’Esprit Saint descendit visiblement sur elle : la Reine des Anges la réjouit souvent de sa douce présence ; Notre-Seigneur en fit son épouse bien-aimée. Il la combla de présents, lui donna des anneaux, des croix, et même lui plaça sur la tête une couronne d’épines, la favorisa des sacrés stigmates ; enfin, par une faveur toute spéciale, il lui enleva son cœur et le lui rendit ensuite avec ces mots écrits en lettres d’or : « Jesus, spes mea : Jésus, mon espérance. »

Un grand nombre d’auteurs, surtout dans l’Ordre des Frères Prêcheurs, ont écrit sur cette sainte Tertiaire ; mais tous ont puisé à une source commune, dans l’histoire qu’en a donnée Jean-François Pic, prince de la Mirandole, neveu du fameux savant du même nom. C’est là qu’il faut recourir pour connaître à fond cette illustre Dominicaine, dont la sainte Église, répétant le mot d’un ancien auteur, a fait un si grand éloge, en disant : « Entre la vierge de Racconigi et la vierge de Sienne, il n’y a de différence que la canonisation. »

Dans cette notice, nous ne ferons qu’abréger l’ouvrage composé pat Pic de la Mirandole et revu par le Père Pierre Martyr Morelli, Dominicain, dernier confesseur de la Bienheureuse. Le vénérable Religieux le compléta en y ajoutant des choses que ce savant avait ignorées, ou n’avait pu savoir, puisqu’il était mort quinze ans avant le départ de Catherine pour le ciel. Ainsi s’est accomplie la prophétie où la vierge annonçait que les grâces qu’elle avait reçues du Seigneur seraient rendues publiques dans l’Église par deux personnes différentes qu’elle connaissait bien. Voilà pourquoi, en lisant cet ouvrage, on y trouve avec surprise des chapitres, les uns de Pic de la Mirandole, les autres de Morelli, et plusieurs de l’un et de l’autre[1].

I

Racconigi, délicieuse localité du Piémont, reçut du ciel l’honneur de donner le jour à notre Bienheureuse, en l’an du Seigneur 1486. Ses parents, Grégoire Georges de Mattei et Billia Ferrari, étaient tombés dans une grande gêne à la suite des guerres qui depuis longtemps désolaient l’Italie. La mère, ne pouvant plus allaiter sa fille, la faisait porter tous les jours à quelques nourrices du voisinage qui en prenaient soin par charité.

Dieu se plut à répandre sur l’âme candide de l’enfant ses miséricordieuses prévenances. A cinq ans, l’aimable fillette n’éprouvait pas de plus grand bonheur que de rester agenouillée devant une statue de la Sainte Vierge ou de se retirer à l’écart pour vaquer tranquillement à la prière. Elle était là, un matin, dans sa petite chambre, quand une blanche colombe vint se poser sur son épaule. Catherine, effrayée, s’écria : « Jésus, Jésus ! » Aussitôt un rayon de lumière, partant du bec de la colombe, s’en alla mourir sur ses lèvres. En même temps, une belle dame revêtue de lumière apparut et dit : « Que le nom de Jésus soit toujours dans ton cœur, ma fille.— Qui êtes-vous, Madame, demanda Catherine, et comment êtes-vous entrée sans ouvrir la porte ? — Je suis la Mère de Jésus-Christ, et je veux que tu te donnes tout entière à mon Fils. — Où donc est-il, votre Fils ? — Bientôt tu le verras ; mais il faut te donner à lui avec tout ce que tu as de plus cher. — Hélas ! moi si pauvre, que pourrai-je bien lui offrir ? — Mon Fils ne veut que ton cœur ! — Mon cœur, où est-il ? Si vous le trouvez, bien volontiers je le lui donnerai ! »

La Reine des vierges, avec un sourire, mit la main sur la poitrine de Catherine et lui dit : « Là est ton cœur, tu le donneras à mon Fils, chaque fois que tu obéiras à ses commandements et souffriras quelque chose pour son amour. »

A ce moment parut un enfant merveilleusement beau, vêtu d’une robe immaculée et entouré d’un chœur d’Anges : « Voici mon Fils, dit Marie, voici Jésus, ton Rédempteur, Celui que tu dois choisir pour Époux. —- Non, jamais, répondit l’humble petite, je n’oserais faire une si grande chose. — Ne crains rien, je veux qu’il en soit ainsi et que tu gardes à Jésus ta virginité. — Hé bien, je suis prête à faire tout ce qui vous plaira. » Notre-Dame présentant à son Fils la nouvelle fiancée, Jésus dit aussitôt : « Je l’épouse avec joie, parce qu’elle est une perle précieuse que j’ai acquise de mon Sang. »

Alors la divine Mère prit la main de son Fils et celle de Catherine, en disant : « Ma fille, je t’unis présentement à Jésus dans la foi, l’espérance et la chanté. » Puis elle tira de son doigt un magnifique anneau et le passa au doigt de Catherine. Jésus, de son côté, chargea un séraphin de veiller désormais sur son épouse, de concert avec l’Ange gardien qu’elle avait reçu en naissant, et il donna pour maîtres à l’heureuse vierge saint Pierre martyr et sainte Catherine de Sienne.

Une autre vision, qu’eut notre vierge à l’âge de sept ans, fut la marque des tribulations dont son âme serait abreuvée. Elle priait, dans l’église des Pères Servites, devant l’image de saint Pierre martyr. Le Saint lui apparut, tenant en main une coupe pleine de sang. « Prends ma fille, lui dit-il, prends cette coupe, et goûte le précieux sang de Jésus-Christ : sache qu’un jour tu boiras au calice de son amère Passion. » II achevait à peine que l’Enfant divin se montra, portant une croix sur l’épaule et s’adressant à Catherine : « Pierre, mon fidèle Serviteur, que je t’ai donné pour maître, a souffert le martyre pour mon amour ; afin que tu puisses lui ressembler, je te laisse cette croix. Au début, elle te paraîtra dure et pesante, mais, par l’accroissement de mon amour en toi, tu la trouveras bientôt douce et légère. »

Dès ce moment Catherine éprouva une merveilleuse ardeur de souffrir pour son Bien-Aimé, à ce point qu’elle souhaitait vivement d’aller en pays infidèle dans l’espoir d’y cueillir la palme du martyre.

Le démon, jaloux des dons parfaits que cette enfant recevait du Seigneur, chercha par tous les moyens en son pouvoir à la détourner du droit chemin. Vains efforts : une jeune fille de dix à douze ans le couvrait de confusion par des réponses pleines d’à-propos qui démasquaient sa malice et déconcertaient sa fierté. Un jour Satan, transformé en ange de lumière, réclamait ses hommages. « Si tu étais vraiment Celui que tu oses représenter, dit Catherine, tu ne demanderais pas de moi l’adoration, tu la voudrais pour Dieu seul. Inutile de feindre, tu es le déchu du ciel, puisque tu t’obstines dans ton antique orgueil : rentre dans l’abîme. »

Un autre jour, deux malins esprits apparurent à Catherine avec les insignes du martyre, lui offrant leurs blessures à vénérer. La pieuse enfant comprit tout de suite à qui elle avait affaire. « Vous êtes martyrs! dites-vous; oui martyrs non de la foi, mais de l’enfer, et vous pouvez bien vous glorifier de vos peines, parce que votre orgueil les a méritées. »

Une autre fois encore, c’était vers la fin de sa vie, le démon chercha à la jeter dans le désespoir par le raisonnement suivant : « A quoi bon te fatiguer en vain ! Tu serais mieux inspirée de songer à ton repos, car après la mort tu ne pourras jouir d’aucun bien : l’âme meurt en même temps que le corps, nous en avons la certitude. De tant de milliers de personnes qui ont vécu saintement, aucune n’est jamais revenue porter des nouvelles d’au-delà du tombeau, et consoler ses amis : ce qu’elles n’auraient pas manqué de faire, si les âmes étaient véritablement immortelles. »

« Mensonge ! Mensonge ! répondit Catherine, sous le coup d’une sainte indignation. Comment oses-tu me tenir un pareil langage, toi qui as éprouvé à ta honte que plusieurs âmes bienheureuses, unies autrefois à un corps mortel, sont venues à mon aide lorsque tu m’outrageais ? Tu ne peux mourir, toi : il en est de même de toute âme humaine créée à l’image de Dieu. Mais tu es banni pour toujours de cette paix que goûtent les élus, et si grande est l’envie qui te ronge que tu mets en œuvre toutes les ruses pour priver nos âmes de la gloire céleste. Quant au retour des âmes en ce monde, la chose n’est pas comme tu dis, puisque de temps en temps, selon qu’il plaît à Dieu, elles viennent fortifier notre foi et nous consoler ; et de mes propres yeux j’en ai vu plusieurs, revêtues d’un corps, apparaître à mes yeux. »

II

Déjà le Seigneur manifestait au dehors la sainteté de Catherine. Un matin, un vertueux prêtre de la ville était en prières : tout à coup son Ange gardien l’invita à quitter pour un moment les hauteurs de la contemplation, afin de voir une admirable créature. « Il m’est pénible de laisser Dieu pour une créature, répondit le saint homme; toutefois si telle est la volonté du Seigneur, je n’ai qu’à obéir. » Revenant donc à ses sens, il aperçut près de lui une enfant de dix ans, revêtue d’une robe tout éblouissante. « Qui êtes-vous ? » lui demanda-t-il. — « Je suis Catherine de Racconigi, pauvre des biens temporels, mais, par la grâce du Dieu tout-puissant, riche en biens spirituels. Je vous prie de vous souvenir de moi dans vos oraisons, afin que j’obtienne du Ciel tous les secours qui me sont nécessaires. C’est pour ce motif que j’ai été amenée ici. » A ces mots, elle disparut. Un ami de ce bon prêtre, ayant su le fait, vint trouver Catherine et lui demanda comment elle s’était introduite à une heure si matinale chez le serviteur de Dieu. Malgré sa vive répugnance, elle finit par répondre : « Je ne saurais vous l’expliquer ; tout ce que je puis dire, c’est qu’un Ange m’y a conduite. »

A treize ans notre Bienheureuse fit vœu de virginité. La nuit suivante, sainte Catherine de Sienne lui apparut et l’assura que son vœu avait été fort agréable à Jésus et à Marie. Puis elle lui présenta deux belles roses, l’une rouge, l’autre blanche, que lui envoya son divin Époux, la rouge pour lui rappeler l’amour ardent que Jésus a montré aux hommes en répandant son sang afin de les sauver ; la blanche, pour marquer l’innocence de vie qui seule la rendrait digne de l’Agneau sans tache. Catherine ressentit dès lors de plus vifs désirs de la retraite et de la solitude. La conversation lui était devenue si insupportable qu’elle fuyait le monde autant qu’il lui était possible, excepté lorsque l’honneur de Dieu et le bien du prochain étaient en cause.

Nous n’entrerons pas dans le détail des assauts qui lui furent livrés par les hommes et les démons pour l’induire en tentation et au mal. La lutte dépassa en violence ce qu’on pourrait imaginer et dura de longues années. Mais soutenue par la force d’en haut, l’intrépide vierge remporta une victoire éclatante sur ses ennemis et mérita comme récompense d’insignes faveurs. Rapportons-en quelques-unes.

