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( 31 mars, 2014 )

Euthanasie

Dans une période ou tous les médias nous préparent mentalement à accepter une loi sur la « fin de vie », Monsieur l’Abbé Belmont à écrit un article très bien fait qui nous rappel certaine vérités, vous pouvez le trouver sur la page : http://www.quicumque.com/article-les-trois-mensonges-de-l-euthanasie-122250390.html, mais je tiens à vous le faire partager :

Les trois mensonges de l’euthanasie

Dans notre monde pris de folie et de rage autodestructrice, les pays les uns après les autres votent des lois    autorisant, promouvant et bientôt rendant obligatoire l’euthanasie. C’est ainsi qu’en Belgique, l’euthanasie des enfants est en passe d’être acceptée    par un gouvernement en folie.

Ce qui est étonnant, c’est que souvent les opposants à ces lois homicides ne savent comment argumenter pour    faire barrage à ce courant proprement diabolique, ou s’en tiennent au registre sentimental ou subjectif. Il faut leur montrer que la propagande pour l’euthanasie n’est qu’un enchaînement de    mensonges, et les en convaincre par des raisons vraies et permanentes.

1.  Mensonge sur le nom et la chose.     Euthanasie signifie, selon son étymologie, bonne    mort. En langage chrétien, la bonne mort, c’est la coïncidence entre l’état de grâce et la séparation de l’âme et du âme. Car de cette coïncidence dépendent l’éternité tout entière et donc    la « réussite » de la vie terrestre. La loi du salut éternel est la même pour tous, depuis Abel jusqu’au dernier homme qui mourra dans la conflagration finale du monde : pour aller    au Ciel, il faut mourir en possédant la vertu surnaturelle de charité (et donc nécessairement la foi théologale qui fait appartenir à l’Église catholique, et l’espérance qui en est la première     œuvre).

L’euthanasie qu’on nous propose consiste à mourir par suicide    (moyen le plus sûr pour aller en enfer, puisqu’il est non seulement un grave péché mais aussi la privation de la possibilité de faire un acte de contrition) ou par assassinat si l’on n’est pas consentant. Ce n’est même pas un assassinat en haine de la foi catholique (qui pourrait constituer un glorieux et salutaire    martyre), ce n’est qu’un acte crapuleux perpétré pour des motifs de fausse compassion ou d’intérêts inavouables.

Pis encore, l’euthanasie est le vol de la mort, de cet instant    précieux qui est le point d’orgue de la vie, son accomplissement. Soit qu’on vous tue sans votre consentement, soit qu’on vous persuade de vous laisser tuer, soit qu’on vous fasse sombrer dans    une inconscience… inconsciente, c’est toujours la dépossession de la mort qu’on induit… elle est pourtant l’événement le plus certain et le plus décisif de la vie, celui par lequel elle prend son    sens plénier.

L’honnête homme, celui qui, bien que privé de la lumière de la Révélation divine, veut vivre et mourir selon la    droiture naturelle (le peut-on sans la grâce de Dieu ?), l’honnête homme sait que par la seule lumière de la raison il ignore beaucoup de choses de la mort. Mais il sait avec certitude que    la mort n’est pas une fin, puisque son âme est spirituelle ; il sait qu’elle est l’accomplissement de la justice puisque sur cette terre la justice des hommes est infirme et partielle, voire    partiale. Tout en lui refuse cet homicide programmé qu’on lui vante sous le nom d’euthanasie : il ne peut voir dans les médecins qui la pratiquent que de tueurs à gage, puisque ce sont des    gens payés pour assassiner des innocents (et en cela l’euthanasie est comparable à l’avortement).

2.  Mensonge par confusion volontaire.     Les partisans de l’euthanasie confondent (font semblant de confondre) laisser mourir selon la    nature et provoquer la mort.

Pour conserver la santé et la vie, la (divine) loi naturelle nous oblige à employer les moyens ordinaires. Il y a dans cette notion de moyens ordinaires des éléments qui varient avec les époques et    avec les pays ; elle comporte aussi une nécessaire proportion avec les résultats escomptés. C’est un jugement qui relève de la vertu de    prudence, et qui requiert donc à son origine une ferme intention droite. Il peut y avoir dans cette notion de moyens ordinaires une zone de flou devant laquelle on reste indécis.

Il ne faut pas non plus négliger le fait que la vie humaine n’est pas un bien absolu : elle est ordonnée à    la gloire de Dieu et au bien commun de la société : elle peut être consacrée, elle peut être sacrifiée, elle peut être « réquisitionnée ».

Mais le principe n’en demeure pas moins clair. Qui n’emploie pas les moyens ordinaires pour maintenir sa vie et    sa santé se suicide ; qui prive autrui des moyens ordinaires de rester en vie n’est rien d’autre qu’un meurtrier.

Au contraire, personne n’est tenu, ni pour lui-même ni pour son prochain, d’utiliser des moyens    extraordinaires : ceux qui sont trop coûteux, trop éloignés, dangereux, laissant des séquelles graves. Là aussi, il faut modifier le jugement selon les époques, les pays, les possibilités.    C’est encore la vertu de prudence (et donc l’intention droite qu’elle requiert) qui en décidera.

Quand les moyens médicaux employés pour maintenir quelqu’un en vie deviennent très lourds ; qu’ils    empêchent d’autres personnes de bénéficier des soins qu’ils monopolisent ; qu’ils sont une charge excessive et paralysante pour une famille ; qu’ils comportent des risques graves :    il n’y a plus d’obligation de persévérer. On peut décider de « laisser faire la nature » sans la moindre faute morale. Et si la poursuite de la maintenance en vie devient vraiment    déraisonnable, il peut y avoir nécessité morale de cesser.

La charité chrétienne réclame cependant qu’on laisse au mourant l’occasion de recevoir les derniers sacrements    avant de laisser la nature faire son œuvre : c’est une réquisition de l’ordre divin des plus impérieuses.

Mais provoquer directement la mort, soit par un moyen « positif » comme une injection létale, soit    par la cessation des moyens ordinaires de maintenir en vie, est un homicide volontaire, un crime qui crie vengeance devant Dieu. Et c’est ce crime que les « euthanasiens » camouflent    derrière le refus de l’acharnement thérapeutique : ils le font en semant la confusion, en profitant de quelques cas limites qui se peuvent présenter et dans lesquels il est permis    d’hésiter.

C’est une forme de mensonge particulièrement exécrable parce qu’elle séduit les ignorants, trouble les esprits    faibles et même les autres (c’est le propre du sophisme), et annihile les clairs principes de la morale naturelle.

3.  Mensonge par insinuation    calomnieuse. L’euthanasie est réclamée comme le moyen nécessaire d’exercer le « droit à mourir dans la dignité ».     Mourir par suicide, mourir assassiné, mourir contre la loi de Dieu, contre la tendance la plus foncière de la nature humaine, mourir en méprisant le Jugement de Dieu… il y a une infamie de    prétendre que c’est « mourir dans la dignité ». L’euthanasie est une mort indigne, criminelle, abjecte.

Cette réclamation est en outre l’insinuation que tous ceux qui se consacrent au soin et au soulagement des    malades sans s’arroger le droit de vie et de mort sur eux, n’ont pas le souci de la dignité de ceux dont ils ont la charge ou n’y pourvoient pas. C’est renvoyer dans le néant le courage des    malades, le dévouement du personnel médical, la sollicitude des familles. Il y a ainsi quelque chose de particulièrement répugnant dans la réclamation de légaliser l’eutha­nasie, une ingratitude    fondamentale, le piétinement de toute vertu.

Une accusation contre la sainte Église catholique est souvent en filigrane dans les revendications du     « droit à l’euthanasie ». Aurait-on oublié que l’Église a inventé les hôpitaux ; que l’Église a fourni des millions d’âmes consacrées qui se sont dévouées aux malades, aux    mourants, aux infirmes, à tous les cas tragiques de la misère humaine (qui par ailleurs sont le fruit des péchés que l’Église est seule à combattre et à absoudre) ; aurait-on oublié que    l’Église, en rappelant et en urgeant la loi divine qui interdit de tuer, a été le plus puissant stimulant aux progrès de la médecine. C’est un oubli volontaire, et la raison est que l’Église est    la gardienne du droit naturel et le ministre de la charité divine, qui deux réalités que le monde a en horreur.

Pour connaître l’enseignement et la charité de l’Église – aussi incessante qu’ordonnée et délicate – il suffit    de lire le discours de Pie XII qui va suivre. Mais en attendant il faut conclure.

*

Le mensonge et l’homicide sont la marque distincte du diable : « Vous avez le diable pour père, et    vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été homicide dès le commencement, et il n’est pas demeuré dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Lorsqu’il profère le    mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur, et père du mensonge » (Jo. VIII, 44).

L’industrie de la perte des âmes est l’œuvre propre du diable, dans sa haine de Dieu et des    hommes.

La réduction en esclavage est la marque propre du démon et de ses œuvres. Or, chaque fois que les hommes    usurpent un domaine qui n’appartient qu’à Dieu, c’est un esclavage plus sournois et plus fatal qu’ils nous préparent.

La propagande pour l’euthanasie trouve sa source dans des puissances    qui ne sont pas de ce monde. Le combat à mener contre elle est, et doit être, un combat essentiellement surnaturel : prière, pénitence, confiance en Dieu, témoignage de la foi    catholique. Sans déserter les moyens naturels légitimes, sans mépriser les arguments de raison, sans chasser Dieu de l’ordre naturel (c’est la terrible tentation de nombreux opposants : si    on y cède, c’est un anéantissement des fondements de ladite loi et un blasphème), recourons à l’intercession de la sainte Vierge Marie, « forte comme une armée rangée en ordre de    bataille ». C’est elle qui vaincra, tant pour la splendeur de l’Église catholique que pour la régénération de la chrétienté.


Pie XII

Problèmes religieux et moraux de l’analgésie  

En 1956, des anesthésistes avaient posé au Pape trois questions sur le    bien-fondé de l’analgésie, l’atténuation ou la suppression de la conscience lors d’anesthésies générales ou du fait de l’emploi d’analgésiques centraux, et le traitement de la douleur chez les    mourants, fût-ce aux dépens de la lucidité du patient et de la durée de sa vie. Le 24 février 1957, devant une assemblée internationale de 500 médecins et chirurgiens réunis à Rome par le    professeur Gedda, président de l’Institut G. Mendel, Pie XII rappelait les techniques et pratiques utilisées de son temps, puis menait, à la lumière de la Révélation chrétienne, une    réflexion morale approfondie sur les attitudes que l’homme est appelé à avoir, selon les circonstances, face à la douleur et aux moyens de l’atténuer. Il analysait quand l’homme est tenu de    rester vigilant et quand il peut accepter de perdre la conscience et la maîtrise de lui-même.

Voici la transcription de la réponse que le Pape donnait à la    troisième question, relative à l’analgésie chez les grands malades et les mourants. Très précise, mais complexe, la fin de ce discours mérite d’être lue avec beaucoup de soin. Depuis 1957, les    techniques médicales ont évolué, mais les principes directeurs énoncés par Pie XII demeurent l’enseignement intangible du magistère de l’Église catholique.

[Troisième question : L’emploi des narcotiques est-il licite    pour des mourants ou des malades en péril de mort, à supposer qu’il existe pour cela une indication clinique ? Peut-on les utiliser même si l’atténuation de la douleur s’accompagne    probablement d’un abrégement de la vie ?]

L’emploi d’analgésiques chez les mourants…

Pour juger de cette licéité, il faut aussi se demander si la narcose sera relativement brève (pour la nuit ou    pour quelques heures) ou prolongée (avec ou sans interruption) et considérer si l’usage des facultés supérieures reviendra à certains moments, pour quelques minutes au moins ou pour quelques    heures, et rendra au mourant la possibilité de faire ce que son devoir lui impose (par exemple de se réconcilier avec Dieu). Par ailleurs, un médecin consciencieux, même s’il n’est pas chrétien,    ne cédera jamais aux pressions de qui voudrait, contre le gré du mourant, lui faire perdre sa lucidité afin de l’empêcher de prendre certaines décisions.

Lorsque, en dépit des obligations qui lui incombent, le mourant demande la narcose pour laquelle il existe des    motifs sérieux, un médecin consciencieux ne s’y prêtera pas, surtout s’il est chrétien, sans l’avoir invité par lui-même ou mieux encore par l’intermédiaire d’autrui, à remplir auparavant ses    devoirs. Si le malade s’y refuse obstinément et persiste à demander la narcose, le médecin peut y consentir sans se rendre coupable de collaboration formelle à la faute commise. Celle-ci, en    effet, ne dépend pas de la narcose, mais de la volonté immorale du patient ; qu’on lui procure ou non l’analgésie, son comportement sera identique : il n’accomplira pas son devoir. Si    la possibilité d’un repentir n’est pas exclue, on n’en possède toutefois aucune probabilité sérieuse ; et même qui sait s’il ne s’endurcira pas dans le mal ?

Mais si le mourant a rempli tous ses devoirs et reçu les derniers sacrements, si des indications médicales    nettes suggèrent l’anesthésie, si l’on ne dépasse pas dans la fixation des doses la quantité permise, si l’on a mesuré soigneusement l’intensité et la durée de celle-ci et que le patient y    consente, rien alors ne s’y oppose : l’anesthésie est moralement permise.

… et chez les malades inopérables ou    inguérissables

Faudrait-il y renoncer, si l’action même du narcotique abrégeait la durée de la vie ? D’abord, toute forme    d’euthanasie directe, c’est-à-dire l’administration de narcotique afin de provoquer ou de hâter la mort, est illicite, parce qu’on prétend alors disposer directement de la vie. C’est un des    principes fondamentaux de la morale naturelle et chrétienne que l’homme n’est pas maître et possesseur, mais seulement usufruitier de son corps et de son existence. On prétend à un droit de    disposition directe, toutes les fois que l’on veut l’abrégement de la vie comme fin ou comme moyen.

Dans l’hypothèse que vous envisagez, il s’agit uniquement d’éviter au patient des douleurs insupportables, par    exemple, en cas de cancers inopérables ou de maladies inguérissables. Si entre la narcose et l’abrégement de la vie n’existe aucun lien causal direct posé par la volonté des intéressés ou par la    nature des choses (ce qui serait le cas si la suppression de la douleur ne pouvait être obtenue que par l’abrégement de la vie), et si, au contraire, l’administration de narcotiques entraîne par    elle-même deux effets distincts, d’une part le soulagement des douleurs, et d’autre part l’abrégement de la vie, elle est licite ; encore faut-il voir s’il y a entre ces deux effets une    proportion raisonnable, et si les avantages de l’un compensent les inconvénients de l’autre. Il importe aussi d’abord de se demander si l’état actuel de la science ne permet pas d’obtenir le même    résultat en employant d’autres moyens, puis de ne pas dépasser, dans l’utilisation du narcotique, les limites de ce qui est pratiquement nécessaire.

Conclusion et réponse à la troisième    question

En résumé, vous Nous demandez : « La suppression de la douleur et de la conscience par le moyen des    narcotiques (lorsqu’elle est réclamée par une indication médicale) est-elle permise par la religion et la morale au médecin et au patient (même à l’approche de la mort et si l’on prévoit que    l’emploi des narcotiques abrégera la vie) ? » Il faudra répondre : « S’il n’existe pas d’autres moyens et si, dans les circonstances données, cela n’empêche pas    l’accomplissement d’autres devoirs religieux et moraux : oui. »

Comme Nous l’avons déjà expliqué, l’idéal de l’héroïsme chrétien n’impose pas, au moins d’une manière générale,    le refus d’une narcose justifiée par ailleurs, pas même à l’approche de la mort ; tout dépend des circonstances concrètes. La résolution plus parfaite et plus héroïque peut se trouver aussi    bien dans l’acceptation que dans le refus.


L’enseignement de Pie XII est tout entier sous-tendu par trois vérités indubitables :

–  la vraie vie n’est pas celle que nous connaissons ici-bas ; la vie véritable est la vie du    Ciel, la vie de béatitude dans la gloire de Dieu, vie commencée ici-bas dans la grâce sanctifiante. Et donc la première chose dont on se doit préoccuper, c’est l’âme du malade du défunt qui doit    se préparer au jugement de Dieu, en rentrant en grâce si cela est nécessaire, en se purifiant et en grandissant dans la charité ;

–  ni la souffrance ni la mort ne sont le mal absolu ; le mal absolu, celui qu’il faut fuir sans    condition, c’est le péché. La souffrance et la mort peuvent (et doivent) être l’occasion d’un grand amour de Dieu, d’une efficace expiation des péchés, d’un total abandon à la sainte volonté de    Dieu, et d’une particulière union à Jésus-Christ souffrant et mourant ;

–  La loi naturelle est une loi divine directrice et intangible, qui laisse une place notable à la    compassion, à la prudence, à la conviction que tout le monde n’est pas capable d’héroïsme, ou que celui-ci prendra çà ou là des formes différentes.

( 25 mars, 2014 )

NEUVAINE À SAINT JOSEPH

Saint Joseph

Ô, Saint Joseph, protecteur si grand, si fort, si prompt car vous êtes près du trône de Dieu, je vous confie mes besoins et mes désirs.

Ô, Saint Joseph, aidez-moi par ta puissante intercession, et obtenez-moi de ton Divin Enfant toutes les bénédictions, par Jésus-Christ notre Seigneur afin que, grâce à votre pouvoir céleste ici-bas, je puisse rendre hommage au plus aimant des Pères.

Ô, Saint Joseph, je n’ai aucune crainte lorsque je vous regarde avec Jésus endormi dans vos bras ; je n’ose pas m’approcher lorsqu’Il repose sur votre cœur. Serrez-Le en mon nom et baisez Sa belle Tête pour moi et demandez-Lui de me rendre mon baiser lors de mon dernier soupir.

Ô, Saint-Joseph, Patron des âmes désespérées, priez pour moi.  Amen !

——–

Cette prière a été trouvée à la cinquantième année de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. En 1505, le pape Jules II l’envoya à l’empereur Charles qui partait en guerre. Quiconque lira cette prière, ou l’entendra ou la gardera sur soi, ne mourra pas subitement, ni ne se noiera, ni ne mourra des effets du poison ; nul ne tombera non plus entre les mains de l’ennemi, ne périra pas dans un incendie, ni ne sera vaincu en bataille.

La dire neuf matins consécutifs pour obtenir n’importe quelle faveur. Elle a toujours été exaucée. Il faut donc s’assurer de vraiment désirer ce que l’on demande.

(source :http://trinite.1.free.fr/prieres_ch_neuv_lit/neuv_joseph_julesii.htm)

( 18 mars, 2014 )

MAGDALENA de la CROIX, ses révélations sur les saints Anges

Texte tiré de la page : http://voiemystique.free.fr/ancilla_domini.htm

Esquisse biographique Quelques extraits

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Ce petit livre a été tiré des expériences mystiques de Mechtilde Sch. Cette âme privilégiée appartenait à la pieuse Association de Saint Grignon de Montfort, et lors de son admission elle reçut ce nom de Magdalena de la Croix.

        C’est ainsi qu’elle se nomme elle-même dans ses écrits mais le plus souvent encore elle signe simplement : “Ancilla”. Cette dernière dénomination lui fut donnée par son directeur spirituel Mr le curé Fischer, il voulait ainsi lui indiquer que toujours, en toutes circonstances elle devait se considérer comme la servante du Seigneur.

        Petite enfance et adolescence à Munich. Dès son éveil à la vie cette âme avait reçu

        Bien que continuellement dans le monde, très peu de personnes connurent sa vie religieuse et mystique.

        Favorisée des stigmates du Christ, mais par ordre de Dieu ils n’étaient visibles que pour son confesseur.

        Dès ses jeunes années Dieu commença sa formation au sacrifice, ce tendre cœur d’enfant se vit repoussé par sa mère à qui, à sa naissance, elle avait failli coûter la vie. Toute l’affection maternelle était réservée aux sept frères et sœurs de Mechtilde.

        Par contre, son père, homme de haute culture et de profonde piété aimait la petite fille à l’égal de ses autres enfants. Les mauvais procédés de sa mère n’endurcirent pourtant pas le cœur de l’enfant.

        A quatre ans, M. éprouvait une compassion pour N.D. des Douleurs. Certain jour elle monta sur une chaise et d’un petit mouchoir de dentelle elle essuya les larmes Le la Divine Mère. Et voici que les larmes disparurent.

        Mais les pleurs reparaissaient et la petite M. éprouvait une vive douleur, alors avec persévérance elle les essuyait de nouveau. Ayant fait la rencontre d’un pauvre enfant frappé de cécité elle supplia le Seigneur de le guérir par les larmes de sa Mère et, lorsque de son petit mouchoir de dentelle elle eût touché les yeux de l’aveugle, ils s’ouvrirent à là lumière.

        A cinq ans elle fit le don total d’elle-même. Dès lors, elle vit son “Archange” qui lui fut donné comme guide Spécial, en plus de son ange gardien.

         M. reçut une éducation solide et soignée. Elle avait une magnifique voix d’alto.

         Le choix d’un confesseur fut de la plus grande importance pour sa vie spirituelle ; ce fut le Père Sch. Rédemptoriste qui le devint. Il semble avoir été exceptionnellement éclairé et inspiré par Dieu. Très sévère, lorsqu’il constata que sa pénitente marchait dans une voie de grâces extraordinaires, où elle était visiblement conduite par son ange gardien, il sut extirper de cette âme tout germe de vanité ou d’amour-propre pour la maintenir dans une profonde humilité. Plus les grâces que Dieu répandait sur cette âme étaient grandes, plus elle était persuadée de son indignité.

        M. se sentait fortement attirée vers la vie religieuse, une de ses sœurs Portait l’habit des “Servantes de Marie” (Servites). Le Père Sch. lui affirma qu’elle était appelée au mariage, ce fut ainsi qu’e1le épousa le 7 Mai 1895 un homme à qui elle donna toute son affection, mais qui bientôt changea d’attitude envers elle et montra un caractère difficile et lui fût un tyran dans le plus mauvais sens du mot trouvant un malin plaisir à la, martyriser jour et nuit, physiquement et moralement.

        Et cependant elle lui garda tout son amour.

        En 1898 son mari ayant accepté un poste important dans le Wurtemberg le ménage dut habiter O. Là ses rapports de direction furent très difficiles. Le mariage fut pour elle le chemin du Golgotha. En compensation, le Père Sch. lui annonça qu’elle rencontrerait un bon confesseur. Mr Fischer fut présenté à Magdalena. Par son ange gardien comme le don de Dieu “Deus dedit”. Plus tard ce prêtre s’adjoignit un confrère pour conduire d’une main sûre cette âme victime et pour réaliser lui-même dés progrès en sainteté. Nous appellerons ce dernier prêtre sous le nom que lui donna l’Archange “Servus Dei” Serviteur de Dieu.

        Le journal de Magdalena, une centaine de pages, contient avec tous les détails les relations de ses croix, de ses souffrances, comme aussi de ses grâces extraordinaires. Une croix particulièrement lourde pour elle fut de ne pas avoir d’enfants. Mais en revanche Dieu lui donna une très grande famille d’enfants spirituels : hommes et femmes, prêtres et laïcs personnes consacrées à Dieu, qui se placèrent sous sa direction et, par elle furent conduites de manière Supérieure dans les voies de la vie chrétienne.

        Elle fut favorisée du don de bilocation. Pendant que son corps reposait sur sa couche, son ange gardien l’enveloppant d’une sorte de manteau gris, l’emmenait au loin. Elle allait consoler les blessés de guerre et ils la reconnurent à leur retour au pays natal. Un de ses enfants spirituels est en danger de commettre un péché mortel, Magdalena vient à lui et lui fait des remontrances, il repousse alors la tentation.

        Elle avait reçu de son Archange l’ordre strict de cacher les faits extraordinaires de sa vie, de sa stigmatisation, aussi longtemps qu’elle serait de ce monde.

        Avec le temps sa faculté de souffrir pour le prochain et pour certaines âmes du purgatoire augmente. Jamais elle n’obtint l’allègement de ses souffrances personnelles, mais elle l’obtint pour autrui.

        Son mari ne cessa de trouver de nouvelles occasions de la tourmenter, elle ne cessa de prier pour sa conversion ; ce n’est qu’après sa mort qu’elle lui obtint de mourir repentant, ainsi que la femme qui empoisonna sa vie conjugale.

        Le Père Sch. mourut le 24 Mars 1906, mais ses relations avec Ancilla ne furent pas interrompues.

        Le 15 Novembre 1919 elle écrit à une fille spirituelle:  « Aujourd’hui après midi, je sommeillais. J’ai rêvé que le Père Sch. était devant moi avec une expression de grande bonté, il me dit : “Bientôt ma chère fille, bientôt”. Que dois-je entendre par-là, lui demandais-je ? Alors il mit un doigt sur sa bouche et répéta. “Bientôt ma chère fille bientôt”. Et il disparut ».

        Le 21 Novembre Magdalena reçut encore une fois l’Extrême Onction. Quand Mr le curé Fischer lui dit de s’abandonner à la volonté de Dieu et de recevoir la mort de Sa main, elle se contenta de sourire, car depuis longtemps elle se réjouissait à la pensée de cette heure.

        Le 30 Novembre elle envoya la religieuse qui la soignait à une Messe matinale, c’était un dimanche, pendant l’absence de sa garde-malade, elle expira. Son mari était près d’elle et elle put encore lui dire : “Je dois mourir”. Quelques souffles et son âme s’envola. Saint André, qu’elle avait aimé et honoré comme Apôtre de la Croix était venu la chercher.

        Le visage de la morte exprimait le bonheur et la paix. Une majestueuse grandeur entourait le cadavre. Comme doucement plongée dans l’oraison, elle était là, telle qu’on l’avait vue agenouillée à la table de communion.

        Aujourd’hui du haut du Ciel, Ancilla fait toujours du bien parmi nous. Avec le temps, peu à peu elle se fera connaître.

Gauting, 7 Novembre 1935 Friedrich Ritter von Lama.

Elle est l’auteur du petit livre ci-dessous dont le contenu a été puisé dans sa propre vie. Ce n’est que le choix de quelques extraits et leur coordination qui est mon œuvre.

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POURQUOI NOUS HONORONS SI PEU LES ANGES.

        Le motif principal est très simple : nous ne les connaissons pas ou tout au moins très peu.

        La connaissance précède toujours l’amour et la vénération. De la connaissance de leur supériorité, de leur perfection, de leurs rapports intimes avec Dieu, de leur puissance et de leurs privilèges, jaillit spontanément notre vénération des Anges. Si nous savions comme ils nous aiment en Dieu et entourent nos âmes de cette affection parce qu’ils furent témoins du plus grand acte d’amour: la mort volontaire du Fils de Dieu, et par-là savent le prix dont Il rachète toute âme humaine nous leur rendrions cette affection et nous serions humblement heureux de pouvoir les saluer comme des amis et des frères en Dieu. Mais nous ne les connaissons pas. Nous ne connaissons même pas notre propre ange gardien, bien qu’il soit notre fidèle compagnon et notre ami durant tout le cours de notre vie. Nous pourrions peut-être le connaître davantage si nous en prenions un tant soit peu la peine. Il le mérite vraiment.

        Nous savons que les anges sont des esprits bienheureux dans l’éternelle vision et la connaissance de 1′éternel Amour : Dieu.

LA BEATITUDE DES ANGES.

        Pour la multitude du monde angélique la céleste béatitude est parfaite. La connaissance de Dieu n’est pas la même à tous les degrés. Ces degrés consistent simplement en ce que les plus hautes hiérarchies possèdent une plus grande connaissance de Dieu que celles qui sont au-dessous d’elles (entre tous les Anges, St Gabriel et St Michel ont la plus parfaite connaissance de Dieu).

        Les Séraphins sont plongés d’un tel degré dans cette connaissance qu’ils sont embrasés d’un ardent amour.

        Puisqu’elle est parfaite, la béatitude des Anges ne peut s’accroître, mais ils peuvent, me semble-t-il éprouver des joies accidentelles.

        Aussi souvent qu’un ange gardien conduit une âme du purgatoire au Ciel, il éprouve une grande joie parce qu’il est heureux de ce qu’une âme de plus est digne de Dieu et Le louera éternellement. C’est un bonheur indescriptible pour un ange lorsqu’il a la certitude que les fruits de la Passion et le Précieux Sang de Jésus-Christ ne sont pas perdus pour l’âme dont il eût la garde.

LES ANGES GARDIENS.

        Ils ont un soin continuel des humains qui leur sont confiés. Leur nombre est si grand qu’aucun ange ayant conduit son protégé à l’éternité ne revient rendre le même service à une génération suivante.

        L’Ange qui accompagna l’homme sur la terre reste avec lui dans le Ciel.

        Les Anges Gardiens des malheureux qui ne verront jamais la Splendeur Divine ne sont pas placés à un moindre rang. Dieu Juste leur donne autant de bonheur qu’aux autres, et ils sont spécialement affectés au service de la Reine des Anges; c’est avec une indescriptible joie qu’ils louent la justice du Seigneur.

        Il est différents degrés parmi les Anges Gardiens ; les uns sont ardents, d’autres silencieux, je dirais presque réservés. Les Anges de ceux qui souffrent compatissent aux douleurs de leur protégé. D’autres anges ont le visage souriant ; ils servent leurs protégés plus qu’ils ne les soutiennent. Ce sont les Anges des âmes pures.

        Les enfants ont des anges plus aimables qu’on ne saurait le dire. Il m’a semblé les voir, ayant leurs mains jointes pour la prière et leurs regards élevés vers le Ciel.

        Les pauvres pécheurs ont aussi des Anges d’une grande majesté. Des yeux de mon âme, je les ai vus ; leurs mains sont croisées sur la poitrine, et leurs yeux suppliants regardent le Ciel avec douleur. Ah ! comme un péché mortel doit terriblement offenser Dieu pour que les Anges en éprouvent une telle tristesse.

        Les âmes pieuses obligées de vivre dans un milieu non chrétien ont un Ange tout spécial; de même que les personnes à qui Dieu donne une mission particulière à remplir.

        Il n’est rien de plus aimable qu’un Ange Gardien. Rien n’égale la Bonté de Dieu qui aime tant nos âmes, qu’elles sont gardées, guidées et même servies par un Ange.

        O toi ! mon plus fidèle ami, mon frère bien aimé, mon saint ange gardien, je te salue mille fois au nom de Jésus et je remercie Dieu de ce qu’il t’a créé si beau, si bon, si puissant.

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ASSISTANCE DES ANGES GARDIENS PAR DES ANGES D’UN ORDRE PLUS ELEVE.

        Lorsqu’une âme s’engage dans le chemin de la perfection, elle reçoit à part son ange gardien, d’autres anges d’un ordre plus élevé principalement de ceux du troisième et du quatrième chœur, des Vertus et des Puissances.

SERVICES RENDUS PAR LES ANGES

        Je vois mon ange et réclame son secours. L’Archange m’accompagne dans mes voyages mystiques ; il me mène et me ramène. Si je voulais écrire une chose que je ne devrais pas dire, il serait là aussitôt pour m’avertir et arrêter ma main. il arriva qu’un jour, recevant une très longue lettre, je fus sur le point de répondre brièvement, mais l’Archange me dit : “Oublies-tu ton vœu de souffrir ?” Je regardais mon Crucifix et pensais : “Comme le Seigneur a supporté pour toi des peines infinies ! Je veux être patiente”.

        D’après ce qu’elle me racontait (communique un de ses enfants spirituels) son ange lui apparaissait vêtu de manières différentes.

        Vêtement vert et clair signifiait des petites souffrances et des contrariétés. Vert sombre, c’était l’annonce de grandes douleurs et de lourdes croix. S’il portait des vêtements sacerdotaux, comme l’aube et l’étole il venait annoncer de grandes grâces ; alors il avait l’air joyeux et solennel.

        Vers le soir, il apparaissait souvent vêtu de bure sombre et tenant un bâton, comme les pèlerins; cela signifiait qu’il venait la chercher. Comme je lui exprimais mon étonnement de ce qu’un ange put l’emporter avec le poids de son corps, elle me répondit : “comment vous expliquer cela ? Imaginez-vous que mon ange m’enveloppe d’un voile gris ou qu’il m’entoure d’un épais nuage, et qu’ainsi nous partons”. Où ?

        Elle me raconte ceci : “La semaine dernière je suis allée chaque nuit en Belgique ; j’avais là trois pécheurs à convertir et à préparer pour la réception des sacrements ; ce fut une tâcha difficile. Ils résistaient et ne voulaient pas ; enfin j’eus la victoire et tous trois moururent réconciliés avec Dieu.

        Au mois dernier (1919), j’ai passé trois nuits à Haunstetten près d’Augsbourg ; là, un grave sacrilège avait été commis envers le Saint Sacrement : le Tabernacle fracturé, les Hosties dispersées et piétinées. Avec mon Archange, je pus recueillir les parcelles des Saintes Hosties sur le plancher et celles attachées aux chaussures du criminel ; puis faire un acte de réparation devant le tabernacle.

J’ESSUIE LES LARMES.

        Aujourd’hui je cherchais refuge près de Mon Ange et le suppliais de se souvenir de mes souffrances dans sa gloire. Alors il m’apparut dans sa merveilleuse splendeur. Il se pencha sur mon lit en disant. “Tu n’es jamais seule. Vois, jour et nuit, je suis près de toi, je sèche tes larmes et je présente tes prières au Seigneur. Mon frère le compagnon de Gabriel, lui aussi, est près de toi et t’apporte la force dont tu as besoin pour supporter les amertumes dont tu dois être accablée”. Je vis le compagnon de Gabriel près de moi. Il avait une étole verte ; à son diadème des pierres vertes étincelaient. En le voyant j’éprouvais une grande tristesse. Mon ange me consola et dit : “Tu souhaites aimer Jésus, ce n’est que par la souffrance que tu parviendras à aimer Dieu de tout ton cœur. Allons, prends courage”.

        J’envoyais mon bon Ange à mes amis spirituels pour qu’il les Salua au nom de Jésus. Je ne vois pas mon Archange mais toujours mon ange gardien est près de moi ; il est si aimable, et si bon. Aujourd’hui, vers le soir, quand je souffrais beaucoup, il me prit dans ses bras et appuya sur sa poitrine ma tête endolorie. Aussitôt je me sentis mieux et la fièvre me quitta.

LES ANGES GARDIENS.

        Le culte des Anges Gardiens apporte beaucoup de consolations et de courage. Ils sont partagés en divers ordres et leurs couleurs qu’ils revêtent dans mes visions sont différentes. C’est parmi eux qu’ont été choisis les sept esprits bienheureux qui se tiennent devant le trône de Dieu toujours prêts à exécuter ses Ordres.

SAINT MICHEL

        Est toujours le plus près de Dieu le Père. Je le vois semblable à un guerrier. Sa beauté est d’une sublime élévation. Les anges de son ordre ont le même aspect que lui.

        Ces archanges assistent les martyrs pendant leurs tourments, comme aussi tous les hommes qui souffrent persécution pour Dieu. A de semblables heures, Dieu, par St Michel, envoie un Archange qui, avec l’Ange Gardien, vient au secours de celui qui est persécuté ou martyrisé.

        Que d’actes de renoncement et de mortifications héroïques, que de force de volonté chez des âmes qui ne pensent pas qu’elles sont redevables aux Anges du secours qu’elles ont reçu. Les anges sont si fidèles au service des hommes, et les hommes sont si ingrats envers les anges !

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SAINT GABRIEL

        Il est tout particulièrement le messager du Saint Esprit. Ses privilèges le mettent au même rang que Saint Michel. Il est l’ange des fils du Saint Esprit, des prêtres, des âmes qui honorent le Saint Esprit et souhaitent le servir dignement. Les prêtres ne devraient pas passer un seul jour sans l’invoquer, surtout lorsqu’ils doivent prêcher. Ceux qui sont aux prises avec de grandes peines physiques et morales doivent 1′invoquer. Il nous obtient un grand amour pour la Vierge Marie. A l’heure de leur mort il viendra saluer et conduire à sa Reine les âmes qui l’auront invoqué souvent.

        La beauté de Saint Gabriel est séduisante, irrésistible, elle gagne les cœurs ; elle n’est pas aussi imposante que celle de Saint Michel.

        Une fois j’étais agenouillée devant mon Crucifix auquel je ne voyais pas le Christ suspendu, et je méditais sur l’abandon et les effroyables douleurs de Marie.

        Je pleurais amèrement sur les souffrances de la Vierge Marie lorsque je sentis un suave parfum. Ma chambre s’i1lumina, je vis St Gabriel qui me dit avec grande joie : “Je te salue toi et tes larmes bénies”. J’étais éblouie par l’irradiante clarté qui émanait de “l’ange du Seigneur” et je fermais les yeux. Quand je les rouvris, la Vierge Immaculée était devant moi, pleine de bonté. Une fois encore, St Gabriel se tourna vers moi et dit, Tu as souffert avec Marie, réjouis-toi avec elle ! Tu n’as jamais récité le chapelet des Sept joies; fais-le donc! Le chapelet apporte de grandes joies à ceux qui le récitent et beaucoup de joie à la Reine du Ciel. Fais en part à tes amis spirituels. Salue les au nom de Jésus et dis leur que ma Reine les aime et veille en tout temps sur chacun d’eux, car ils travaillent à rependre mon culte et celui de tous les Anges ; ceci est une inexprimable joie pour la Reine des Anges.

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L’ANGE GARDIEN DE HUMMANITE  DE JESUS.

        A l’Angélus saluons St Gabriel. Avec quelles délices il a d’entendre les mots “Ecce Ancilla domini”. Voici, je suis la Servante du Seigneur, et comme il s’est profondément incliné lorsque le Verbe s’est fait chair.

        Saint Gabriel est aussi l’Ange Gardien de l’humanité de Jésus. C’est lui qui, le premier, annonça la naissance du Christ aux bergers, et il accompagna la Sainte Famille pendant sa fuite en Égypte. Au Jardin des Oliviers, il soutint Jésus dans son Agonie ; à la quatrième station du Chemin de la Croix, il se tenait près de Marie et quand Jésus mourut sur la Croix, il était près de lui. Il fut l’Ange de la Résurrection et celui de l’Ascension.

        Parce que cet Ange assista le Seigneur mourant, ceux qui vénèrent Saint Gabriel seront consolés et fortifiés par lui à leurs derniers moments. La fête de Saint Gabriel est proche de celle de Saint Joseph. Quand Saint Joseph était de ce monde, Saint Gabriel était en actives relations avec lui ; il lui communiquait les conseils et les commandements de Dieu. C’est pourquoi il est dans l’ordre divin que les têtes de l’Annonciation, de St Joseph et de St Gabriel se trouvent dans le même mois, la même octave.

LES PREMIERS SERVITEURS DE LA VIRGINALE REINE.

        La Divine Providence ayant désigné St Gabriel pour être le premier serviteur de Marie, Reine des Vierges, il demeura toujours près d’elle. Ce privilège élève Gabriel au-dessus des autres anges et on ne peut lui faire plus grand plaisir que de remercier la Sainte Trinité de l’avoir choisi pour annoncer à Marie le Mystère de l’Incarnation. Oh ! toi bienheureux esprit céleste, élu de Dieu  pour transmettre ses ordres, je te salue avec une humble tendresse et je me réjouis au-delà de toute expression en pensant au moment où dans le Ciel je pourrai comprendre tes privilèges et ta beauté. “Toi, rempli de grâces entre tous les Anges, toi, élu par le Seigneur, toi, le Serviteur béni de la Vierge Immaculée, je te salue mille fois au nom de Jésus et de ta céleste Reine. Je t’en supplie à l’heure de ma mort, annonce moi que j’ai trouvé grâce devant Dieu”.

SAINT RAPHAEL

        Saint Raphaël est le patron, le Protecteur des confesseurs et de leurs pénitents. Celui qui l’honore aura toujours un bon directeur de conscience. Il est l’Ange de la consolation dans les difficultés de notre temps ; il est notre secours dans la détresse. Il s’intéresse d’une façon Particulière au Sacrement de Pénitence. Les gens engagés dans le sacrement du mariage ne doivent pas l’oublier.

        On représente ordinairement Saint Raphaël tenant un bâton semblable à un sceptre ; Saint Gabriel un lys ; Saint Michel un glaive et un bouclier.

        L’Archange de 1a patience à son visage tourné vers le Ciel, Ses mains sont jointes, pour Une fervente prière, sa beauté a quelque Chose d’émouvant, je dirais presque mélancolique. Où Dieu l’envoie, 1a résignation et la patience pénètrent les âmes. Il est des personnes auprès desquelles il séjourne presque continuellement. Ces natures privilégiées peuvent tout supporter, même l’incroyable. Partout où ses regards s’arrêtent, il y a une croix, et il aide celui qui souffre avec courage à la porter patiemment (Ancilla était de ceux-là). Archange secourable, j’ai besoin de toi, moi aussi. Je ne suis pas digne de demander ta visite, mais viens, pour l’amour de Dieu, afin que je ne l’offense pas par mes pensées de lâcheté et d’impatience. Maintenant je considère davantage le privilège de cet ange. Oh ! que le Ciel doit être beau.

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LES SOUFFRANCES SONT DE TRES GRANDS BIENFAITS DES GRACES DE DIEU

        Ce matin vers trois heures, j’ai vu l’Archange Raphaël. Il avait l’apparence d’un pèlerin, mais son visage a une grande majesté, à laquelle se joignait une grande bonté. Je souffrais d’une grande oppression ; il mit sa main sur mon cœur qui s’apaisa et mes souffrances diminuèrent. De, tout mon cœur, je remerciais St Raphaël lui recommandant aussitôt “Deus dedit”, “B.” Je demandais la guérison de “Servus Dei”, Il sourit et me dit : “Les désirs de Deus Dedit dont tu sollicites la réalisation seront allégés, mais il aura toujours ce souci, car le Seigneur ne le lui enlèvera pas complètement. Il y a des désirs et des soucis dont Dieu ne délivre jamais parce qu’il veut toujours être prié. Il aime par-dessus tout les prières pleines d’abandon à sa volonté.

        Dieu est infiniment bon et miséricordieux envers les hommes et Il ne laisse rien sans récompense : à ceux qui le prient et qu’Il semble ne pas écouter Il donne de grandes grâces qu’un cœur humain ne pourrait se les représenter. La compréhension des prévenances de la bonté divine est une des plus grandes joies réservées aux âmes humaines dans la bienheureuse éternité.

        Qu’elle est grande la valeur de la souffrance ! Les souffrances sont les plus grands bienfaits et les plus grandes grâces de Dieu.

        Les hommes ne comprennent pas plus la valeur de la souffrance qu’ils ne comprennent l’extraordinaire grandeur et la puissance du prêtre. Le sacerdoce est chose si élevée, si prodigieuse, que même les hommes les plus avancés dans la voie de la sainteté mourraient de terreur et d’humiliation s’ils arrivaient à la moindre connaissance des pouvoirs du prêtre. Cette connaissance appartient à la béatitude éternelle. Il demeura muet dans une sublime contemplation.

GARDIEN ET PROTECTEUR DU PRETRE.

        Après un court instant je lui pris la main et dis : “Qu’en est-il avec le Père B.” Il me regarda amicalement et répondit : “Que doit-il en être ? Fidèle ouvrier dans la vigne du Seigneur il est en souci pour son séminaire, mais il doit rejeter ses soucis sur le Seigneur qui l’aidera en tout temps…”

        Je te dis encore que l’ange du diocèse se tient devant l’évêque comme un protecteur. Il a changé son sceptre contre une épée et un chérubin l’accompagne. Malheur à ceux contre qui il lèvera l’épée des anges ! Trois fois Malheur à ceux qu’elle blessera ! La porte du Ciel restera fermée pour eux. Comme le Seigneur a dit à ses apôtres : “Veillez et priez” ainsi je vous répète : “veillez et priez ! Veillez sur les faux prophètes afin qu’ils n’entraînent pas tant d’âmes au Royaume des Ténèbres ; priez sans cesse, afin que le Seigneur relève et fortifie les faibles, qu’Il soutienne les forts pour qu’ils ne chancellent pas … Car pour l’Église le temps de la grande tribulations est commencé.

LES VERTUS.

        Comme leur nom l’indique, ces Anges personnifient les Vertus. Dieu les envoie à tout homme qui, de toute l’énergie de sa volonté travaille avec persévérance à son amélioration ; qui ne s’arrête pas lorsqu’il a extirpé un défaut, mais au contraire, continue à employer tous les moyens de mortification spirituelle et corporelle pour sauver son âme. Il est des prêtres qui ont continuellement un de ces anges près d’eux. Généralement, ils ont peu de soin pour eux-mêmes, ne se Ménagent point et se Mortifient sans cesse. Ils sont les préférés des Vertus.

        Maint pécheur converti est accompagné d’un de ces anges. L’ange encourage jour et nuit et le pénitent ne cesse de lui obéir, car l’ange l’oblige à persévérer par la force de vertus qu’il possède.

        Toutes les âmes attirées à la vie intérieure doivent invoquer spécialement les anges de ce chœur, car les bonnes pensées ne suffisent pas à nous rendre parfaits, il faut aussi la force de la vertu pour les mettre à exécution.

LES PUISSANCES.

        Les anges du chœur des Puissances sont grands. Ils m’apparaissent portant une aube et une dalmatique. A peu d’exception près, ils ne servent que les prêtres. Leur force est plus intense que celle du chœur précédent. Devant eux le démon s’enfuit… Leurs Mains sont croisées Sur la poitrine, leur regard a quelque chose d’impérieux, d’irrésistible. Leur visage resplendit magnifiquement. Ce chœur mérite bien sa dénomination par la haute Majesté de ses anges.

        Ils protègent les prêtres, spécialement dans l’exercice de leur ministère ; ces anges doivent être invoqués avant la récitation du bréviaire, car ils chassent les distractions dans la prière. Pourtant, on ne pense jamais à eux: Anges, Archanges, Chérubins, Séraphins, sont invoqués alors que sont négligés les autres chœurs. Du troisième et du quatrième chœur les prêtres reçoivent une assistance spéciale dont ils ont besoin au confessionnal pour diriger les âmes consacrées à Dieu.

        Les confesseurs ont aussi besoin de ces anges lorsque des âmes spécialement aimées de Dieu sont sous leur direction.

        Les prêtres qui, jour et nuit, ont un de ces anges sont les privilégiés de Dieu, car cet Ange conduit à la connaissance de soi-même et donne un vif désir de perfection.

        Quand un prêtre est gardé par un Ange des Puissances il est à peu près certain que plus tard, il recevra un ange du chœur des Dominations. Il est arrivé qu’un prêtre dès son ordination, ait reçu un Ange des Puissances parce qu’il était appelé à une grande activité comme confesseur. Un prêtre assisté d’un Ange des Puissances exerce une particulière autorité sur les âmes et son ministère est béni. Chaque fois que leur zèle s’attiédit, l’Ange le ranime. On invoque l’assistance des Anges de ce chœur dans les sécheresses spirituelles, dans toute les mauvaises dispositions intérieures et dans les tentations de colère et d’impatience.

LES PRINCIPAUTES

        Chaque paroisse a un ange spécial qui appartient au chœur des Principautés. Cet Ange est grand et d’un magnifique aspect ; il est entouré d’un chœur d’autres anges

        Prosternés devant le Saint Sacrement, ils prient , jour et nuit pour les membres de la paroisse; ils veillent à ce que les mourants reçoivent les derniers sacrements et à ce que les enfants soient baptisés. Ils connaissent chaque paroissien de leur église. Ils implorent le pardon de Dieu pour chaque offense grave. Ils sont habituellement des intercesseurs.

        Ils honorent le Dieu caché dans l’hostie, si oublié des hommes et les attendant en vain. Pour réparer l’indifférence des âmes, ces Anges chantent le Sanctus d’une manière mystérieuse et sans interruption. On ne les invoque presque jamais. Le culte de ce chœur d’anges apporte la joie et l’assiduité dans la prière. Leurs traits sont gracieux et pleins d’amabilité, mais ils expriment une profonde douleur si quelqu’un reçoit la Communion indignement. En tel cas, ils se prosternent et disent des prières réparatrices.

        Aucun prêtre ne devrait négliger de Saluer les Anges de la paroisse dont il a la charge; par cette pratique il recevrait des grâces abondantes, grâces qui sont rarement méritées.

        La Fête de la Dédicace est jour de joie pour les Principautés. L’Ange de chaque église présente à Dieu les prières, les actes de piété, les mortifications, les mérites accumulés depuis la dernière fête. C’est aussi le jour où le Prince Céleste bénit 1′édifice. Cet ange n’abandonne jamais les enfants de la paroisse et prie sans :cesse Dieu pour eux ; il leur obtient courage et force. Une mère ne peut prier avec plus de ferveur que lui… et personne ne le remercie.

LES DOMINATIONS.

        Le Sixième chœur est celui des Dominations. Ce sont les anges à qui Dieu confie ceux qui doivent enseigner, que ce soit dans la chaire d’une grande école, celle d’une église ou au confessionnal lorsqu’il s’agit de direction spirituelle. Les missionnaires sont gardés par les Dominations. Ces anges sont avec tous ceux qui s’efforcent d’étendre le Royaume de Dieu sur la terre.

        Les Supérieurs de communautés et de séminaires ont aussi un de ces Anges, à condition qu’ils soient humbles. Ces âmes doivent glorifier Dieu, c’est pourquoi un tel Ange se tient à leur côté. Dans mes visions ils ont un bouclier portant le nom de Dieu. Leur visage luit comme le soleil, leur couronne éblouit par sa magnificence. Il, faut les invoquer pour obtenir l’extension du Royaume de Dieu en ce monde par la conversion des hérétiques, des incroyants, des catholiques tièdes et de ceux qui n’en ont que le nom. Dans le découragement, ayons rebours à eux ; ils nous aideront. Mais on ne pense pas souvent à ces anges. Dans  la Préface, on dit bien : “Adorant Dominationes”, mais on n’y pense pas après la Messe, et cependant ils travaillent tant pour agrandir le Royaume de Dieu.

        Quand j’avais neuf ans, il m’arrivait fréquemment de plaindre les Anges parce qu’ils étaient honorés dans la Préface, en paroles, mais presque jamais avec le cœur. En compensation je récitais chaque jour neuf Ave en l’honneur des neuf chœurs et trois Gloria pour tous les prêtres afin qu’ils aient une connaissance plus grande des Anges et de leurs privilèges. Je suis restée fidèle à cet exercice, il apporte beaucoup de consolation, et en retour Dieu nous donne le don d’oraison.

LES TRONES

        Le Septième Chœur, les Trônes, est le Chœur Royal. Chaque diocèse, chaque royaume, chaque communauté, a un ange spécial choisi dans les Trônes.

        Ces anges m’apparaissent semblables à des rois. Leur visage est empreint de noblesse et de majesté surnaturelle. Malgré leur aspect majestueux, leur regard fixe le Ciel avec humilité et ardente ferveur.

        Ils présentent sans cesse au Tout-Puissant les prières de leur royaume. Ils offrent à 1a Sainte Trinité tous les renoncements, les sacrifices, les mortifications qu’exerce chaque cœur humain et les ennoblissent, les sanctifient par leurs propres prières. Leur souveraineté consiste en ce perpétuel dévouement ; leur règne dans la plus profonde humilité ; leur couronne dans un brûlant amour.

        Par le vouloir de Dieu il est fait mention d’eux dans la Préface, sinon ils seraient jamais nommés. Il y a quelque chose de silencieusement tragique dans le service des anges : Ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour l’humanité coupable et les malheureux hommes, pauvres de foi, sont de glace ; ils les oublient en prétendant que leur existence est un conte gracieux. Les Anges nous servent sans relâche ; ils n’attendent aucun remerciement et en reçoivent rarement. Pourtant, la dévotion aux Saints Anges nous aiderait à atteindre la perfection, la sainteté.

LES CHERUBINS

        Sont les glaives du Seigneur.  Leur vêtement est de resplendissante et pure lumière. Leur face est sévère et comme expression ressemble à St Michel. Il sont ceinturés de feu et leur main droite tient une épée à lame de feu. Leur couronne est faite de rayons de soleil.  Ils personnifient le zèle de la gloire de Dieu et l’arme toujours prête à la défendre. Quand Dieu eût chassé Adam et Eve du Paradis Terrestre, des Chérubins en gardèrent l’entrée dit l’Ecriture Sainte.

        Je Crois que des Chérubins doivent veiller sur le Souverain Pontife.

        Dans les tentations de doute, d’impureté, de scrupules, Il est bon de les invoquer. J’ai vu que cette dévotion avait des résultats surprenants.

LES SERAPHINS

        Et voici le chœur bienheureux des Séraphins. Que dois je en dire ? Ils sont amour et servent l’Amour. Ils honorent, ils louent, ils aiment la Sainte Trinité sans interruption. Ils ne peuvent faire autre chose, et c’est leur béatitude. Leur amour s’enflamme de jour en jour et d’heure en heure, un plus grand amour qui les a choisis pour son service et sa louange. Quel cœur ne désirerait pas être rempli d’amour en méditant les sublimes fonctions des Séraphins ? Qui n’envierait ces Anges bienheureux entre tous, qui, de toute éternité ont été créés pour aimer l’éternel Amour, source de tout Amour ? Quel magnifique holocauste d’amour sont ces anges qui sans cesse brûlent sans se consumer et qui peuvent se plonger toujours, éternellement dans l’Amour. Quand on contemple la splendeur des Anges on voit mieux combien la terre est petite et l’humanité misérable ; alors, celui qui médite, pressent la perfection du Créateur et de son Amour sans limite qui livra son Fils pour nous sauver. Par la dévotion aux Anges, nous nous rapprochons de Dieu. Pourquoi les Anges sont-ils si peu honorés et aimés ?

L’ANGE GARDIEN MAITRE ET AVERTISSEUR.

        …L’Ange sourit… dis à “Servus Dei” qu’il y a beaucoup d’âmes qui n’ont d’autres désirs que de trouver Dieu et le servir. Dis lui qu’il est dans ce, monde beaucoup plus d’innocence et de sainteté qu’il le croit. La vie de sacrifice de telles âmes monte comme un encens vers le Ciel et réjouit le Cœur de Dieu.

        Ce matin, de bonne heure, avant l’Angélus, mon Archange me dit : “Tu ne dois désirer rien d’autre que d’appartenir à Dieu. En même temps il ne conseilla d’éviter les examens de conscience inutiles et d’être attentive à commencer et à terminer mes actions et mes paroles en Dieu. Lorsque j’ai répliqué que je trouvais cela très difficile, car il faut exercer une particulière attention, il dit : “Pour Dieu et Sa volonté, rien ne doit être trop difficile pour toi. Plus la lutte sera vive, plus le repos conquis sera profond et heureux. Délivre ton cœur de ce qui est terrestre et Dieu viendra y demeurer. Donne tout ton cœur à ton Créateur et Maître et Il te donnera tout son Amour”.

        Mon Archange me disait hier : “Il ne faut pas renouveler une confession générale quand elle a été déjà faite avec une bonne préparation et une ferme volonté de bien se confesser”. Non seulement c’est tout à fait inutile, mais c’est perdre un temps précieux. L’âme ne doit pas toujours penser à la sévère justice de Dieu, mais aussi à son immense miséricorde. Si : “O Dieu, que de cette visite, de cette conversation il me vienne joie ou peine, j ‘accepte tout et ne veux pas autre chose que t’honorer et te servir”.

PRIE POUR L’ACCROISSEMENT DE TES PEINES.

        Aujourd’hui, après le repas,  je m’assis dans ma chambre et voulus réciter mes habituels neuf Pater et Ave en l’honneur des neuf Chœurs des Anges. Je pensais à mon Archange. Soudain je le vis devant moi ayant une expression sévère que je ne lui connaissais pas. “Tu t’assieds pour prier, dit-il, et tu as pensé auparavant : “comme je suis fatiguée, je me réjouis de l’idée que d’ici le mois de Mai je pourrai me reposer dans l’Éternité”. Comment est-il possible que toi, favorisée par Dieu de tant de souffrances, tu penses si facilement à quitter cette vie. Nous, les Anges ne pouvons jamais souffrir pour Dieu et par Sa Volonté. Si nous étions capables d’éprouver de l’envie, nous aurions ce sentiment envers les humains parce qu’ils peuvent souffrir.

    Va tout de suite demander pardon au Saint Sacrement de mésestimer cette précieuse vie de souffrances dont Dieu te gratifie… En te confessant, n’omets pas de t’accuser de ton peu d’estime des grâces de Dieu ».

    Ayant rassemblé mes forces, je me rendis à l’église où, de tout mon cœur et en pleurant, je priais Dieu de me pardonner. Je demandais aussi à mon ange de ne plus être fâché. Il ne se montra, pas. Puis devant mon Crucifix je priais le Seigneur de dire à l’ange que je m’étais repentie autant que possible et qu’il ait compassion de ma faiblesse. Alors le Crucifix sourit et s’inclina profondément vers moi. J’éprouvais un vif désir de m’appuyer sur Jésus, et je le fis. Je reconnus mon coupable découragement, et comme j’avais tort de demander la délivrance de mes peines. pour nous pauvres pécheurs, et comme une âme s’élève dans la grâce et dans l’Amour Divin lorsqu’elle souffre, patiemment soumise à la Volonté Divine. Je fus par un ardent désir de souffrir et de vivre longtemps si telle était la volonté de mon Amour crucifié. Je pris courage et dis : “Seigneur, laisse-moi vivre et souffrir encore longtemps”. Le Seigneur me regarda avec une indicible tendresse. Je ne le voyais plus crucifié mais ressuscité, et je dus fermer les yeux. Le Seigneur éleva la main droite, et je vis, devant moi, un grand et bel Ange tenant une lumière dont la flamme était si infime qu’elle semblait sur le Point de s’éteindre. Je dis : “Ah ! Seigneur comment ce Séraphin ose-t-il, paraître devant toi avec une si faible lumière ?” Le Sauveur me répondit avec une grande bonté “N’as-tu pas aujourd’hui, caressé l’espoir de mourir bientôt ? Cette lumière symbolise ta vie. Veux-tu qu’elle s’éteigne Vite ?” Je répondis avec vivacité : “Seigneur qu’elle s’éteigne aujourd’hui ou dans de nombreuses années, pourvu que Ta Sainte Volonté s’accomplisse”. Le Seigneur jeta un regard plein de force créatrice sur la pauvre lumière qui grandit aussitôt. Je dis alors “Que ta Volonté soit faite, O cher Seigneur, sur la terre comme au Ciel”.

OFFRE TES MAUX A L’ENFANT

        … Les trois Rois furent les premiers hommes qui honorèrent Marie en tant que Reine. En contemplant ce tableau, j’éprouvais une grande douleur à la pensée de nos graves et nombreux péchés, volontiers j’aurais apporté une offrande comme je le voyais faire aux trois rois, mais je n’avais rien. Alors je vis mes deux Anges, le compagnon de Gabriel tenait en main une large coupe d’or, et mon ange gardien y déposa un frêle rameau de myrrhe. Et l’Ange me dit : “offres tes maux à l’Enfant. Je saisis la coupe et je priais l’Enfant de daigner y déposer la myrrhe de ses souffrances afin que je puisse la lui offrir car ce que j’avais était trop peu do chose L’Enfant sourit et bénit mon minuscule rameau qui grandit prodigieusement et se couvrit de roses rouge sombre. Leur céleste parfum me remplit de délices et j’oubliais toutes mes douleurs…”

C’EST A LUI QUE TU ES SOUMISE ET NON A MOI.

        … La fonction d’un directeur spirituel est si haute que nous, les Anges, en sommes étonnés. Par ton obéissance, tu honoreras et serviras Dieu.

        … Aujourd1hui. comme je quittais ma chambre pour me mettre route, un Ange merveilleusement beau parut devant moi. Il ressemblait à un lévite, les bras croisés sur la Poitrine, les regards levés au Ciel dans une attitude suppliante…

        … Pour lui être agréable, je récitai : Ave Maria Gratia Plena, Dominus tecum… Il étendit les mains et me regarda avec une céleste bonté. Puis il dit : “Je suis l’ange que Dieu envoie à ceux qui souffrent ; maintenant je viens à toi ; ensuite j’irai vers le P.B. puis à Deus Dedit. Ne te décourage pas et d’avance rends grâce à Dieu pour les douleurs à venir ! Il disparut.

LES AMES PURES PLUS BELLES QUE LES ANGES

        Mon deuxième ange, celui que j’ai reçu hier matin, appartient aux Archanges. Il me fortifiera selon la volonté de Dieu, son visage est sérieux, il m’accompagnera jusqu’à la mort.

        Dans les chagrins de mon cœur j’implorais mon ange. Je le vis avec le compagnon de Gabriel, dans leur céleste et noble beauté. Oh ! leur dis-je comme vous êtes merveilleusement beaux. Et vous devez être encore plus beaux que je ne vous vois, certainement, si je vous voyais dans tout l’éclat de votre splendeur, je devrais mourir. Le frère de Gabriel répondit : “Oui, c’est vrai, mais la beauté des élus est plus grande que celle des anges parce qu’ils ont pu souffrir pour Dieu. Je repris : “Comme les âmes do mon directeur et de son ami doivent être belles …” Tu n’as qu’une faible idée de la magnifique beauté de ces âmes. Si Dieu te la dévoilait toute tu ne saurais pas si c’est lui-même que tu voie. Il en est ainsi pour toute âme pure. Les âmes sacerdotales ont une splendeur toute particulière, merveilleuse en son rayonnement ; ce n’est qu’au Ciel qu’elles se verront. Et ce sera une grande part de leur bonheur et de leur éternelle jubilation”.

PLUS DE VALEUR Q’UN SAC REMPLI DE PIECES D’OR

        Pourquoi Deus Dedit s’attriste-t-il inutilement de  ne pouvoir être Plus charitable (me dit l’Archange) Dieu ne regarde pas la grandeur du don, mais la bonne volonté. Un seul mot de bonté sincère dit à un affligé à plus de valeur qu’un sac de pièces d’or.

LES ANGES DANS LA VIE DES SAINTS.

        Ce matin pendant mon oraison, je vis Saint Jean Népomucène. Dion Archange me dit que l’on n’invoque pas assez ce glorieux martyr. Il est non seulement le patron des confesseurs, mais celui des âmes calomniées. Les prêtres doivent l’invoquer tout spécialement pour leurs calomniateurs. Mon Archange me recommanda cet exercice pour moi-même…

LES ANGES ET LES AMES DU PURGATOIRE.

        Ce soir mon ange me fit parcourir une partie du Purgatoire. C’est épouvantable ! Que sont toutes les souffrances de la terre en comparaison ! Qu’est ce que le feu le plus ardent en comparaison de ce brasier consumant et sans flammes! Je parvins à la dernière place et j’y vis une parente que l’on croyait, à tort, bienheureuse depuis long temps… Elle est au nombre de ceux qui doivent souffrir le plus longtemps et pour qui les messes ne sont guère plus qu’une goutte d’eau car la Justice de Dieu ne permet pas que les mérites de nos prières leur soient appliqués. Elles mêmes n’accepteraient pas ce soulagement car elles savent que la Justice Divine exige qu’elles expient par ces tourments. C’est une partie du Purgatoire où les anges eux-mêmes ne peuvent pénétrer qu’à certains moments de l’année liturgique, pour consoler leurs protégés d’autrefois; un lieu rempli d’inexprimables soupirs et de larmes ardentes ; un lieu qui serait l’enfer s’il n’y avait l’espérance, et la certitude de ne pouvoir, en aucun cas, y rester plus longtemps que jusqu’au Jugement Dernier. Oh ! les pauvres âmes. Je voulus tendre la main à l’une d’elles pour l’attirer à moi et la consoler, mais mon ange me retint en disant : “Ne la touche pas! Tu brûlerais et tomberais en poussière; malgré toute ta force, ton corps ne pourrait supporter ce feu”.