Le jour de la fête de saint Etienne, la Bienheureuse demandait avec larmes au premier martyr de lui obtenir la grâce de rester pure de cœur, de corps et d’esprit, comme lui-même l’avait été, une fois élu par les Apôtres pour remplir le ministère du diaconat. Saint Etienne se montra entouré d’une splendeur céleste : « O ma sœur, dit-il, sèche tes larmes, car Dieu a exaucé tes prières. Oui, bientôt tu seras délivrée de toute tentation. Prépare-toi à recevoir le Saint-Esprit. » En même temps le Séraphin chargé de sa conduite lui dit à son tour : « Oui, prépare-toi, car la vertu du Tout-Puissant va descendre ! » A l’instant même une lumière merveilleuse vint se poser sur la tête de Catherine. Une douceur inexprimable envahit son âme avec une chaleur si vive qu’il lui semblait être toute en feu, et elle entendit distinctement ces paroles : « Je viens habiter en toi afin de purifier, d’illuminer, d’embraser ton cœur et de te donner la vie. »

Depuis ce jour, il resta sur les traits de la jeune vierge un reflet visible de la grâce reçue. Les voisins très étonnés, soupçonnant Catherine de recourir à quelque essence pour colorer son teint, lui demandèrent ce qu’elle mettait ainsi sur son visage. La jeune fille répondit en souriant que sa recette n’était autre qu’un peu de pain, voulant parler de la sainte Eucharistie. La surprise de ses parents fut plus grande encore, car ils savaient bien qu’elle n’usait d’aucune industrie, mais qu’au contraire, elle jeûnait fréquemment au pain et à l’eau et différait souvent son repas jusqu’au soir. Pendant nombre d’années, Catherine pratiqua cette austérité tout le temps de l’Avent et du Carême, et il n’était pas rare qu’elle restât un jour entier sans boire ni manger. Plus tard, elle ne prenait de nourriture que trois fois par semaine ; et cela dans l’unique but de perdre sa beauté naturelle, de crainte qu’elle ne lui devînt une occasion de péché. Non contente de ces jeûnes rigoureux, la servante de Dieu se serrait la taille d’une grosse corde qu’elle changea contre une ceinture de fer très aiguë. Elle portait en outre un cilice qu’elle ne quitta qu’au déclin de sa vie, lorsque l’âge eut sensiblement diminué ses forces.

Le démon, sans cesse repoussé et vaincu, revenait toujours à la charge, amenant avec lui les esprits les plus immondes pour livrer à cette âme angélique de nouveaux combats. La plus grande épreuve que la Bienheureuse eut à endurer lui advint en l’année 1512, au mois d’avril. Pendant sept jours consécutifs, elle se vit harcelée de tentations horribles sans un instant de répit. Ses larmes coulèrent en abondance mais n’apportèrent point d’allégement à son état. Le Ciel semblait sourd à la voix de ses gémissements. Dans cette cruelle angoisse, elle alla trouver son confesseur. L’homme de Dieu lui conseilla de se jeter en posture de suppliante devant son crucifix et d’attendre de lui seul le secours dont elle avait besoin. Catherine obéit ; retirée dans sa chambre, elle supplie, elle conjure son Sauveur bien-aimé de la traiter selon sa grande miséricorde et les mérites infinis de sa Rédemption : « O Jésus, mon espérance, s’écrie-t-elle, envoyez-moi la mort ou telle affliction qu’il vous plaira, plutôt que de me laisser exposée au danger d’une tentation si importune. » Jésus-Christ parut alors et dit: « Ne crains rien, puisque je suis avec toi. Moi qui me fais appeler ton espérance, je ne t’ai jamais abandonnée ; pendant l’épreuve, j’habitais au fond de ton cœur et j’affermissais ta volonté dans la résolution de demeurer toujours vierge. »
Pendant qu’il parlait de la sorte, deux Anges se présentèrent et ceignirent les reins de Catherine avec un cordon d’une blancheur céleste. « Au nom du Seigneur, lui dirent-ils, nous te ceignons de la ceinture de la chasteté, qui ne se déliera jamais. » Depuis lors et jusqu’à la fin de sa vie, Catherine ne fut plus molestée ni par les aiguillons de la chair, ni par les troubles de l’esprit : au contraire, on eût dit qu’elle infusait le don de pureté à tous ceux qui avaient le bonheur de l’entretenir.

III

Cependant le bruit de sa sainteté se répandait de plus en plus ; on venait la consulter de fort loin, ce qui alarmait grandement son humilité. Pour échapper aux sollicitations des foules, il lui vint en pensée de prendre la fuite et de chercher dans un petit coin des Alpes le moyen de mener la vie érémitique. On était au mois de novembre, la neige couvrait tous les chemins. N’importe, la sainte fille, encore mal remise d’une longue maladie, se leva dès quatre heures du matin, à l’insu de sa mère, pour mettre son projet à exécution. Au moment de franchir le seuil de la maison, elle entendit une voix qui disait : « Arrête : où veux-tu aller ! » C’était un ordre du Ciel, devant lequel elle dut s’incliner. Quelques jours après, Notre-Seigneur lui apparut et lui remit un étendard blanc et rouge dont la hampe était surmontée de la croix. « Prends, ma fille, lui dit-il, quiconque demeurera sous cet étendard sera sauvé. » Et dans une vision subséquente, Catherine fut transportée au ciel, et vit clairement rangés sous son étendard une foule de chrétiens qui, par son entremise, devaient se sauver. « Vois, ajouta Jésus, combien de pécheurs et de pécheresses te doivent le salut. Si je t’avais laissée entrer dans un monastère ou vivre en recluse, ils se seraient perdus. » Paroles qui la remplirent d’une douce consolation.

Pressée de plus en plus par l’ardeur de son amour, la Bienheureuse demandait au divin Maître la grâce de lui ressembler dans ses souffrances. Un mardi de Pâques, l’an 1509, tandis qu’elle repassait dans son âme les souvenirs de la Passion, elle vit paraître Jésus-Christ vêtu d’une robe d’un rouge enflammé, et tout resplendissant de rayons lumineux qui s’échappaient de ses plaies sacrées : « Mon épouse, dit-il, tu désires souffrir, mais connais-tu bien ta faiblesse ? — Ô mon Espérance, répondit la pieuse fille, mes forces sont moins que rien ; de moi-même je suis incapable de tout, il me faut absolument votre puissant secours. — Ta grande foi, reprit Jésus, mérite d’être exaltée, c’est pourquoi je me fais une joie de te rendre participante des douleurs que j’ai endurées aux pieds et aux mains. » A ces mots le Sauveur étendit ses divines mains vers celles de Catherine, et il jaillit de ses plaies comme un dard de sang qui traversa les mains de l’épouse bien-aimée. La même merveille eut lieu aux pieds ; elle était accompagnée d’une souffrance telle que la Bienheureuse sentait ses forces l’abandonner sous la violence du tourment. Longtemps ses membres gardèrent la trace des blessures : grand nombre de témoins affirmèrent avoir vu ses stigmates, entre autres Pic de la Mirandole, qui l’attesta sous la foi du serment. Sur la requête de l’humble vierge, Dieu rendit ces signes cachés au dehors, mais les mains restèrent faibles et endolories; à grande peine Catherine pouvait s’occuper de son métier et vaquer aux divers services de la maison. En outre, elle portait la plaie du côté et la couronne d’épines. Parfois ses vêtements demeuraient trempés du sang qui coulait de ses stigmates, et sa tête paraissait entourée d’un cercle si profondément creusé, qu’on eût pu y insérer le petit doigt d’un enfant.

Le Seigneur gratifia d’autres libéralités sa fidèle épouse. A diverses reprises, il lui posa lourdement la croix sur l’épaule, en lui rappelant que sa vie serait un portement de croix continuel. Un jour qu’elle avait de nouveau médité sur la Passion, elle vit deux Anges tenant en mains une robe blanche parsemée de croix. Ils dirent à Catherine : « C’est de la part de Dieu que nous t’apportons ce vêtement. Tu seras toujours dans une grande amertume jusqu’à la mort. » Catherine prit la robe et répondit : « Que la volonté de Dieu soit faite ! »

Il ne lui restait plus qu’une faveur à recevoir, pour être complètement l’émule de sa sainte patronne : elle l’obtint bientôt.

Le 3 août 1512, dans la vingt-sixième année de son âge, s’étant levée de très bon matin pour prier Dieu, la Bienheureuse aperçut Jésus, accompagné d’un cortège de Saints, parmi lesquels se trouvaient saint Dominique, sainte Catherine de Sienne et saint Pierre martyr. Ce dernier lui ouvrit le côté gauche, et lui retira son cœur. Elle en ressentit des douleurs si vives qu’elle pensa mourir. Un peu revenue à elle-même, elle vit saint martyr, tenant à la main ce cœur, le lui montrer tout livide, souillé de terre, un endroit excepté, où était écrit en caractères d’argent : Jésus spes mea : « Jésus mon espérance ! » Puis, se tournant vers le Sauveur, il le pria de vouloir bien purifier ce cœur de toute tache.

Jésus, avec un visage serein, y consentit, et, ayant rendu clair et vermeil le cœur de son épouse, le lui remit en la bénissant. Alors Catherine éprouva une souffrance telle qu’elle paraissait sur le point d’expirer. Ses parents envoyèrent chercher le prêtre. Celui-ci, voyant le teint de Catherine frais et coloré comme de coutume, fut saisi d’étonnement et soupçonna que la cause de cette maladie n’était pas ordinaire. Il lui ordonna de parler sans rien cacher. Contrainte par l’obéissance, mais humiliée profondément, Catherine dut raconter son merveilleux secret.

IV

Pour mieux conserver les grâces de choix dont elle était favorisée, la Bienheureuse désirait ardemment revêtir l’habit de la Pénitence de Saint-Dominique. La Très Sainte Vierge lui avait annoncé d’ailleurs, dès sa plus tendre enfance, qu’elle le porterait un jour. Mais des obstacles de tout genre semblaient devoir entraver ce dessein. Catherine avait alors pour confesseur un Père Servite, lequel, connaissant son désir de prendre le vêtement religieux tout en restant dans sa famille, lui proposa celui des Sœurs de son institut. « Non, répondit-elle, ce n’est pas celui-là que je dois revêtir, mais celui de saint Dominique. — Vous savez bien, répartit le Père,
qu’il n’existe ici aucun couvent de Frères Prêcheurs. — Dieu fera en sorte qu’il y en ait un », reprit Catherine. Sa prophétie se réalisa, et la servante de Dieu prit solennellement le saint habit, en présence du seigneur de Racconigi, Claude de Savoie, et d’un grand nombre de personnages marquants, ecclésiastiques ou laïques, qui avaient Catherine en profonde vénération.

A quelque temps de là, une vision symbolique la confirma dans l’estime qu’elle avait pour sa famille religieuse.

II lui semblait voir une fontaine très limpide, disposée en forme de puits. L’eau de cette fontaine paraissait profonde, mais en même temps si claire et si transparente qu’il n’était objet si petit qu’elle ne distinguât, et bien que des feuilles et des paillettes surnageassent à la surface, sa vue ne laissait pas d’aller jusqu’au fond et d’y reconnaître une réunion variée de pierres précieuses, aux couleurs et aux qualités différentes. « Maintenant lève les yeux au ciel », lui dit une voix. A cette invitation Catherine aperçut dans une lumière surnaturelle la très sainte Trinité, qui lui semblait une réunion de trois visages en un seul et de trois soleils en un soleil. Il en descendait dans la fontaine une si merveilleuse splendeur que jamais son œil ne vit rien de plus beau. Tout à coup se montrèrent une troupe d’esprits malins. Les uns avaient la forme de loups, de lions, de sangliers ; d’autres la forme humaine avec des mains hérissées d’ongles longs et crochus. Ils cherchaient à tarir la fontaine ou du moins à troubler la limpidité de son onde. Trois jeunes hommes, armés de la tête aux pieds, et portant au front une petite croix d’or, se présentèrent aussitôt et chassèrent au loin les esprits malins.