        … De plus ce lieu est rempli d’épaisses ténèbres; je n’y aurais rien aperçu si la gloire de mon ange ne m’avait éclairée. Les pauvres âmes qui sont dans ces horribles ténèbres doivent cependant, être estimées heureuses, car la plupart de ceux qui ont commis des péchés semblables aux leurs sont damnés ; leurs péchés ressemblent à celui de Lucifer. Au dernier moment, un mourant peut encore, par une grâce spéciale de Dieu, faire acte d’amour parfait, et traverser seulement le Purgatoire.

        Je vis une âme qui, à mon avis, devait expier longuement car, pendant sa vie elle avait gravement offensé Dieu par ses imprécations, ses colères et ses vices. Quand j’ai demandé à mon ange quelle serait la durée de l’expiation pour cette âme, il dit en souriant : “Dans cette heure même cette âme entrera dans la joie éternelle”. Et comme je m’étonnais car elle était entrée seulement la veille dans son éternité, il m’expliqua que cet homme, à ses derniers moments, sur le point d’être jugé, ressentit un si ardent amour et une si vive contrition, lui qui avait tant aimé la vie et en avait tant joui, se réjouit de mourir parce qu’il ne pourrait plus offenser le Sauveur.

        Je demandais s’il aurait un moindre degré de béatitude et l’ange me répondit : “Non, son trône sera dans le chœur des Séraphins”. Durant sa vie il n’avait jamais refusé l’aumône à un pauvre. Bienheureux les miséricordieux, il leur sera fait miséricorde !

        La veille de la fête du Saint Nom de Jésus, un nombre incalculable d’âmes entrèrent au Ciel…

        Il me vint soudain la pensée d’offrir toutes les sueurs d’angoisse à la Justice Divine en faveur des Pauvres âmes du Purgatoire.

        Je suivis cette inspiration et demandais aux neuf chœurs des Anges de m’aider dans cette prière. Ma prière fut fervente et pressante comme elle ne l’avait jamais été… je voulus m’interrompre, mais mon ange me dit : “Prie encore, prie jusqu’à ce que soit délivrée l’âme à  laquelle Dieu applique tes prières”. Mon âme fut si profondément émue que je ne trouvais plus d’autre prière que : “O Jésus ! Miséricorde, Tu dois être miséricordieux, car Tu as voulu mourir pour nous, pauvres créatures”. Et je renouvelais cette invocation de manière toujours plus pressante avec d’abondantes larmes, car la plainte de cette pauvre âme parvenait à mon oreille. Enfin une grande Paix m’envahit et de lassitude, mes yeux se fermèrent. Alors mon ange me dit : “Ouvre les yeux et loue la miséricorde de Dieu”. Je vis un jeune garçon plein d’une grâce céleste qui se tenait debout devant moi.

        Il me dit : “Ta compassion, ta prière et tes larmes m’ont ouvert les portes du Ciel. Maintenant je vais devant le Trône de Dieu. Auparavant je veux te remercier et te dire que je te rendrai ta prière au centuple. Depuis vingt et un an j’étais dans le Purgatoire, oublié de mes parents et de mes amis. A l’heure de ta mort, je viendrai t’assister”.

RELATIONS AVEC LES ANGES DU PURGATOIRE.

        … Ce soir, vers cinq heures, j’étais assise à ma place habituelle près de la fenêtre, devant une image du Sacré-Cœur et je priais pour les pauvres âmes; soudain mon ange se trouva devant moi et me dit d’une manière pressante : “Fais attention et ne t’effraie pas”.

        On frappe doucement à la porte. Pleine d’anxiété, je dis “Entrez” et le défunt K parut Il Paraissait terriblement misérable et vint jusqu’à moi près de la fenêtre. Il était très faible et très las et me dit d’une voix éteinte : “Enfin je peux venir jusqu’à vous ! mon cœur s’en réjouit. Tous m’oublient, excepté vous. Dites donc au curé F. de ne pas m’oublier tout à fait. Chaque jour j’attends le secours de sa prière. J’ai tant prié pour lui et il commence à m’oublier. Mais maintenant, cela ira mieux puisque j’ai pu venir moi-même à vous”.

        Je lui demandais s’il devait souffrir encore longtemps, car tant de messe ont été célébrées pour lui. Il me répondit en pleurant abondamment que, de toutes ces messes, une seule lui fut appliquée, Car il avait à B. célébré la messe à des heures trop irrégulières, de sorte que beaucoup de gens ne pouvaient y assister parce qu’ils ne savaient jamais à quelle heure elle serait dite. La Justice Divine, dit-il a voulu que ces messes me soient reprises jusqu’à ce qu’il y ait une suffisante compensation pour les omissions et les retards involontaires de ces gens.

        Je lui demandais comment je pourrais lui venir en aide. “Par la patience et la prière”. Je lui promis que la nuit prochaine je souffrirai et prierai pour lui avec instance jusqu’à ce qu’il soit délivré. Je lui demandais si les larmes qu’il venait de répandre ne l’avaient pas soulagé ? Il répondit : “Toutes les souffrances de ce monde rassemblées, depuis sa création jusqu’à sa fin, ne sont rien auprès d’une seconde du plus léger Purgatoire”. Je me séparais de la pauvre âme plaintive.

        C’était si beau et si impressionnant de voir le respect avec lequel mon ange accompagna jusqu’à la porte cette âme sacerdotale; tout à coup, cette âme disparut et mon ange et moi priâmes avec ferveur.

        Lorsque cette âme entra au Ciel, je vis qu’elle était accueillie par la Miséricorde Divine. Une voix me dit : “Je suis la Miséricorde et celui-ci fut un de ceux qui suivirent toujours mes traces. C’est pourquoi je l’ai oint de l’huile de la joie et le conduis au bonheur éternel. Il fut miséricordieux pendant son terrestre pèlerinage ; vois, moi la Divine Miséricorde je viens au-devant de lui à l’entrée du Ciel”.

        L’ange de la patience parut ensuite. Je le connaissais déjà. Son expression grave, je dirais même parfois douloureuse, s’était transformée en joie et il tendit au bienheureux la palme de la victoire.

        Puis encore une fois, j’entendis le splendide Alléluia du chœur des anges et je vis l’élu avancer dans l’éternelle lumière. Remplie de bonheur je restais en arrière.

LE FAUX ANGE

        … Aujourd’hui je me Sentais terriblement abandonnée et lasse à mourir. Toutes les peines de ma vie pesaient lourdement sur mon cœur, comme aussi l’abandon des meilleurs. Subitement, je vis devant moi une étrange apparition. Elle était enveloppée d’un vêtement bleu brodé d’or. Toute sa personne était belle, mais il y avait quelque chose d’indéfinissable qui me repoussait. A voix basse cette apparition commença à énumérer toutes les fautes de ma vie et me plaignit amèrement de l’impossibilité où j’étais de réparer pour le bien omis. Mon âme fut comme transpercée d’un glaive. Mais je m’apaisais quelque peu en pensant : “Si j’écoute ces discours plus longtemps je vais désespérer ! Il est impossible qu’un bon esprit parle de cette façon. Je considérais attentivement celui qui me parlait, et comme au début, je me sentis mal à l’aise ; ses yeux étaient toujours baissés.

        Je l’interrompis brusquement dans son énumération de mes négligences – il en était à ma quinzième – année et je lui dis : “Au nom de Jésus Crucifié, je t’ordonne de lever les yeux et de me regarder”. Son beau visage se crispa dans une horrible grimace, et deux yeux terribles, pleins de haine, les yeux du démon, me dévisagèrent.

        Je savais qui j’avais devant moi. Je commandais au démon de rester encore et lui dis : “Tous les péchés dont tu m’as fait le compte je les ai commis et encore mille fois plus. Mais si mes péchés sont sans bornes en nombre et en gravité, ma confiance dans les mérites de Jésus Crucifié est aussi illimitée”.

        Je prononçais sans y réfléchir la formule de bénédiction que j’emploie habituellement avec les âmes du Purgatoire : “Que la Miséricorde de Dieu te console et te donne la paix”. Le démon disparut en poussant un hurlement formidable. Mais je vis mon très aimé Père Jean se tenir devant moi, fâché et il me dit. “Comment peux-tu adresser ce vœu de paix au démon, à lui qui ravit si volontiers la paix aux hommes et travaille toujours à troubler la paix ? Comme tu es irréfléchie pour souhaiter la paix à celui qui par un jugement de la Justice de Dieu, l’a perdue pour l’éternité !” Cela me fit de la peine et j’ai récité le Te Deum en l’honneur de la Divine Justice.

NOUS AVONS TOUJOURS EPROUVE LA MERVEILLEUSE ASSISTANCE DE NOTRE ANGE GARDIEN.

        Nous ne voulons pas prendre congé d’Ancilla et des bons anges à travers le royaume desquels elle nous a conduits, en les quittant à la porte de l’Enfer.

        Nous voulons faire un retour en arrière jusqu’au trône de S.S.Pie XII et l’entendre nous dire lui-même comme il connaît son ange gardien et ce qu’il en pense. Le jour de la fête des Saints Anges, le 2/10/34, il parlait à une grande assemblée d’enfants venus de toute l’Italie. Et de quoi ? de l’Ange Gardien.

        Il rappela d’abord les paroles du Grand Serviteur de Marie, St Bernard, le chantre et panégyriste des anges gardiens.

        “N’oubliez jamais ce compagnon de votre vie et honorez le pour sa présence, pour son dévouement, pour sa bienveillance: Ayez confiance en sa protection”.

        En effet, l’ange de Dieu nous accompagne de sa présence ; il nous honore et nous aime par sa bienveillance et nous aide par sa protection.

        En conséquence, pour nous aussi, il a la même bonté que celle indiquée par St Bernard. Nous ne devons jamais oublier la présence de notre ange gardien ; ce Prince de la Cour Céleste ne doit jamais avoir à rougir de nous.

        Enfants ou adultes, nous ne voudrons jamais faire quelque chose qui puisse offenser celui qui a soin de nous, avec sollicitude. Jamais nous ne voudrons faire ce que nous n’oserions accomplir devant notre père, notre mère, ou le moindre de nos camarades, car partout, à chaque instant, notre ange est présent. Mais ce n’est pas tout. Sa présence est pleine de délicatesse et de bonté ; nous devons, en retour, l’honorer par notre délicate tendresse, notre soumission, notre dévotion, en y ajoutant notre reconnaissance envers Dieu.

        Nous prouverons notre pieuse confiance par une prière quotidienne, au commencement et à la fin de chaque journée, comme aussi pendant son cours.

        En cela nous ferons comme le Pape qui, de l’aurore la nuit, chaque jour de sa vie invoque son ange gardien et répète souvent cette invocation dans la journée, surtout quand des embarras et des difficultés se présentent, ce qui, naturellement, n’est pas rare.

        Nous attachons une grande importance, dit encore le Saint Père à vous déclarer hautement ce devoir de reconnaissance, car Nous avons toujours éprouvé le merveilleux secours de notre ange gardien.

        Très souvent, Nous avons vu et senti que notre ange est à nos côtés, toujours prêt à Nous soutenir et à nous secourir. Ceci, tous vos anges gardiens le font aussi pour vous chers enfants. Ils sont toujours là, toujours pleins d’amour, toujours vigilants.

        La certitude que nous sommes gardés par un Prince de la Cour Céleste, par un de ces esprits dont le Sauveur a dit en parlant de ceux des petits enfants : “qu’ils contemplent sans cesse la majesté de Dieu”, cette certitude, dis-je, ne doit pas nous inspirer seulement du respect et de la dévotion, mais aussi une pleine confiance.

        Cette confiance est nécessaire et doit s’affermir lorsque l’accomplissement d’un devoir pénible nous attend et que tenir de bonnes résolutions nous est difficile.

        Alors nous devons compter tout spécialement sur le secours, la défense et la Protection de notre ange gardien.

        La prière est la plus vraie et la meilleure expression de cette confiance.

        Chacune des salutaires paroles de St Bernard – conclut le Souverain Pontife — furent, dès nos premiers pas, gravés dans notre cœur par notre mère, aussitôt que nous fûmes capables de les comprendre.

        Avec la grâce de Dieu, elles nous ont toujours soutenu dans les travaux de notre existence, et Seront encore notre force et notre secours tant que le Seigneur nous accordera de vivre ici bas.

AMEN

( 5 mars, 2013 )

Prière à Marie, Mère de l’Eglise, pour le conclave.

Mère de l'Eglise

Très Sainte Vierge Marie,

Eve nouvelle,

Mère de ceuxqui ont été rachetés par le Sang Précieux de votre divin Fils,

Mère de l’Eglise et notre Médiatrice,

nous recourronsà votre toute puissante intercession :

Vous présidiez à la prière des Saints Apôtres, dans le Cénacle,

et vous avez disposé leurs âmes à recevoir les lumières,

la force et la plénitude des dons du divin Paraclet ;

Intercédez et agissez aujourd’hui encore pour obtenir à l’assemblée sainte des cardinaux toutes les grâces de clairvoyance et de discernement  qui devront éclairer et guider leur choix,

dans l’élection du Pontife Suprême de la Sainte Eglise Romaine ;

Intercédez et agissez pour qu’en ce nouveau Cénacle,

affranchis de toute considération humaine,

uniquement préoccupés de la Gloire de Dieu,

attentifs aux seuls intérêts spirituels de l’Eglise et de nos âmes,

dont ils auront à rendre compte devant le Juge Eternel,

ils soient pleinement ouverts aux lumières du Saint-Esprit ;

Intercédez et agissez afin que,

dans une parfaite docilité aux inspirations de la grâce,

ils nous donnent un Pape selon le Coeur de Dieu,

un Pape selon le Coeur du Bon Pasteur :

pour faire paître agneaux et brebis en sécurité,

hors de l’atteinte du loup rapace,

dans les pâturages de la saine doctrine évangélique,

préservant le troupeau de tout ferment d’erreur et d’hérésie ;

Intercédez et agissez dès à présent dans le coeur de celui qui sera élu pour être ici-bas le Vicaire de votre Fils :

obtenez-lui toutes les grâces nécessaires  pour marcher sur les traces des Saints Pierre et Paul,

colonnes de cette Eglise de Rome,

et sur les traces de tous les saints Pontifes qui ont gardédans sa pure intégrité et ont fait resplendir la Tradition reçue des Saints Apôtres.

Sainte Marie,

Mère de Dieu et notre Mère toute miséricordieuse,

priez pour l’Eglise dont vous êtes la Mère,

priez pour nos cardinaux,

priez pour le conclave!

Ainsi soit-il!

* * *

Saint Pierre et Saint Paul, priez pour nous!

Saint Joseph, patron de l’Eglise universelle, priez pour nous!

Saint Michel, gardien et défenseur de la Sainte Eglise, priez pour nous!

Saint Clément et Saint Calixte, priez pour nous!

Saint Sylvestre et Saint Damase, priez pour nous!

Saint Léon le Grand et Saint Grégoire le Grand, priez pour nous!

Saint Pie V et Saint Pie X, priez pour nous!

Tous les Saints Pontifes de l’Eglise Romaine, priez pour nous!

* * *

Prière composée par Frère Maximilien-Marie du Sacré-Coeur, reproduction autorisée à condition d’en indiquer la source.

Source :

http://leblogdumesnil.unblog.fr/2013/02/26/priere-a-marie-mere-de-leglise-pour-le-conclave/

( 15 février, 2013 )

Prophetie et vie de la Bienheureuse Catherine de Racconigi

Bienheureuse Catherine de Racconigi

source du texte : http://forumdeprieres.forumsactifs.com/t2794p15-propheties-des-peres-des-saints-et-bienheureux-de-l-eglise

Catherine de Racconigi (1547)

La bienheureuse Catherine de Racconigi (1446-1547) est une tertiaire dominicaine du Piémont en Italie. Cette vierge italienne, voyant les premières sessions du Concile de Trente, annonce que les divisions de la Sainte Église ne seraient pas menées à bon terme par ce Concile. Avant la rénovation de l’Eglise, elle voit les châtiments à venir, ce qui la laisse à demi-morte :Le protestantisme gagnera du terrain, même en Italie ; jusqu’à que le Turc l’envahisse et qu’elle souffre, pour la seconde fois de la peste.Il n’y aura pas de concile complet ou parfait avant le temps où viendra le très saint Pontife que l’on attend pour la future rénovation de l’Eglise.Notre Seigneur indigné contre ses pasteurs et la barque de l’Eglise sur le point de couler, mais elle se sauve, guidée par Saint Grégoire (le grand Pape).Les infidèles se convertiront alors avec une grande ferveur d’esprit à la sainte Religion.Bienheureuse Catherine de Racconigi

Bienheureuse
CATHERINE DE MATTEI de Racconigi
Religieuse du Tiers-Ordre séculier
(1486-1547)
fêtée le 5 septembre

Bienheureuse Catherine de RacconigiCatherine de Racconigi est une des vierges les plus illustres du Tiers-Ordre de la Pénitence de Saint-Dominique, sa vie est toute merveilleuse, sa sainteté extraordinaire et ses vertus vraiment héroïques : prophéties, extases, visions, grâces, miracles de toutes sortes remplirent son existence. Les Anges, les Saints, spécialement saint Dominique, saint Pierre martyr et sainte Catherine de Sienne, qu’elle considérait comme son père, sa mère et ses maîtres, lui apparaissaient fréquemment. L’Esprit Saint descendit visiblement sur elle : la Reine des Anges la réjouit souvent de sa douce présence ; Notre-Seigneur en fit son épouse bien-aimée. Il la combla de présents, lui donna des anneaux, des croix, et même lui plaça sur la tête une couronne d’épines, la favorisa des sacrés stigmates ; enfin, par une faveur toute spéciale, il lui enleva son cœur et le lui rendit ensuite avec ces mots écrits en lettres d’or : « Jesus, spes mea : Jésus, mon espérance. »

Un grand nombre d’auteurs, surtout dans l’Ordre des Frères Prêcheurs, ont écrit sur cette sainte Tertiaire ; mais tous ont puisé à une source commune, dans l’histoire qu’en a donnée Jean-François Pic, prince de la Mirandole, neveu du fameux savant du même nom. C’est là qu’il faut recourir pour connaître à fond cette illustre Dominicaine, dont la sainte Église, répétant le mot d’un ancien auteur, a fait un si grand éloge, en disant : « Entre la vierge de Racconigi et la vierge de Sienne, il n’y a de différence que la canonisation. »

Dans cette notice, nous ne ferons qu’abréger l’ouvrage composé pat Pic de la Mirandole et revu par le Père Pierre Martyr Morelli, Dominicain, dernier confesseur de la Bienheureuse. Le vénérable Religieux le compléta en y ajoutant des choses que ce savant avait ignorées, ou n’avait pu savoir, puisqu’il était mort quinze ans avant le départ de Catherine pour le ciel. Ainsi s’est accomplie la prophétie où la vierge annonçait que les grâces qu’elle avait reçues du Seigneur seraient rendues publiques dans l’Église par deux personnes différentes qu’elle connaissait bien. Voilà pourquoi, en lisant cet ouvrage, on y trouve avec surprise des chapitres, les uns de Pic de la Mirandole, les autres de Morelli, et plusieurs de l’un et de l’autre[1].

I

Racconigi, délicieuse localité du Piémont, reçut du ciel l’honneur de donner le jour à notre Bienheureuse, en l’an du Seigneur 1486. Ses parents, Grégoire Georges de Mattei et Billia Ferrari, étaient tombés dans une grande gêne à la suite des guerres qui depuis longtemps désolaient l’Italie. La mère, ne pouvant plus allaiter sa fille, la faisait porter tous les jours à quelques nourrices du voisinage qui en prenaient soin par charité.

Dieu se plut à répandre sur l’âme candide de l’enfant ses miséricordieuses prévenances. A cinq ans, l’aimable fillette n’éprouvait pas de plus grand bonheur que de rester agenouillée devant une statue de la Sainte Vierge ou de se retirer à l’écart pour vaquer tranquillement à la prière. Elle était là, un matin, dans sa petite chambre, quand une blanche colombe vint se poser sur son épaule. Catherine, effrayée, s’écria : « Jésus, Jésus ! » Aussitôt un rayon de lumière, partant du bec de la colombe, s’en alla mourir sur ses lèvres. En même temps, une belle dame revêtue de lumière apparut et dit : « Que le nom de Jésus soit toujours dans ton cœur, ma fille.— Qui êtes-vous, Madame, demanda Catherine, et comment êtes-vous entrée sans ouvrir la porte ? — Je suis la Mère de Jésus-Christ, et je veux que tu te donnes tout entière à mon Fils. — Où donc est-il, votre Fils ? — Bientôt tu le verras ; mais il faut te donner à lui avec tout ce que tu as de plus cher. — Hélas ! moi si pauvre, que pourrai-je bien lui offrir ? — Mon Fils ne veut que ton cœur ! — Mon cœur, où est-il ? Si vous le trouvez, bien volontiers je le lui donnerai ! »

La Reine des vierges, avec un sourire, mit la main sur la poitrine de Catherine et lui dit : « Là est ton cœur, tu le donneras à mon Fils, chaque fois que tu obéiras à ses commandements et souffriras quelque chose pour son amour. »

A ce moment parut un enfant merveilleusement beau, vêtu d’une robe immaculée et entouré d’un chœur d’Anges : « Voici mon Fils, dit Marie, voici Jésus, ton Rédempteur, Celui que tu dois choisir pour Époux. —- Non, jamais, répondit l’humble petite, je n’oserais faire une si grande chose. — Ne crains rien, je veux qu’il en soit ainsi et que tu gardes à Jésus ta virginité. — Hé bien, je suis prête à faire tout ce qui vous plaira. » Notre-Dame présentant à son Fils la nouvelle fiancée, Jésus dit aussitôt : « Je l’épouse avec joie, parce qu’elle est une perle précieuse que j’ai acquise de mon Sang. »

Alors la divine Mère prit la main de son Fils et celle de Catherine, en disant : « Ma fille, je t’unis présentement à Jésus dans la foi, l’espérance et la chanté. » Puis elle tira de son doigt un magnifique anneau et le passa au doigt de Catherine. Jésus, de son côté, chargea un séraphin de veiller désormais sur son épouse, de concert avec l’Ange gardien qu’elle avait reçu en naissant, et il donna pour maîtres à l’heureuse vierge saint Pierre martyr et sainte Catherine de Sienne.

Une autre vision, qu’eut notre vierge à l’âge de sept ans, fut la marque des tribulations dont son âme serait abreuvée. Elle priait, dans l’église des Pères Servites, devant l’image de saint Pierre martyr. Le Saint lui apparut, tenant en main une coupe pleine de sang. « Prends ma fille, lui dit-il, prends cette coupe, et goûte le précieux sang de Jésus-Christ : sache qu’un jour tu boiras au calice de son amère Passion. » II achevait à peine que l’Enfant divin se montra, portant une croix sur l’épaule et s’adressant à Catherine : « Pierre, mon fidèle Serviteur, que je t’ai donné pour maître, a souffert le martyre pour mon amour ; afin que tu puisses lui ressembler, je te laisse cette croix. Au début, elle te paraîtra dure et pesante, mais, par l’accroissement de mon amour en toi, tu la trouveras bientôt douce et légère. »

Dès ce moment Catherine éprouva une merveilleuse ardeur de souffrir pour son Bien-Aimé, à ce point qu’elle souhaitait vivement d’aller en pays infidèle dans l’espoir d’y cueillir la palme du martyre.

Le démon, jaloux des dons parfaits que cette enfant recevait du Seigneur, chercha par tous les moyens en son pouvoir à la détourner du droit chemin. Vains efforts : une jeune fille de dix à douze ans le couvrait de confusion par des réponses pleines d’à-propos qui démasquaient sa malice et déconcertaient sa fierté. Un jour Satan, transformé en ange de lumière, réclamait ses hommages. « Si tu étais vraiment Celui que tu oses représenter, dit Catherine, tu ne demanderais pas de moi l’adoration, tu la voudrais pour Dieu seul. Inutile de feindre, tu es le déchu du ciel, puisque tu t’obstines dans ton antique orgueil : rentre dans l’abîme. »

Un autre jour, deux malins esprits apparurent à Catherine avec les insignes du martyre, lui offrant leurs blessures à vénérer. La pieuse enfant comprit tout de suite à qui elle avait affaire. « Vous êtes martyrs! dites-vous; oui martyrs non de la foi, mais de l’enfer, et vous pouvez bien vous glorifier de vos peines, parce que votre orgueil les a méritées. »

Une autre fois encore, c’était vers la fin de sa vie, le démon chercha à la jeter dans le désespoir par le raisonnement suivant : « A quoi bon te fatiguer en vain ! Tu serais mieux inspirée de songer à ton repos, car après la mort tu ne pourras jouir d’aucun bien : l’âme meurt en même temps que le corps, nous en avons la certitude. De tant de milliers de personnes qui ont vécu saintement, aucune n’est jamais revenue porter des nouvelles d’au-delà du tombeau, et consoler ses amis : ce qu’elles n’auraient pas manqué de faire, si les âmes étaient véritablement immortelles. »

« Mensonge ! Mensonge ! répondit Catherine, sous le coup d’une sainte indignation. Comment oses-tu me tenir un pareil langage, toi qui as éprouvé à ta honte que plusieurs âmes bienheureuses, unies autrefois à un corps mortel, sont venues à mon aide lorsque tu m’outrageais ? Tu ne peux mourir, toi : il en est de même de toute âme humaine créée à l’image de Dieu. Mais tu es banni pour toujours de cette paix que goûtent les élus, et si grande est l’envie qui te ronge que tu mets en œuvre toutes les ruses pour priver nos âmes de la gloire céleste. Quant au retour des âmes en ce monde, la chose n’est pas comme tu dis, puisque de temps en temps, selon qu’il plaît à Dieu, elles viennent fortifier notre foi et nous consoler ; et de mes propres yeux j’en ai vu plusieurs, revêtues d’un corps, apparaître à mes yeux. »

II

Déjà le Seigneur manifestait au dehors la sainteté de Catherine. Un matin, un vertueux prêtre de la ville était en prières : tout à coup son Ange gardien l’invita à quitter pour un moment les hauteurs de la contemplation, afin de voir une admirable créature. « Il m’est pénible de laisser Dieu pour une créature, répondit le saint homme; toutefois si telle est la volonté du Seigneur, je n’ai qu’à obéir. » Revenant donc à ses sens, il aperçut près de lui une enfant de dix ans, revêtue d’une robe tout éblouissante. « Qui êtes-vous ? » lui demanda-t-il. — « Je suis Catherine de Racconigi, pauvre des biens temporels, mais, par la grâce du Dieu tout-puissant, riche en biens spirituels. Je vous prie de vous souvenir de moi dans vos oraisons, afin que j’obtienne du Ciel tous les secours qui me sont nécessaires. C’est pour ce motif que j’ai été amenée ici. » A ces mots, elle disparut. Un ami de ce bon prêtre, ayant su le fait, vint trouver Catherine et lui demanda comment elle s’était introduite à une heure si matinale chez le serviteur de Dieu. Malgré sa vive répugnance, elle finit par répondre : « Je ne saurais vous l’expliquer ; tout ce que je puis dire, c’est qu’un Ange m’y a conduite. »

A treize ans notre Bienheureuse fit vœu de virginité. La nuit suivante, sainte Catherine de Sienne lui apparut et l’assura que son vœu avait été fort agréable à Jésus et à Marie. Puis elle lui présenta deux belles roses, l’une rouge, l’autre blanche, que lui envoya son divin Époux, la rouge pour lui rappeler l’amour ardent que Jésus a montré aux hommes en répandant son sang afin de les sauver ; la blanche, pour marquer l’innocence de vie qui seule la rendrait digne de l’Agneau sans tache. Catherine ressentit dès lors de plus vifs désirs de la retraite et de la solitude. La conversation lui était devenue si insupportable qu’elle fuyait le monde autant qu’il lui était possible, excepté lorsque l’honneur de Dieu et le bien du prochain étaient en cause.

Nous n’entrerons pas dans le détail des assauts qui lui furent livrés par les hommes et les démons pour l’induire en tentation et au mal. La lutte dépassa en violence ce qu’on pourrait imaginer et dura de longues années. Mais soutenue par la force d’en haut, l’intrépide vierge remporta une victoire éclatante sur ses ennemis et mérita comme récompense d’insignes faveurs. Rapportons-en quelques-unes.

Le jour de la fête de saint Etienne, la Bienheureuse demandait avec larmes au premier martyr de lui obtenir la grâce de rester pure de cœur, de corps et d’esprit, comme lui-même l’avait été, une fois élu par les Apôtres pour remplir le ministère du diaconat. Saint Etienne se montra entouré d’une splendeur céleste : « O ma sœur, dit-il, sèche tes larmes, car Dieu a exaucé tes prières. Oui, bientôt tu seras délivrée de toute tentation. Prépare-toi à recevoir le Saint-Esprit. » En même temps le Séraphin chargé de sa conduite lui dit à son tour : « Oui, prépare-toi, car la vertu du Tout-Puissant va descendre ! » A l’instant même une lumière merveilleuse vint se poser sur la tête de Catherine. Une douceur inexprimable envahit son âme avec une chaleur si vive qu’il lui semblait être toute en feu, et elle entendit distinctement ces paroles : « Je viens habiter en toi afin de purifier, d’illuminer, d’embraser ton cœur et de te donner la vie. »

Depuis ce jour, il resta sur les traits de la jeune vierge un reflet visible de la grâce reçue. Les voisins très étonnés, soupçonnant Catherine de recourir à quelque essence pour colorer son teint, lui demandèrent ce qu’elle mettait ainsi sur son visage. La jeune fille répondit en souriant que sa recette n’était autre qu’un peu de pain, voulant parler de la sainte Eucharistie. La surprise de ses parents fut plus grande encore, car ils savaient bien qu’elle n’usait d’aucune industrie, mais qu’au contraire, elle jeûnait fréquemment au pain et à l’eau et différait souvent son repas jusqu’au soir. Pendant nombre d’années, Catherine pratiqua cette austérité tout le temps de l’Avent et du Carême, et il n’était pas rare qu’elle restât un jour entier sans boire ni manger. Plus tard, elle ne prenait de nourriture que trois fois par semaine ; et cela dans l’unique but de perdre sa beauté naturelle, de crainte qu’elle ne lui devînt une occasion de péché. Non contente de ces jeûnes rigoureux, la servante de Dieu se serrait la taille d’une grosse corde qu’elle changea contre une ceinture de fer très aiguë. Elle portait en outre un cilice qu’elle ne quitta qu’au déclin de sa vie, lorsque l’âge eut sensiblement diminué ses forces.

Le démon, sans cesse repoussé et vaincu, revenait toujours à la charge, amenant avec lui les esprits les plus immondes pour livrer à cette âme angélique de nouveaux combats. La plus grande épreuve que la Bienheureuse eut à endurer lui advint en l’année 1512, au mois d’avril. Pendant sept jours consécutifs, elle se vit harcelée de tentations horribles sans un instant de répit. Ses larmes coulèrent en abondance mais n’apportèrent point d’allégement à son état. Le Ciel semblait sourd à la voix de ses gémissements. Dans cette cruelle angoisse, elle alla trouver son confesseur. L’homme de Dieu lui conseilla de se jeter en posture de suppliante devant son crucifix et d’attendre de lui seul le secours dont elle avait besoin. Catherine obéit ; retirée dans sa chambre, elle supplie, elle conjure son Sauveur bien-aimé de la traiter selon sa grande miséricorde et les mérites infinis de sa Rédemption : « O Jésus, mon espérance, s’écrie-t-elle, envoyez-moi la mort ou telle affliction qu’il vous plaira, plutôt que de me laisser exposée au danger d’une tentation si importune. » Jésus-Christ parut alors et dit: « Ne crains rien, puisque je suis avec toi. Moi qui me fais appeler ton espérance, je ne t’ai jamais abandonnée ; pendant l’épreuve, j’habitais au fond de ton cœur et j’affermissais ta volonté dans la résolution de demeurer toujours vierge. »
Pendant qu’il parlait de la sorte, deux Anges se présentèrent et ceignirent les reins de Catherine avec un cordon d’une blancheur céleste. « Au nom du Seigneur, lui dirent-ils, nous te ceignons de la ceinture de la chasteté, qui ne se déliera jamais. » Depuis lors et jusqu’à la fin de sa vie, Catherine ne fut plus molestée ni par les aiguillons de la chair, ni par les troubles de l’esprit : au contraire, on eût dit qu’elle infusait le don de pureté à tous ceux qui avaient le bonheur de l’entretenir.

III

Cependant le bruit de sa sainteté se répandait de plus en plus ; on venait la consulter de fort loin, ce qui alarmait grandement son humilité. Pour échapper aux sollicitations des foules, il lui vint en pensée de prendre la fuite et de chercher dans un petit coin des Alpes le moyen de mener la vie érémitique. On était au mois de novembre, la neige couvrait tous les chemins. N’importe, la sainte fille, encore mal remise d’une longue maladie, se leva dès quatre heures du matin, à l’insu de sa mère, pour mettre son projet à exécution. Au moment de franchir le seuil de la maison, elle entendit une voix qui disait : « Arrête : où veux-tu aller ! » C’était un ordre du Ciel, devant lequel elle dut s’incliner. Quelques jours après, Notre-Seigneur lui apparut et lui remit un étendard blanc et rouge dont la hampe était surmontée de la croix. « Prends, ma fille, lui dit-il, quiconque demeurera sous cet étendard sera sauvé. » Et dans une vision subséquente, Catherine fut transportée au ciel, et vit clairement rangés sous son étendard une foule de chrétiens qui, par son entremise, devaient se sauver. « Vois, ajouta Jésus, combien de pécheurs et de pécheresses te doivent le salut. Si je t’avais laissée entrer dans un monastère ou vivre en recluse, ils se seraient perdus. » Paroles qui la remplirent d’une douce consolation.

Pressée de plus en plus par l’ardeur de son amour, la Bienheureuse demandait au divin Maître la grâce de lui ressembler dans ses souffrances. Un mardi de Pâques, l’an 1509, tandis qu’elle repassait dans son âme les souvenirs de la Passion, elle vit paraître Jésus-Christ vêtu d’une robe d’un rouge enflammé, et tout resplendissant de rayons lumineux qui s’échappaient de ses plaies sacrées : « Mon épouse, dit-il, tu désires souffrir, mais connais-tu bien ta faiblesse ? — Ô mon Espérance, répondit la pieuse fille, mes forces sont moins que rien ; de moi-même je suis incapable de tout, il me faut absolument votre puissant secours. — Ta grande foi, reprit Jésus, mérite d’être exaltée, c’est pourquoi je me fais une joie de te rendre participante des douleurs que j’ai endurées aux pieds et aux mains. » A ces mots le Sauveur étendit ses divines mains vers celles de Catherine, et il jaillit de ses plaies comme un dard de sang qui traversa les mains de l’épouse bien-aimée. La même merveille eut lieu aux pieds ; elle était accompagnée d’une souffrance telle que la Bienheureuse sentait ses forces l’abandonner sous la violence du tourment. Longtemps ses membres gardèrent la trace des blessures : grand nombre de témoins affirmèrent avoir vu ses stigmates, entre autres Pic de la Mirandole, qui l’attesta sous la foi du serment. Sur la requête de l’humble vierge, Dieu rendit ces signes cachés au dehors, mais les mains restèrent faibles et endolories; à grande peine Catherine pouvait s’occuper de son métier et vaquer aux divers services de la maison. En outre, elle portait la plaie du côté et la couronne d’épines. Parfois ses vêtements demeuraient trempés du sang qui coulait de ses stigmates, et sa tête paraissait entourée d’un cercle si profondément creusé, qu’on eût pu y insérer le petit doigt d’un enfant.

Le Seigneur gratifia d’autres libéralités sa fidèle épouse. A diverses reprises, il lui posa lourdement la croix sur l’épaule, en lui rappelant que sa vie serait un portement de croix continuel. Un jour qu’elle avait de nouveau médité sur la Passion, elle vit deux Anges tenant en mains une robe blanche parsemée de croix. Ils dirent à Catherine : « C’est de la part de Dieu que nous t’apportons ce vêtement. Tu seras toujours dans une grande amertume jusqu’à la mort. » Catherine prit la robe et répondit : « Que la volonté de Dieu soit faite ! »

Il ne lui restait plus qu’une faveur à recevoir, pour être complètement l’émule de sa sainte patronne : elle l’obtint bientôt.

Le 3 août 1512, dans la vingt-sixième année de son âge, s’étant levée de très bon matin pour prier Dieu, la Bienheureuse aperçut Jésus, accompagné d’un cortège de Saints, parmi lesquels se trouvaient saint Dominique, sainte Catherine de Sienne et saint Pierre martyr. Ce dernier lui ouvrit le côté gauche, et lui retira son cœur. Elle en ressentit des douleurs si vives qu’elle pensa mourir. Un peu revenue à elle-même, elle vit saint martyr, tenant à la main ce cœur, le lui montrer tout livide, souillé de terre, un endroit excepté, où était écrit en caractères d’argent : Jésus spes mea : « Jésus mon espérance ! » Puis, se tournant vers le Sauveur, il le pria de vouloir bien purifier ce cœur de toute tache.

Jésus, avec un visage serein, y consentit, et, ayant rendu clair et vermeil le cœur de son épouse, le lui remit en la bénissant. Alors Catherine éprouva une souffrance telle qu’elle paraissait sur le point d’expirer. Ses parents envoyèrent chercher le prêtre. Celui-ci, voyant le teint de Catherine frais et coloré comme de coutume, fut saisi d’étonnement et soupçonna que la cause de cette maladie n’était pas ordinaire. Il lui ordonna de parler sans rien cacher. Contrainte par l’obéissance, mais humiliée profondément, Catherine dut raconter son merveilleux secret.

IV

Pour mieux conserver les grâces de choix dont elle était favorisée, la Bienheureuse désirait ardemment revêtir l’habit de la Pénitence de Saint-Dominique. La Très Sainte Vierge lui avait annoncé d’ailleurs, dès sa plus tendre enfance, qu’elle le porterait un jour. Mais des obstacles de tout genre semblaient devoir entraver ce dessein. Catherine avait alors pour confesseur un Père Servite, lequel, connaissant son désir de prendre le vêtement religieux tout en restant dans sa famille, lui proposa celui des Sœurs de son institut. « Non, répondit-elle, ce n’est pas celui-là que je dois revêtir, mais celui de saint Dominique. — Vous savez bien, répartit le Père,
qu’il n’existe ici aucun couvent de Frères Prêcheurs. — Dieu fera en sorte qu’il y en ait un », reprit Catherine. Sa prophétie se réalisa, et la servante de Dieu prit solennellement le saint habit, en présence du seigneur de Racconigi, Claude de Savoie, et d’un grand nombre de personnages marquants, ecclésiastiques ou laïques, qui avaient Catherine en profonde vénération.

A quelque temps de là, une vision symbolique la confirma dans l’estime qu’elle avait pour sa famille religieuse.

II lui semblait voir une fontaine très limpide, disposée en forme de puits. L’eau de cette fontaine paraissait profonde, mais en même temps si claire et si transparente qu’il n’était objet si petit qu’elle ne distinguât, et bien que des feuilles et des paillettes surnageassent à la surface, sa vue ne laissait pas d’aller jusqu’au fond et d’y reconnaître une réunion variée de pierres précieuses, aux couleurs et aux qualités différentes. « Maintenant lève les yeux au ciel », lui dit une voix. A cette invitation Catherine aperçut dans une lumière surnaturelle la très sainte Trinité, qui lui semblait une réunion de trois visages en un seul et de trois soleils en un soleil. Il en descendait dans la fontaine une si merveilleuse splendeur que jamais son œil ne vit rien de plus beau. Tout à coup se montrèrent une troupe d’esprits malins. Les uns avaient la forme de loups, de lions, de sangliers ; d’autres la forme humaine avec des mains hérissées d’ongles longs et crochus. Ils cherchaient à tarir la fontaine ou du moins à troubler la limpidité de son onde. Trois jeunes hommes, armés de la tête aux pieds, et portant au front une petite croix d’or, se présentèrent aussitôt et chassèrent au loin les esprits malins.

L’un des jeunes gens découvrit à Catherine le sens de la vision. « Cette fontaine, lui dit-il, représente la famille des Frères Prêcheurs à laquelle tu appartiens. De même que le fond de ce puits laisse sourdre sans interruption une eau très limpide, de même de cette famille dominicaine découlent les vraies et saines doctrines, où les peuples peuvent connaître ce qui est utile à leurs âmes. Les feuilles et les pailles qui nagent à la surface marquent les manquements légers qui ne sont pas de nature à obscurcir tout à fait le cristal de cette mystérieuse fontaine, grâce à la vigilance des supérieurs. Les pierres précieuses placées au fond représentent les bons et vertueux sujets qui, par humilité, se tiennent au rang le plus bas. Différentes de nuance et de grandeur, ces pierres indiquent la diversité des mérites et des dons accordés à chacun, et aussi les degrés distincts de leur amour pour Dieu et de leur gloire future. Que ces vertus cachées les rendent odieux aux démons, et à leurs suppôts, les voluptueux, les hypocrites, les orgueilleux, il n’y a pas lieu de s’en étonner. Mais sois sans crainte, ma fille, la foi et la lumière surnaturelle préserveront si bien cette famille dominicaine que le trouble et la confusion ne pourront s’y établir. En outre, la Vierge Marie et les Anges l’environneront toujours d’une spéciale protection. »

Fidèle à l’esprit de son Ordre, Catherine s’offrit en victime pour le salut des pécheurs, et l’on peut dire que ses vœux furent satisfaits, en partie par ses grandes et continuelles souffrances. A dater surtout de son entrée dans le Tiers-Ordre, sa vie ne devint plus qu’un long martyre. Rien ne l’affligeait autant que l’offense de Dieu et la perte des âmes. A la nouvelle que tel homme venait de tomber dans une grave faute, elle répandait un torrent de larmes, et souvent sa douleur la rendait malade. Alors naquit en elle le désir de porter les peines dues aux pécheurs, afin de fermer ainsi la porte de l’enfer.

Une fois, le Sauveur lui apparut armé d’une épée sanglante avec laquelle il se préparait à frapper ses ennemis. A cette vue, Catherine redoubla ses prières. Mais Jésus lui déclara que le nombre et la gravité des crimes l’empêchaient de se laisser fléchir. « O mon espérance, reprit Catherine à genoux, je confesse que mes péchés me rendent indigne d’être exaucée, mais j’espère tout de votre clémence infinie. » Se levant alors, elle va droit au Sauveur : « Il est convenable, s’écrie-t-elle, que l’épouse retire l’arme des mains de l’époux irrité. Je veux cette épée. » Et Dieu fit grâce aux coupables, à sa considération.

Au carnaval de 1519, tandis que de malheureux chrétiens se livraient à tout le débordement des passions, Catherine s’établissait en état de victime jour et nuit au profit des pécheurs. Jésus lui fit cette réponse : « J’accepte ton offre, mais tu auras à endurer des douleurs si violentes qu’à peine échapperas-tu à la mort. » En effet, peu de jours après, une recrudescence de maux l’obligèrent à garder le lit pendant onze semaines.

Ce n’était pas seulement pour tous les hommes en général, ou pour le salut de sa patrie, théâtre de guerres incessantes, mais encore pour ceux dont les besoins particuliers lui étaient connus, qu’elle offrait ses prières et sa personne même à Notre-Seigneur. Ainsi ayant appris, par une lumière divine, qu’à trois jours de là on devait pendre trois malfaiteurs, l’un à Carmagnole, l’autre à Montalto, et le troisième à Albe, elle demanda leur salut éternel avec toute l’ardeur dont son âme charitable était capable.

Vers la même époque se trouvait dans la prison de la ville un jeune homme fort peu soucieux de ses intérêts éternels. Il fut condamné à mort et recommandé à Catherine. Pendant un mois, elle conjura Dieu de toucher son cœur. Au jour fixé pour le supplice, elle entendit une voix qui lui dit : « Je te fais don de cette âme selon ta demande. » Elle apprit ensuite que l’infortuné s’était montré repentant. On peut dire que jamais personne ne recourut à ses suffrages, sans en recevoir quelque secours. Un noble habitant de Racconigi étant sur le point de mourir, sa mère vint le recommander aux prières de Catherine. Sans délai, la servante de Dieu se transporte au lit du malade, puis fait le signe de la croix sur la poitrine du moribond, où était le siège du mal, et le guérit entièrement.

Une dame venue d’une ville voisine visiter Claude, seigneur de Racconigi, fut atteinte subitement d’une maladie grave et conduite aux portes du tombeau. Le noble seigneur, fort affligé, vint supplier Catherine de demander à Dieu la guérison de cette dame. Lorsqu’il fut sorti, la Bienheureuse se tourna vers les personnes de sa maison et leur dit : « Vous savez combien nous avons d’obligations au seigneur Claude pour ses grands bienfaits à notre égard, prions avec ferveur pour que ses désirs soient exaucés. » Chose admirable! la malade commença incontinent à aller mieux, et en peu de jours se vit complètement rétablie.

Pic de la Mirandole raconte que dans le courant de l’année 1521, un jour que la Sainte était en oraison, deux Anges lui apparurent : ils placèrent devant elle un cercueil où se trouvait un cadavre en putréfaction. Elle comprit aussitôt que sa patrie devait être ravagée par la peste, qui sévissait déjà à Turin et dans les contrées environnantes. Émue de pitié, Catherine pria le Seigneur de la frapper elle-même, mais d’épargner son pays natal. Dieu écouta sa prière. Autour de Racconigi les morts se succédaient sans interruption, mais il en fut autrement pour la ville ; et bien qu’une foule de malades, atteints de la peste, vinssent se réfugier dans les murs de Racconigi, la ville n’eut pourtant à pleurer aucune victime[2].

Le pouvoir de la Bienheureuse sur la nature n’est pas moins admirable.

Un violent orage, accompagné de coups de tonnerre et de grêle, s’était déchaîné sur les campagnes. Sitôt que le péril fut annoncé à Catherine, alors malade, elle se leva, et arrivée à la fenêtre, fit un signe de croix sur les nuages. En un instant, d’après l’attestation d’un témoin, ils se dispersèrent ; la ville et ses environs furent épargnés.

Une autre fois que la servante de Dieu gisait sur sa couche, en proie à une fièvre violente, elle entendit que le feu avait pris à une maison voisine! Elle se lève, comme si elle n’eût plus eu de mal, et s’acheminant vers le lieu du sinistre : « J’espère, dit-elle, que le Seigneur nous aidera. » Comme elle arrivait, les flammes gagnaient déjà les planchers; elle fit le signe de la croix et le feu s’éteignit.

V

Malgré l’estime profonde dont elle jouissait, notre Tertiaire ne manqua ni de censeurs ni d’ennemis. Le divin Maître permit ce trait de ressemblance avec lui-même. Calomnies, persécutions, délaissements, elle connut toutes ces épreuves. Les Religieux de son Ordre, traîtreusement circonvenus, en vinrent à se tourner contre elle. Les choses s’envenimèrent au point qu’on la chassa de la ville, sous les huées et les insultes des libertins, avec défense aux couvents de la région de s’occuper de sa direction spirituelle. Catherine se retira à Caramagna, bourgade éloignée d’environ deux milles de Racconigi. Son bannissement dura plus de deux ans, jusqu’à sa mort. En ces douloureuses circonstances, la charitable vierge ne cessait de prier pour ses ennemis. Elle obtint ce qu’elle demandait : Dieu fit même un miracle de grâce pour ramener l’un deux à de meilleurs sentiments. C’était un prédicateur très en vogue, qui la poursuivait, on ne sait pourquoi, de ses attaques méchantes et passionnées. Or, une nuit, Catherine lui apparut et lui dit d’un ton sévère : « Vous devriez au moins respecter Dieu, qui peut faire de sa servante ce qu’il plaît à sa divine Majesté. » Ce prêtre n’avait jamais vu la Bienheureuse ; mais, s’étant présenté chez elle le lendemain, il reconnut parfaitement celle qui s’était montrée en songe, et dès lors il devint l’un de ses meilleurs amis et de ses plus constants apologistes.

Rien ne devait être aussi fréquent dans la vie de la servante de Dieu que ce don d’apparaître auprès de ceux qu’elle pouvait instruire, reprendre ou sauver. La merveille était de notoriété publique, si bien que les habitants de la région lui avaient donné un surnom qui dans le patois du pays signifiait « Sorcière de Dieu ».

On l’invoquait de toute part ; elle répondait à l’appel, apportant toujours par sa présence visible, bénédiction et salut. Quelquefois, elle se trouvait transportée tout d’un coup à de grandes distances toujours dans un but de miséricordieuse charité. En voici des exemples.

Un certain Antonio de Montaperto, naviguant au-dessus du port de Pise, courait risque d’être submergé. Il se souvint de Catherine et la pria avec grande confiance de venir à son aide. Il achevait à peine que Catherine lui apparut et le tira du danger. Un secours aussi prompt accrut sa confiance envers la Sainte, en sorte que depuis il l’invoquait dans tous ses périls. L’an 1527, il se trouvait sur la flotte génoise, quand s’éleva une bourrasque furieuse, menaçant de tout engloutir. Antonio persuade au capitaine de se recommander à Catherine de Racconigi. Au même instant, il la voit apparaître en l’air au-dessus du vaisseau ; la fureur des vents s’apaise et peu à peu le ciel redevient serein. Deux mois après, Antonio venait remercier sa libératrice qu’il ne connaissait encore que par ses miraculeuses apparitions.

Pendant le feu des guerres dont la péninsule fut le théâtre entre les Italiens, les Français, les Espagnols et les Allemands, la servante de Dieu multipliait ses prières en faveur de la paix. Notre-Seigneur lui apparut un jour et lui dit: « Je suis venu du ciel en terre pour y apporter les semences de la paix ; mais les hommes les rejettent et provoquent mes châtiments par leur inconduite, leur orgueil et leur obstination. — O mon espérance, reprit l’humble fille, vous pourriez les convertir et les ramener à vous. — Ce que tu dis est vrai, mais ce procédé ne convient pas à ma justice, et je respecte leur libre arbitre. Résistant à toutes mes avances, ils se rendent indignes de recevoir la plénitude de ma miséricorde. Et pour que tu reconnaisses la vérité de ma parole, je veux que tu reprennes de ma part tel prince et que tu lui annonces sa mort prochaine et sa damnation, s’il n’a hâte de changer de vie. »

A l’instant même, une main invisible la souleva et lui fit franchir avec la rapidité de l’éclair un espace de cent soixante milles. Le prince se promenait seul dans une salle, quand la Sainte parut devant lui. « Au nom du Sauveur Jésus, lui dit-elle, cessez, je vous en prie, d’entretenir le feu de la discorde et de la guerre dans la république chrétienne. »

En voyant une femme entrer tout à coup et lui parler de la sorte, le prince se troubla, et pensant qu’il avait affaire à un esprit surnaturel : « Ne serais-tu pas le diable, venu pour me tenter ? » lui dit-il. — « Ni le diable, ni aucun esprit, reprit Catherine, mais une simple fille envoyée de Dieu pour vous avertir de votre perte éternelle, si vous ne vous arrêtez sur le chemin où vous courez. » Là-dessus elle disparut, le laissant rempli d’épouvante. Loin de profiter de l’avertissement, le prince persévéra dans ses mauvaises dispositions et mourut impénitent. Il fut donné à la Sainte d’être témoin des opérations de la justice divine sur ce damné. Transportée auprès de ce malheureux, elle le vit dans les tourments de l’enfer. « Me reconnaissez-vous ? » lui dit-elle. — « Oui, tu es Catherine de Racconigi : c’est toi qui m’as annoncé ma mort prochaine et la damnation que je subis en punition de mon impénitence. — O infortuné, reprit-elle, si vous aviez fait ce que je vous disais au nom de Jésus-Christ, vous seriez maintenant dans le royaume des élus ! »

VI

Citons encore quelques-uns des miracles que le Ciel opéra en elle ou par son intercession. Dieu daigna accorder à Catherine le don de prédire des événements futurs et de connaître les secrets des cœurs.

Le comte Pic de la Mirandole, qui ressentait une grande joie de la conversation de la pieuse fille, avait obtenu à force d’instances qu’elle vînt passer quelques jours à son château. Avant d’arriver, Catherine se mit à pleurer abondamment. Interrogée sur le sujet de ses larmes, elle répondit : « Je pleure la ruine qui va fondre sur ce pauvre pays. » L’événement vérifia sa prédiction.

Elle annonça au comte que lui et son fils Albert seraient tués dans l’année 1533, et les engagea à se tenir prêts pour paraître devant Dieu. Après leur tragique fin, elle se vit accablée de souffrances extraordinaires pendant quatre mois, après quoi le comte et son fils lui apparurent, le front orné d’une couronne, et la remercièrent d’avoir abrégé leur purgatoire, en se chargeant elle-même d’une partie de leur expiation.

Parmi ceux qui venaient converser avec Catherine, il y en avait fort peu à qui elle ne dévoilât, en totalité ou en partie, la raison de leur visite, et d’autres secrets dont personne n’avait pu l’instruire. Le Père Morelli, Dominicain, qui fut son confesseur vers la fin de sa vie, a rapporté qu’elle savait lorsqu’il devait venir la voir, et annonçait son arrivée avant qu’il entrât. Elle lui manifestait les désirs ou les peines qu’il éprouvait dans son âme, lui révélait même certaines imperfections secrètes que le vénérable Père cherchait à détruire.

Plusieurs fois il arriva à la Sainte de signaler à tels de ses visiteurs des fautes cachées qu’une fausse honte les avait empêchés d’avouer en confession.

L’an 1544 eut lieu la bataille de Cérisoles, dans laquelle restèrent sur le terrain dix mille hommes entre les deux armées. Catherine vit les morts de l’un des partis presque tous aller en enfer, et au contraire, ceux de l’autre parti presque tous sauvés. On en devina la cause, quand on sut que les premiers étaient pour la plupart infectés de l’hérésie luthérienne, et les seconds bons catholiques, purifiés depuis peu par la confession et la communion pascales.

Non seulement elle savait les secrets des vivants, mais parfois aussi le sort des trépassés. On l’entendit nommer telles ou telles personnes jouissant de la gloire du Paradis, et d’autres retenues encore, dans les flammes expiatrices.

La Bienheureuse employait ainsi pour la gloire de Dieu et le bien des âmes les dons merveilleux qu’elle avait reçus d’en haut. Son action sur les corps, n’était pas moins puissante.

La comtesse Francesca de Cacconato fut guérie de cruelles douleurs de côté, sitôt qu’elle eut fait à Dieu cette prière : « Seigneur, si ce qu’on dit de Sœur Catherine de Racconigi est vrai, je vous supplie humblement de me rendre la santé par ses mérites. »

La même prière eut un effet semblable sur un Religieux de Saint-Augustin et le délivra d’une fièvre qui résistait à tout remède. Une autre personne, nommée Véronique, fut guérie d’hémorragies de longue date, dès que l’exprès qu’elle envoya à la Sainte, alors éloignée de vingt lieues, se fut acquitté de son message.

Depuis nombre d’années, un brave homme tombait du haut mal. En vain avait-il employé tous les remèdes connus pour se guérir : son état ne faisait qu’empirer. Il alla trouver Catherine et se recommanda à ses suffrages avec une pleine confiance. A partir de ce moment, il ne ressentit jamais plus la moindre attaque, ni aucune des crises qui se renouvelaient jusqu’alors à de fréquents intervalles.

Mentionnons encore ce trait charmant. Le 5 du mois de juin 1519, un bon prêtre, venu de loin à Racconigi pour jouir d’un entretien avec la servante de Dieu, l’accosta en plein midi sur la grande place. Pendant qu’ils conversaient, un petit nuage fit ombre sur eux deux seulement et ne disparut qu’au moment où ils se séparèrent. Dieu accomplissait ainsi à la lettre, en leur faveur, les promesses spirituelles qu’il a faites à ceux qui le craignent, de les mettre à couvert des brûlantes ardeurs du soleil.

Mais de toutes les merveilles dont fut remplie la vie de cette fille de saint Dominique, la plus extraordinaire peut-être, et à coup sûr l’une des plus remarquables, a été la haute estime et la profonde vénération que les grands du monde, ecclésiastiques et séculiers, professaient pour cette humble enfant du peuple, née dans l’obscurité, élevée avec le pain de l’aumône, destituée de tout ce que la nature peut offrir pour attirer les yeux et les cœurs. Le seigneur de Racconigi, de la royale maison de Savoie, lui avait voué un sincère et respectueux attachement. Il aimait à la visiter et se donnait volontiers le plaisir de procurer le même avantage aux personnages illustres de passage à Racconigi. C’est ainsi qu’il put faire admirer à l’évêque de Marseille, en le conduisant chez la Sainte, l’esprit de grâce qui parlait par sa bouche. Un moine de Saint-Benoît s’imposa la fatigue d’une marche de soixante lieues, uniquement pour la voir et pour contracter avec elle une liaison de prières qui ne finit qu’à leur mort. Dieu, il est vrai, avait révélé à ce vénérable Religieux la grande conformité que cette vierge devait avoir avec Jésus-Christ, son divin Fils, et son intime participation à toutes les douleurs de la Passion.

VII

La vie de la Bienheureuse touchait à son terme, et, comme pour combler ses mérites, Dieu lui envoya des angoisses spirituelles qui, au témoignage du Père Morelli, remplissaient son âme d’une affliction sans pareille. En même temps se déclara une grave maladie qui devait être la dernière. Un jour que le médecin lui proposait divers remèdes, elle répondit : « Tout remède est inutile, je n’ai plus que quatre mois à vivre. » On était alors aux premiers jours de mai.

Il faut renoncer à peindre la patience, la résignation, la sainte joie avec lesquelles Catherine supporta ses cruelles douleurs, ainsi que les élans de son âme vers Dieu. Elle ne paraissait plus être une créature de la terre, mais un Ange du ciel.

Son état s’aggravant, on lui administra les Sacrements de l’Église. Elle les reçut avec de grands sentiments de dévotion. Après la communion, son cœur fut inondé d’un tel amour qu’elle fut contrainte de s’écrier : « II me semble avoir une fournaise dans la poitrine. Ah ! pourquoi tarde tant le moment où je volerai dans les bras de mon céleste Époux ? »

Ses enfants spirituels entouraient sa couche. Après avoir doucement reposé ses yeux sur chacun d’eux, elle leur adressa quelques paroles pour les engager à fuir le monde et ses maximes, à aimer Dieu de tout leur cœur, à mettre leur unique confiance en Jésus et Marie.

Elle promit de les protéger et de veiller sur eux avec la tendresse d’une mère : puis élevant son regard vers le ciel, elle remit dans un angélique sourire son âme à son Créateur, le dimanche 4 septembre 1547.

Le corps de Catherine exhala, après sa mort, un parfum des plus suaves. Tout le peuple de Caramagna accourut pour le vénérer et l’escorter ensuite au cimetière public, où se fit l’inhumation.

Cependant la dépouille mortelle de la servante de Dieu ne devait point rester dans cette localité. Pendant l’un de ses séjours à Garessio, notre Bienheureuse avait fait son testament. Après avoir écrit en tête ces paroles qui lui étaient si familières : « Jésus, Marie, ma ferme espérance et mon repos », elle ordonne qu’on ensevelisse son corps dans l’église de son Ordre de Garessio, et non pas dans la chapelle du Rosaire des Frères Prêcheurs de Racconigi, comme elle l’avait demandé antérieurement dans un acte testamentaire daté de 1535. Sa volonté fut religieusement exécutée, au grand regret assurément des habitants de Caramagna.

La translation eut lieu cinq mois après sa mort. Tout le peuple, le clergé, les Dominicains, allèrent hors des murs de Garessio recevoir sous un baldaquin la précieuse relique. Le corps était parfaitement conservé et répandait une odeur céleste. Au son joyeux des cloches, à la lueur des flambeaux et au chant des hymnes, il fut porté à l’église et déposé sous un autel. Dès lors, il devint l’objet d’une vénération qu’autorisaient les nombreux miracles obtenus par l’intercession de la Sainte. Son culte se répandit rapidement dans les provinces de Piémont, de Naples et jusqu’en Espagne. Les reliques de Catherine furent exposées publiquement, sa statue, ses images portaient l’auréole avec la couronne d’épines et les stigmates. Enfin, tous les ans, les fidèles célébraient sa mémoire par des fêtes solennelles.

En présence de ces faits, dûment constatés, le Rme Père Pie-Joseph Gaddi, Maître général des Frères Prêcheurs, sollicita du Saint-Siège la reconnaissance du culte public. Pie VII, faisant droit à sa requête, permit à l’Ordre entier, ainsi qu’aux différents diocèses de Turin, de Saluées et de Mondovi, de célébrer chaque année, à la date du 5 septembre, la Messe et l’Office en l’honneur de l’illustre Tertiaire dominicaine. Le décret est du 9 avril 1808[3].

Ajoutons à cette biographie un épilogue.

Quiconque me glorifiera, je le glorifierai moi aussi.

Voilà déjà bien des années que cette parole du Seigneur est vérifiée, même sur la terre, pour la Bienheureuse Catherine de Mattei. Par l’exercice des plus sublimes vertus, par ses souffrances extraordinaires et continuelles pour l’Église, pour les pécheurs, les âmes du Purgatoire, pour ses amis et ses fils spirituels, par ses salutaires conseils donnés à tous, cette humble fille a procuré une grande gloire à Dieu : Dieu, à son tour, l’a comblée d’honneur et de gloire.

Le Sauveur, toujours généreux à l’égard de ses Saints, a voulu que cette âme d’élite jouît sur la terre d’un culte étendu et constamment vivant.

Sa ville natale fut la première à payer à la Bienheureuse le tribut de ses respectueuses vénérations. On voit encore aujourd’hui la maison de Catherine, au centre même de la ville, et depuis longtemps une rue porte son nom. Une antique et constante tradition indique dans cette demeure privilégiée une chambre assez grande, de forme irrégulière, lambrissée en bois, respirant la pauvreté la plus absolue. C’est là que l’illustre vierge reçut le jour et vécut pendant trente-huit ans.

Cette chambre a été, de temps immémorial, convertie en oratoire. Au-dessus de l’autel est représenté le Rédempteur rendant à l’épouse bien-aimée son cœur enrichi de rayons en forme de croix, avec ces mots écrits : Jésus, mon espérance. Sur l’autel, on voit exposé, dans un élégant reliquaire, don de l’archevêque de Turin, Mgr Fran-soni, un os de la Bienheureuse ; c’est un fémur tout entier et parfaitement conservé. Cette relique était un présent fait, en 1751, par les Dominicains de Garessio à là cité municipale de Racconigi, et on venait visiter ces précieux restes dans l’église des Frères Prêcheurs de celte ville.

Claude de Savoie était, comme nous l’avons dit au cours du récit, un ami et un bienfaiteur de la Sainte ; il l’appelait sa chère petite fille et vivait dans un château voisin. Souvent il aperçut au-dessus de la chambre de Catherine une grande lumière, semblable à un incendie. Ce phénomène se produisait quand le Sauveur, la Reine du Ciel, les Anges et les Saints descendaient pour visiter la Bienheureuse.

Lorsqu’une souffrance publique vient frapper la contrée, les habitants de Racconigi, même ceux de provinces éloignées, se rendent aussitôt en pèlerinage à cette sainte demeure. Là, ils entendent la Messe, accomplissent des vœux, demandent des grâces et remercient la Sainte des bienfaits obtenus par son intercession. De nombreux ex-voto, laisses par les fidèles reconnaissants, prouvent que la servante de Dieu prête toujours une oreille attentive aux prières de ses compatriotes. Attiré par la sainteté du lieu, le Révérendissime P. Alexandre Vincent Jandel, Maître général, de 1851 à 1873, voulut donner à sa piété la consolation de visiter ce sanctuaire si riche pour tous en bénédictions.