L’un des jeunes gens découvrit à Catherine le sens de la vision. « Cette fontaine, lui dit-il, représente la famille des Frères Prêcheurs à laquelle tu appartiens. De même que le fond de ce puits laisse sourdre sans interruption une eau très limpide, de même de cette famille dominicaine découlent les vraies et saines doctrines, où les peuples peuvent connaître ce qui est utile à leurs âmes. Les feuilles et les pailles qui nagent à la surface marquent les manquements légers qui ne sont pas de nature à obscurcir tout à fait le cristal de cette mystérieuse fontaine, grâce à la vigilance des supérieurs. Les pierres précieuses placées au fond représentent les bons et vertueux sujets qui, par humilité, se tiennent au rang le plus bas. Différentes de nuance et de grandeur, ces pierres indiquent la diversité des mérites et des dons accordés à chacun, et aussi les degrés distincts de leur amour pour Dieu et de leur gloire future. Que ces vertus cachées les rendent odieux aux démons, et à leurs suppôts, les voluptueux, les hypocrites, les orgueilleux, il n’y a pas lieu de s’en étonner. Mais sois sans crainte, ma fille, la foi et la lumière surnaturelle préserveront si bien cette famille dominicaine que le trouble et la confusion ne pourront s’y établir. En outre, la Vierge Marie et les Anges l’environneront toujours d’une spéciale protection. »

Fidèle à l’esprit de son Ordre, Catherine s’offrit en victime pour le salut des pécheurs, et l’on peut dire que ses vœux furent satisfaits, en partie par ses grandes et continuelles souffrances. A dater surtout de son entrée dans le Tiers-Ordre, sa vie ne devint plus qu’un long martyre. Rien ne l’affligeait autant que l’offense de Dieu et la perte des âmes. A la nouvelle que tel homme venait de tomber dans une grave faute, elle répandait un torrent de larmes, et souvent sa douleur la rendait malade. Alors naquit en elle le désir de porter les peines dues aux pécheurs, afin de fermer ainsi la porte de l’enfer.

Une fois, le Sauveur lui apparut armé d’une épée sanglante avec laquelle il se préparait à frapper ses ennemis. A cette vue, Catherine redoubla ses prières. Mais Jésus lui déclara que le nombre et la gravité des crimes l’empêchaient de se laisser fléchir. « O mon espérance, reprit Catherine à genoux, je confesse que mes péchés me rendent indigne d’être exaucée, mais j’espère tout de votre clémence infinie. » Se levant alors, elle va droit au Sauveur : « Il est convenable, s’écrie-t-elle, que l’épouse retire l’arme des mains de l’époux irrité. Je veux cette épée. » Et Dieu fit grâce aux coupables, à sa considération.

Au carnaval de 1519, tandis que de malheureux chrétiens se livraient à tout le débordement des passions, Catherine s’établissait en état de victime jour et nuit au profit des pécheurs. Jésus lui fit cette réponse : « J’accepte ton offre, mais tu auras à endurer des douleurs si violentes qu’à peine échapperas-tu à la mort. » En effet, peu de jours après, une recrudescence de maux l’obligèrent à garder le lit pendant onze semaines.

Ce n’était pas seulement pour tous les hommes en général, ou pour le salut de sa patrie, théâtre de guerres incessantes, mais encore pour ceux dont les besoins particuliers lui étaient connus, qu’elle offrait ses prières et sa personne même à Notre-Seigneur. Ainsi ayant appris, par une lumière divine, qu’à trois jours de là on devait pendre trois malfaiteurs, l’un à Carmagnole, l’autre à Montalto, et le troisième à Albe, elle demanda leur salut éternel avec toute l’ardeur dont son âme charitable était capable.

Vers la même époque se trouvait dans la prison de la ville un jeune homme fort peu soucieux de ses intérêts éternels. Il fut condamné à mort et recommandé à Catherine. Pendant un mois, elle conjura Dieu de toucher son cœur. Au jour fixé pour le supplice, elle entendit une voix qui lui dit : « Je te fais don de cette âme selon ta demande. » Elle apprit ensuite que l’infortuné s’était montré repentant. On peut dire que jamais personne ne recourut à ses suffrages, sans en recevoir quelque secours. Un noble habitant de Racconigi étant sur le point de mourir, sa mère vint le recommander aux prières de Catherine. Sans délai, la servante de Dieu se transporte au lit du malade, puis fait le signe de la croix sur la poitrine du moribond, où était le siège du mal, et le guérit entièrement.

Une dame venue d’une ville voisine visiter Claude, seigneur de Racconigi, fut atteinte subitement d’une maladie grave et conduite aux portes du tombeau. Le noble seigneur, fort affligé, vint supplier Catherine de demander à Dieu la guérison de cette dame. Lorsqu’il fut sorti, la Bienheureuse se tourna vers les personnes de sa maison et leur dit : « Vous savez combien nous avons d’obligations au seigneur Claude pour ses grands bienfaits à notre égard, prions avec ferveur pour que ses désirs soient exaucés. » Chose admirable! la malade commença incontinent à aller mieux, et en peu de jours se vit complètement rétablie.

Pic de la Mirandole raconte que dans le courant de l’année 1521, un jour que la Sainte était en oraison, deux Anges lui apparurent : ils placèrent devant elle un cercueil où se trouvait un cadavre en putréfaction. Elle comprit aussitôt que sa patrie devait être ravagée par la peste, qui sévissait déjà à Turin et dans les contrées environnantes. Émue de pitié, Catherine pria le Seigneur de la frapper elle-même, mais d’épargner son pays natal. Dieu écouta sa prière. Autour de Racconigi les morts se succédaient sans interruption, mais il en fut autrement pour la ville ; et bien qu’une foule de malades, atteints de la peste, vinssent se réfugier dans les murs de Racconigi, la ville n’eut pourtant à pleurer aucune victime[2].

Le pouvoir de la Bienheureuse sur la nature n’est pas moins admirable.

Un violent orage, accompagné de coups de tonnerre et de grêle, s’était déchaîné sur les campagnes. Sitôt que le péril fut annoncé à Catherine, alors malade, elle se leva, et arrivée à la fenêtre, fit un signe de croix sur les nuages. En un instant, d’après l’attestation d’un témoin, ils se dispersèrent ; la ville et ses environs furent épargnés.

Une autre fois que la servante de Dieu gisait sur sa couche, en proie à une fièvre violente, elle entendit que le feu avait pris à une maison voisine! Elle se lève, comme si elle n’eût plus eu de mal, et s’acheminant vers le lieu du sinistre : « J’espère, dit-elle, que le Seigneur nous aidera. » Comme elle arrivait, les flammes gagnaient déjà les planchers; elle fit le signe de la croix et le feu s’éteignit.

V

Malgré l’estime profonde dont elle jouissait, notre Tertiaire ne manqua ni de censeurs ni d’ennemis. Le divin Maître permit ce trait de ressemblance avec lui-même. Calomnies, persécutions, délaissements, elle connut toutes ces épreuves. Les Religieux de son Ordre, traîtreusement circonvenus, en vinrent à se tourner contre elle. Les choses s’envenimèrent au point qu’on la chassa de la ville, sous les huées et les insultes des libertins, avec défense aux couvents de la région de s’occuper de sa direction spirituelle. Catherine se retira à Caramagna, bourgade éloignée d’environ deux milles de Racconigi. Son bannissement dura plus de deux ans, jusqu’à sa mort. En ces douloureuses circonstances, la charitable vierge ne cessait de prier pour ses ennemis. Elle obtint ce qu’elle demandait : Dieu fit même un miracle de grâce pour ramener l’un deux à de meilleurs sentiments. C’était un prédicateur très en vogue, qui la poursuivait, on ne sait pourquoi, de ses attaques méchantes et passionnées. Or, une nuit, Catherine lui apparut et lui dit d’un ton sévère : « Vous devriez au moins respecter Dieu, qui peut faire de sa servante ce qu’il plaît à sa divine Majesté. » Ce prêtre n’avait jamais vu la Bienheureuse ; mais, s’étant présenté chez elle le lendemain, il reconnut parfaitement celle qui s’était montrée en songe, et dès lors il devint l’un de ses meilleurs amis et de ses plus constants apologistes.

Rien ne devait être aussi fréquent dans la vie de la servante de Dieu que ce don d’apparaître auprès de ceux qu’elle pouvait instruire, reprendre ou sauver. La merveille était de notoriété publique, si bien que les habitants de la région lui avaient donné un surnom qui dans le patois du pays signifiait « Sorcière de Dieu ».

On l’invoquait de toute part ; elle répondait à l’appel, apportant toujours par sa présence visible, bénédiction et salut. Quelquefois, elle se trouvait transportée tout d’un coup à de grandes distances toujours dans un but de miséricordieuse charité. En voici des exemples.

Un certain Antonio de Montaperto, naviguant au-dessus du port de Pise, courait risque d’être submergé. Il se souvint de Catherine et la pria avec grande confiance de venir à son aide. Il achevait à peine que Catherine lui apparut et le tira du danger. Un secours aussi prompt accrut sa confiance envers la Sainte, en sorte que depuis il l’invoquait dans tous ses périls. L’an 1527, il se trouvait sur la flotte génoise, quand s’éleva une bourrasque furieuse, menaçant de tout engloutir. Antonio persuade au capitaine de se recommander à Catherine de Racconigi. Au même instant, il la voit apparaître en l’air au-dessus du vaisseau ; la fureur des vents s’apaise et peu à peu le ciel redevient serein. Deux mois après, Antonio venait remercier sa libératrice qu’il ne connaissait encore que par ses miraculeuses apparitions.

Pendant le feu des guerres dont la péninsule fut le théâtre entre les Italiens, les Français, les Espagnols et les Allemands, la servante de Dieu multipliait ses prières en faveur de la paix. Notre-Seigneur lui apparut un jour et lui dit: « Je suis venu du ciel en terre pour y apporter les semences de la paix ; mais les hommes les rejettent et provoquent mes châtiments par leur inconduite, leur orgueil et leur obstination. — O mon espérance, reprit l’humble fille, vous pourriez les convertir et les ramener à vous. — Ce que tu dis est vrai, mais ce procédé ne convient pas à ma justice, et je respecte leur libre arbitre. Résistant à toutes mes avances, ils se rendent indignes de recevoir la plénitude de ma miséricorde. Et pour que tu reconnaisses la vérité de ma parole, je veux que tu reprennes de ma part tel prince et que tu lui annonces sa mort prochaine et sa damnation, s’il n’a hâte de changer de vie. »

A l’instant même, une main invisible la souleva et lui fit franchir avec la rapidité de l’éclair un espace de cent soixante milles. Le prince se promenait seul dans une salle, quand la Sainte parut devant lui. « Au nom du Sauveur Jésus, lui dit-elle, cessez, je vous en prie, d’entretenir le feu de la discorde et de la guerre dans la république chrétienne. »

En voyant une femme entrer tout à coup et lui parler de la sorte, le prince se troubla, et pensant qu’il avait affaire à un esprit surnaturel : « Ne serais-tu pas le diable, venu pour me tenter ? » lui dit-il. — « Ni le diable, ni aucun esprit, reprit Catherine, mais une simple fille envoyée de Dieu pour vous avertir de votre perte éternelle, si vous ne vous arrêtez sur le chemin où vous courez. » Là-dessus elle disparut, le laissant rempli d’épouvante. Loin de profiter de l’avertissement, le prince persévéra dans ses mauvaises dispositions et mourut impénitent. Il fut donné à la Sainte d’être témoin des opérations de la justice divine sur ce damné. Transportée auprès de ce malheureux, elle le vit dans les tourments de l’enfer. « Me reconnaissez-vous ? » lui dit-elle. — « Oui, tu es Catherine de Racconigi : c’est toi qui m’as annoncé ma mort prochaine et la damnation que je subis en punition de mon impénitence. — O infortuné, reprit-elle, si vous aviez fait ce que je vous disais au nom de Jésus-Christ, vous seriez maintenant dans le royaume des élus ! »

VI

Citons encore quelques-uns des miracles que le Ciel opéra en elle ou par son intercession. Dieu daigna accorder à Catherine le don de prédire des événements futurs et de connaître les secrets des cœurs.