Cependant Racconigi n’avait pas encore d’église en l’honneur de son illustre enfant. Depuis longtemps, il est vrai, on parlait d’ériger un temple sous le vocable de la Bienheureuse, mais la Providence réservait cette œuvre à notre époque. En 1835, le choléra vint s’abattre dans les murs de la cité. Pleins d’effroi, les habitants recourent à Catherine avec confiance; ils portent processionnellement son image, promettent de jeûner, la veille de sa fête, pendant vingt ans, et de lui donner un riche calice : bientôt le mal cessa de faire des victimes. En reconnaissance d’un si grand bienfait, on résolut d’ériger près de la demeure de la Bienheureuse le temple anciennement projeté. La pieuse reine Marie-Thérèse obtint de son auguste époux, le roi Charles-Albert, la cession gratuite d’une maison voisine pour faire place à une église. L’année suivante, on en jeta les fondements, et l’on mit une inscription latine dont voici la traduction :

« A la Bienheureuse Catherine de Mattei, en reconnaissance de leur délivrance du fléau asiatique, avec l’aide du roi Charles-Albert et de Marie-Thérèse Aura, avec l’assistance du Prieur D. Piasco et du prévôt Sacco, en présence du clergé, tant séculier que régulier, du municipe et du peuple, ses concitoyens, pour accomplir le vœu fait par la ville, ont posé la première pierre de ce temple, la veille des Nones de septembre 1836. »

L’édifice s’éleva aux frais des fidèles, et fut construit de manière à ce que de l’intérieur on pût apercevoir la chambre de la Sainte et y monter par un petit escalier.

L’église paroissiale de Saint-Jean-Baptiste, rebâtie, il y a deux siècles, à la place même de l’ancienne église où Catherine fut baptisée, renferme une chapelle qui lui est consacrée. Chaque année, le premier dimanche de septembre, diverses confréries s’y rassemblent pour célébrer solennellement la fête de la Bienheureuse.

A Caramagna, la maison de Catherine existe encore, et porte ces mots au-dessus de l’entrée :

« Maison où a vécu et est morte saintement la Bienheureuse Catherine de Racconigi. »

Sa petite chambre est devenue une chapelle, visitée par grand nombre de prélats, de prêtres, de hauts personnages et de fidèles de toute condition.

Le Père François Josa, des Frères Prêcheurs, ancien professeur de théologie à l’Université de Turin, et plus tard recteur du séminaire pontifical à Rome, composa jadis, pour être placée dans la chapelle, l’inscription suivante qui en rappelle l’histoire :

« La Bienheureuse Catherine de Mattei de Racconigi, tertiaire de Saint-Dominique, a, dans cette maison, mené pendant de longues années une sainte et merveilleuse vie ; et de cette petite cellule, changée plus tard en oratoire, la Sainte est partie pour le ciel, le 4 septembre 1547. Cette demeure, après plusieurs siècles, fut achetée par le théologien Jacques Gallo de Caramagna, chanoine archidiacre de la cathédrale d’Ivrea. Il en fit son presbytère, et y ajouta la chapelle actuelle et l’enrichit d’or, de marbre et de peintures. Cela était bien juste; car dans un lieu témoin des mystères d’une si haute sainteté, la cité de Caramagna ne pouvait offrir ni moins de reconnaissance, ni moins de piété, à la mémoire de l’épouse de Jésus-Christ. »

Le peuple de Caramagna est plein de dévotion pour sa céleste patronne et célèbre annuellement sa fête avec une solennité touchante ; il lui donnait naguère un nouveau témoignage d’amour en chargeant des Tertiaires dominicaines de la Congrégation de Mondovi de diriger un Asile établi pour les enfants pauvres.

Garessio, nous le savons, devait posséder la tombe de Catherine.

Lors de la suppression des Réguliers en Piémont, au commencement du XIXe siècle, notre couvent et son église furent vendus, et détruits en partie. On transporta les restes de la Bienheureuse dans l’église paroissiale du faubourg supérieur ; on les revêtit d’un corps en cire, suivant l’usage italien, et des vêtements du Tiers-Ordre. C’est là qu’ils demeurent exposés à la vénération publique, dans une chapelle dédiée à la Sainte.

Mentionnons encore les honneurs rendus dans la capitale du Piémont à notre illustre Sœur.

Un saint Religieux, le Père Bernard Sapelli, mort en 1823, gouvernait le couvent et l’église de Saint-Dominique de Turin, au commencement de ce siècle. A la publication du décret apostolique approuvant le culte de la Bienheureuse, il fit célébrer un triduum solennel, et érigea, dans son église, une chapelle à Catherine de Racconigi. L’empereur Napoléon donna l’autel, qui fut consacré par l’archevêque, Mgr Costa de la Tour, sénateur de l’empire.

Catherine est encore vénérée dans d’autres églises de Turin. Les fabricants et les ouvriers en rubans l’ont choisie pour patronne ; car, d’après l’usage des jeunes filles de Racconigi, la Bienheureuse, durant sa vie, exerçait leur métier.

A Chieri, son culte est très florissant. Notre Ordre possédait autrefois deux couvents dans cette ville. On y remarquait surtout celui de Sainte-Marguerite, dont il ne reste plus que l’église. Les Dominicaines qui l’habitaient professaient pour Catherine de Racconigi une extraordinaire dévotion. Son image, mise en une place d’honneur, la représentait entourée de l’auréole, couronnée d’épines, portant une grande croix sur l’épaule, une petite sur le cœur, les stigmates et un lis dans les mains. Au-dessus de sa tête planait le Saint-Esprit en forme de colombe.

L’autre couvent est actuellement encore celui de nos Pères. L’une des plus belles chapelles de leur vaste église est dédiée à la Bienheureuse, devenue l’aimable Patronne des Tertiaires de la localité.

Plus loin, vers l’orient, à cinq lieues de Racconigi, on rencontre la petite ville de Poirino, habitée par une population très sympathique à notre Ordre. Nos Pères y desservent une paroisse. Là encore, la fidèle amante de Jésus reçoit des honneurs et une vénération que rien ne peut interrompre. La chapelle, où se réunissent les confrères du Saint-Nom de Jésus, est décorée d’une riche peinture représentant le Seigneur Jésus et deux enfants de saint Dominique agenouillés devant lui. L’un est Henri Suso, qui se découvre un peu la poitrine et montre au Sauveur son Nom adorable qu’il y a gravé avec un stylet ; l’autre est Catherine de Racconigi, tournée avec amour vers Notre-Seigneur et lui présentant son cœur, sur lequel on lit ces mots : Jesus spes mea.

L’une des dernières œuvres de Dom Bosco, celle qui couronna sa sainte vie et qu’il eut le rare bonheur de conduire à terme, fut l’érection sur le Mont Esquilin, à Rome, d’une magnifique basilique dédiée au Cœur de Jésus.

La coupole, d’une hardiesse pleine de grâce et de majesté, retrace un sujet merveilleusement traité par le peintre Monti : la glorification du Sacré-Cœur. Dans cette peinture, le Sauveur montre son Cœur à Marguerite Alacoque et à Catherine de Racconigi : les deux Bienheureuses, le visage resplendissant, le contemplent en extase[4].

Sainte Catherine de RacconigiNOTES

[1]L’ouvrage a pour titre : Compendium des choses admirables faites par la Bienheureuse Catherine de Racconigi, vierge très pure de l’Ordre de la Pénitence de Saint-Dominique, divisé en dix livres, et composé par Jean-François Pic, prince de la Mirandole et comte de la Concorde, et terminé par le Père Pierre-Martyr Morelli de Garessio, de l’Ordre des Frères Prêcheurs, avec notes. — Chieri et Turin, 1858. — Une tertiaire de Turin a généreusement fait les frais de l’édition de cette précieuse en outre les deux testaments delà Bienheureuse Catherine, et Massoli, Maître en sacrée théologie.
[2] La commune, sans doute, pour accomplir un vœu et perpétuer le souvenir de cette grâce, avait construit une chapelle dans l’église des Frères Prêcheurs. Mais en 1600, l’on éleva un autre temple plus grand et plus cher à la place même du premier et la peste menaçant de nouveau Racconigi, le Conseil y établit une autre chapelle avec cette inscription :

D.  O.  M,

 Epidemicae lue

Toto Pedemonte invalescente

Racconisii populus

 Incolumitati suae consulens

 Antiqui voli non immemor

 Catharinae de Matteis

 Sacellum extruxit et dicat

 Anno Domini

 MDCXXX

« Menacé par l’épidémie qui ravageait le Piémont, le peuple de Racconigi, pour détourner ce danger, et instruit par le vœu qu’il avait fait autrefois, a élevé ce sanctuaire à Catherine de Mattei, en l’an du Seigneur 1630. »
— La chapelle est élégante, enrichie de dorures, de statues et de fresques. Le tableau placé au-dessus de l’autel représente la Sainte Vierge, la Bse Catherine et quelques-uns des Saints qui lui apparaissaient pendant sa vie. Sur le côté, on voit un cœur entouré de rayons et environné d’Anges. Le conseil municipal se rend à cet autel le 29 août, y fait une offrande et entend la Messe.
[3] Le Père Pie Antoine Molinieri, de Chieri, fut l’un des plus ardents promoteurs de la cause de Catherine. Avant lui, certainement, d’autres avaient travaillé efficacement à sa gloire. Catherine d’Autriche, duchesse de Savoie, les princes, ses enfants, le vénérable Jean d’Ancina, évêque de Saluces, demandaient depuis longtemps que notre Sœur fût déclarée Bienheureuse. La mort de tous ces personnages, les guerres qui eurent lieu de leur temps, les empêchèrent de conduire à terme cette sainte entreprise. Le Père Molinieri fut plus heureux. Il porta la cause devant le Siège apostolique et obtint une glorieuse victoire. — La nouvelle lui en avait été donnée ; il apprenait que de grandes solennités se célébraient en l’honneur de la Bienheureuse; lui-même avait composé les belles leçons et les oraisons de l’Office et de la Messe; mais alors il passa au repos éternel, la veille de la fête de la Bienheureuse, l’an 1811, au milieu des regrets de son Père et ami, le Rme Père Gaddi, Maître général de l’Ordre.
[4] Les détails qu’on vient de lire sur la gloire posthume de la servante de Dieu furent communiqués jadis par le Père Jean-Dominici Vaccarino, du couvent de Racconigi, à L’Année Dominicaine de Paris, qui les a publiés en 1861.

 

( 8 février, 2013 )

Marie-Julie du Crucifix, Les prophéties pour la France

source : http://www.marie-julie-jahenny.fr/les-propheties-pour-la-france.htm

Marie-Julie du Crucifix, Les prophéties pour la France dans Crise de l'Eglise france

Sommaire :

- La mission de Marie-Julie du Crucifix

- Marie-Julie du Crucifix, Saint Jean-Baptiste des derniers temps

- Veillez et priez : Signes précurseurs

- Les grandes crises

- En Europe

- La Passion de l’Église

- La Passion du Lien de la Foi

- Signes et avertissements

- Peines et châtiments

- Le châtiment des ténèbres

- Le châtiment de Paris

- Henri V de la Croix, le Roi du Sacré-Coeur

- Protections et remèdes

- L’oeuvre de la Croix à l’heure des combats

 » Très Sainte Trinité adorable, éclairez-moi par Vos lumières, dirigez-moi par Vos lumières, conduisez-moi par Vos lumières. Éclairez ma route, ô Sainte Trinité, afin que je marche continuellement dans la voie de la vérité.  » (Prière avant toutes les extases)

 » Et Verbum caro factum est, et habitavit in nobis  »  » Le Verbe S’est fait chair et Il a habité en nos coeurs. « 

Ces invocations sont celles que Marie-Julie du Crucifix prononçait, sur ordre du Ciel, avant toutes les extases. Ce n’était pas par simple formule de piété, mais par une nécessité de protection contre l’intrusion malfaisante de  » l’esprit des ténèbres « , toujours à l’affût en vue de cracher ses  » fumées.  » L’invocation du Mystère de l’Incarnation le met en fureur et en fuite. C’est donc un bouclier et une arme contre l’Adversaire, qu’il faut utiliser chaque jour. C’est aussi un grand acte de louange et de reconnaissance à Dieu, un grand acte de Foi, d’Espérance et d’Amour, un recours à Celui qui est le Seul Sauveur. Nous allons voir en effet en étudiant les prophéties que les événements prédits sont un épisode du gigantesque combat de Satan contre le Christ.

Ce qui est prédit, c’est la délivrance des justes et le châtiment de l’impiété ; c’est un assaut infernal sans précédent, suivi d’une purification de l’humanité aussi intense que soudaine. C’est le retour de l’ordre après un total désordre. Devant ces faits, deux sentiments se partagent nos âmes : la frayeur et la confiance en Dieu.

C’est justement pour atténuer l’une et augmenter l’autre que ces annonces du plan divin nous sont transmises.

Ce plan se réalisera, c’est tout ce que nous pouvons affirmer. Quand ? A l’heure qui conviendra à la Sagesse infinie, pour qui tout est présent.

En l’espace d’environ trois années, guerres civiles et invasions, persécutions religieuses, calamités, tremblements de terre, ébranlement cosmique, épidémies, tout se déchaîne et s’enchaîne en peu de temps. Les incrédules ironisent en montrant qu’il y a toujours eu quelque part une catastrophe, et que  » c’est la nature qui veut cela. « 

Ils ont bien tort de se moquer, car, en ces jours-là, le déluge de maux sera tellement concentré que l’on sera bien obligé d’y voir une cause non matérielle, une cause de l’ordre spirituel. Déjà, devant la dépravation et l’horreur de certains crimes, on est saisi d’une sorte d’horreur qui fait trembler, car l’action de forces intelligentes et perverses s’y laisse entrevoir. En ces jours-là, ces forces ténébreuses seront  » palpables.  » Et de même que devant un miracle, on s’écrie Dieu est là, devant les horribles crimes, on s’écrie :  » Le démon est là. Cela dépasse la malice seulement humaine ! « 

C’est donc pour nous préparer à ces événements tout à fait extraordinaires, que la Sagesse qui ordonne la Justice et la Miséricorde divines nous avertit longtemps à l’avance, nous dit quels sont les ennemis, les amis, les choses à craindre et ce qu’il faut espérer et demander. La venue du Sauveur a été prophétisée plus de quatre mille ans avant Sa venue. Plus un événement est considérable, plus il est annoncé à l’avance.

La grande purification a été l’objet de prédictions depuis des siècles. Dieu cherche les  » dix justes  » qui suffisent à Son infinie Miséricorde pour accorder des sursis et des remises de peine à l’humanité pécheresse. Jusqu’ici, il les a trouvés. Marie-Julie est un de ces paratonnerres, un des contre-poids.

Dieu a, devant les yeux de Sa Sagesse, la balance de la Justice. Rien n’échappe à Son regard. Il a créé l’homme pour qu’il trouve son bonheur à Le servir. Il va encore plus loin en faisant de l’homme Son ami et même Son enfant adoptif.

Amour infini, Il est juste, infiniment. Il donne à chacun ce dont il a besoin pour le service qui lui est demandé ; Il récompense les bons serviteurs et punit les mauvais, Il voit dans le plateau de gauche, l’indifférence, l’ingratitude, les fautes, les désordres des hommes qui suivent les mauvaises suggestions de l’esprit d’orgueil ; dans le plateau de droite, les Anges déposent les bonnes oeuvres, la charité, les humbles prières de l’humanité, les sacrifices faits en union avec Jésus-Sauveur. Ces bonites oeuvres sont sans doute moins nombreuses que les mauvaises, mais elles sont d’un poids énorme qui contre-balance et rétablit l’équilibre. Ainsi, quelques  » justes  » cachés peuvent sauver une ville, une nation, le monde entier.

La Sainte Messe est le plus lourd de ces contrepoids essentiels. Mais il y a un temps où Dieu doit intervenir, car l’existence même de ces justes, qui vivent de cette Sainte Messe, est menacée. II doit purifier l’humanité en manifestant Sa Justice et son horreur absolue du péché. Sa Justice ne tolère pas la moindre impunité du mal.

L’extase suivante nous donne une vue globale du plan.

 » Je vois qu’au moment où le Seigneur monté au Ciel, prit possession de son Royaume Éternel, à ce moment, l’enfer devint le Royaume de l’Ennemi. Le Seigneur s’empara de son royaume terrestre et dit :  » Je suis établi Roi Éternel. « 

Satan, furieux, cherche quelque détour pour étendre malicieusement sa puissance. Il demande un partage.

Le Seigneur lui dit :  » Tu Me seras soumis, tu ne feras que ce que te permettra la Loi Éternelle…

Je te laisse le pouvoir de tenter tous les hommes, de les faire souffrir jusqu’à une certaine mesure, mais Je serai présent… Au commencement, tu ne feras pas beaucoup de prodiges ; ils te serviront à faire le mal.

Je te laisse permission de tenter Mon peuple, mais Je ne te permettrai jamais de prendre la forme divine, ni celle de figures véritables. « 

Satan dit :  » Je transformerai tout en outil de travail contre Vous, je mettrai la révolte, la guerre, la division partout. Je renverserai le temple de Vos prières ; j’y établirai des idoles qu’on adorera. J’y briserai tout. « 

Jésus dit :  » J’écraserai sous la foudre du Ciel, tous ceux qui te seront donnés pour l’enfer. Je rétablirai Mon peuple ; Je le préserverai des fléaux ; Je relèverai les ruines. Je te précipiterai dans l’abîme, mais seulement après que tu auras usé des pouvoirs que Je te laisse pour le moment… Pendant les ténèbres, il y aura beaucoup de conversions ; beaucoup d’égarés reviendront à Moi par le repentir.  » 30 août 1880

Marie-Julie demanda à quelle époque Satan devait régner en maître.

La flamme du Saint Esprit lui répondit :  » C’est celle où vous êtes maintenant, enfants de Dieu. « 

 » Si les justes n’avaient pas redoublé de prières, surtout en égard des justices annoncées depuis des siècles, la Main du Seigneur se serait appesantie sur tout son peuple, et les plus grandes épreuves auraient depuis longtemps visité Ses enfants.  » 20 septembre 1880

 » Mes petites âmes aimantes, Je l’avais fait belle cette terre que vous foulez. Je l’avais créée avec une grande ferveur et de nobles sentiments. Le règne du crime s’avance. J’ai tout permis, malheurs, tribulations, méchanceté des hommes… J’ai tout laissé au gré des consciences et à Mon tour… Je me lèverai terrible pour finir le règne qui éteint Mes lois saintes, le règne qui comble d’amertume Mes âmes justes, le règne qui Me fait tant de mal, en perdant tant d’âmes qui se précipitent dans l’éternel malheur. Je vous sauverai à travers le grand déluge de Ma Justice divine… J’ai tout laissé faire avant de Me lever, mais voilà que la mesure est pleine et que Mon heure approche…

II viendra le règne de Mon Sacré-Coeur. On ne Me demande pas assez cette grande merveille, surtout au pied du Saint Autel. Je voudrais que ce fût un cri retentissant, un cri de désir, un appel de Foi, pour finir le mal affreux qui perd tant d’âmes.  » 26 novembre 1922

Pour faire oeuvre de châtiment, la Justice Divine se sert des mauvais Anges et de leurs complices humains. II suffit à la Toute-Puissance divine de laisser aux démons un peu plus de liberté sur terre, de façon très limitée et mesurée. Dieu garde toujours Sa maîtrise absolue, sinon la terre aurait disparu, tant la haine du diable est féroce.

 » Les mauvais anges, nous dit Saint Thomas (S. Th. I-q114, a1) assaillent les hommes de deux manières :

1°) En les poussant au péché. Et de la sorte, ils ne sont pas envoyés par Dieu pour attaquer, mais ils y sont parfois autorisés selon les justes jugements de Dieu.

2°) Mais parfois, ils attaquent les hommes pour les punir : dans ce cas, ils sont envoyés par Dieu. Le châtiment, en effet, revient à Dieu, comme à son premier auteur ; pourtant les démons envoyés le font avec une tout autre intention pour laquelle ils sont envoyés, car, eux-mêmes, punissent par haine et par envie, alors que Dieu les envoie pour accomplir Sa Justice. Pour que les conditions de la lutte ne soient pas inégales, l’homme reçoit en compensation principalement le secours de la grâce, secondement la protection des Bons Anges. « 

Les pêcheurs endurcis refusent les secours divins ; ils s’obstinent dans l’ingratitude et s’enfoncent ainsi dans une complicité profonde avec les démons, ils luttent avec eux contre Dieu. C’est alors qu’intervient la Juste Colère divine, qui n’est pas une passion émotionnelle comme chez l’homme. C’est une décision de laisser les coupables à leurs propres forces, pour qu’ils fassent l’expérience de leur néant, car toute existence, toute puissance d’agir vient de Dieu. Ce peut être, par une ultime grâce, pour les moins aveuglés, l’occasion d’un retour à la vérité salutaire. C’est ce qui se passa pour le bon Larron, au Calvaire. Qui sait ce qui se passe dans les âmes au moment suprême ?

En Dieu, la Miséricorde et la Justice sont unes. C’est pour élever les humbles qu’il disperse les orgueilleux. C’est parce qu’il est Saint, qu’il protège les pauvres et ruine les mauvais riches. C’est pour les humbles qu’il fait de merveilleux miracles. C’est pour purifier et sanctifier les justes, pour augmenter leurs mérites et leur éternelle joie, qu’Il permet leur mise à l’épreuve, pour un temps mesuré.

Les péchés mortels, ceux qui sont commis en aversion de la volonté divine,  » avec pleine connaissance et plein consentement  » sont punis par des peines temporelles, mais surtout celles de l’enfer, infiniment plus pénibles, après la mort. Les nations ne peuvent être purifiées que sur cette terre, d’où les désastres humiliants pour les peuples qui ont voulu enfreindre la Loi de Dieu, ou la mépriser.

Nous ignorons la date de ces jours où la Justice et la Miséricorde se manifesteront avec tant d’éclat. Les prophéties de Marie-Julie sont constantes, cohérentes, conformes à d’autres sources sûres. Même si notre génération n’était pas concernée par ce déluge purificateur, nous devons transmettre les informations reçues, nous préparer et préparer le prochain, en remerciant Dieu d’être si patient. Tout murmure, toute révolte, toute moquerie seraient des offenses à Sa Sage Providence qui gouverne tout  » avec force et suavité. « 

Néanmoins, il semble que des grondements font pressentir Forage. De toute façon, il vaut mieux être prêts  » Veillez et priez !  » car vous ne savez ni le jour ni l’heure, où  » II viendra comme un voleur. « 

 » J’ai voulu prévenir mon peuple, pour qu’il ne soit pas surpris. Attendez dans la confiance et l’espérance… Douter, ce serait M’offenser… Sois sûre, France, les jours et les heures sont marquées dans Mon Coeur ; encore un peu de temps et J’accomplirai Mes promesses !

Le Sacré-Coeur, le 26 novembre 1874

Marie-Julie

La mission de Marie-Julie du Crucifix

Pour ce qui concerne la vie de Marie-Julie du Crucifix, nous renvoyons le lecteur aux biographies et aux numéros de notre publication qui y sont consacrés.

Pour ce qui concerne le sujet présent, nous nous référons aux recueils originaux des extases qui nous sont parvenus, et, en particulier à l’étude (non publiée) qu’en fit le Docteur Imbert et aux dossiers Charbonnier et Bénus. Des textes ont été perdus ou sont indéchiffrables. Mais nous avons l’essentiel de ce que le Ciel tient à nous faire connaître pour Sa gloire et le salut des âmes.

Marie-Julie mérite le nom de prophète au sens le plus haut du terme. Ce n’est pas une  » voyante  » plus ou moins douée d’une intuition personnelle de l’inconnu. Son sens spirituel de discernement est très affiné. Très vigilante à ne point se laisser berner, elle supplie le Ciel de  » ne pas succomber à la tentation  » et de la délivrer de l’esprit trompeur. Elle fut toute sa vie totalement désintéressée sur le plan matériel. Ce qui comptait, c’était de bien remplir sa mission de transmission, de messagère, d’instrument de la Volonté Divine, qui n’agit à la Fraudais que pour le plus grand bien des âmes, pour leur salut éternel.

Autant prévenir le lecteur que ce qu’elle transmet va à l’exact opposé de  » la sagesse du monde « , à l’opposé des ténèbres des fausses religions, qui nient que Dieu se soit fait homme et enfin à l’opposé du  » culte de l’homme qui se fait dieu « 

La mission de Marie-Julie est de témoigner de toute sa personne, dans sa chair, par les saints stigmates, de toute son âme, de la Divinité de Jésus-Christ. Toute la décadence actuelle vient de la perte de la Foi en cette vérité fondamentale. Tout ce qui arrivera de malheur est la conséquence de cette catastrophe. Si l’on ne croit plus à la Divinité du Christ, tout s’effondre. Religion, morale, politique, tout retombe en poussière.  » Sans Moi, vous ne pouvez rien faire !  » (St Jean, XV-V) Cette parole de Jésus devrait être gravée dans nos coeurs. Elle pourrait se reformuler :  » Ne cherchez pas d’autre Sauveur ! Ne comptez pas sur les hommes ! Mon Coeur Divin seul sauvera ce royaume.  » 5 août 1879

La vie de Marie-Julie fait découvrir la profonde Sagesse du Mystère de la Croix, qui est le passage obligé de ceux qui veulent jouir du bonheur éternel pour lequel ils ont été créés. L’essentiel de son message est la démonstration de la nécessité d’obéir avec amour à la Volonté divine, telle qu’Elle se présente chaque jour d’accepter l’effort et les contrariétés de la vie, de se mettre à l’écoute de ce que Jésus, Dieu fait homme, veut nous faire comprendre de Lui-même et de Ses projets pour l’humanité.  » Souffrir, c’est apprendre Jésus-Christ.  » Mieux connaître Jésus, dans Ses mystères d’infinie Miséricorde, c’est aimer Dieu de plus en plus ; et aimer Dieu et Le servir de son mieux, c’est la sainteté ; et la sainteté, c’est réussir sa vie et aller au Ciel. C’est la porte étroite, mais c’est la seule.

 » Prier, souffrir, obéir avec Jésus  » fut sa devise. Le mot le plus important est : avec, le contraire de sans ! Avec veut dire totalement.

Toutes les révélations concernant l’avenir de l’Église, de la France, de chaque âme, se résument en quelques mots : c’est le péché qui conduit au malheur et à la mort. Le démon a reçu la permission, pour un temps, de mettre les âmes à l’épreuve. Il n’y aura de paix sur cette terre, qu’après une grande purification, parce qu’il n’y a pas d’autre salut possible pour les âmes que le recours à la Miséricorde divine, manifestée en Jésus-Crucifié, mort et ressuscité.

Marie-Julie est donc prophète de salut, au sens où elle nous indique la marche à suivre. Elle vint au nom du Seigneur : bénie soit elle.

Un prophète est en effet celui qui parle au nom et à la place de la Divinité qui l’envoie.

Un prophète témoigne de ce qu’il a vu et entendu, quand Dieu lui a révélé, par grâce, la réalité invisible aux yeux des hommes, afin qu’il fasse connaître à ses frères la Volonté de leur Père des Cieux.

Un prophète doit donc être l’instrument docile de la Volonté du Très-Haut, dont il est en quelque sorte l’interprète, le traducteur.

C’est pourquoi Marie-Julie du Crucifix a tant de mal à mettre en mots humains, les réalités surnaturelles qui s’offrent à elle, dans l’extase qui est l’absorption de l’âme en Dieu ; l’âme est ravie à elle-même, elle ne se possède plus ; hors d’elle-même, (ex-stase) elle s’envole en Dieu dans l’union d’un amour émerveillé. Elle voit et entend en Dieu ce que Dieu veut qu’elle voie et entende. Elle rapporte en langage de son temps ce qu’elle doit rapporter à ses frères.

C’est pourquoi il faut avoir grand respect pour ces paroles, dont la source sainte est indubitable, car tous les critères de crédibilité ont été dûment vérifiés. Il est dangereux donc d’en faire des interprétations trop hâtives, selon nos courtes vues humaines, surtout sur des fragments, comme c’est le cas dans de nombreuses compilations de prophéties. Il n’est pas bon d’en séparer les épisodes, pour ne pas perdre de vue le but final qui est la gloire de Dieu et le salut du plus grand nombre d’âmes possible.

Un prophète voit ce que les autres ne voient pas. Il voit haut et il voit loin. C’est pourquoi un prophète parle de l’avenir.

L’avenir, c’est ce qui attire les hommes curieux et inquiets de ce qui va leur arriver Mais ce qui va arriver est conditionné par l’attitude des hommes qui sont libres de leurs décisions. Dieu fait savoir qu’il arrivera telle chose, si telle condition est remplie ou fait défaut. (La conversion, la prière, la pénitence ou au contraire l’obstination dans le désordre et le péché.)

Les prédictions sont des avertissements pour les pêcheurs, des promesses pour les justes. Elles ont une valeur générale et ne sont donc pas datées. Dieu est infiniment libre de donner, comme de reprendre, et Sa Miséricorde est infinie. Il fait tout mesure tout, pèse tout, adapte tout, pour le plus grand bien. II est Maître absolu et  » rien ne Lui échappe.  » Par exemple, en augmentant la durée des épreuves, n augmente les mérites de Ses serviteurs, et donne aux pêcheurs le temps pour revenir à Lui. L’impatience et le murmure sont donc de sottes ingratitudes ! Dieu visite les siens à l’heure qui est la Sienne Il a dit qu’il viendrait ! Il viendra ! Relisons la parabole des vierges sages et des vierges folles. (St Matthieu, XXV-1)

Les prophéties ne sont données que pour nous préparer longtemps à l’avance et pour que nous puissions fortifier ceux qui ont besoin de notre aide spirituelle au temps de l’épreuve. C’est une grâce de la Miséricorde divine qu’il faut accueillir comme telle, et qu’il nous faut faire fructifier pour nous-mêmes et pour le prochain.

Soyons reconnaissants à la Bonté divine de nous avoir fait connaître tant de choses, sur Ses oeuvres et Ses projets. Remercions Sa servante d’avoir si fidèlement transmis le message et  » ses secrétaires  » d’avoir fourni un travail de recueil des visites du Ciel, extrêmement méritoire.

N’est-ce pas une joie pour un bon serviteur de connaître clairement la volonté de son maître, de préparer Sa venue, de se réjouir de Sa victoire annoncée. Marie-Julie mit à profit les révélations qui lui furent accordées, avec un immense dévouement. Imitons-la, sans perdre une minute.

Nous ne citerons dans ce petit recueil que les prophéties les plus explicites, concernant ce qui est, pour notre temps, l’avenir. Si de nouvelles informations nous parvenaient par la découverte de textes inconnus et fiables, nous nous ferons un devoir de les faire connaître.

C’est pourquoi, nous parlerons rapidement des prophéties  » à court et à moyen terme  » réalisées du vivant de notre amie.

Nous éviterons les commentaires, le plus possible, de même que les références à d’autres prophéties catholiques, laissant à d’autres le soin de montrer que leur cohérence est le signe d’une source commune.

Il apparaît, à l’étude approfondie des textes, que la mission prophétique de Marie-Julie est essentiellement centrée sur la période de la grande purification : crise révolutionnaire, qui, pendant environ trois ans, bouleversera l’Europe suivie du Châtiment universel des trois jours de ténèbres.  » Ce sera court, mais terrible.  » Ce sera une grande lutte entre les serviteurs de Dieu, Anges et hommes et les forces infernales et leurs complices humains. Il faut choisir son camp !

Le 25 octobre 1881, le démon criait à Saint Michel :

 » J’attaquerai l’Église, je renverserai l’Église, je dominerai le peuple, je déposerai dans le coeur un grand affaiblissement de la Foi. Il y aura un grand reniement. Je deviendrai, pour un temps, le maître de toutes choses, j’aurais tout sous mon empire ! « 

Ce même jour, Saint Michel nous prévenait du danger et nous assurait de son secours.  » Il n’y a jamais eu d’époque pareille. Il faut s’attendre et se préparer pour n’être pas surpris… Tous les démons vont se rassembler. Beaucoup sous la forme de l’homme. « 

Marie-Julie du Crucifix,

 » Saint Jean Baptiste des derniers temps « 

Pour bien comprendre la mission de Marie-Julie Jahenny, il est indispensable de faire un peu d’histoire.