Le comte Pic de la Mirandole, qui ressentait une grande joie de la conversation de la pieuse fille, avait obtenu à force d’instances qu’elle vînt passer quelques jours à son château. Avant d’arriver, Catherine se mit à pleurer abondamment. Interrogée sur le sujet de ses larmes, elle répondit : « Je pleure la ruine qui va fondre sur ce pauvre pays. » L’événement vérifia sa prédiction.

Elle annonça au comte que lui et son fils Albert seraient tués dans l’année 1533, et les engagea à se tenir prêts pour paraître devant Dieu. Après leur tragique fin, elle se vit accablée de souffrances extraordinaires pendant quatre mois, après quoi le comte et son fils lui apparurent, le front orné d’une couronne, et la remercièrent d’avoir abrégé leur purgatoire, en se chargeant elle-même d’une partie de leur expiation.

Parmi ceux qui venaient converser avec Catherine, il y en avait fort peu à qui elle ne dévoilât, en totalité ou en partie, la raison de leur visite, et d’autres secrets dont personne n’avait pu l’instruire. Le Père Morelli, Dominicain, qui fut son confesseur vers la fin de sa vie, a rapporté qu’elle savait lorsqu’il devait venir la voir, et annonçait son arrivée avant qu’il entrât. Elle lui manifestait les désirs ou les peines qu’il éprouvait dans son âme, lui révélait même certaines imperfections secrètes que le vénérable Père cherchait à détruire.

Plusieurs fois il arriva à la Sainte de signaler à tels de ses visiteurs des fautes cachées qu’une fausse honte les avait empêchés d’avouer en confession.

L’an 1544 eut lieu la bataille de Cérisoles, dans laquelle restèrent sur le terrain dix mille hommes entre les deux armées. Catherine vit les morts de l’un des partis presque tous aller en enfer, et au contraire, ceux de l’autre parti presque tous sauvés. On en devina la cause, quand on sut que les premiers étaient pour la plupart infectés de l’hérésie luthérienne, et les seconds bons catholiques, purifiés depuis peu par la confession et la communion pascales.

Non seulement elle savait les secrets des vivants, mais parfois aussi le sort des trépassés. On l’entendit nommer telles ou telles personnes jouissant de la gloire du Paradis, et d’autres retenues encore, dans les flammes expiatrices.

La Bienheureuse employait ainsi pour la gloire de Dieu et le bien des âmes les dons merveilleux qu’elle avait reçus d’en haut. Son action sur les corps, n’était pas moins puissante.

La comtesse Francesca de Cacconato fut guérie de cruelles douleurs de côté, sitôt qu’elle eut fait à Dieu cette prière : « Seigneur, si ce qu’on dit de Sœur Catherine de Racconigi est vrai, je vous supplie humblement de me rendre la santé par ses mérites. »

La même prière eut un effet semblable sur un Religieux de Saint-Augustin et le délivra d’une fièvre qui résistait à tout remède. Une autre personne, nommée Véronique, fut guérie d’hémorragies de longue date, dès que l’exprès qu’elle envoya à la Sainte, alors éloignée de vingt lieues, se fut acquitté de son message.

Depuis nombre d’années, un brave homme tombait du haut mal. En vain avait-il employé tous les remèdes connus pour se guérir : son état ne faisait qu’empirer. Il alla trouver Catherine et se recommanda à ses suffrages avec une pleine confiance. A partir de ce moment, il ne ressentit jamais plus la moindre attaque, ni aucune des crises qui se renouvelaient jusqu’alors à de fréquents intervalles.

Mentionnons encore ce trait charmant. Le 5 du mois de juin 1519, un bon prêtre, venu de loin à Racconigi pour jouir d’un entretien avec la servante de Dieu, l’accosta en plein midi sur la grande place. Pendant qu’ils conversaient, un petit nuage fit ombre sur eux deux seulement et ne disparut qu’au moment où ils se séparèrent. Dieu accomplissait ainsi à la lettre, en leur faveur, les promesses spirituelles qu’il a faites à ceux qui le craignent, de les mettre à couvert des brûlantes ardeurs du soleil.

Mais de toutes les merveilles dont fut remplie la vie de cette fille de saint Dominique, la plus extraordinaire peut-être, et à coup sûr l’une des plus remarquables, a été la haute estime et la profonde vénération que les grands du monde, ecclésiastiques et séculiers, professaient pour cette humble enfant du peuple, née dans l’obscurité, élevée avec le pain de l’aumône, destituée de tout ce que la nature peut offrir pour attirer les yeux et les cœurs. Le seigneur de Racconigi, de la royale maison de Savoie, lui avait voué un sincère et respectueux attachement. Il aimait à la visiter et se donnait volontiers le plaisir de procurer le même avantage aux personnages illustres de passage à Racconigi. C’est ainsi qu’il put faire admirer à l’évêque de Marseille, en le conduisant chez la Sainte, l’esprit de grâce qui parlait par sa bouche. Un moine de Saint-Benoît s’imposa la fatigue d’une marche de soixante lieues, uniquement pour la voir et pour contracter avec elle une liaison de prières qui ne finit qu’à leur mort. Dieu, il est vrai, avait révélé à ce vénérable Religieux la grande conformité que cette vierge devait avoir avec Jésus-Christ, son divin Fils, et son intime participation à toutes les douleurs de la Passion.

VII

La vie de la Bienheureuse touchait à son terme, et, comme pour combler ses mérites, Dieu lui envoya des angoisses spirituelles qui, au témoignage du Père Morelli, remplissaient son âme d’une affliction sans pareille. En même temps se déclara une grave maladie qui devait être la dernière. Un jour que le médecin lui proposait divers remèdes, elle répondit : « Tout remède est inutile, je n’ai plus que quatre mois à vivre. » On était alors aux premiers jours de mai.

Il faut renoncer à peindre la patience, la résignation, la sainte joie avec lesquelles Catherine supporta ses cruelles douleurs, ainsi que les élans de son âme vers Dieu. Elle ne paraissait plus être une créature de la terre, mais un Ange du ciel.

Son état s’aggravant, on lui administra les Sacrements de l’Église. Elle les reçut avec de grands sentiments de dévotion. Après la communion, son cœur fut inondé d’un tel amour qu’elle fut contrainte de s’écrier : « II me semble avoir une fournaise dans la poitrine. Ah ! pourquoi tarde tant le moment où je volerai dans les bras de mon céleste Époux ? »

Ses enfants spirituels entouraient sa couche. Après avoir doucement reposé ses yeux sur chacun d’eux, elle leur adressa quelques paroles pour les engager à fuir le monde et ses maximes, à aimer Dieu de tout leur cœur, à mettre leur unique confiance en Jésus et Marie.

Elle promit de les protéger et de veiller sur eux avec la tendresse d’une mère : puis élevant son regard vers le ciel, elle remit dans un angélique sourire son âme à son Créateur, le dimanche 4 septembre 1547.

Le corps de Catherine exhala, après sa mort, un parfum des plus suaves. Tout le peuple de Caramagna accourut pour le vénérer et l’escorter ensuite au cimetière public, où se fit l’inhumation.

Cependant la dépouille mortelle de la servante de Dieu ne devait point rester dans cette localité. Pendant l’un de ses séjours à Garessio, notre Bienheureuse avait fait son testament. Après avoir écrit en tête ces paroles qui lui étaient si familières : « Jésus, Marie, ma ferme espérance et mon repos », elle ordonne qu’on ensevelisse son corps dans l’église de son Ordre de Garessio, et non pas dans la chapelle du Rosaire des Frères Prêcheurs de Racconigi, comme elle l’avait demandé antérieurement dans un acte testamentaire daté de 1535. Sa volonté fut religieusement exécutée, au grand regret assurément des habitants de Caramagna.

La translation eut lieu cinq mois après sa mort. Tout le peuple, le clergé, les Dominicains, allèrent hors des murs de Garessio recevoir sous un baldaquin la précieuse relique. Le corps était parfaitement conservé et répandait une odeur céleste. Au son joyeux des cloches, à la lueur des flambeaux et au chant des hymnes, il fut porté à l’église et déposé sous un autel. Dès lors, il devint l’objet d’une vénération qu’autorisaient les nombreux miracles obtenus par l’intercession de la Sainte. Son culte se répandit rapidement dans les provinces de Piémont, de Naples et jusqu’en Espagne. Les reliques de Catherine furent exposées publiquement, sa statue, ses images portaient l’auréole avec la couronne d’épines et les stigmates. Enfin, tous les ans, les fidèles célébraient sa mémoire par des fêtes solennelles.

En présence de ces faits, dûment constatés, le Rme Père Pie-Joseph Gaddi, Maître général des Frères Prêcheurs, sollicita du Saint-Siège la reconnaissance du culte public. Pie VII, faisant droit à sa requête, permit à l’Ordre entier, ainsi qu’aux différents diocèses de Turin, de Saluées et de Mondovi, de célébrer chaque année, à la date du 5 septembre, la Messe et l’Office en l’honneur de l’illustre Tertiaire dominicaine. Le décret est du 9 avril 1808[3].

Ajoutons à cette biographie un épilogue.

Quiconque me glorifiera, je le glorifierai moi aussi.

Voilà déjà bien des années que cette parole du Seigneur est vérifiée, même sur la terre, pour la Bienheureuse Catherine de Mattei. Par l’exercice des plus sublimes vertus, par ses souffrances extraordinaires et continuelles pour l’Église, pour les pécheurs, les âmes du Purgatoire, pour ses amis et ses fils spirituels, par ses salutaires conseils donnés à tous, cette humble fille a procuré une grande gloire à Dieu : Dieu, à son tour, l’a comblée d’honneur et de gloire.

Le Sauveur, toujours généreux à l’égard de ses Saints, a voulu que cette âme d’élite jouît sur la terre d’un culte étendu et constamment vivant.

Sa ville natale fut la première à payer à la Bienheureuse le tribut de ses respectueuses vénérations. On voit encore aujourd’hui la maison de Catherine, au centre même de la ville, et depuis longtemps une rue porte son nom. Une antique et constante tradition indique dans cette demeure privilégiée une chambre assez grande, de forme irrégulière, lambrissée en bois, respirant la pauvreté la plus absolue. C’est là que l’illustre vierge reçut le jour et vécut pendant trente-huit ans.

Cette chambre a été, de temps immémorial, convertie en oratoire. Au-dessus de l’autel est représenté le Rédempteur rendant à l’épouse bien-aimée son cœur enrichi de rayons en forme de croix, avec ces mots écrits : Jésus, mon espérance. Sur l’autel, on voit exposé, dans un élégant reliquaire, don de l’archevêque de Turin, Mgr Fran-soni, un os de la Bienheureuse ; c’est un fémur tout entier et parfaitement conservé. Cette relique était un présent fait, en 1751, par les Dominicains de Garessio à là cité municipale de Racconigi, et on venait visiter ces précieux restes dans l’église des Frères Prêcheurs de celte ville.

Claude de Savoie était, comme nous l’avons dit au cours du récit, un ami et un bienfaiteur de la Sainte ; il l’appelait sa chère petite fille et vivait dans un château voisin. Souvent il aperçut au-dessus de la chambre de Catherine une grande lumière, semblable à un incendie. Ce phénomène se produisait quand le Sauveur, la Reine du Ciel, les Anges et les Saints descendaient pour visiter la Bienheureuse.

Lorsqu’une souffrance publique vient frapper la contrée, les habitants de Racconigi, même ceux de provinces éloignées, se rendent aussitôt en pèlerinage à cette sainte demeure. Là, ils entendent la Messe, accomplissent des vœux, demandent des grâces et remercient la Sainte des bienfaits obtenus par son intercession. De nombreux ex-voto, laisses par les fidèles reconnaissants, prouvent que la servante de Dieu prête toujours une oreille attentive aux prières de ses compatriotes. Attiré par la sainteté du lieu, le Révérendissime P. Alexandre Vincent Jandel, Maître général, de 1851 à 1873, voulut donner à sa piété la consolation de visiter ce sanctuaire si riche pour tous en bénédictions.