Sur cette terre se livre le grand combat entre le Prince de ce monde, Satan et ses complices angéliques et humains, contre le Christ dont ils n’admettent pas la victoire par la Croix. C’est un combat perdu d’avance. Ils le savent, mais avant d’être refoulés en enfer ils veulent se venger et anéantir l’Église, qui est le Corps mystique du Christ, car ils ne peuvent plus rien contre la Tête de ce Corps, qui est dans la gloire éternelle des Cieux. Ils veulent anéantir l’humanité, en la poussant au suicide, en la rendant folle d’orgueil et de désespoir. Ils veulent tarir toutes les sources de lumière spirituelle, tout espoir de salut. En détruisant la Foi en la Divinité de Jésus-Christ ils veulent anéantir toutes les sources d’amour que sont les Sacrements, et tout spécialement l’Eucharistie, Présence vivifiante de la Tête, du Chef, au coeur même des âmes qui Lui sont fidèles. Ils veulent pour cela anéantir la Sainte Messe et la liturgie. Ils veulent anéantir tout ordre, toute hiérarchie temporelle et spirituelle. Ils ont décapité le Roi de France, la Fille aînée, le soutien de l’Église ; ils veulent par ruse et par violence, décapiter l’Église en anéantissant le pouvoir du Souverain Pontife. Ils veulent faire croire aux hommes que le pouvoir vient d’en bas, de la masse et non d’En Haut. Ils veulent leur faire croire que le salut vient d’eux seuls. Ce qui est une offense très grave envers Dieu, Créateur et Sauveur. Jamais l’orgueil n’a poussé aussi loin ses audaces mortelles, dans tous les domaines de la société. La jeunesse, totalement désorientée par la fausse science et l’ignorance religieuse, se précipite dans la drogue ou la violence.

Mais Dieu veille. Rien ne Lui échappe. Il permet la mise à l’épreuve de Ses serviteurs pour faire le tri des vrais amis et des faux. Ce tri aboutit à la préservation d’un petit nombre de vrais fidèles avec lequel il reconstruira ce qu’il a décidé d’édifier, avant la clôture du temps.

Le mystérieux équilibre entre la Justice et la Miséricorde Divine apparaît parfaitement quand on relit les annonces faites par Marie-Julie dans les premières années de sa mission de  » paratonnerre. « 

Elle est née en 1850. En 1873-1874, la stigmatisation en fait une image vivante du Christ souffrant. En cela, elle est déjà prophète au sens de révélatrice de réalités invisibles. La mission qui lui est confiée est très générale :

Prier et souffrir pour les pêcheurs,

Pour le triomphe du Saint-Père,

Pour le triomphe de I’Église,

Pour le triomphe de la France,

Pour le manque de confiance en la Miséricorde divine dans les jours de tribulation.

Son sacrifice durera jusqu’en 1941. Si sa mission posthume ne comporte plus la douleur, sa prière d’intercession pour les mêmes causes se poursuit, n’en doutons pas.

C’est bien à un terrible combat que nous assistons, et qui est annoncé prophétiquement : c’est au Christ, le Fils de Dieu, fait homme, que le combat est livré dans la personne de Son Église et de la France, soutien traditionnel de la papauté.

Nous voyons donc que cette mission n’est pas limitée dans le temps et l’espace. C’est une mission surnaturelle, universelle, Catholique, au sens parfait, qui ne prendra fin qu’à la clôture des temps.

Ce qui explique la déception de tous ceux qui ont voulu trop actualiser cette mission. S.S. Pie IX meurt en 1878, sans avoir retrouvé ses droits, non sans avoir parfaitement résisté aux attaques des ennemis de l’Église. Le Comte de Chambord meurt en 1883. Faute d’avoir trouvé le terrain favorable à la restauration de la monarchie, il a renoncé à régner sous le nom d’Henri V. La France n’avait pas assez prié, ni fait assez de sacrifices pour mériter la paix qui est le fruit de la charité.

Il s’en est suivi l’avènement de l’Impiété, sous la Troisième République. Les persécutions religieuses de 1880 ont été annoncées à La Fraudais. La séparation ou plutôt la répudiation de l’Église par l’État, en 1905, a été un drame atroce, avec son cortège de sacrilèges, pour lesquels Marie-Julie s’offrait en réparation. Tous les détails de ces épreuves ne lui furent pas cachés. Les guerres de 1914, et de 1939-1945, également annoncées, ont été des châtiments. Les désordres sont le résultat logique du refus de l’ordre. La France ingrate n’a plus voulu que Dieu intervienne dans sa vie. Elle a ainsi renié sa mission de soutien de l’Église. Elle a voulu se sauver par des moyens purement humains, oubliant qu’il n’y a qu’un seul Sauveur que Dieu a prévu de n’accorder certaines choses que par la prière et le sacrifice. La prière est une loi du monde spirituel, aussi rigoureuse que les lois physiques du monde matériel. Jésus, dans le  » Notre Père « , nous indique clairement ce qu’il faut demander. Si l’on ne demande pas le pain, c’est la famine. Si l’on ne demande pas la force contre les assauts du démon, le mal triomphe. Si l’on n’a que faire du pardon, c’est la guerre.

Mais, de son côté, le plan divin ne varie pas. Aucun bienfait durable ne sera accordé à l’humanité, avant qu’elle n’ait payé ses dettes, avant qu’elle n’ait reconnu ses devoirs envers son Créateur et Sauveur, il ne faut donc s’attendre à aucune restauration de l’ordre en France et dans l’Église avant de terribles révolutions, d’affreuses guerres, et des événements cosmiques bouleversants, il faut que l’ordre soit rétabli, sinon la terre disparaîtra par la faute des hommes, fous d’orgueil et de révolte, sous l’influence des démons déchaînés. Dieu avertit prévient longtemps à l’avance les dévoyés, pour qu’ils rentrent dans le bon chemin. Ce qu’il veut, c’est leur conversion. Pour eux, Il veut notre intercession.

Ensuite seulement après un  » grand coup de balai « , se fera un temps de Paix, où l’Église et son Chef, sa fille aînée la France  » goûteront la joie de leur Seigneur  » avant d’aborder l’ultime combat contre l’Antéchrist de la fin des temps qui sera Satan lui-même parodiant l’Incarnation du Verbe.

II est dit ante-Christ (ante signifie avant, qui précède) car sa venue doit précéder le retour glorieux du Christ à la fin des temps. Mais cet esprit n’a cessé d’être anti-christ et de chercher à détrôner Jésus-Christ.

Il n’est pas encore en forme humaine visible, mais il n’en est pas moins nocif, au contraire. Car il agit masqué ; il peut ainsi tromper et faire agir selon son plan celui qui se laisse posséder par son mauvais esprit. II ne faut jamais s’approcher de lui par le spiritisme, l’ésotérisme et autres magies. Un faux  » charismatisme  » peut être très dangereux. Voici ce que nous dit la Sainte Vierge, le 19 octobre 1911 :  » L’Antéchrist a commencé son apparition sur la terre, mais il va se multiplier. En peu de temps, il va parcourir la terre ; Il possédera les âmes et surtout beaucoup de prêtres, de religieux et de religieuses. Il entrera dans ces âmes ; Il leur fera faire des prodiges inouïs. « 

Attention aux faux miracles ! Aux fausses apparitions ! Car c’est l’esprit d’orgueil, de désobéissance, de cupidité, d’impureté intérieure ; sous couvert d’une apparence de bien, il cache sa graine de rébellion. Un possédé n’est pas forcément un agité convulsionnaire. Il y a des possessions d’autant plus subtiles et nocives qu’elles sont discrètes et même secrètes. C’est sous l’influence de cet esprit anti-christ  » multiplié  » qu’agissent et agiront les ennemis à l’intérieur de l’Église et à l’extérieur Cela explique les terribles assauts du mal et leur terrible châtiment. Pour les dépister, jugez l’arbre à ses fruits !

Pour  » tenir  » contre ces forces du mal, il faut donc :  » Prier, souffrir, obéir avec Jésus. « 

C’est-à-dire être activement fidèle à Ses commandements, aux Sacrements, à la Sainte Messe, à la prière et à la Croix de chaque jour.

Voilà résumé le sens de la mission de Marie-Julie du Crucifix. C’est un appel à la mobilisation de ceux qui doivent prier pour ceux qui sont endormis, pour ceux qui ne sont pas prêts, pour les mourants, pour les âmes du Purgatoire : c’est une convocation de l’Église triomphante, de l’Église souffrante, de l’Église militante, une sainte coalition contre les conspirations diaboliques.

En cela, elle est prophète, montrant et préparant les voies du Seigneur, comme Saint Jean Baptiste  » venu pour annoncer à son peuple le salut en rémission de ses péchés, par l’amour du Coeur de notre Dieu qui vient nous visiter…  » (Cantique de Zacharie, Saint Luc, 1, 68-79) Comme Saint Jean-Baptiste, elle nous désigne Jésus-crucifié comme  » l’Agneau de Dieu immolé poux les péchés du monde « , le seul Sauveur.  » Préparez les chemins du Seigneur ! « 

 » Veillez et Prier ! « 

Les signes précurseurs

Un veilleur est un homme de confiance, à qui l’on demande de ne pas s’endormir et d’assurer la garde sans défaillance des biens qu’on lui confie. Malheur au gardien endormi qui laisse entrer les voleurs, les vandales de toutes sortes, destructeurs des biens matériels et spirituels !

C’est la consigne que donne le Ciel à chacune de Ses visites à La Fraudais, pendant près d’un siècle.

Si nous ne savons  » ni le jour ni l’heure « , nous pouvons connaître les signes précurseurs, préparatoires des épreuves qui attendent le monde, ils se font de plus en plus précis, pour ceux qui veulent bien ne pas  » faire l’autruche. « 

1°) Les révolutions sont comme les éruptions volcaniques. Elles sont précédées de signes d’alerte. Les événements spectaculaires sont  » le réveil de l’époque assoupie.  » 9 mai 1882

Époque endormie, anesthésiée, par la recherche effrénée du confort et des plaisirs, oublieuse du sens de la vie, de ses devoirs envers Dieu et envers elle-même, époque rêvant à un avenir utopique, qui se révèle être un terrible cauchemar. Qui ne sent le besoin d’un brutal  » son de cloche  » poux échapper au coma définitif ! Si les hommes dorment, les démons révolutionnaires, eux, travaillent jour et nuit ! Leur oeuvre est souterraine et continue, avec des moments forts. Le principe de l’action subversive est l’installation d’un désordre total, alliant guerres extérieures et guerre civile.

Le grand art du mal est de provoquer les luttes fratricides, en utilisant la tromperie, l’imposture, le mensonge et l’hypocrisie. Le grand art est de faire croire à tous les hommes qu’ils sont dans le bien, alors qu’ils font le mal.  » On vous mettra mort en croyant servir Dieu !  » nous prévient Jésus. Le grand art du mal est de garder les formes du bien, mais en inversant totalement les fins. Ainsi on peut amener les croyants à servir l’Homme, alors qu’ils devraient être au service de Dieu. La Révolution est une inversion des fins, qui met en bas ce qui est en haut et en haut ce qui est en bas.

La Restauration est une remise dans le bon sens : Dieu premier servi. Elle sera l’oeuvre exclusive de Dieu.  » La France, je la sauverai Seul !  » Il ne peut y avoir de Restauration sans purification. La purification des châtiments est du ressort exclusif de la Puissance, de la Sagesse, de la Juste Bonté de Dieu. Nous ne devons pas nous mêler de nous faire justice nous-mêmes. Ce serait aggraver le désordre.

Ces grands principes ressortent avec beaucoup de force dans les prophéties de la Fraudais, qui insistent sur l’importance de la vigilance, sur le discernement des esprits.  » Il y a des loups déguisés en agneaux, de fausses apparitions, de faux sauveurs, de faux prophètes, de faux miracles.  » Veillez et priez pour obtenir la lumière et la force, car le démon avance masqué, sous les prétextes les plus agréables à l’homme.

2°) Un des signes précurseurs et préparateurs de la révolution est le chômage et ses désastreuses conséquences, incitant à la violence et au terrorisme.

 » Tous les ouvriers, dont l’emploi fournissait chaque jour une occupation qui les empêchait de se livrer au mal. Les desseins de ceux qui dirigent la France ont résolu d’enlever à l’ouvrier tout travail, tout emploi.  » (Les délocalisations en sont un exemple)

 » Mes enfants, il ne va plus y avoir de repos. Nuit et jour, les coureurs (Les agitateurs) se livrent au mal : l’incendie, l’affreux assassinat. Ils vont user de la poudre violente qui réduit en lambeaux les murs les plus solides bâtis sur la terre.  » 23 novembre 1882

 » Beaucoup de  » coureurs  » appellent les ouvriers à la révolte, à cause du manque de travail qui est leur pain de chaque jour. (Ceci entraîne une insécurité croissante) Les petites villes, comme les grandes, seront bientôt perdues par des groupes d’ouvriers qui n’ont ni asile ni refuge. Ils s’étendront partout, surtout que l’heure où ils pourront se rassasier (le pillage) ne tardera pas à sonner.

3°) L’insécurité dans les villes est encore accentuée par l’ouverture inconsidérée des frontières, la dissolution de l’identité religieuse et nationale, la pullulation de faux sauveurs,  » impies coureurs « , de sectes sataniques faisant du porte à porte pour inciter les bons chrétiens au reniement,  » prédicateurs infernaux « , faux prophètes, faux christs.

 » L’axe du commerce, la confiance « , étant brisé par la corruption et les scandales financiers, l’économie va à la faillite.

4°) La déchristianisation planifiée et massive, le rejet de la doctrine morale Catholique, l’influence grandissante de l’Islam  » La France deviendra mahomète, niant la divinité du Christ. « , du spiritisme et des cultes lucifériens seront autant de signes de cette  » gangrène  » spirituelle. Cette désintégration ne se sera pas faite spontanément, mais sera orchestrée par des sociétés secrètes et des groupes d’influence dans tous les milieux, sous le masque de l’amour de l’Homme. Ils seront acharnés à la dissolution de la civilisation chrétienne, par la corruption,  » les mauvais livres « , l’imposture ou la peur, élaborant des lois contraires à la Loi divine  » les lois impies « , séduisant ceux-là mêmes qui auraient dû la défendre, les aveuglant au point de les amener à persécuter ceux qu’ils devraient aimer. Toutes ces attaques visent à effacer de l’esprit des hommes la mémoire du Dieu Créateur et du Christ Sauveur.

Voilà les symptômes de la grande démence qui suit toutes les décapitations. À la Fraudais, le diagnostic avait été fait depuis longtemps, et les remèdes prescrits. La France n’a pas veillé et tenu compte de ces avertissements. Toute folie non contrôlée devient vite meurtrière. II semble bien que  » la grande boucherie  » soit au rendez-vous du XXIème siècle !

5°) Ces bouleversements humains surviennent sur fond de désordres de la nature ; la famine, les calamités provoquent et entretiennent les révoltes. Certaines sont d’origine humaine par pollution et destruction des équilibres naturels. Des bouleversements d’ordre cosmique (chute d’astéroïde, changements de climats, raz de marée) peuvent être la cause de grandes calamités.

Les prophéties montrent bien l’intrication de tous ces désordres. Il ne faut pas y voir comme un agenda bien programmé, mais un réseau de causes produisant un réseau d’effets.

Mais la Miséricorde divine nous permet de distinguer des grandes phases dans ces bouleversements qui sont désespérants pour les aveuglés, et au contraire porteurs d’espérance pour ceux qui y voient la Volonté de Dieu, qui permet le Mal pour le triomphe d’un plus grand bien, et ont confiance en Ses promesses.

Les grandes crises

 » La France est à la veille de son malheur et de son bonheur : le malheur pour les pêcheurs, le bonheur pour les justes. « 

 » Avant que la Paix refleurisse sur la terre, il faut qu’une grande pénitence fléchisse la colère divine. C’est le Seigneur Lui-même qui exerce Sa Justice. Il n’appartient qu’a Lui de châtier, mais en châtiant, Il purifiera la terre et son peuple. Il n’épargnera rien. Il cultivera la terre pour y semer une nouvelle semence.  » Saint Michel, le 25 mai 1877

Sur un fond général de confusion et de désordre, se détachent des  » époques « , qui sont comme les degrés d’une progression. C’est d’abord comme un orage qui gronde, puis éclate pour se terminer sur un  » grand coup  » qui ramène la paix.  » La première époque,  dit le Seigneur, c’est l’étendue des maux sur la Fille aînée de l’Église, la France.

La seconde, c’est l’Église envahie, et le commencement de la lutte terrible dans la Ville Éternelle. Cette lutte, dans la Ville Éternelle, languira cinq mois, sans que les conséquences tristes jusqu’à la mort, ne s’aggravent  » 4 mai 1882

 » Le grand réveil de l’époque assoupie ne va pas tarder à lancer son premier éclat, le commencement d’une marche victorieuse qui mettra à mort le peuple de celle qui n’a plus d’espoir de se relever, sinon le jour où celui qui est appelé son Sauveur, mettra le pied sur le Trône assigné par le Ciel. La grande révolution universelle, le commencement en sortira d’abord en France : c’est elle qui, la première, marchera à l’abîme et aussi à la résurrection. « 

 » Première crise en France. Il y a quelque temps, le Seigneur a marqué trois mois de fatals et terribles châtiments. Il abrégera beaucoup. Le prochain commencement de la mortelle crise révolutionnaire durera quatre semaines, mais l’étendue en sera immense. Le nombre de ceux appelés  » meurtriers du peuple  » sera d’une immensité inconcevable.

Lors de cette heure terrible, les étrangers, dont le désir est rempli d’une violence qui ne se possède pas, seront maîtres en France. Dès la nouvelle du fatal événement, leurs oreilles ne seront pas sourdes !

Pendant cette lutte première, en toute l’étendue de la France, il y aura liberté pour tout. Il n’y aura plus de captifs retenus pour crimes.  » 9 mai 1882

 » Les cris de désespoir et d’alarme monteront jusqu’au Ciel. Les mois du Sacré-Coeur (juin) et de Mon Sang (juillet), ce sera le signal des châtiments, guerre civile.  »  » Quand le gouvernement verra ces bouleversements, il fera comme l’oiseau, il s’envolera et passera dans un autre pays et la France se verra libre dans sa révolution. C’est à ce moment qu’il faudra fuir Paris.  » 27 avril 1877

 » Les militaires seront éloignés de France, (dans l’Est et les terres arabes) et les forces de l’ordre seront réduites. C’est pendant cette période troublée, que seront promulguées des lois infâmes, visant entre autres à établir une mainmise du pouvoir sur la religion, asservissant le clergé au pouvoir révolutionnaire, persécutant toute opposition, coupant tout lien hiérarchique avec Rome. Des révolutionnaires instaureront la mise en place d’un pouvoir totalitaire avec son régime de justice expéditive des opposants, de surveillance, de dénonciations, etc. ceci sur fond de disette du fait des récoltes insuffisantes et des calamités. (Tremblements de terre, épidémies sur les hommes et les animaux). Des pluies torrentielles entraînant de grands retards dans les cultures seront un des signes précurseurs de cette révolution.  »  » J’avertirai Mes amis par des signes de la nature. Je les préviendrai.  »  » La guerre civile et les épidémies feront beaucoup de victimes surtout dans les grandes villes.  »  » Les ennemis se battront entre eux ! « 

 » Cette loi infâme sortira avec un grand nombre d’autres. Personne ne pourra s’y soustraire, ou bien la mort au fond des prisons. Cette loi marchera sur tout ce qui est le plus sacré.  » 20 avril 1882

 » À mesure qu’elle s’étendra en France, la persécution recevra beaucoup d’aide de la part des puissances qui l’environnent, de tous ceux qui ressemblent à ceux qui, en France, livrent tout, sans pitié, au feu et au sang.  » 9 mai 1882

Un repos fort court suivra cette grande entrée dans le mal qui sera complet, surtout au Centre (Paris) et dans les environs. Le 24 mai, il se passera entre les hommes qui se disent vainqueurs et élevés en science, un éclat qui ébranlera cette Grande Ville où le sang a tant de fois rougi le pavé et ce branle ne s’apaisera pas. Tu sais que le nombre 14 a été choisi par Moi. « 

 » La seconde et violente crise commencera et ira jusqu’à 45 jours. La France sera envahie jusqu’au diocèse qui commence la Bretagne. La plus forte armée va tomber sur Orléans et envahir des espaces de terre que je ne peux limiter, dit Saint Michel. D’un seul élan, ils parviendront jusqu’aux alentours de la Grande Ville. (Paris) Ils n’y pénétreront qu’à la moitié de la crise.  » (28 septembre 1882)

Au Nord, ils iront jusqu’aux limites de la Vendée et en Normandie. La Bretagne ne sera pas envahie, mais ne sera pas exempte de tout châtiment, surtout au Nord déchristianisé, ils se livreront au pillage et à la vengeance, ils viendront de l’Est et de la Méditerranée, car il est annoncé en même temps beaucoup de troubles en Italie et en Espagne causés par des forces venues des régions orientales. Dans le Midi,  » Marseille, Valence ! quelle boucherie.  » Les régions du Nord, du Levant, du Midi, Paris seront très atteintes. Le territoire national sera partagé en deux. Il y aura des prétendants pour la restauration d’un pouvoir dans une des parties. C’est à la moitié de ces mois terribles qu’apparaîtra le Roi Sauveur. Mais il y aura un long combat de reconquête de plusieurs mois pour chasser les envahisseurs. Il n’établira pas son trône à Paris qui aura été détruit.

 » Quand l’étranger viendra fondre sur la France, ce sera par une prière révélée qu’il sera dispersé et refoulé… Ma Main invisible le foudroiera et le renversera.  » 2 octobre 1875

 » Dieu viendra en aide au Roi si puissamment que les hommes ne pourront comprendre la rapidité avec laquelle la guerre et la paix seront faites.

C’est après cela que le Roi sera amené en France par ses partisans. Il recevra du Saint Père la communication qu’il est appelé de Dieu et que la Sainte Église a besoin de son aide.

Les évêques l’inviteront aussi, car, invité par eux, ce sera comme l’invitation du Sacré-Coeur. Mais il n’y en aura qu’un tout petit nombre.  » 18 février 1876

Ce sera la  » Troisième époque « , celle du grand Coup, celle du retour à l’ordre qui ne sera pas sans souffrances. L’ensemble de ces phases devrait s’étaler sur deux à trois années. Les pertes humaines seront très importantes. Il y aura divers avertissements du Ciel pendant ces épreuves, pour ouvrir les yeux des moins endurcis. (Signes dans le Ciel, ténèbres de quelques heures, miracles…) Mais ce n’est qu’après ces semonces que le Grand Châtiment universel des trois jours de ténèbres mettra un terme aux hostilités, faute de combattants !

Ensuite le Roi, Henri V de la Croix, régnera pendant une longue période (de 25 à 40 ans) et l’Église refleurira, sous le Pontificat d’un Saint Pape. Après cette période bénie devrait se situer les grandes et ultimes épreuves de la guerre de l’antéchrist.

Les prophéties de La Fraudais concernent surtout les deux premières époques (guerre civile et invasion) et les trois jours de ténèbres du grand Châtiment universel, car elles nous sont données pour que nous préparions les esprits au combat et à la confiance, évitant toute panique.

Un homme averti en vaut deux ; un bon chrétien averti en vaut mille, car il peut par ses prières et ses sacrifices intercéder poux ceux qui seront surpris dans la torpeur de l’époque assoupie !

 » Mon peuple, demande pour le Centre, grâce et miséricorde. L’enveloppe de la mort est préparée ; il n’y a point de cercueil pour enfermer les restes du peuple malheureux.

En bien peu de temps, il ne restera guère de peuple. Les hommes seront si clairs qu’il faudra des lieues pour rencontrer une seule âme, surtout dans le midi, dans les grandes villes, dans le Centre. Il n’y aura plus guère que quelques âmes cachées sous terre qui auront pu échapper. La terre sera désolée, empoisonnée de cadavres, toute remplie du sang des chrétiens.

Un Miserere, Mon peuple, pour le Centre, pour le Midi, pour Lyon, Toulouse. Un Miserere pour les soldats, les enfants restés sur la terre d’exil entre la vie et la mort. Pour Mes prêtres, Mes serviteurs et Mes servantes ; un De profundis pour les pauvres âmes qui expirent là, sans prêtres, sans Sacrements. Voilà ce que Dieu vous demande pour ses chères âmes qu’Il a rachetées de Son Sang !  » 20 septembre 1881

Certains lieux seront plus sûrs.  » La Bretagne sera protégée par la Sainte Vierge, mais selon la mesure de la Foi «  » Notre-Seigneur la fit gardienne de notre Bretagne et elle obtint de Son Fils une large protection en tout temps ; mais le Seigneur poursuit ceux qui ont mis de côté la Foi, pour suivre les mouvements du temps présent. Cinq fois, la Bretagne sera traversée et retraversée par ceux qui portent partout le désordre… Dans le Nord de la Bretagne, il y aura un peu plus à souffrir. Là le mal sera proportionné : il y restera une lisière où chacun aura permission de marcher sur ses terres. Sainte Anne protégera la région d’Auray, il y aura des punitions pour les rebelles, mais les justes ont la destination d’être protégés. La région du Mont Saint Michel sera relativement protégée. « 

 » La Vendée sera protégée, sauf sur les frontières, au midi. Mais nombre de Vendéens verseront leur sang, car ils ont conservé leur Foi « 

 » Nantes aura moins à souffrir. Le diocèse sera comparativement protégé, mais nulle grâce pour les impies et les mauvaises familles ! D’autres malheurs à partir de Nantes vers le Sud. Pontchâteau sera épargné à cause du Père de Montfort La Fraudais, le jardin de Marie sera protégé. « 

 » Le couchant, (l’Ouest), depuis la chapelle de Lourdes jusqu’au Nord sera épargné, sauf Bordeaux (épidémies). « 

 » Toulouse sera épargnée à cause de Sainte Germaine de Pibrac, mais elle n’est pas au bout de ses peines. Mende et Rodez seront épargnées. « 

 » Saint Martin de Tours protégera surtout ceux qui le prieront. « 

 » À Lourdes, il y aura une protection pour les justes, mais je punirai le peuple ingrat qui donnera à boire aux animaux l’eau de la source que j’ai fait jaillir. Là, le peuple sera bien malheureux. On le fera souffrir, parce que je suis apparue en ce lieu. Les animaux des profanateurs perdront la vie. « 

Nulle contrée ne sera totalement exempte de tribulations.

 » Il y a du mauvais monde partout, et Dieu connaît le fond de tous les coeurs. «  » Chaque endroit est désigné par le Doigt de Mon Fils, sur la page d’un livre caché sous Sa tunique divine. Sa Miséricorde serait prête à se laisser toucher, mais si peu d’âmes prient, un si grand nombre l’outrage.  » 24 mars 1881

Mais le seul véritable danger est de perdre son âme : la seule protection indispensable aux yeux de Dieu,  » c’est l’état de grâce. Il faut toujours être prêt. « 

C’est la Sagesse de Dieu qui décidera du sort des victimes de ces immenses épreuves, selon leurs mérites ou démérites.

Beaucoup d’âmes recevront la récompense de leur martyre.

Beaucoup d’âmes seront sauvées in extremis, acceptant la justice divine comme le Bon Larron. Ceux qui auront à souffrir feront leur Purgatoire sur la terre.

Seuls ceux qui rejetteront, librement et obstinément, les offres de la Miséricorde se condamneront eux-mêmes, se rendant complices du Démon et subissant son sort.

Les prophéties de La Fraudais sont de grands appels du Ciel au retour des âmes, à la conversion, à la vraie vie. Elles nous demandent de nous joindre à la mission de Marie-Julie pour obtenir les grâces de force et de confiance pour ceux qui en amont le plus besoin dans cette terrible confusion, pour que tous acceptent la volonté de Dieu manifestée dans ces grands événements.

 » Il faut que tout soit perdu sans ressources pour que l’on voie bien que le salut sera venu de Lui seul. « 

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La crise révolutionnaire en Europe

La France ne sera pas la seule à subir l’épreuve. Les bouleversements seront mondiaux.

En Europe, les pays de tradition Catholique seront les plus touchés par les désordres et les persécutions.

En Italie :

L’anarchie intérieure aura raison des gouvernements. Les invasions extérieures, qui en sont l’accompagnement presque obligé, amèneront au pouvoir pendant trois années des forces antichrétiennes qui feront beaucoup de mal à l’Église et au Pape d’alors, qui sera martyrisé.

À la tyrannie d’un  » gouverneur  » italien, succédera la tyrannie d’un personnage appelé Archel de la Torre.

 » Il ne viendra d’aucune région d’Italie. Il traversera la Perse et la contrée qui se trouve en deçà (Iran-Irak). Il entrera en Italie vers la moitié de la seconde année, de celle qui touche à l’année terrible, mais qui ramènera la paix.

Il régnera pendant un an et demi, au milieu des plus atroces renversements de tout. Ensuite, une lutte, sans roi ni chef, se soulèvera en un petit nombre qui s’en voudront les uns aux autres jusqu’à la mort. Ce n’est que l’année suivante, qu’un roi chrétien sera placé sur la terre d’Italie. « 

En Espagne :

Ce pays catholique connaîtra aussi des troubles.

Elle sera attaquée par les tyrans maîtres de l’Italie, qui veulent faire de la Méditerranée leur domaine (Islamique ?) ils attaqueront la région de Valence, ils seront refoulés au bout de 40 jours.

 » Sur l’Espagne aussi le Ciel a ses desseins. C’est le roi de ce Royaume, qui, avant deux années écoulées, ne craindra pas d’appeler hautement le frère de la vraie couronne royale, dont les deux drapeaux et les espoirs sont semblables (Henri V). Vers le début de cette époque, ce roi catholique se verra forcé d’abandonner son royaume pour quelques mois, et de se retirer à l’abri des poursuites ; mais le temps ne sera pas long avant qu’il puisse rentrer… Cette rentrée sera un vrai triomphe qui ranimera sa Foi et son Espérance.  » 16 mai 1882

Les deux rois uniront leurs forces pour aller au secours du Pape qui sera alors en grand danger.

L’Allemagne : Elle aura aussi des mois sanglants.

 » Mes enfants, priez pour l’Allemagne qui se rend, de jour en jour, plus coupable et pour le peuple qui borde ces contrées : ce peuple se creuse et se prépare dans l’abîme un avenir épouvantable à la suite de ces deux terres dont j’ai parlé déjà. Bientôt ce sera terrible et le sang y coulera pendant six mois et dix jours.  » Notre-Dame, le 25 août 1882

L’Angleterre :  » À cette époque, l’Angleterre aura trahi son peuple sous l’empire d’une reine ; à sa descente du trône, les choses ne se feront pas comme le Seigneur l’exige.  » 18 mai 1881

 » Mes enfants, avant même, peut-être que la première crise de la Fille aînée de l’Église ne soit commencée, il y aura des nouvelles douloureuses de ces peuples : Angleterre, Perse, Jérusalem. Tous auront subi de grands maux.

Mes enfants, je prévois qu’à la sortie de ce trouble, il y aura un nouveau règne pour la terre anglaise et un choix se fera, quand, soudain, la mort viendra frapper ceux qui ont en main le gouvernail de ce Royaume. Pour cette terre, il se fera bien du mal et elle sera divisée en quatre parties, car leurs volontés ne s’accorderont nullement. Le choix des Catholiques sera rejeté.  » 25 août 1882

L’Angleterre reviendra au Catholicisme, après les châtiments.

 » Le pays qui aura été visité par son Roi (la France) ne pourra s’empêcher, à cause de sa charité, d’envoyer ses enfants au secours de ce peuple en péril. Le Dieu des armées saura les protéger. Ce royaume et la défense du Lien de l’Église seront les seuls endroits où il voudra bien prêter son secours. « 

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La passion de l’Église

N’oublions jamais que les entretiens du Seigneur Jésus, de Notre-Dame, de tous les visiteurs du Ciel, représentants de l’Église triomphante, avec Marie-Julie du Crucifix ont pour but de nouer des liens de coopération avec l’Église militante de la terre, en butte aux derniers assauts des forces infernales avant la fin des temps. Lucifer sait que son temps est maintenant très court pour attaquer l’oeuvre du Christ, pour détruire Son Épouse, le Corps Mystique dont Il est la Tête : l’Église, Une, Sainte, Catholique, Apostolique et Romaine. Il s’attaque donc à toutes ces notions pour en briser l’harmonie, II veut la briser en morceaux, la souiller par l’amour du monde, des richesses, des pouvoirs. Il veut la réduire à un insignifiant  » culte de l’homme « , pour mieux ensuite se faire rendre un culte à lui-même. Il veut détruire la transmission de la doctrine traditionnelle et des pouvoirs des Apôtres. Il veut détruire la Papauté : le Lien de la Foi, le Souverain Pontife, Vicaire du Christ.

Depuis le combat qui l’opposa à Saint Michel, le combat entre les deux cités n’a pas cessé. Il ne cessera qu’au Jugement dernier. L’heure n’est pas venue. II y a encore beaucoup de batailles à livrer ! Qui ne voit pas pourquoi tout va si mal, ne peut rien comprendre aux événements !

C’est une des grandes leçons que nous donne le Ciel par Marie-Julie, son porte-parole. Elle eut personnellement fort à faire avec  » Quéquet « , avec l’ennemi juré du genre humain ! Sa vie, ses prophéties, les enseignements du Ciel entravaient les progrès de son entreprise d’endormissement des hommes pour les séduire, les porter à l’abandon des moyens de lutte donnés par le Christ : la prière et les Sacrements, surtout la Sainte Messe qu’il veut détruire à tout jamais. Ses méthodes sont toujours les mêmes : tromperie et violence. C’est le grand calomniateur. Il dit le contraire de la Vérité avec l’intention de nuire. Il est l’anti-Verbe de Vérité, anti-Christ.

II a trompé les hommes par l’orgueil de la Science sans conscience, qui ne compte que sur la raison, nie la Révélation et est ainsi source de toute ingratitude envers Dieu Créateur et ordonnateur de toutes choses : C’est à l’époque de Marie-julie qu’ont déferlé sur le monde, les théories de Darwin réduisant l’homme au statut de  » singe  » évolué par hasard, les théories de Freud réduisant l’esprit de l’homme à la sexualité, les théories de Marx réduisant l’homme à son statut matériel. C’est un torrent de confusion et d’ingratitude envers Dieu qui a déferlé sur le monde à partir de la fin du XIXème siècle. Sous le masque de  » l’élévation  » de l’homme libre, l’esprit anti-christ l’amène au nihilisme, au néant au suicide désespéré. II est  » la perdition, le mensonge, la mort « , l’adversaire de Celui qui est  » la Voie, la Vérité et la Vie. « 

Des générations d’enfants ont été alimentées de ces tromperies et rejettent toute bonne nourriture spirituelle. L’enseignement religieux a été étranglé et souvent subtilement falsifié, avec une progression et une subtilité vraiment diabolique. L’esprit anti-christ veut d’abord que l’homme se fasse l’égal de Dieu, puis l’adore lui-même comme tel. Le culte de l’homme est l’inversion à 180° de la vraie religion. C’est pourquoi ceux qui gardent la bonne orientation sont considérés comme  » ennemis de l’humanité « .  » On vous mettra à mort en croyant servir Dieu.  » Combien de personnes dupées parce qu’ignorantes de la Vérité, croient servir la bonne cause, alors qu’elles lui tournent le dos. L’ignorance religieuse est un fléau terrible. Cette ignorance alliée à l’élévation du niveau de vie matérielle explique l’effondrement des vocations, l’apostasie générale, la défection des prêtres et des consacrés, etc. La persécution par endormissement est plus efficace que les violences. La fascination du serpent précède l’étouffement.

Mais sur le petit nombre qui tente de rester éveillé et fidèle, les forces du mal et leurs complices humains déchaînent leurs assauts : violences physiques, morales, profanations, sacrilèges ne se comptent plus.

Marie-Julie a été contemporaine des persécutions de 1880 et de 1905. Elle a fait don de sa vie priante, souffrante et obéissante, en réparation des offenses inouïes faites à Dieu, comme contre-poids et pour obtenir aux fidèles la grâce de l’éveil. Ses extases rapportent les déchirantes plaintes du Seigneur bafoué, du Sacré-Coeur, insulté, souffrant par-dessus tout du mépris des hommes pour la plénitude qu’il vient leur offrir. Ces persécutions n’ont été que des avant-coureurs des épreuves vraiment terribles annoncées pour le grand coup à venir. « 

Les prophéties de Marie-Julie portent sur tous ces aspects de la  » Seconde Passion  » du Christ. Il faudrait des livres pour les rapporter. Ce n’est pas nécessaire de remuer toute cette boue. Nous sommes les témoins vivants de cette lente agonie. Nous devons compatir, souffrir avec Jésus, de tous ces scandales, de toutes ces impostures, de tous ces manquements non seulement à la Foi et à l’Amour de Dieu, mais à la simple raison.

Marie-Julie nous conjure, au nom du Ciel, de rester fidèle à la Tradition, à Sa doctrine de Vérité, aux Sacrements de Vie, à la Sainte Messe, elle qui ne vécut pendant des années que du Pain Eucharistique.

Pour les temps à venir, elle nous prévient d’avoir à faire des  » provisions de grâce « , en communiant pour les jours où il ne serait plus possible de le faire, en communiant pour les pêcheurs qui ont tant besoin de ces grâces. Les premiers chrétiens mettaient tout en commun. Partageons nos grâces, pour les vivants et les morts, pour les amis et les ennemis. C’est un grand acte de charité catholique qui veut dire universelle, sans restriction. Partager l’Infini ne l’ampute de rien.

 » Ce sont ces Saintes Communions d’aujourd’hui qui, dans un avenir prochain, quand il n’y aura plus de Pain Sacré, plus de Corps adorable pour soutenir les forces défaillantes, ce sont ces très Saintes Communions d’aujourd’hui qui donneront à Mes chères âmes la force et le courage d’affronter, dans la charité, le péril et le danger ; mais elles ne périront pas. Cette Manne Sacrée les élèvera au-dessus du péril, et les tiendra suspendues au-dessus du danger.

Elles accompliront, ces chères âmes, des actes de dévouement, même pour ceux qui ont été leurs épines. Ces épines auront été Mes épines, celles qui perceront Mon Coeur et Le percent déjà. Il n’y a, âmes fidèles et bénies, que vos approches qui puissent en guérir les piqûres, par la Sainte Communion, et en soulager les douleurs.  » 22 juin 1882

 » La communion spirituelle produit dans l’âme de grands fruits. Mes enfants, il y a des âmes qui ont gagné dix mille fois plus de mérites que par la communion sacramentelle, soit à cause de l’absence de prêtres, soit qu’elles aient été repoussées par l’autorité. « 

À l’heure où les injustes  » excommunications  » se multiplient, à l’heure où les bons prêtres vont se faire rares, il est bon de se souvenir de cette grande grâce. Bien entendu, il faut tout faire pour soutenir les bons prêtres, en encourageant spirituellement et matériellement leur très héroïque mission, et en assistant physiquement à leurs liturgies, même et surtout si cela demande des sacrifices. Il n’y a rien de plus douloureux pour un vrai prêtre que de ne pouvoir donner et servir.

C’est me époque de vie des Catacombes que Marie-Julie nous prédit. Préparons des refuges pour les prêtres fidèles. Assurons leur survie, comme au temps de la Révolution ; les épreuves qui viennent seront bien pires.

 » Profanation des croix et des temples, mais ces derniers seront conservés ; profanation du Saint-Sacrement. Le démon veut tout détruire. Il ne veut pas laisser pierre sur pierre, mais il ne le pourra pas. Nos temples seront gardés. Des enfants n’ayant pas encore l’âge de raison insultent Dieu avant de Le connaître et le blasphèment. « 

 » Au moment de la persécution, ils seront Mes plus cruels ennemis  » dit Jésus. Ils parcourront les rues en portant ces sentences :  » Mort au Christ ! « ,  » Mort aux chrétiens « .

Bientôt vous verrez Satan et les suppôts de Satan parcourant la terre. Ils veulent anéantir jusqu’au Nom de Jésus, ils veulent tout faire disparaître. On va briser les croix même là où repose la poussière des chrétiens et on fera subir à cet arbre divin les insultes les plus grossières et les plus raffinées… Mon Coeur est comme réduit en miettes et dans une mare de sang. Je souffre des douleurs plus cuisantes que celles de Ma première Passion. « 

 » Ce temps qui vient n’aura jamais eu son égal sur la terre. Le Ciel s’entrouvrira et laissera voir les traits de Ma Justice irritée… Un grand nombre apostasiera, Je n’aurai plus qu’une petite poignée d’âmes.

Même dans les âmes chrétiennes, la charité diminue, aujourd’hui, les parents en grand nombre élèvent l’âme et le corps de leurs enfants pour les supplices éternels.  » 19 juillet 1906

 » Mes enfants, je vous demande de ne jamais fouler aux pieds la Croix, de ne pas suivre l’exemple d’une foule immense qui va préférer damner son âme pour sauver son corps. Votre refus adoucira vos bourreaux.  » 2 février 1882

 » Il y a une loi à laquelle on veut en venir. Les ministres de Dieu seront poursuivis. Ils seront dévalisés, dépourvus de tout ce qui leur est absolument nécessaire. Viendra le temps où on les forcera de se vêtir comme l’homme ordinaire pour échapper à l’infernale cruauté de leurs ennemis.

 » Ces ennemis veulent que l’église soit le théâtre de danses infernales. Voilà ce à quoi ils visent, et cela sera, trop malheureusement, surtout dans ces villes où la Foi est dégénérée. Il y aura même des prêtres qui n’auront pas le courage de défendre la religion. C’est pour Dieu, la peine la plus déchirante. C’est la célébration des Mystères de la Sainte Religion qui fait enrager le plus ces ennemis. Ils offriront de l’argent à ceux qui quitteront l’Église.  » 29 septembre 1879

« Ma douleur la plus profonde, c’est devoir cette sorte de joie de coeurs chrétiens – qui ont été chrétiens, mais qui ont perdu la grâce – c’est de voir cette joie quand la puissance des hommes mortels va ordonner dans tout ce royaume, une religion affreuse, opposée à celle qui existe aujourd’hui et qui fait le bonheur de Mon peuple.

 » Je suis inconsolable. J’y vois courir, pour se soustraire à la mort et s’arracher aux supplices imposés, des multitudes de chrétiens. Je les vois embrasser cette religion d’un coeur joyeux, sans réflexion sur Moi, sur l’Église, sur leur Baptême et sur tout ce qui fait du bien à l’âme chrétienne… En manifestant ces signes à Mon peuple (les avertissements), je veux reprendre Mon peuple, avant de le punir, car Je l’aime. Du haut de Ma gloire, je vois entrer avec empressement dans cette religion coupable, sacrilège, infâme, en un mot semblable à celle de Mahomet. (parce qu’elle nie la divinité de Jésus-Christ) j’y vois entrer des Évêques. En voyant ces Évêques, beaucoup, beaucoup, et à leur suite tout le troupeau, et sans hésitation se précipiter dans la damnation et l’enfer, Mon Coeur est blessé à mort, comme au temps de Ma Passion. Je vais devenir un objet d’horreur pour la plus grande partie de Mon peuple. Toute la jeunesse sera gâtée et bientôt tombera dans une putréfaction dont l’odeur sera insupportable.  » 9juin 1881

 » Avant que le châtiment de Mon Fils Adorable ne tombe sur la terre de France, il y aura beaucoup d’âmes qui perdront la Foi. Cette terre sera comme couverte de masses d’hommes coupables qui, du fond des loges, vont travailler à glorifier Satan, à lui élever des lieux de culte dans la plus grande partie de la France.  » 22 août 1882

 » En ces années, dit Satan, je ferai beaucoup de révélations. Il sera impossible de démasquer mon langage. J’imiterai trop bien toutes les paroles du Christ et Ses révélations. En chargeant ces âmes, je veux perdre beaucoup de prêtres pieux, les égarer profondément dans toutes ces choses. Je veux en perdre aussi beaucoup qui ne sont pas prêtres. Si je ne parviens pas à perdre ces âmes, je perdrai au moins leur réputation ; je les ferai charger de lourdes calomnies ; je les ferai dénoncer jusque devant les conseils des lois humaines.  » 28 juin 1880

Ces révélations seront à publier sous peine de mort, ce qui désignera leur source, leur origine diabolique. Leurs aspects subtilement contraires à la vraie doctrine, n’échapperont pas aux vrais chrétiens, à ceux qui s’efforcent de se former en profondeur.

Répétons-le : l’ignorance religieuse est le plus grand fléau de nos temps pourtant si riches en moyens de formation. D’où l’extrême importance de maintenir, de créer des publications authentiquement catholiques. On ne peut aimer ce que l’on ne connaît pas !

 » Les ennemis ont dessein de décréter le 29 juin une loi pour les prêtres et de les appeler en réunion pour leur imposer cette loi et les y soumettre. Ils devront jurer, main levée, foi et confiance aux lois de  » leur divinité. « 

Cette  » divinité  » sera le  » nouveau messie « , celui qui doit remplacer le Christ jugé  » méprisable et incapable de faire le bonheur des hommes.  » Ce nouveau Messie ne sera autre que le démon, II est déjà l’objet de cultes encore discrets, mais qui se montreront brusquement au grand jour, quand tout sera prêt !

La substitution se fera subtilement de façon à ne pas éveiller les endormis. Le remplacement du culte de Dieu par celui de l’homme  » premier servi  » est la première phase destinée à aveugler les pasteurs. Le troupeau suivra, de gré ou de force ! On commence par fraterniser avec ceux qui ne croient pas au Christ (Juifs et Musulmans). Alors, puisque le Christ étant gênant, on Le supprime ! Dans l’ouverture au monde athée, c’est Dieu qui est gênant, on Le supprime ! Reste l’Homme, c’est-à-dire rien par lui-même. Et comme l’homme cherchera toujours quelqu’un à adorer, il se tournera vers celui qui lui promet tout le bonheur pour tout de suite : le Menteur. Le vilain tour est joué.

 » En plusieurs villes de France, se tiendront des réunions de pasteurs très nombreux au sujet d’un appel fait par une loi impie et coupable. Mes enfants, parmi ces nombreux apôtres de France, je n’en compte que trois qui seront absolument dignes et qui se déclareront hautement, en public et avec volonté formelle, pour le côté que Je veux, malgré la grande opposition des hommes Le germe de la Foi ne sera pas détruit ; il restera… Le mal aura son triomphe complet, mais le bien ressuscitera dans toute son épaisseur.  » 12 octobre 1882

 » L’Église va souffrir des persécutions telles que l’enfer n’en aura jamais inventé de plus cruelles.

 » Bientôt, dans de grands endroits de cette terre des morts, il n’y aura plus de sanctuaires. Les apôtres auront pris la fuite. Les âmes saintes pleureront sur les ruines et les abandons ; Voyez combien on M’insulte et combien on M’offense… Il y aura un acharnement d’enfer contre la dévotion au Sacré-Coeur. « 

 » Il y aura un livre de la  » seconde célébration  » écrit par ces esprits infâmes qui M’ont de nouveau crucifié et qui attendent le règne d’un nouveau Messie pour les rendre heureux. Beaucoup de saints prêtres refuseront ce livre scellé des paroles de l’abîme ; malheureusement, il y en aura qui l’accepteront, et il en sera fait usage.  »  » Des Évêques trahiront. Ils donneront leur force et leur vie au gouvernement fatal. « 

 » Aujourd’hui, Moi, Dieu Créateur, Je perds toute l’autorité de Mes Puissances. Aujourd’hui, Je suis le plus méprisé et considéré comme le plus incapable des hommes. « 

 » En peu de temps, sur la terre menacée et qui n’est plus solide, car les blasphèmes l’ont ébranlée, les iniquités et les crimes l’ont comme séparée lambeau par lambeau ; en peu de temps sur la terre française, Je ne serai plus reconnu ; Ma dignité adorable sera profanée. On Me fera plus qu’on ne M’a fait au jour de la Passion ; on ne M’avait donné qu’un manteau écarlate. Avant que le siècle soit fini, longtemps avant, on M’aura couvert de toutes sortes d’injures.

La religion que J’ai établie, l’Évangile que J’ai prêché, tout cela, on le déchirera sous une forme épouvantable, à faire frémir, et l’on jettera toutes ces choses infâmes sur Mes épaules et sur tout Mon Corps Adorable. On changera Mes souffrances et Mes plaintes de Ma Passion, en des écrits qui feront trembler le coeur des justes et leurs cimes se fendront de douleur, comme la montagne, le jour de Mon Crucifiement. Avant que l’année qui porte un chiffre de consolation à Mon Peuple français, avant que cette époque soit sonnée, les saints sacrifices des autels auront pris une forme infernale. « 

 » Dans les rues, dans les villes, dans les campagnes et dans toutes les bourgades, le poison infect de ces maudits ouvrages va se répandre avec une immensité et une rapidité plus ardente que la marche du soleil, du lever au coucher.  » 21 juillet 1881

La subversion satanique voudra obliger les catholiques à renier Jésus comme Dieu-Sauveur, comme le seul Messie, l’Oint de Dieu.  » Jésus  » signifie pourtant :  » Dieu sauve  » Une  » messe  » contenant de telles affirmations sera l’absolu opposé de la Sainte Messe véritable qui est tout entière fondée sur la Foi en la Rédemption par le mystère de la Croix. Cette ultime profanation de la Messe, avec atteinte sacrilège au nom propre de Jésus portera ouvertement la signature de l’Ennemi. II faudra être bien aveuglé pour ne pas s’en rendre compte. Mais ce projet de fonder une religion  » oecuménique  » est déjà bien lancé et fait effectivement la joie des  » esprits les plus ouverts  » aux utopies qui mènent au gouffre.

Le seul remède à tous les pièges est la fidélité absolue à la Sainte Messe codifiée par Saint Pie V. C’est un roc inexpugnable, immuable, divin en son principe, en ses moyens et en sa fin. Les hommes se briseront contre lui et il écrasera l’orgueil de Satan.

Tout le combat de résistance et de renouveau devra se concentrer sur la restauration universelle, catholique de l’authentique et seul Sacrifice. Le Triomphe de l’Église, du Saint Père, de la France passeront par le triomphe de la Sainte Messe. C’est pour elle que Marie-Julie s’est sacrifiée. Si intégrité veut dire vérité pleine et entière, soyons donc, comme elle, intégralement fidèles au Credo catholique. Répétons souvent comme elle :  » Le Verbe s’est fait chair et Il a habité en nos coeurs.  » Celle affirmation met en fuite les démons les plus redoutables. C’est la plus belle expression de l’action de grâces. L’esprit de gratitude, d’action de grâces, c’est le contraire de l’esprit du mal. C’est son contre-poison.

 » Dans le Midi, à Lyon, il y aura des représentations infâmes de la Messe, des profanations. À Lyon et dans d’autres endroits il y aura des apparitions sataniques ; il y aura des cultes de déesses infâmes, de faux miracles qui tromperont beaucoup de monde. Les évêchés, les monastères seront pillés. Les croix seront brisées. Des tabernacles profanés. Les enterrements religieux seront interditsLes sacrements seront parodiés. Des baptêmes sacrilèges seront institués. Il y aura beaucoup d’âmes possédées qui feront grand bruit et feront des prophéties de bonheur… Les ennemis feront fouler au pied la croix. Profanations à Lourdes. On s’acharnera contre la dévotion au Sacré-Coeur.

Le cloître de Paray le Monial sera incendié. A Paris, le Sanctuaire de Montmartre servira de salle de conseil et de théâtre aux révoltés.

Mais la Sainte Vierge protégera Notre Dame des Victoires… Toutes les statues miraculeuses de Notre-Dame reprendront une mission toute puissante sur les lieux qu’elle protège et qu’elle conserve.

En un mot, c’est un torrent infernal qui s’abat sur la France, avec une violence pire que lors de la révolution de 1793. Mais Dieu veille !

La passion du lien de la foi

Dans les extases, les papes ont été désignés comme Liens de la Foi, c’est-à-dire lien des vérités à croire, lien du Credo.

Lier signifie attacher, unir, réunir et maintenir dans une cohérence solide.

Le Credo est une gerbe de vérités. Les grands dogmes de la Création, de la Rédemption, de la Sanctification sont indissociables immuablement et éternellement car ils concernent des réalités divines. Ces grandes vérités fondatrices sont reliées entre elles par le dogme de l’incarnation. Jésus-Christ est le Lien entre toutes ces merveilleuses vérités. Il en est le garant. Il a prouvé par Ses miracles et Sa Maîtrise toute puissante qu’il est vraiment Dieu.

S’attaquer au Credo, ne serait-ce que sur une seule des vérités, c’est attaquer Jésus, Le défigurer.

Le rôle du Pape est d’être le gardien de l’intégrité du Credo, dans son énoncé, et dans la liturgie qui en est la mise en pratique.

C’est pourquoi l’enfer et ses complices se livrent à des assauts terribles contre la Papauté légitime.

Marie-Julie a vécu sous 6 pontificats :

S.S. Pie IX (1846-1878)

S.S. Léon XIII (1878-1903)

S.S. Pie X (1903-1914)

S.S. Benoît XV (1914-1922)

S.S. Pie XI (1922-1939)

S.S. Pie XII (1939-1958)

Elle sacrifia sa vie pour tous et pour l’institution pontificale qu’elle savait en péril, particulièrement dans la période de la grande révolution et des châtiments.

Elle fut la servante très obéissante de 6 Évêques du diocèse de Nantes. Elle avait le plus grand respect pour leur personne et leur fonction de représentant légitime de l’autorité divine du Christ.

Elle commença sa vie d’âme-victime sous le pontificat de S.S. Pie IX, qui fut lui-même une victime de l’athéisme militant de cette fin du XIXème siècle. Les États pontificaux lui ayant été arrachés, il se constitua prisonnier volontaire au Vatican. Elle pria et souffrit pour qu’il retrouve ses droits. II mourut en 1878. Ce n’était donc pour le triomphe de Pie IX, nommément, qu’elle était immolée, mais pour le triomphe de la Monarchie papale comme signe de l’autorité divine du Christ. Un seul Pasteur pour un seul troupeau. Il y aura toujours un pape dans l’Église, même si le siège peut être vacant quelque temps. C’est pour la victoire glorieuse de cette institution, aussi durable que l’Église à qui Dieu a promis la pérennité, que Marie-Julie du Crucifix a  » prié, obéi, souffert avec Jésus. « 

Les textes des extases de toute sa vie sont des supplications pour le Pape régnant, dont elle perçoit les angoisses et les souffrances. Elle ne décrit jamais un Pape triomphant sur cette terre. Les papes successifs qu’elle a charge de soutenir sont des pontifes qui doivent combatte de grands périls intérieurs et extérieurs, faire face à l’impiété montante et aux dangers de la subversion dans l’Église même. Certains témoigneront par leur martyre.

Dans les textes que nous avons, elle n’évoque pas directement les faux papes, ni le Concile. Elle parle peu du Grand Pape qui fera refleurir l’Église, qui réalisera en personne le Triomphe du Saint Père tant désiré, avec l’aide du Roi : d’abord le combat, ensuite la consolation !

 » Mes enfants, vous lirez beaucoup de lettres, écrites par des prêtres de France, comme ne désapprouvant pas les lois du gouvernement. Le Lien de la Foi, à la vue empirante des mauvaises lumières, fera un appel de Foi au clergé français, comme s’il leur disait :  » Prenez la Foi comme arme et bouclier ; avec elle, vous vaincrez tout ce qui s’oppose à la loi ecclésiastique

Il y en a qui répondront à son appel, mais pas tous. Beaucoup resteront sous la mauvaise emprise, et les vrais prêtres seront en nombre très petit.

Mes enfants, le Seigneur qui voit une perte innombrable d’âmes chrétiennes, fait en ce moment, tous ses efforts pour montrer le péril et la gravité des temps qui s’appuieront sur la pierre révolutionnaire.

Et la Flamme ajoute :  » révolution rouge.  » 12 octobre 1882

 » À Rome la tempête sera la plus noire. L’orage de Rome sera encore pire que l’orage de France. Toute la colère de l’impie est à Rome. Toute la colère de l’impie est concentrée sur le Saint Siège. Les châtiments commenceront par Paris.  » 8 décembre 1874

 » Toute la peine de Jésus, c’est que des Pères de l’Église trahiront le divin Sauveur au milieu des châtiments. «   16 avril 1877

 » L’Auguste Vicaire n’attend plus qu’un miracle, ainsi que tous ses enfants de la Foi. Sans ce Miracle, rien ne peut se faire, rien ne peut rentrer dans le jour de la paix profonde. « 

Saint Michel :

 » Le Seigneur voit tout le mal qui veut triompher, il voit Satan faire ses tentes sur la terre et rassembler ses amis pour achever le dernier effort de renversement. Jamais une époque ne fut si terrible, mais n’en soyez pas effrayés ! Je marcherai sur la ligne droite avec vous. Je marcherai de cette ligne de la France sur Rome avec mon épée flamboyante…

Je viens exterminer les impies par ordre du Seigneur.

Guerre au Christ et mort à l’Église ! voilà ce qu’ils chantent, les impies !

Ce sont les justes qui prolongent l’existence des malheureux. Sans leurs prières, l’heure de Dieu ne serait plus suspendue.

C’est le Saint Sacrifice de la Messe qui apaise la colère irritée du Seigneur.  » 29 septembre 1879

 » La foule gronde autour du Vicaire de Jésus-Christ. Une assemblée de Pères de l’Église formera ses conseils contre le Père de l’univers. Il sera remis, aux mains du gouverneur dont dépend le Saint Père, une pièce écrite et travaillée par des mains qui, bien des fois, auront touché le Corps du Christ. Cette pièce écrite comprendra trois choses :

1°) Que le Pape laisse une liberté plus grande à ceux sur qui il règne avec son autorité de Pontife.

2°) Nous nous sommes réunis et nous avons été d’avis que si le chef mortel de l’Église fait appel à son clergé romain pour reformer la Foi plus forte ; si l’on veut nous obliger à répondre ; si l’on déclare à la face des puissances de la terre, qu’il doit y avoir obéissance et soumission, nous déclarons vouloir garder notre liberté.

Nous nous considérons comme libres de ne rien faire de plus aux yeux du peuple, que ce que nous faisons actuellement et que c’est nous qui ferons tout.

Une douleur amère et déchirante attend le Pape, devant l’insoumission et la désobéissance qui répondront à l’appel de son coeur. Ce ne sera pas de vive voix qu’il aura fait cet appel, mais par écrit.

La voix de la Flamme déclare que la troisième chose écrite fera frémir le petit peuple de la terre. Elle proviendra du clergé qui aspire à la large liberté : du clergé de France, d’Italie, de Belgique et de bien d’autres nations que Dieu fera connaître. Ceci ira s’aggravant devant le peuple qui pourra s’assurer du signe de Sa colère.

Un appel prochain va jeter la consternation dans les coeurs où règne encore la Foi. On veut briser l’unité entre le Saint Père et les prêtres de l’univers, les séparer du Chef de l’Église, afin que chacun demeure libre de soi, et sans aucune surveillance… Une affiche sera placardée et ne portera mention que de cette désunion et de cette séparation des apôtres de Dieu d’avec le Pape. Le peuple sera invité à prêter concours et accord à l’autorité si coupable de ce temps.  » 7 novembre 1882

 » L’ennemi de Dieu (Archel de la torre ?) traversera la Perse et les autres royaumes et montera pour un an, sur le malheureux siège de celui qui fera trancher la tête des apôtres et qui fera un martyr de celui qui soutient l’Église et la Foi.

La voix dit que l’Église restera vacante de longs mois. Elle ajoute : le troisième Pape sera plus saint, mais ne régnera que trois ans avant que Dieu ne l’appelle pour la récompense.  » 16 mai 1882

 » Le nouveau et saint Pontife sera encore bien plus menacé que celui que Dieu aura cueilli. On attentera fortement à sa vie et s’il n’est pas martyr de la main des barbares, c’est que Dieu fera pour lui un éclatant miracle.

Jamais, jamais tempête n’aura été aussi forte contre aucun autre Pontife ! Il est déjà martyr avant de subir le martyre ; il souffre avant que l’heure n’ait paru. Mais il offre sa personne et le sang de ses veines pour tous ses bourreaux et pour ceux qui attentent terriblement à sa vie. Que d’exils à souffrir ! « 

 » Si le Martyr prisonnier fait appel par la voix de ses amis et défenseurs, il sera défendu, sous peine de mort, qu’aucun de ce royaume ne vole à son appel… Le Seigneur va souffrir Lui-même une seconde Passion. Mais cette seconde Passion – il n’y en a qu’une seule pour Lui – ce sera une Passion pour ceux qui Le remplacent et Le représentent. Pour les âmes Il laisse faire ce qui a été, autrefois, fait pour Lui ; ce sera une Passion pour ceux qui commandent d’une digne autorité.., pour tous ceux qui viennent après la Victime enchaînée dans les chaînes de Pierre, martyr pour la cause du Seigneur. (Cardinaux, Évêques)

Toutes les autorités devront subir cette Passion sur leur siège paternel. Ils devront prendre la fuite pour se dérober aux poursuites acharnées, poursuites féroces. L’Église doit voir son Chef sous la haine vengeresse. Le temple de Dieu doit être désert. Au commencement les ministres du Seigneur pourront, malgré les menaces, obéir aux lois de leur saint ministère. Ce sera de force qu’ils seront traînés hors du Temple. Puis l’ordre viendra de s ‘enfuir rapidement.

La vengeance de l’enfer fera monter aux autels les plus infâmes de tous les hommes (possédés) Ils prendront la place des vrais serviteurs du Seigneur. Tout sera contre la Foi et contre les lois saintes dans leurs cérémonies. La loi obligera les parents à laisser pervertir leurs enfants. Ces sacrilèges dureront 44 jours. Beaucoup de chrétiens subiront le martyre. Ces forfaits seront suivis, de près, de la vengeance du Seigneur.  » 10 août 1880

 » Le Lien de la Foi boira bientôt dans l’exil, l’amertume d’un long et douloureux martyre. Son coeur, saisi d’angoisse, ne vivra pour ainsi dire plus dans sa personne ; mais il offrira tout pour ses enfants, pour son troupeau et pour l’Église infaillible.  » 11 janvier 1881

 » La pauvre Ville Éternelle sera livrée, pendant trois ans et demi, à une terreur continuelle.  » 25 janvier 1881

 » (Au cours de la première moitié de la troisième année) Les serviteurs les plus proches du Pape oseront souiller leur dignité par des articles honteux et se faire, pour la sauvegarde de leur vie, meurtriers et bourreaux du Pauvre Martyr, dont la vue des maux soulevés sur Rome éteint les forces et abrègent d’avantage le martyre.

Depuis trois semaines ses souffrances redoublent : maintenant il entrevoit et il ressent le coup définitivement porté à l’Église, à sa personne et à la terre qu’il habite. Il ne verra pas la fin de la persécution ; celui qui le remplacera ne la verra pas non plus ; le troisième vivra longtemps, mais il sera difficile à trouver au milieu de tant de décombres.  » 6 juin 1882

C’est donc pour la défense du Lien de la Foi que nous sommes mobilisés. Groupons-nous, dans cette intention, derrière notre amie qui poursuit là-Haut cette Mission essentielle, en union avec tous les saints Papes dont elle a soutenu les efforts sur cette terre.

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Signes et avertissements

II y a deux sortes d’avertissements :

Les signes en faveur des justes, pour les prévenir de l’arrivée des grands assauts et des consolations.

Les signes destinés aux masses de pêcheurs endormis et aux pêcheurs endurcis, pour leur faire comprendre qu’il faut se convertir ou mourir. Ces signes sont une preuve de la grande Miséricorde de Dieu, qui ne souhaite que le bien de ses créatures.

Les avertissements sont donnés un certain temps à l’avance, pour permettre aux hommes de reprendre ou de trouver le bon chemin. C’est en ces périodes de réveil que les justes doivent être des guides accueillants, des soutiens pour ceux qui chercheront le sens de tous ces signes. Ils doivent se préparer eux-mêmes à cette délicate mission.

Les avertissements sont des signes impressionnants. Ils peuvent être cause d’émotion violente et provoquer la mort de personnes fragiles. Ils ne sont jamais anodins, car ils annoncent le type de châtiment et sont symboliques des péchés qu’ils dénoncent.