Cependant Racconigi n’avait pas encore d’église en l’honneur de son illustre enfant. Depuis longtemps, il est vrai, on parlait d’ériger un temple sous le vocable de la Bienheureuse, mais la Providence réservait cette œuvre à notre époque. En 1835, le choléra vint s’abattre dans les murs de la cité. Pleins d’effroi, les habitants recourent à Catherine avec confiance; ils portent processionnellement son image, promettent de jeûner, la veille de sa fête, pendant vingt ans, et de lui donner un riche calice : bientôt le mal cessa de faire des victimes. En reconnaissance d’un si grand bienfait, on résolut d’ériger près de la demeure de la Bienheureuse le temple anciennement projeté. La pieuse reine Marie-Thérèse obtint de son auguste époux, le roi Charles-Albert, la cession gratuite d’une maison voisine pour faire place à une église. L’année suivante, on en jeta les fondements, et l’on mit une inscription latine dont voici la traduction :

« A la Bienheureuse Catherine de Mattei, en reconnaissance de leur délivrance du fléau asiatique, avec l’aide du roi Charles-Albert et de Marie-Thérèse Aura, avec l’assistance du Prieur D. Piasco et du prévôt Sacco, en présence du clergé, tant séculier que régulier, du municipe et du peuple, ses concitoyens, pour accomplir le vœu fait par la ville, ont posé la première pierre de ce temple, la veille des Nones de septembre 1836. »

L’édifice s’éleva aux frais des fidèles, et fut construit de manière à ce que de l’intérieur on pût apercevoir la chambre de la Sainte et y monter par un petit escalier.

L’église paroissiale de Saint-Jean-Baptiste, rebâtie, il y a deux siècles, à la place même de l’ancienne église où Catherine fut baptisée, renferme une chapelle qui lui est consacrée. Chaque année, le premier dimanche de septembre, diverses confréries s’y rassemblent pour célébrer solennellement la fête de la Bienheureuse.

A Caramagna, la maison de Catherine existe encore, et porte ces mots au-dessus de l’entrée :

« Maison où a vécu et est morte saintement la Bienheureuse Catherine de Racconigi. »

Sa petite chambre est devenue une chapelle, visitée par grand nombre de prélats, de prêtres, de hauts personnages et de fidèles de toute condition.

Le Père François Josa, des Frères Prêcheurs, ancien professeur de théologie à l’Université de Turin, et plus tard recteur du séminaire pontifical à Rome, composa jadis, pour être placée dans la chapelle, l’inscription suivante qui en rappelle l’histoire :

« La Bienheureuse Catherine de Mattei de Racconigi, tertiaire de Saint-Dominique, a, dans cette maison, mené pendant de longues années une sainte et merveilleuse vie ; et de cette petite cellule, changée plus tard en oratoire, la Sainte est partie pour le ciel, le 4 septembre 1547. Cette demeure, après plusieurs siècles, fut achetée par le théologien Jacques Gallo de Caramagna, chanoine archidiacre de la cathédrale d’Ivrea. Il en fit son presbytère, et y ajouta la chapelle actuelle et l’enrichit d’or, de marbre et de peintures. Cela était bien juste; car dans un lieu témoin des mystères d’une si haute sainteté, la cité de Caramagna ne pouvait offrir ni moins de reconnaissance, ni moins de piété, à la mémoire de l’épouse de Jésus-Christ. »

Le peuple de Caramagna est plein de dévotion pour sa céleste patronne et célèbre annuellement sa fête avec une solennité touchante ; il lui donnait naguère un nouveau témoignage d’amour en chargeant des Tertiaires dominicaines de la Congrégation de Mondovi de diriger un Asile établi pour les enfants pauvres.

Garessio, nous le savons, devait posséder la tombe de Catherine.

Lors de la suppression des Réguliers en Piémont, au commencement du XIXe siècle, notre couvent et son église furent vendus, et détruits en partie. On transporta les restes de la Bienheureuse dans l’église paroissiale du faubourg supérieur ; on les revêtit d’un corps en cire, suivant l’usage italien, et des vêtements du Tiers-Ordre. C’est là qu’ils demeurent exposés à la vénération publique, dans une chapelle dédiée à la Sainte.

Mentionnons encore les honneurs rendus dans la capitale du Piémont à notre illustre Sœur.

Un saint Religieux, le Père Bernard Sapelli, mort en 1823, gouvernait le couvent et l’église de Saint-Dominique de Turin, au commencement de ce siècle. A la publication du décret apostolique approuvant le culte de la Bienheureuse, il fit célébrer un triduum solennel, et érigea, dans son église, une chapelle à Catherine de Racconigi. L’empereur Napoléon donna l’autel, qui fut consacré par l’archevêque, Mgr Costa de la Tour, sénateur de l’empire.

Catherine est encore vénérée dans d’autres églises de Turin. Les fabricants et les ouvriers en rubans l’ont choisie pour patronne ; car, d’après l’usage des jeunes filles de Racconigi, la Bienheureuse, durant sa vie, exerçait leur métier.

A Chieri, son culte est très florissant. Notre Ordre possédait autrefois deux couvents dans cette ville. On y remarquait surtout celui de Sainte-Marguerite, dont il ne reste plus que l’église. Les Dominicaines qui l’habitaient professaient pour Catherine de Racconigi une extraordinaire dévotion. Son image, mise en une place d’honneur, la représentait entourée de l’auréole, couronnée d’épines, portant une grande croix sur l’épaule, une petite sur le cœur, les stigmates et un lis dans les mains. Au-dessus de sa tête planait le Saint-Esprit en forme de colombe.

L’autre couvent est actuellement encore celui de nos Pères. L’une des plus belles chapelles de leur vaste église est dédiée à la Bienheureuse, devenue l’aimable Patronne des Tertiaires de la localité.

Plus loin, vers l’orient, à cinq lieues de Racconigi, on rencontre la petite ville de Poirino, habitée par une population très sympathique à notre Ordre. Nos Pères y desservent une paroisse. Là encore, la fidèle amante de Jésus reçoit des honneurs et une vénération que rien ne peut interrompre. La chapelle, où se réunissent les confrères du Saint-Nom de Jésus, est décorée d’une riche peinture représentant le Seigneur Jésus et deux enfants de saint Dominique agenouillés devant lui. L’un est Henri Suso, qui se découvre un peu la poitrine et montre au Sauveur son Nom adorable qu’il y a gravé avec un stylet ; l’autre est Catherine de Racconigi, tournée avec amour vers Notre-Seigneur et lui présentant son cœur, sur lequel on lit ces mots : Jesus spes mea.

L’une des dernières œuvres de Dom Bosco, celle qui couronna sa sainte vie et qu’il eut le rare bonheur de conduire à terme, fut l’érection sur le Mont Esquilin, à Rome, d’une magnifique basilique dédiée au Cœur de Jésus.

La coupole, d’une hardiesse pleine de grâce et de majesté, retrace un sujet merveilleusement traité par le peintre Monti : la glorification du Sacré-Cœur. Dans cette peinture, le Sauveur montre son Cœur à Marguerite Alacoque et à Catherine de Racconigi : les deux Bienheureuses, le visage resplendissant, le contemplent en extase[4].

Sainte Catherine de RacconigiNOTES

[1]L’ouvrage a pour titre : Compendium des choses admirables faites par la Bienheureuse Catherine de Racconigi, vierge très pure de l’Ordre de la Pénitence de Saint-Dominique, divisé en dix livres, et composé par Jean-François Pic, prince de la Mirandole et comte de la Concorde, et terminé par le Père Pierre-Martyr Morelli de Garessio, de l’Ordre des Frères Prêcheurs, avec notes. — Chieri et Turin, 1858. — Une tertiaire de Turin a généreusement fait les frais de l’édition de cette précieuse en outre les deux testaments delà Bienheureuse Catherine, et Massoli, Maître en sacrée théologie.
[2] La commune, sans doute, pour accomplir un vœu et perpétuer le souvenir de cette grâce, avait construit une chapelle dans l’église des Frères Prêcheurs. Mais en 1600, l’on éleva un autre temple plus grand et plus cher à la place même du premier et la peste menaçant de nouveau Racconigi, le Conseil y établit une autre chapelle avec cette inscription :

D.  O.  M,

 Epidemicae lue

Toto Pedemonte invalescente

Racconisii populus

 Incolumitati suae consulens

 Antiqui voli non immemor

 Catharinae de Matteis

 Sacellum extruxit et dicat

 Anno Domini

 MDCXXX

« Menacé par l’épidémie qui ravageait le Piémont, le peuple de Racconigi, pour détourner ce danger, et instruit par le vœu qu’il avait fait autrefois, a élevé ce sanctuaire à Catherine de Mattei, en l’an du Seigneur 1630. »
— La chapelle est élégante, enrichie de dorures, de statues et de fresques. Le tableau placé au-dessus de l’autel représente la Sainte Vierge, la Bse Catherine et quelques-uns des Saints qui lui apparaissaient pendant sa vie. Sur le côté, on voit un cœur entouré de rayons et environné d’Anges. Le conseil municipal se rend à cet autel le 29 août, y fait une offrande et entend la Messe.
[3] Le Père Pie Antoine Molinieri, de Chieri, fut l’un des plus ardents promoteurs de la cause de Catherine. Avant lui, certainement, d’autres avaient travaillé efficacement à sa gloire. Catherine d’Autriche, duchesse de Savoie, les princes, ses enfants, le vénérable Jean d’Ancina, évêque de Saluces, demandaient depuis longtemps que notre Sœur fût déclarée Bienheureuse. La mort de tous ces personnages, les guerres qui eurent lieu de leur temps, les empêchèrent de conduire à terme cette sainte entreprise. Le Père Molinieri fut plus heureux. Il porta la cause devant le Siège apostolique et obtint une glorieuse victoire. — La nouvelle lui en avait été donnée ; il apprenait que de grandes solennités se célébraient en l’honneur de la Bienheureuse; lui-même avait composé les belles leçons et les oraisons de l’Office et de la Messe; mais alors il passa au repos éternel, la veille de la fête de la Bienheureuse, l’an 1811, au milieu des regrets de son Père et ami, le Rme Père Gaddi, Maître général de l’Ordre.
[4] Les détails qu’on vient de lire sur la gloire posthume de la servante de Dieu furent communiqués jadis par le Père Jean-Dominici Vaccarino, du couvent de Racconigi, à L’Année Dominicaine de Paris, qui les a publiés en 1861.

 

( 13 février, 2013 )

Prophétie de Saint Nylus

Saint Nilus

Saint Nylus

Saint Nylus était un ermite qui vécu au au 5ème siècle, en voyant le monde dans lequel il vivait il était convaincu que la fin des temps était arrivée. Dieu dans sa bonté pour le détromper lui fit les révélations que voici :

Résumé de la vie de Saint Nylus tiré de la page : http://gestadei.bb-fr.com/t1281-propheties-de-st-nilus-sur-le-xxieme-siecle :

Saint Nilus fut l’un des nombreux disciples et fervents défenseurs de saint Jean Chrysostome. Il était huissier au tribunal de Constantinople, marié et père de deux fils. Alors que saint Jean Chrysostome était patriarche, avant son exil (398-403), il dirigea Nilus dans l’étude de l’Écriture sainte et dans des œuvres de piété. Saint Nilus quitta sa femme et emmena l’un de ses fils, Théodule, au mont Sinaï pour s’y faire moine avec lui. L’Évêque d’Eleusis les ordonna tous deux prêtres. Son épouse et son autre fils entrèrent en religion à leur tour en Egypte. Perdu dans son monastère du Sinaï, Nilus n’en était pas moins connu dans toute l’Église d’Orient. Par ses écrits et sa correspondance, il joua un rôle important dans l’histoire de son temps. Comme il était réputé en tant que théologien, bibliste et écrivain ascétique, des gens de toutes conditions – de l’Empereur au dernier de ses sujets – lui écrivaient pour le consulter sur telle ou telle question. Ses nombreux ouvrages, y compris une multitude de lettres, consistent en une dénonciation de l’hérésie, du paganisme, des abus de la discipline, du crime, ainsi qu’en des règles et principes d’ascétisme, notamment des maximes au sujet de la vie religieuse. Il ne craignait pas d’avertir et de menacer les gens haut placés : abbés et évêques, gouverneurs et princes, et jusqu’à l’Empereur lui-même. Il entretint une correspondance avec Gaina, chef des Goths, qu’il s’efforçait d’extirper de l’arianisme. Il dénonça avec vigueur la persécution de saint Jean Chrysostome tant auprès de l’Empereur Arcadius qu’auprès de ses courtisans. Saint Nilus est à classer parmi les grands écrivains ascétiques du cinquième siècle. Sa fête est célébrée le 12 novembre dans le calendrier byzantin, et il est commémoré à la même date dans le martyrologe romain. Saint Nilus est probablement mort en 430, car on n’a aucune preuve qu’il eût vécu après cette date. [Extrait de « L’Encyclopédie Catholique », édition de 1911).

Saint Nilus

Saint Nylus

Prophétie :

« Après l’année 1900 et le milieu du XXème siècle, les gens de ce temps-là deviendront méconnaissable.  Quand le temps de la venue de l’Antichrist approchera, l’intelligence des hommes sera obscurcie par les passions charnelles : l’avilissement et la licence s’accentueront. Le monde deviendra alors méconnaissable : les gens changeront d’apparence tellement qu’il sera impossible de distinguer les hommes des femmes à cause de l’effronterie dans leur manière de s’habiller et dans la mode de leurs cheveux. Ces gens-là seront cruels et comme des animaux sauvages à cause des tentations de l’Antichrist. On ne respectera pas les parents et les aînés, l’amour disparaîtra, et bien des pasteurs chrétiens deviendront des hommes vains complètement incapables de distinguer le chemin à droite du chemin à gauche : en ce temps-là en effet les lois morales et les traditions des chrétiens et de l’Eglise changeront, les gens ne pratiqueront plus la modestie, et la dissipation règnera ! Le mensonge et la cupidité atteindront de grandes proportions, et malheur à ceux qui empileront des trésors. La luxure, l’adultère, l’homosexualité, les actions secrètes et le meurtre seront la règle de la société. En ce temps futur, à cause du pouvoir de si grands crimes et d’une telle débauche, les gens seront privés de la grâce du Saint-Esprit reçue à leur Baptême, et, de même, ils n’auront pas de remords. Les Eglises seront privées de pasteurs pieux et craignant Dieu, et malheur aux chrétiens qui resteront sur la terre à ce moment-là : ils perdront complètement leur Foi, car il n’y aura plus personne pour leur montrer la Lumière de la Vérité. Ils s’éloigneront du monde en allant dans de saints refuges dans le but d’alléger leurs souffrances spirituelles ; mais partout, ils ne rencontreront qu’obstacles et contraintes. Tout cela résultera du fait que l’Antichrist voudra être le Seigneur de toutes choses et devenir le maître de tout l’univers. Il accomplira des miracles et des signes invraisemblables. Il donnera aussi au pauvre homme une sagesse dépravée pour découvrir une manière par laquelle un homme puisse mener une conversation avec un autre d’un bout à l’autre de la terre. En ce temps-là aussi, les hommes voleront dans les airs comme des oiseaux, et descendront au sein de l’océan comme des poissons. Et lorsqu’ils en seront là, ces gens malheureux passeront leur vie dans le confort sans savoir, pauvres âmes, que c’est une supercherie de Satan. Et lui, l’impie, remplira à tel point la science de vanité qu’elle s’écartera de la voie droite et conduira les gens jusqu’à la perte de la Foi dans l’existence de Dieu, d’un Dieu en trois Personnes. Alors, le Dieu infiniment bon verra la déchéance de la race humaine et Il raccourcira les jours pour l’amour du petit nombre de ceux qui doivent être sauvés, car l’Ennemi voudrait amener même les élus dans la tentation si c’était possible. Alors, l’épée du châtiment apparaîtra soudain et elle abattra le corrupteur et ses serviteurs. »

Saint Nilus

Saint Nylus

( 8 février, 2013 )

Prophetie de Sainte Anna-Maria Taïgi

Prophetie de Sainte Anna-Maria Taïgi dans Crise de l'Eglise anna_maria_taigi

source : http://www.marie-julie-jahenny.fr/propheties-anciennes.htm#Labbé_Voclin

Anna-Mario Taïgi naquit en 1769. Elle se maria à Rome où elle vécut et mourut en 1837. Elle s’offrit à Dieu en victime et souffrit beaucoup.

Le Seigneur lui donna de bonne heure le don de prophétie. Elle fut tertiaire de f ordre de la Sainte Trinité.

Dieu enverra un double châtiment : l’un part de la terre, à savoir des guerres, des révolutions et d’autres maux ; l’autre part du ciel, à savoir une obscurité épaisse. Celle-ci empêchera de voir quoi que ce soit. Cette obscurité sera accompagnée d’une infection dans l’air, ce qui fera périr sinon exclusivement, du moins principalement, les ennemis de la religion. Des ténèbres pestilentielles, peuplées de visions effroyables, envelopperont la terre pendant trois jours. L’air sera alors empesté par des démons qui apparaîtront sous toutes sortes de formes hideuses. Tant que durera l’obscurité, il sera impossible de faire de la lumière. Seuls, les cierges bénis se laisseront allumer et pourront éclairer. Les cierges bénis préserveront de la mort, ainsi que les prières à la Sainte Vierge et aux saints Anges. Quiconque ouvrira la fenêtre par curiosité et regardera dehors ou bien sortira de sa maison, tombera aussitôt raide mort. En ces jours-là, tous doivent rester chez eux, réciter le rosaire et implorer la miséricorde divine. Tous les ennemis de l’Église, cachés ou apparents, périront pendant les ténèbres, à l’exception de quelques-uns que Dieu convertira bientôt après. Le fléau de la terre a pu être mitigé par les prières, mais non celui du ciel, qui sera épouvantable et universel.

Après les ténèbres, saint Pierre et saint Paul descendront des cieux, prêcheront dans tout l’univers et désigneront le Pape. Une grande lumière, jaillissant de leurs personnes, ira se déposer sur le cardinal futur Pape.

Saint Michel Archange, paraissant sur la terre sous forme humaine, tiendra les démons enchaînés jusqu’à l’époque de la prédication de l’Antéchrist.

Le Pontife, choisi selon le cœur de Dieu sera assisté par lui de lumières toutes spéciales. Son nom sera vénéré dans tout le monde et applaudi par les peuples. Il est le Pontife saint, destiné à soutenir la tempête. Le bras de Dieu le soutiendra et le défendra contre les impies, lesquels seront humiliés et confondus. Il aura à la fin le don des miracles.

Des nations entières reviendront à l’unité de la foi et la face de la terre sera renouvelée… En ces temps-là, la religion chrétienne se répandra partout et il n’y aura plus qu’un Pasteur. La Russie et l’Angleterre se soumettront, la Chine se convertira.

sources :http://lusile17.centerblog.net/rub-images-pieuses-tous-les-saints–10.html?ii=1

Anna-Maria Taïgi

BIENHEUREUSE ANNA-MARIA TAÏGI
Épouse et mère, Tertiaire trinitaire
(1769-1837)

Née à Sienne, Anna-Maria Gianetti suivit son père à Rome où des revers de fortune l’avait contraint d’aller se fixer. La petite passa à peine deux ans à l’école où elle n’apprit qu’à lire. Ses parents faisaient retomber leur amertume sur leur fillette, mais l’angélique pauvrette redoublait de douceur envers eux.

Anna-Maria entra très tôt en service afin d’aider ses parents. Elle grandissait, pieuse, travailleuse et coquette, prenant plaisir à se parer. Domenico, qui travaillait au jour le jour au palais Chigi, homme honnête, rude et prompt à la colère, offrit de l’épouser; Anna-Maria accepta sa proposition de mariage.

Dans les premiers temps de son ménage, elle conserva ses habitudes mondaines, aimant à fréquenter le théâtre des marionnettes et à porter des colliers de verroterie. Après trois ans de cette vie ainsi partagée entre l’amour de Dieu et l’amour du monde, Anna-Maria se confessa au Père Angelo de l’Ordre des Servites, se convertit totalement et, avec l’assentiment de son mari, elle se fit recevoir dans le Tiers-Ordre des Trinitaires. Domenico ne demandait qu’une chose: que la maison soit bien tenue et paisible!

( 8 février, 2013 )

Sainte Catherine Labouré

Sainte Catherine Laboure

source : http://www.marie-julie-jahenny.fr/propheties-anciennes.htm#Labbé_Voclin

L’apparition de la rue du Bac 1830

Sœur Catherine Labouré naquit dans la Côte d’Or, le 2 mai 1806 à Fain-les-Moutiers. Elle ne fréquenta jamais aucune école. Elle n’apprit à lire et à écrire qu’après son entrée chez les sœurs de la Charité. Ses parents eurent dix-sept enfants, dont dix seulement vécurent. Catherine était âgée de cinq ans quand sa mère mourut. Elle fut envoyée chez une tante où elle vécut deux ans. Sa sœur aînée, Marie-Louise, entra chez les Filles de la Charité. Elle-même mena de bonne heure une vie très pieuse.

Quand elle demanda à son père f autorisation d’entrer elle aussi chez les Filles de Saint-Vincent, il refusa et l’envoya aider un oncle à l’exploitation d’un restaurant ouvrier à Paris. Après une série de tâtonnements, elle entre à son tour au «Séminaire» des sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, le 21 avril 1830, à Paris, rue du Bac. Elle est morte le 31 décembre 1876.

La bienheureuse Catherine Labouré fut béatifiée en 1933. La Sainte Vierge lui apparut pour la première fois dans la chapelle de la rue du Bac, à Paris, en 1830.

C’est dans ce sanctuaire qu’elle reçut la révélation de la Médaille Miraculeuse. Le symbolisme de cette série d’apparitions est extrêmement dense ; nous n’en avons retenu, dans ce recueil, que la partie prophétique.

Voici, d’après les notes de Catherine Labouré, les paroles prononcées par la Sainte Vierge au cours de l’apparition de la nuit du 18 au 19 juillet 1830.

Mon enfant, le Bon Dieu veut vous charger d’une mission ; vous aurez bien de la peine, mais vous surmonterez cette peine, en pensant que vous le ferez pour la gloire du Bon Dieu. Vous connaîtrez ce qui est du Bon Dieu ; vous en serez tourmentée, jusqu’à ce que vous l’ayez dit à celui qui est chargé de vous conduire. Vous serez contredite, mais vous aurez la grâce, ne craignez point ; dites avec confiance tout ce qui se passe en vous, dites-le avec simplicité, ayez confiance, ne craignez point.

Vous verrez certaines choses, rendez compte (de) ce que vous verrez et entendrez. Vous serez inspirée dans vos oraisons. Rendez-en compte (et de) ce que je vous dis (et de) ce que vous verrez dans vos oraisons.

Les temps sont très mauvais, les malheurs viendront fondre sur la France, le trône sera renversé, le monde entier sera renversé (bouleversé) par des malheurs de toutes sortes. (La Sainte Vierge avait l’air très peinée en disant cela). Mais, venez au pied de cet autel, là, les grâces seront répandues… sur toutes les personnes qui les demanderont, grands et petits, des grâces seront répandues particulièrement sur les personnes qui les demanderont…

… La communauté jouira d’une grande paix, elle deviendra grande.

Mais, de grands malheurs arriveront, le danger sera grand. Cependant, ne craignez point, dites de ne pas craindre, la protection de Dieu est toujours là, d’une manière toute particulière, et saint Vincent vous protégera (la Sainte Vierge était toujours triste).

Mais, je serai moi-même avec vous. J’ai toujours l’oeil sur vous, je vous accorderai beaucoup de grâces… Le moment viendra (où) le danger sera grand ; on croira tout perdu ; là, je serai avec vous, ayez confiance. Vous reconnaîtrez ma visite, la protection de Dieu sur la communauté, et de saint Vincent sur les deux communautés. Ayez confiance, ne vous découragez pas, là, je serai avec vous.

Mais il n’en (sera) pas de même des autres communautés ; il y aura des victimes (la sainte Vierge avait les larmes aux yeux en disant cela). Pour le clergé de Paris, il y aura des victimes.  Monseigneur l’Archevêque (à ce mot les larmes de nouveau).

Mon enfant, la Croix sera méprisée, on la mettra par terre ; le sang coulera, on ouvrira de nouveau le côté de Notre-Seigneur ; les rues seront pleines de sang ; Monseigneur l’Archevêque sera dépouillé de ses vêtements (ici, la Sainte Vierge ne pouvait plus parler, la peine était peinte sur son visage). Mon enfant, disait-elle, le monde entier sera dans la tristesse. A ces mots, je pensais quand est-ce (que ce) sera ? J’ai très bien compris quarante ans.

source  : http://www.mariedenazareth.com/14187.0.html?&L=0

Sainte Catherine Labouré

Quelques traits de la vie de sainte Catherine Labouré

Une vaillante petite fermière :
Catherine Labouré (1806- 1876) est née de Pierre Labouré (1787-1844) et de Madeleine Gontard (1769-1815), huitième de dix enfants. Le 9 octobre 1815, sa mère meurt subitement. Le premier soir sans sa maman, elle grimpe sur une chaise vers la statue de la Sainte Vierge pour embrasser ses pieds. Il y a trop d’enfants à la maison, avec le petit Augustin, infirme par accident.

Le père envoie Catherine et Tonine chez sa sœur Marguerite, mariée au vinaigrier Antoine Jeanrod, à Saint-Rémi, à neuf kilomètres de Fain.

La voilà orpheline de père et de mère, et sa ferme natale lui manque. Deux ans après, en janvier 1818, le père s’ennuie de Catherine et rappelle les deux petites.

C’est une fête, car elle rentre aussi pour faire sa première communion, le 25 janvier. Pour elle, c’est une joyeuse et profonde étape spirituelle. Sa grande sœur, Marie-Louise, vingt-trois ans, dont les circonstances ont fait retarder le départ chez les Filles de la Charité à Langres, inspire à Catherine, douze ans, en bonne entente avec Tonine, neuf ans et demi, une grande décision : « Vas-y ! A nous deux, nous ferons l’ouvrage. » Elle se sent mûre pour prendre le fardeau. Elle sera une vaillante petite fermière avec les repas à servir ou à porter, le pigeonnier de 1 121 cases, gloire de la maison, le poulailler et le reste. En outre, elle est illettrée.

Une vocation éprouvée :

Pourtant, elle voudrait suivre Marie-Louise. C’est alors qu’au seuil de ses dix-huit ans elle a un songe, pour elle plein de sens : un vieux prêtre célèbre la messe ; il se retourne pour le Dominus vobiscum et la regarde. Le regard lui est resté : elle s’en souviendra toute sa vie. [...] En allant un jour chez les Sœurs de la Charité, rue de la Juiverie, Catherine tombe en arrêt devant un portrait à l’entrée : « C’est le prêtre du songe ! Il existe bien ! Qui est-il ? – Notre père, saint Vincent de Paul », répondent les sœurs. La décision de Catherine est maintenant prise, mais comment faire ? Le 2 mai 1827, Catherine a vingt et un ans. Elle connaît ses droits. Elle signifie sa résolution. Le père refuse : il a déjà donné une fille à Dieu, Marie-Louise. Deux, c’est trop. Il persévère. L’année suivante, au printemps 1828, il change de méthode. Son fils Charles, établi à Paris comme les autres, a un restaurant de compagnons-ouvriers, tenu par sa femme. Elle vient de mourir, deux ans après leur mariage, le 21 février. Il a besoin d’aide ; eh bien, Catherine ira l’aider, et quelqu’un finira bien par s’éprendre de la jeune serveuse. Heureusement pour elle, cela ne dure pas ; le frère s’est consolé et se remarie le 3 février 1829. Catherine est libérée.

Chez les soeurs de la Charité, à Paris :

Le 21 avril 1830, par la diligence, elle entre au « séminaire » des sœurs de la Charité : « La formation sera dure », lui a-t-on dit, mais elle est formée à toute patience, toute discipline, toute disponibilité, à tout oubli d’elle-même, prête à tout. Rien ne lui pèse.

En 1930, à la messe, elle voit parfois le Seigneur dans le saint sacrement. Une fois, la vision semble annoncer le dépouillement du roi de France. Et c’est dans ce contexte qu’elle a des apparitions de la Vierge Marie, d’avril à décembre 1830.

A Reuilly :

Après les apparitions d’avril à décembre 1830, le 30 janvier 1831, Catherine prend l’habit et quitte le séminaire. Elle est nommée à la maison de Reuilly, toute proche, pour qu’on puisse la tenir à l’œil : est-ce une religieuse à histoires ? Non. Elle sert dans la plus parfaite discrétion durant toute sa vie. Elle resta indéfectiblement une servante efficace et discrète des pauvres. A Reuilly, elle redeviendra vite fermière, chargée du jardin et des bêtes.

La croix de 1848 :

Au seuil de la révolution de 1848, Catherine transmet à M. Aladel (son confesseur) une nouvelle demande : une grande croix à dresser dans Paris comme un paratonnerre spirituel : « Cette croix sera appelée la Croix de la Victoire. Elle sera en grande vénération. […] Sur le pied de la croix, il sera représenté toute cette révolution telle qu’elle s’est passée. Le pied de la croix m’a paru avoir 10 à 12 pieds en carré, et la croix de 15 à 20 pieds de hauteur. Et, une fois élevée, elle m’apparaissait, à peu près, à 30 pieds de hauteur » Dix mètres, ce n’est pas énorme. Catherine ne fut pas écoutée. La croix était très populaire en 1848. Des émeutiers portèrent en triomphe une croix qu’ils avaient sauvée du pillage des Tuileries, mais Aladel ne saisit pas cette occasion.

Lourdes – 1858 :

Quand Catherine entendit parler de l’apparition, elle dit aussitôt : « C’est la même ! ». Dans sa pensée, la Vierge avait dû apparaître si loin parce que la chapelle communautaire des sœurs, essentielle à la communauté, n’était pas ouverte au public. Trois sœurs ont noté ses réflexions à ce sujet : « Dire que ces miracles pourraient avoir lieu dans notre chapelle ! » (Témoignage de sœur Tranchemer.) Elle exprimait là son chagrin que la chapelle de la rue du Bac ne soit pas ouverte au public, ce qu’interdisait la prospérité même de la congrégation, la chapelle étant déjà trop petite pour les nombreuses sœurs et les 500 novices.

La Vierge au globe :

Catherine était tourmentée du fait que la Médaille miraculeuse, alors parvenue au milliard d’exemplaires, ne représentait pas ce qu’elle avait vu en 1830 : la Vierge avec un globe dans ses mains rayonnantes. « Mais qu’est devenue cette boule ? – Je ne vis plus que les rayons qui tombaient de ses mains, répond Catherine. – Mais que deviendra la Médaille si on publie cela ? – Oh ! il ne faut pas toucher à la Médaille miraculeuse. – Mais le globe de la terre est déjà sous ses pieds, il y aura donc un deuxième globe dans ses mains ? » Sœur Dufès est d’autant plus perplexe que Catherine n’était pas infaillible dans ses intuitions.[1] Le modèle fixé selon les indications de Catherine, toujours en réservant son incognito, fut finalement installé dans la chapelle de la rue du Bac.

Le jour de sa mort :

Elle demanda que soixante-trois enfants récitent autour de son lit chacune des invocations des litanies de Notre-Dame. Elles sont dans l’Office de l’Immaculée Conception… Catherine voyait dans ce chiffre 63 l’illustration d’une tradition orale qui attribue à la Vierge, soixante trois ans : quinze de part et d’autre des trente-trois ans de la vie du Christ. Elle dédiait ainsi à Notre-Dame les soixante-dix ans de sa vie laborieuse qui faisaient d’elle l’aînée de Notre-Dame. Elle mettait là sa poésie, sa familiarité et son humour, mais aussi son bonheur de partir au ciel. « Pourquoi craindre d’aller voir Notre-Seigneur, sa Mère et saint Vincent ? » Ce fut une des dernières paroles de Catherine avant qu’elle fermât ses yeux bleus.


[1] Elle avait fait creuser la terre, à Reuilly, au lendemain de la Commune, pour découvrir à 1,50 m de profondeur « une pierre plate, comme une pierre tombale », et de quoi « faire bâtir une chapelle » ou plutôt « une église ». On avait fouillé, on n’avait rien trouvé : « Vous êtes dans l’erreur », avait conclu sœur Dufès. Catherine se rendit à l’évidence : « Eh bien, ma sœur, je me suis trompée. Je croyais avoir dit vrai. Je suis bien aise qu’on connaisse la vérité. »


Sainte Catherine Labouré

Prière de Sainte Catherine Labouré pour la France :

Daignez, ô Reine, pleine de bonté, de ce trône sublime où vous êtes assise auprès de Jésus-Christ, recevoir les voeux de ceux qui implorent votre secours. Mère de Dieu, vous pouvez fléchir votre Fils ; vous êtes aussi notre Mère et vous nous aimez comme vos enfants. Ô vous qui puisez dans la source même des grâces, faites-en descendre sur nous la mesure la plus abondante. Présentez nos vœux et nos prières à Dieu. Refusera-t-Il à une Mère qu’Il aime si tendrement ? Demandez-lui qu’Il regarde avec bonté la France qui vous est consacrée ; qu’Il donne au Roi la justice et la paix au peuple.

Ô Marie, votre nom est notre défense, protégez-nous !

Ô Marie, vous qui êtes le refuge des pêcheurs et notre Mère,

Ô Marie, voyez le péril où nous sommes. Ayez pitié de nous.

Ne vous rendez point difficile à écouter nos vœux. Si vous daignez prier votre Fils, Il vous exaucera. Il suffit que vous vouliez nous sauver pour que nous ne puissions manquer d’être sauvés.

Ô Marie conçue sans péché, priez, priez, priez pour nous.

Daignez, Ô Reine des anges et des hommes, jeter un coup d’œil favorable sur le monde entier, particulièrement sur la France et chaque personne en particulier.

Ô Marie, inspirez-nous ce qu’il faut vous demander pour notre bonheur qui sera celui du monde entier.

Ainsi soit-il

Sainte Catherine Labouré

( 5 décembre, 2012 )

Saint Georges

Saint Georges naquit à Lydda, en Palestine, l’an 280, saint Eutychien étant pape et Probus empereur. Son éducation fut toute chrétienne. Il suivit la  carrière des armes comme son père, et bientôt sa beauté, sa distinction, son courage, l’élevèrent à la dignité de tribun militaire dans la garde impériale.

Dioclétien ayant rallumé la persécution contre les Chrétiens, l’indignation  de Georges éclata en face même du tyran, devant lequel il exalta la grandeur du Dieu véritable et confondit l’impuissance des fausses divinités. Sa noble audace lui mérita le reproche d’ingratitude et des menaces de mort. Georges s’en réjouit, loin de s’en inquiéter, et profita de ses derniers jours de liberté pour distribuer ses biens aux pauvres et affranchir ses esclaves.

Ainsi préparé aux combats du Christ, le tribun aborde l’empereur lui-même et plaide devant lui la cause des Chrétiens. « Jeune homme, lui répond  Dioclétien, songe à ton avenir ! » Bien que Georges n’ait guère que vingt ans, le seul avenir qui le préoccupe, est l’avenir éternel ; aussi ajoute-t-il sans crainte :  « Je suis Chrétien, je n’ambitionne ni ne regrette rien dans ce monde ; rien ne saurait ébranler ma foi. »

Le vaillant jeune homme est alors battu de verges, puis il subit l’affreux supplice de la roue, après lequel un ange descend du Ciel pour guérir ses blessures.

Georges, quelques jours après, reparaît plein de vie en présence de l’empereur, qui le croyait mort ; il lui reproche de nouveau sa cruauté et l’engage à reconnaître le vrai Dieu. Trois jours il est abandonné sur un lit de chaux vive ; on lui met ensuite des chaussures de fer rougies au feu, on lui fait avaler un poison très violent : Georges, par la grâce de Dieu, subit toutes ces épreuves sans en ressentir aucun mal ; plusieurs païens même se convertissent à la vue de tant de merveilles. Reconduit de nouveau dans sa prison, l’athlète invincible de la foi vit en songe Jésus-Christ descendre vers lui : « Georges, lui dit-Il en lui présentant une couronne de pierres précieuses, voilà la récompense que Je te réserve au Ciel ; ne crains rien, Je combattrai avec toi demain, et tu remporteras sur le démon une victoire définitive. »

Le jour suivant, Dioclétien tâcha d’ébranler le martyr par des flatteries : « Conduisez-moi devant vos dieux », dit Georges. On l’y conduit, croyant qu’il  va enfin sacrifier. Parvenu devant la statue d’Apollon, il fait le signe de la croix et dit : « Veux-tu que je te fasse des sacrifices comme à Dieu ? » La voix du démon lui répond, par la bouche de la statue : « Je ne suis pas Dieu ; il n’y a de Dieu que Celui que tu prêches. » Et en même temps des hurlements effrayants se font entendre dans le temple, et la statue tombe en poussière. Le peuple s’enfuit épouvanté, et l’empereur se hâte de se débarrasser du martyr en lui faisant trancher la tête.

C’était l’an 303, saint Marcellin étant pape, Dioclétien empereur.

Saint Georges est l’un des quatorze Saintts Auxiliaires.

(texte tiré de :http://www.cassicia.com/FR/La-vie-de-saint-Georges-martyr-patron-de-l-Angleterre-des-Scouts-Fete-le-23-avril-No_443.htm )

Saint Georges dans Vie de Saints st-george-dragon

PRIERE A SAINT GEORGES

 » Ô George ! Vous êtes l’honneur de la milice chrétienne. Le service du prince temporel ne vous a pas fait oublier ce que vous deviez au Roi du ciel. Votre sang généreux a coulé pour la foi du Christ, et en retour le Christ vous a établi chef et conducteur des armées chrétiennes. Soyez leur appui devant les bataillons ennemis, et assurez la victoire aux défenseurs de la cause juste. Protégez-les sous les plis de votre étendard, couvrez-les de votre bouclier, et répandez la terreur devant eux.

Ô puissant guerrier, la milice temporelle n’est pas la seule qui s’exerce ici-bas : il en est une autre dans laquelle sont enrôlés tous les fidèles du Christ! Le grand Saint Paul, parlant de nous tous, a dit :  » qu’il n’y aura de couronnés que ceux qui auront légitimement combattu «   (II Tim. II, 5.). Nous avons donc à compter sur la lutte en ce monde, si nous écoutons les exhortations que nous adresse le même Apôtre :  » Couvrez-vous de l’armure de Dieu, afin de  pouvoir tenir contre les embûches du diable. Ayez pour ceinture la vérité, pour cuirasse la justice, pour chaussure la résolution de marcher dans la voie de l’Evangile, pour bouclier la foi, pour casque l’espérance du salut, pour glaive enfin la parole de Dieu  » (Eph VI, 13-17.).

( 5 décembre, 2012 )

Sainte Jeanne-Françoise de Chantal

PRIERE DE SAINTE JEANNE-FRANCOISE DE CHANTAL

Seigneur, Bonté  souveraine, je m’abandonne entre vos bras, dans les joies et les  peines.
Conduisez-moi où il Vous plaira, je ne regarderai pas le chemin à  suivre, je ne regarderai que Vous, ma Providence, ma Force, mon  Rempart.
Je ne regarderai que Vous qui me guidesz comme une vraie  mère.
Je suivrai le chemin que Vous me tracez, sans jamais regarder, ni éplucher les causes des événements, sans me poser trop de “pourquoi”.
Les yeux fermés, je ferai votre volonté et non pas la mienne.
Je me tiendrai en repos, sans désirer autre chose que ce que vous m’inspirerez de souhaiter.
Je vous offre cette résolution, Seigneur ; je vous demande de la bénir.
J’y serai fidèle, en me méfiant de ma faiblesse, et en m’appuyant sur Votre Bonté, Votre Libéralité, Votre Miséricorde.
Seigneur, j’ai une confiance totale en Vous.
Ainsi soit-il

Sainte Jeanne-Françoise de Chantal dans Vie de Saints sv-fr-sales-a-chantal1

(Texte tiré du site : http://nominis.cef.fr )

Fondatrice de la Visitation (+ 1641)

Sainte Jeanne Françoise Frémyot était la fille du président du Parlement de Bourgogne. C’était un catholique intransigeant en cette époque des Guerres de Religion. A 20 ans, elle épousa le baron de Chantal qu’elle aima d’un grand amour. Épouse accomplie, pieuse à ses heures, elle était une mère parfaite, mais eut la douleur de perdre en bas âge deux de ses six enfants. A 28 ans, quand le baron est tué d’un accident de chasse, elle se révolte, déteste le malheureux meurtrier malgré lui et, au bord du désespoir, elle s’en remet à un confesseur rigoureux. Quatre ans plus tard, elle entend saint François de Sales prêcher un carême et reconnaît en lui le maître spirituel dont elle a besoin. L’évêque de Genève la libère de ses scrupules. De leur confiance réciproque va naître une grande aventure religieuse et spirituelle. Jeanne-Françoise prend le temps d’établir ses quatre enfants dans la vie et fonde l’Ordre de la Visitation-Sainte-Marie, congrégation destinée aux  femmes de santé fragile. Après la mort de Saint François de Sales, elle maintiendra intacte cette spiritualité salésienne, surtout la vie intérieure abandonnée à Dieu. Pendant 40 ans, elle souffrira de tentations contre la foi, mais l’amour de Dieu lui suffit, écrivit-elle.
« Ah! disait-elle, si le monde connaissait la douceur d’aimer Dieu, il mourrait d’amour! ».
Voyageuse infatigable, elle parcourut tous les chemins de France pour veiller à l’édification des nombreux monastères de la Visitation. Elle participera activement à la diffusion des ouvrages de saint François de Sales et, par ses propres écrits, apportera sa contribution à la pensée salésienne.
Au martyrologe romain, le 12 août, mémoire de sainte Jeanne-Françoise de Chantal, religieuse. Elle avait été mariée au baron de Chantal et lui donna six enfants qu’elle éleva avec sollicitude. Après la mort de son mari, sous la direction de saint François de Sales, elle entra avec bonheur dans la voie de la perfection et accomplit des oeuvres de charité, pour les pauvres surtout et les malades. Elle fonda avec lui l’Ordre de la Visitation, qu’elle dirigea avec sagesse, et mourut à Moulins, le 13 décembre 1641.

Martyrologe romain

« Ne vous retournez jamais sur vous-même. Regardez seulement Dieu et le laissez faire, vous contentant d’être toute sienne en toutes vos actions. »

( 4 décembre, 2012 )

Sainte Juliette

Sainte Juliette dans Vie de Saints 779396juliettedecsare1

Saint Basile de Césarée nous fait connaître Sainte Juliette de Capadoce  comme une riche veuve de Césarée. Ayant été dépouillée de tous ces bien par un homme d’affaire, elle voulu faire valoir ces droits devant les tribunaux.

Durant le procès, l’opignon tournant à son avantage, son oppréceur fit valoir qu’elle était chrétienne et que par conséquent elle devait abjurer sa foi pour témoigner devant la justice.

Ayant reffusé d’offrir de l’encens aus idoles, elle fût immédiatement condamnée à être brûlée vive en l’an 303.

Le martyrologe romain nous dit : » À Césarée de Cappadoce, en 303, sainte Julitte, martyre. Ayant refusé sans relâche d’offrir de l’encens sur un autel, comme le juge le lui ordonnait, elle fut jetée dans le feu. »

Sainte Juliette est très probablement la mère de Saint Cyr. On la fête le 30 juillet.

( 4 décembre, 2012 )

Saint Sébastien

PRIERE DE SAINT AMBROISE EN L’HONNEUR DE SAINT SEBASTIEN

 » Seigneur adorable, à l’instant où le sang du bienheureux martyr Sébastien est répandu pour la confession de Votre Nom, Vos merveilles sont manifestées, parceque Vous affermissez la vertu dans l’infirmité, Vous augmentez notre zèle, et par sa prière, Vous conférez du secours aux malades. »

Saint Sébastien dans Prières divers img_blog2b_net

 

(Texte tiré du site http://christroi.over-blog.com )

Saint Sébastien, dont le père était de Narbonne et la mère, de Milan, fut cher à Dioclétien pour sa noblesse et sa bravoure. Il naît à Narbonne vers    260 ap. J.-C. de parents chrétiens. Adulte, Sébastien choisit de devenir archer dans une des nombreuses compagnies romaines. Il devint capitaine.

    Chef de la première cohorte, il assistait les chrétiens, dont il partageait la foi en secret. Il encourageait par ses exhortations ceux qui chancelaient. De ce nombre furent Marc et Marcellin,    deux jeunes patriciens, arrêtés comme chrétiens. Leurs parents, leurs amis les conjuraient d’éviter la mort en reniant leur foi; saint Sébastien, qui les visitait souvent, soutint leur courage,    et convertit leurs pères, leurs mères, leurs femmes, leurs enfants et beaucoup d’autres païens.

Ces faits furent dénoncés à Dioclétien : il ordonna d’attacher Sébastien à un poteau et de cribler    son corps de flèches. Ce genre de supplice était sans doute militaire. Sébastien fut laissé pour mort. Une sainte femme, Irène, le fit enlever, pendant la nuit, pour l’ensevelir; mais il fut    retrouvé vivant. Elle le fit soigner chez elle et il se rétablit. Dès qu’il fut en état de sortir, le 20 janvier 290 il vint se mettre sur le passage de l’empereur, qui se rendait au temple; celui-ci fut d’abord terrifié de cette    apparition. Le martyr lui reprocha de persécuter des sujets fidèles qui le servaient loyalement et priaient pour lui. Dioclétien passa de la stupéfaction à la fureur contre le jeune officier; il    le fit battre de verges jusqu’à ce qu’il expirât sous les coups; puis il ordonna de le jeter dans un cloaque. Une pieuse chrétienne, Lucine, fit retirer son corps qui fut enseveli dans les    catacombes, au lieu où s’éleva plus tard la magnifique église de Saint-Sébastien.

    Traditionnellement, un tir est organisé autour du 20 janvier par chaque club ou compagnie pour fêter saint Sébastien.

  * Mgr Paul Guérin, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Editions D.F.T., Argentré-du-Plessis 2003

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