Tout a une valeur de signe dans la nature. L’arc en Ciel est le signe de l’Alliance, après le déluge. Les ténèbres, par obscurcissement du soleil, témoignent que Dieu est la seule lumière des âmes et que s’en éloigner entraîne la mort éternelle. Les calamités (tempêtes, orages violents, tremblements de terre) rappellent à l’homme qu’il est totalement dépendant de l’ordre divin.

 » Le genre humain devra reconnaître qu’au-dessus de lui se trouve une Volonté qui fera tomber comme un château de cartes, les plans audacieux de son ambition. « 

 » Les apparitions fréquentes de Ma Bonne Mère sont l’oeuvre de Ma Miséricorde. « 

Nous renvoyons le lecteur aux grands messages de Fatima et de La Salette qui sont de solennelles mises en garde. Il en est fait mention nommément dans les extases de la Fraudais. Le plan général des événements donné par Notre Dame, sur la Sainte Montagne n’est pas différent de celui révélé à Marie-Julie.

Rappelons que, plus nous approcherons des événements, plus il faudra être prudent, car le démon et ses complices feront de fausses révélations pour dérouter les âmes. Les  » bobards  » sont habituels en période troublée. C’est pourquoi la Providence prévient très longtemps à l’avance.

 » Ma fille, maintenant Je vais faire passer à Mon vrai peuple, avant les grands jours sans repos, les principaux faits pour être publiés en France, dans ces lieux où se trouvent bons et mauvais. Je ne veux pas mêler ces annonces aux grands jours : il serait trop tard pour en prévenir Mon peuple.  » 19 octobre 1882

 » En la terre d’Amiens, la Mère de Dieu est sur le point de se fixer un nouveau séjour, pour y venir avec l’Enfant Jésus dans ses bras maternels, et prévenir le peuple, mélangé comme partout. Il y aura un signe dans le Ciel… La voix d’un petit enfant annoncera, par permission divine, les terribles malheurs qui attendent la Patrie ; Il l’annoncera très peu de temps avant que ces projets ne s’éveillent. Cet enfant parlera environ 27 minutes avec, dans la voix, des sanglots qui feront s’émouvoir jusqu’aux brins d’herbe. Cette annonce, terrible pour la France, sera universelle.  » 16 novembre 1882

 » Mon peuple, Mon peuple, Mon peuple, tes yeux vont voir le commencement de l’heure épouvantable, quand le froment en herbe ne sera pas au troisième noeud de sa croissance.

Au moment où Mon peuple n’aura plus qu’à s’armer de Foi et d’Espérance, encore en la saison dure, pendant quatre heures – de midi à quatre heures en France – en des jours durs encore, le soleil aura comme un voilement de deuil ; Il sera obscurci, sans lumière.

Jamais personne sur la terre ne pourrait croire aux noirceurs de ces ténèbres. La terre n’aura plus rien. L’oeil sera voilé, sans qu’il puisse voir le moindre objet.

Mon peuple, ce sera le commencement des châtiments de Ma Justice. C’est le soleil qui annoncera ces douleurs : le ciel qui pleurera, sans pouvoir se consoler, parce que ce sera l’entrée du temps où les âmes se perdront, l’entrée, en un mot de l’épouvantable malheur. Mon peuple, cette obscurité couvrira la Bretagne l’espace de quatre heures, mais il n’y aura pas de mal… une petite frayeur simplement.  » 5 octobre 1882

 » Ne vous effrayez pas encore. Vous recevrez l’avertissement précis par l’apparition de taches dans le soleil… Je l’ai déjà dit (à La Salette)… Vous verrez le firmament sillonné de bandes. Il y aura une bande blanche qui contiendra la protection de nos justes. Il y en aura une rouge qui enveloppera le châtiment des misérables qui insultent leur Créateur. Il y en aura une noire où l’on verra se débattre Satan et toute son armée. Celle-ci sera plus large, parce que Satan a plus d’âmes pour le servir que mon Divin Fils n’en a pour Le consoler et sécher Ses larmes.  » Notre-Dame, le 4 octobre 1929

Le Seigneur  » donnera Ses avertissements au moyen de la nature, au début de chaque année.  » Les grandes perturbations atmosphériques avec pluies trop abondantes entraveront les semailles et la nourriture des bestiaux. II est prédit :

 » Deux jours de ténèbres en dehors des trois jours du châtiment. Seuls les cierges de cire bénits donneront de la lumière.

La flamme dit que dans les desseins du Seigneur, il y aura deux jours d’affreuses ténèbres, séparées des trois jours que beaucoup d’âmes ont annoncés. Le firmament sera violet et rouge ; il sera si bas que la touffe des arbres élevés sera comme perdue dedans, jusqu’au quart des arbres les plus hauts. Ces deux jours vous préviendront comme un cachet authentique de la Bonté, mais aussi de la descente de Dieu par Sa Colère sur la terre. Vous ne serez pas exempt de ces ténèbres… Pendant ces deux jours les arbres seront brûlés et ne produiront aucun fruit l’année suivante, car la sève sera comme brûlée et arrêtée. La pluie qui tombera de ce ciel bas aura une odeur infecte et, partout où elle tombera, ce sera comme de gros grêlons de feu qui perceront ce qu’il y a de plus solide et laisseront la tache d’une brûlure visible. Vos demeures seront préservées. Il n’y a que ce qui est léger en couverture qui souffrira.

 » L’eau qui aura coulé sur la terre sera noire, d’un noir effrayant et presque toute la terre portera cette tache également partout ; mais elle ne nuira pas à ce qui sert d’aliments aux chrétiens. « 

« La flamme dit qu’en Bretagne, dans ces deux jours de ténèbres, sous ce ciel bas, il paraîtra une lumière, mais que personne ne pourra voir, car il ne faudra pas mettre la figure au jour par l’ouverture d’une porte ; il y aura un envoi de Dieu, sous la forme d’un éclair brûlant, qui obscurcirait l’oeil humain. « 

 » Le Seigneur me presse de vous faire passer Ses paroles et Ses volontés. Le jour de ces ténèbres sera encore supportable, malgré l’obscurité… Mais si le jour est calme, la nuit sera violente, et pendant les deux nuits, des cris sortiront on ne saura d’où ; on n’entendra point de pas, ni de marche sur la terre, couverte de Justice. La nuit, la bougie bénite, comme le cierge ne devront pas être éteints. Le jour, on pourra s’en passer, par une grâce qui vient du plus loin du Coeur de Dieu.  » 20 septembre 1880

Il y aura aussi des signes de consolation pour les justes qui attendront la venue du Roi, dans la prière au milieu des assauts révolutionnaires.

 » L’armée des justes, des soldats de la Croix, mêlée à d’autres braves, traversera presque toute la France, sous le feu des signes de Dieu. Elle sortira de Bretagne pour se rendre jusqu’au fleuve où le Sauveur de la terre doit arriver avec sa propre armée (le Rhin). Ils se rejoindront tous ensemble, sous l’étoile de la victoire.

 » Ma fille, remarque bien cette parole : ce sera sous les signes du ciel semblables au sang des chrétiens. Au milieu de ces signes sanglants et effrayants, il y aura une blanche lumière qui surpassera la beauté de l’aurore. Cette blancheur fendra les sillons de sang et ira au-devant de vous, sur le bord du fleuve. Cette blancheur aura traversé ce sang le jour des souvenirs de la Passion de mon Fils.

- Oui, bonne Mère, un Vendredi.

- Mes enfants, dit la Sainte Vierge, pour que vous ne doutiez pas, je vous décris ce signe que Mon Fils vous manifestera à la chute du jour, une preuve véritable.., un signe blanc à l’Ouest de la France, environné d’un rideau de franges diamantées, énorme, l’espace de trois quarts d’heure. Vos demeures en seront éclairées comme par le soleil. Les rues seront aussi claires que dans le jour ordinaire.

 » Au bout d’une demi-heure, une barre rouge se formera, vers l’ouest, en forme de branches ; et des gouttes de sang s’en échapperont.

 » Cette barre rouge cernera la blancheur du signe et en envahira l’éclat de sa lumière (assaut du mal).

 » Mes enfants, de l’ouest, ce signe remontera un peu ; puis, la barre rouge se dissipera, comme par la victoire de la blancheur (triomphe du Roi). Ce sera un samedi, entre 5 et 6 heures…

Après ces paroles, la Sainte Vierge tombe à genoux aux pieds du Père Éternel et voici les paroles du Père Céleste :

 » Très digne Mère de Dieu, Mon Fils Éternel veut manifester le signe du Sauveur mortel (Le Roi) et tourner Sa Puissance du côté de l’étranger. Tous les yeux, en France pourront contempler cette faveur à son égard.

 » Il sera, reprend la Sainte Vierge, comme un ornement au firmament, sous la forme d’une étoile carrée, portant en son milieu un sceptre et une couronne, que pourront bien distinguer tous les peuples de la terre.

 » Et elle ajoute : Puisque mon Fils ne peut convaincre Son peuple du jour fortuné qui le surprendra au milieu de ses idées mauvaises et coupables, Il commencera par placer sous le firmament l’annonce des prédictions faites aux siècles passé et au siècle présent. Elle cite les secrets confiés à Sainte Marguerite-Marie, à Soeur Marie de Jésus-Crucifié, à Soeur Saint Pierre, à Marie Estelle et qui n’ont jamais été publiés.  » 21 novembre 1882

Peines et châtiments

Le mot  » châtiment  » vient du latin  » castus  » : pur. Par Sa Justice rémunératrice, Dieu récompense les justes et punit les méchants. Les coupables peuvent accepter la peine en expiation de leurs fautes et ainsi se remettre dans le chemin du salut. C’est ce qui se passa au Calvaire. Le bon Larron accepta sa peine et fut sauvé par son recours au Christ. Le mauvais Larron se révolta, insulta Jésus et fut réprouvé. C’est ce qui se passera dans la grande purification que Dieu mettra en oeuvre, pour mettre fin aux guerres des ennemis du Christ contre l’Église, contre la France.

 » J’ai envoyé Ma Mère, on n’a pas cru à Sa parole. J’ai fait entendre Ma voix, Me choisissant des victimes sur lesquelles J’ai opéré des merveilles. On les a méprisées et persécutées. Je vais Me livrer è Ma colère. Je vais rappeler à Moi Mes paratonnerres.  » 1884

 » Ce n’est que par la douce offrande de toutes les prières, les larmes, les douleurs, les croix de Mes pauvres enfants que je prolonge encore le répit, que je retiens le coup fatal contre les pécheurs. J’offre à mon Fils les sacrifices de Ses Ministres, leurs prières et leurs croix. Je serai avec vous.  » Notre-Dame, le 23 janvier 1879

Les menaces divines sont à prendre très au sérieux avec tout le respect que l’on doit à la vérité qui nous fait l’immense grâce de nous informer de ses plans.

Marie-Julie du Crucifix recevait ses lumières prophétiques au cours de ses extases mystiques dont le caractère surnaturel n’a jamais été l’objet de doute de la part des autorités qualifiées de l’Église. Elle recevait les lumières sur l’avenir dans son  » soleil mystérieux miroir de la Sagesse Divine, à qui rien n’échappe. « 

 » Je suis la grande et impénétrable Lumière de Dieu, révélatrice des grandes choses que Sa Puissance envoie à Son peuple.

 » Par Moi, qui apporte Ses divines paroles, chrétiens fidèles, serviteurs de Dieu, tous ensemble, écoutez la prophétique parole de l’invincible Lumière éternelle ; c’est Dieu, le Maître de toutes choses.  » 1882

Ces paroles célestes attestent de la crédibilité des prédictions de Justice et de Miséricorde. On ne peut donc se permettre les moqueries ou les sourires sceptiques.

C’est Dieu qui parle, et Il ne parle pas en vain.

La miséricorde peut adoucir la peine, donner des sursis de la longueur, de la mesure qu’elle juge bonne. Mais la Justice ne laissera aucune faute impunie, aucune, sur cette terre et dans l’autre monde.

Les avertissements sont déjà des châtiments, d’une certaine façon. Il y aura des morts, de peur, et des victimes des calamités. II y aura, hélas ! des suicides et des troubles dûs aux émotions violentes.

Mais les châtiments auront un caractère purificateur d’une telle ampleur que les hommes seront obligés de reconnaître leur origine divine, soit pour s’y soumettre, soit pour la blasphémer.

Ces cataclysmes laisseront de grands vides dans les populations, certainement des morts par millions.  » La terre sera dépeuplée, purifiée « , elle sera dépeuplée par de grandes épidémies de maladies inconnues qui frapperont soudainement, surtout dans les grandes villes. Elles surviendront en dehors des épidémies habituelles dans les tremblements de terre, ou les guerres. Les moyens médicaux habituels seront totalement dépassés. Si bien que ceux qui s’en sortiront vivants pourront y voir une protection toute particulière ; car tous les pays et toutes les régions seront en danger de ces fléaux. Nul ne pourra penser qu’il est totalement à l’abri de tout. Ce sera l’heure de la confiance totale en Dieu, l’heure d’utiliser les moyens simples, humbles qu’il a fait donner à La Fraudais. Il n’y aura plus de rieurs ce jour-là ! Car ce ne sont pas seulement des forces naturelles qu’il faudra affronter, mais des puissances infernales. Il n’y aura qu’un remède contre ces maléfices : la prière et la croix, le renoncement à la volonté propre à l’Imitation de Jésus. Voilà pourquoi le Ciel nous annonce ce déluge avec tant d’insistance, depuis si longtemps !

 » Il y aura de graves maladies que l’art humain ne pourra soulager. Ce mal attaquera d’abord le coeur, puis l’esprit et, en même temps, la langue.

Ce sera horrible. La chaleur qui l’accompagnera sera un feu dévorant, si fort que les parties atteintes du corps en seront d’une rougeur insupportable. Au bout de sept jours, ce mal, semé comme le grain dans un champ, lèvera partout rapidement et fera d’immenses progrès.

Mes enfants, voici le seul remède qui pourra vous sauver :

Vous connaissez les feuilles des épines qui poussent dans presque toutes les haies (l’aubépine) Les feuilles de cette épine pourront arrêter les progrès de cette maladie.

Vous ramasserez les feuilles, non pas le bois. Même sèches, elles garderont leur efficacité. Vous les mettrez dans l’eau bouillante et les y laisserez pendant 14 minutes, couvrant le récipient afin que la vapeur y reste. Dès l’attaque du mal, il faudra se servir de ce remède trois fois par jour.

Mes enfants, cette maladie sera très grave en Bretagne. La pensée de Dieu y sera moins grande… Le mal produira un soulèvement continuel du coeur, des vomissements. Si le remède est pris trop tard, les parties atteintes deviendront noires, et dans le noir, il y aura des sillons tirant sur le jaune pâle.  » 5 août 1880

 » Au moment où la rage des impies s’arrêtera pour un court répit, il arrivera une grande maladie, presque subitement. Ce châtiment laissera les victimes comme étant sans vie ; ils respireront encore sans pouvoir parler, la chair à vif comme après une profonde brûlure. Ce mal sera très contagieux et on ne pourra l’arrêter. C’est une punition du Seigneur afin d’en ramener plusieurs.  » 20 septembre 1880

 » Il y aura des épidémies sur le Midi, Valence, Lyon, Bordeaux, tout ce qui suit cette terre en venant vers le Centre (Paris). Très peu de monde pourra en réchapper. Les cadavres auront répandu une odeur infecte qui donne la mort.

Je saurai protéger tous les miens. J’ai fait placer l’échelle qui conduit de la terre à Mon Coeur, route préparée pour les temps malheureux. Le temps ne sera pas bien long, mais il sera terrible dans les trois reprises différentes.  » 5 octobre 1881

Tremblements de terre, tempêtes, orages.

 » La terre tremblera depuis ce lieu jusqu’au lever du soleil, l’espace de six jours. Un jour de repos et le huitième jour, le tremblement recommencera. La France et l’Angleterre se répondront par leurs cris de désespoir. La terre tremblera si fort que le peuple en sera jeté à 300 pas. Le tonnerre retentira avec plus d’éclat que dans les mois qui précéderont la fin du monde, avec un bruit étrange. «   8 mars 1881

 » II y aura de grands écroulements, surtout au Centre. Tous ces riches palais où sont produits les bénéfices de la nation, tout cela, le Seigneur va le détruire par un châtiment terrible, sous la forme d’un écroulement de terre. Tous ces hauts édifices, (Banques) qui sont une partie du pain de la France, s’écrouleront. Dieu va surprendre ceux qui travaillent sans penser à Lui, ni à Sa Puissance qui donne tout sur la terre.  » 16 novembre 1882

 » Mes enfants, il sortira de ce nuage une pluie bien extraordinaire, que le monde n’a jamais vue encore et qu’il ne verra jamais ensuite, jusqu’à la consommation des siècles.

Ce sera une pluie rouge qui restera coagulée sur la terre pendant 7 semaines. La terre elle-même sera coagulée par cette pluie qui donnera un souffle empoisonné, une odeur que personne ne pourra supporter.

Mon peuple restera enfermé pendant sept semaines. Il sera difficile de sortir, tant la terre fera peur. Voilà le premier orage qui s’annonce et se réalisera bientôt.

A la suite de cet orage, Je ferai sortir de terre une  » brûlaison  » horrible. Les chrétiens ne pourront supporter cette odeur et cette chaleur. Mes enfants, vous n’ouvrirez ni vos portes, ni vos fenêtres.

Il faut que le règne du péché finisse. Jamais la terre et le monde n’auront été en semblable état. Il faut en finir, ou bien toute âme se perdra !  » 9 mars 1878

 » Je vois, dans mon soleil, un arc-en-ciel noir et bleu. Il pleut de cet arc-en-ciel au moment où les attentats et les crimes se commettent, il pleut une pluie rouge. Sur les couvertures des demeures, elle reste collée comme une peinture ; à terre, elle ne peut être bue. Elle tombe avec une rapidité effrayante.

Dans cette pluie, il se produit un signe d’effroi : une croix qui se forme dans cette pluie et qui porte l’empreinte d’un Christ.

II se produit des signes de terreur qui ne s’effacent plus. Les cris des justes sont effroyables.

Dans cette pluie périssent tous ceux qui ont ouvert l’impiété, foudroyés de terreur. Après trois jours, la pluie de l’arc-en-ciel s’étend visible en tout l’univers.  » 8 avril 1880

Ces pluies surviendront pendant la période du Châtiment général, en relation avec les 3 jours de ténèbres.

Ce nuage rouge de sang est la punition des crimes, des homicides, des avortements, des guerres injustes. Les ténèbres sont l’image des ténèbres du péché de l’âme qui refuse la lumière divine, qui méprise l’amour ; cette lumière refusée et outragée revient sous forme d’éclairs foudroyants. Jésus est venu pour éclairer les ténèbres et les ténèbres ne L’ont pas reçu. Les ténèbres mortelles punissent les ténèbres volontaires des incrédules, des orgueilleux et des infidèles.

 » Il fera noir pendant ces frais jours de pluie, de deuil, d’agonie et de mort. Il y aura une tempête affreuse ; les arbres les plus profondément enracinés seront ébranlés.

Mes enfants, Je suis la Voie, la Vérité et la Vie.

Au sortir de ces trois jours, vous ne trouverez que cadavres.

C’est là une prophétie que Je vous fais Moi-même, Moi qui suis la Voie de la Vérité et de la Vie. Écoutez Mes paroles. « 

La Bretagne devrait moins souffrir de cette pluie et de cette tempête.  » Je laisserai la moitié de la moisson. Mais sachez que Je saurais bien trouver, dans cette Bretagne, ceux qui M’outragent et blasphèment Mon Nom… Heureux ceux qui ne seront pas éloignés de la Croix !

Mes enfants, dans ce déluge de frayeur, vous porterez Ma Croix, fût-elle toute petite ou grande ! Vous direz la prière suivante.  » (Voir la prière révélée pour les grandes calamités)

Le châtiment des ténèbres

Cette purification universelle aura lieu et clôturera la  » troisième époque  » Elle sera l’extermination des ennemis du Christ, qui sont aussi ceux de l’Église, du Pape et du Roi de France. Celui-ci aura commencé sa reconquête dès la moitié de la seconde époque. Ces ténèbres sont une figure des ténèbres de l’intelligence dans lesquelles l’homme s’est précipité. Mais elles seront bien concrètes, palpables pour ainsi dire !

 » Le soleil sera obscurci auparavant, avant garde des vraies ténèbres qui arriveront 37 jours après les signes de l’obscurité du soleil et des signes de la terre et de la tempête annoncée.  » 28 novembre 1881

«   Il y aura trois jours de ténèbres physiques. Pendant trois jours moins une nuit, il y aura une nuit continuelle. Les cierges de cire bénits pourront seuls donner de la lumière en cette terrible obscurité : un seul suffira pour les trois jours, mais dans les maisons des impies, ils ne donneront aucune clarté.

Pendant ces trois jours et deux nuits, les démons apparaîtront sous les formes les plus hideuses. Vous entendrez dans l’air les blasphèmes les plus horribles. Les éclairs pénétreront dans vos demeures, mais n’y éteindront pas les cierges ; ni le vent, ni la tempête ne pourront les éteindre.

Des nuages rouges comme le sang parcourront le ciel. Les fracas du tonnerre ébranleront la terre. Des éclairs sinistres sillonneront les nues, dans une saison où ils ne se produisent jamais. (En hiver, fin mars ?) La terre sera remuée jusque dans ces fondements. La mer soulèvera des vagues mugissantes qui se répandront sur le continent (Raz-de-marée).

Le sang coulera avec tant d’abondance que la terre deviendra un vaste cimetière. Les cadavres des impies et ceux des justes joncheront le sol. La famine sera grande. Tout sera bouleversé et les trois quarts des hommes périront. La crise éclatera subitement.

Les châtiments seront communs au monde enfler et se succéderont sans interruption.

Lorsque mon peuple est tombé dans l’indifférence, J’ai commencé à le menacer. Aujourd’hui, il mérite Ma justice. Je suis venu sur la terre ; ils veulent Me chasser, M’enlever Mon Saint Tabernacle, renverser Ma Croix et méconnaître Ma Puissance.

- Ô Seigneur, dit Marie-Julie, ayez pitié !

- Oui, J’aurai pitié du bon peuple, mais l’autre, Je l’engloutirai. La terre s’entrouvrira et il disparaîtra pour toujours.  » 4janvier 1884

 » Le Seigneur repeuplera la terre de jeunes plantes qui grandiront et iront jusqu’à la dernière génération ; c’est-à-dire qu’elles sont réservées pour voir la fin des siècles.  » 9 mars 1878

La terreur se calmera au matin du troisième jour (par analogie avec les trois jours de la Passion qui s’achèvent par la Résurrection de Jésus).

Le châtiment de Paris

La ville capitale de la France, sa tête, c’est Paris. Dans les extases elle est souvent appelée  » le Centre. « 

II faut une capitale à tout royaume. Mais la fonction d’une capitale n’est pas de s’arroger, de centraliser tous les pouvoirs, ne laissant aux régions que le devoir de se soumettre. La Monarchie catholique savait tenir compte des richesses de chaque province et veillait à sauvegarder les droits des communautés, des familles, des corporations. La Révolution a tout détruit en centralisant tout à Paris. L’action d’un centre peut devenir catastrophique, s’il ne reconnaît pas de lois, hors de celles qu’il fait lui-même.

À la Fraudais, Jésus pleure sur Paris, comme II pleura sur Jérusalem. Que de grâces Il a donné à cette ville ! Que de saints ! La Sainte Vierge l’honora de ses visites. Que de protections contre les menaces de destruction !

Mais le Centre est devenu la tête venimeuse sécrétant les mauvaises lois, les moeurs perverties, l’insouciance égoïste et jouisseuse, et tout le corps a été infecté de ces poisons, sans pouvoir défendre ses droits. C’est à Paris, au Centre, au coeur de la France que le crime sacrilège de la décapitation de Louis XVI a été perpétré, en haine du Christ en haine de l’Église, en haine du droit divin. Paris est devenu la capitale de l’esprit anti-Christ, nouvelle Babylone, nouvelle Sodome.

C’est pourquoi elle devra subir un châtiment exemplaire qui la purifiera par le feu de cette possession mauvaise.

 » Je tourne Mes regards vers cette ville impie, ville ingrate, n’es-tu pas bâtie sur une montagne de péchés ? N’as-tu pas fait couler des ruisseaux de sang ? Autrefois, tu M’as donné des martyrs. Aujourd’hui, tu peuples l’enfer et tu dépeuples le Ciel. Oui, Ma Justice vous visitera !

Vous, familles chrétiennes, qui portez encore la Croix au fond du coeur, le souvenir de Mes bienfaits, fuyez cette ville ingrate qui périra par Ma Justice !  » 6 avril 1877

 » Quand le gouvernement verra ces bouleversements et la révolte, il fera comme l’oiseau ! Il prendra son vol et passera dans un autre pays et la France se verra libre dans la révolution. Le premier soulèvement se fera dans la ville de Paris et ce trône de mauvais rois s’écroulera comme la ville et ses victimes périront dans ses murs… Bien des fois les flammes et le feu se sont montrés dans cette ville criminelle, mais cette fois ce sera la grêle de feu ensoufrée et qui étouffera les coupables.

Là, on violera les Tabernacles. Là, on poursuivra les Pères de l’Église avec rage. Beaucoup ne sortiront pas. Je recevrai le sang des martyrs pour aider les vrais Français à obtenir la Victoire.

C’est là où les flammes dévoreront des églises, que la statue de Marie sera brisée et jetée au feu… La France n’aura pour elle aucun soutien. Elle sera seule et pourquoi ? Parce qu’elle n’a pas un Roi.  » 27 avril 1877

 » Mes enfants, La punition fut promise sur la ville de Ninive, et, aujourd’hui, une punition grave, une punition terrible est promise à la nouvelle Ninive que J’ai tant aimée et qui est de Mon Royaume.  » 12 mai 1881

 » Si le Centre ne se convertit pas, il sera brûlé. Les pierres qui ferment les demeures ne préserveront plus, car le feu de la vengeance les réduira dans l’impossibilité de monter les murs nouveaux.  » 28 novembre 1881

 » Soudain il se lèvera un fruit déchirant du blasphème qui, du Centre de tous les maux, retentira partout. Tout à coup, au milieu du Centre, il y aura des voix, des cris, des chants odieux, des cris confus et le pauvre peuple sera sans avoir le temps d’échapper. Les rues seront fermées, les passages bouchés, un massacre douloureux au milieu de l’étendue du malheur. Les véritables apôtres, connus par l’énergie de leur courage, ce sera sur ceux-là qu’ils voudront se venger avec rage et fureur, les deux jours, orage du ciel et de la terre, les éclats du tonnerre viendront avant leur époque (hiver). Leurs éclairs viendront sur la terre du royaume pendant les deux jours où se lèvera le terrible orage. Plus de repos au milieu du Centre, plus rien pour se délivrer pendant ces deux jours. Ils trancheront la tête aux uns avec les armes de la mort, et feront mourir les chrétiens avec des balles. Pendant deux jours et deux nuits, ni repos, ni sommeil sur la terre. Beaucoup de monde périra.  » 23 décembre 1881

 » Il n’est pas qu’un châtiment réservé à ce peuple ! « 

En effet, sur le Centre, il y aura comme une accumulation des différentes punitions qui menacent la France : épidémies, pendant plusieurs mois, guerre civile, occupation étrangère, pillage, tremblements de terre provoquant l’effondrement de cette ville  » minée « , incendies par fuites de gaz.

Le châtiment des trois jours de ténèbres y sera particulièrement meurtrier. II sera aussi exemplaire, car il détruira  » la salle de l’enfer « , où se prennent les lois infâmes qui empoisonnent la pauvre France : l’Assemblée Nationale.

 » Dans cette Sodome, il y aura des lieux tellement bouleversés qu’il ne restera plus un seul pavé en place. Il y a des lieux, surtout autour de cette cité, où l’on ne retrouvera pas une seule âme.  » 4 septembre 1902

 » Le feu du Ciel tombera sur Sodome et principalement sur cette salle de l’enfer, où se fabriquent les mauvaises lois ; elle sera engloutie et à sa place, sera comme une immense carrière de laquelle, jus qu’à la fin du monde, on ne pourra s’approcher sans un frémissement d’horreur. Le feu du Ciel se mêlera au feu de l’enfer. L’eau y sera semblable à du feu… Ce lieu va s’écrouler sur une immense distance aux alentours… Jamais, on n’oubliera ces marques de Dieu, restées visibles sur une terre où il y a de si beaux sanctuaires dédiés à la Sainte Mère Immaculée. « 

Toute la ville ne sera pas détruite. Les banlieues seront aussi éprouvées. La Sainte Vierge et Sainte Geneviève n’abandonneront pas les justes. Il y aura des miracles de protection en particulier à Notre-Dame des Victoires.  » Des Anges viendront enlever les Hosties menacées de profanation. « 

Mais le message de toutes ces annonces répétées très souvent pendant la vie de notre amie est clair : fuyez Paris. La fuite du gouvernement sera l’ultime signal. La Providence avertira en temps utile, il faut prier et se tenir attentifs à la Volonté divine. Jésus prévient longtemps à l’avance pour éviter les effets mortels de la peur panique. Jusqu’au dernier instant de sursis, il écoutera les supplications de Ses  » paratonnerres « , les âmes victimes, les familles chrétiennes, les communautés ferventes.  » Ces choses arriveront, à moins que, par un miracle de Dieu, cette ville ne se convertisse. « 

À Dieu seul, rien n’est impossible… sauf de Se contredire !

Il n’est pas possible de fixer précisément d’après les documents en notre possession, la chronologie des événements à Paris. Pendant les 2 premières crises, ce sera la guerre, civile et étrangère, la persécution religieuse. Le grand châtiment devrait terminer la troisième crise. En effet, il est annoncé que Le Roi qui aura commencé la reconquête depuis le milieu de la deuxième crise ne pourra y installer son gouvernement.

Henri V de la Croix, Le Roi du Sacré-Coeur

Le Christ est le Roi de l’Univers et donc le Roi des rois et il est donc de droit absolument légitime Roi de France.

Comme Il délègue Ses pouvoirs spirituels au Pape, il délègue ses pouvoirs temporels au Roi de Son choix.

 » Vois qu’à l’époque où Je sauverai Mon peuple, ce ne sera par aucune puissance des hommes. Mon Coeur divin sauvera seul. « 

Le Roi qu’il donnera à la France ne sera que Son humble instrument, son fondé de pouvoir, conscient que tout pouvoir est donné  » d’En-haut.  » Par là, il réparera des siècles d’usurpation et de mépris insolent des droits absolus de Dieu sur Sa Création.

Jésus prévient les hommes trop curieux : il est inutile d’échafauder de subtiles généalogies à la recherche d’une légitimité selon les lois de la terre. Jésus seul connaît la profondeur du mystère de l’origine de l’Enfant du miracle.  » En douter serait M’offenser ! « 

Le mystère de ce Roi exilé et caché jusqu’au jour où il devra obéir aux ordres divins, et prendre en main les destinées de la France et aider au triomphe de l’Église et du Pape, est un mystère total et doit le rester.

Cette annonce prophétique de la restauration de la monarchie très chrétienne est maintes fois répétée tout au long de la vie de Marie-Julie. Car il s’agit d’une promesse divine : elle aura lieu, Dieu y engage Sa Parole, mais elle reste conditionnelle quant à l’époque de sa réalisation. C’est, en effet, par amour que le Sacré-Coeur donnera Son Roi. La relation entre un Roi catholique et son peuple doit être à l’image de celle qui unit le Christ à Son Église. II y faut beaucoup de charité vraie, de grâce, beaucoup d’aide du Ciel, beaucoup de prières, beaucoup de sacrifices.

Jésus se plaignit un jour de ce trop faible désir de la France du retour de son Roi.  » Vous ne demandez pas assez La venue du Roi !  » Ce reproche s’adresse aussi à nous.

En 1873, Marie-Julie du Crucifix annonçait un retour possible du Roi, si on priait et si la France faisait un effort de conversion.

Les conditions politiques étaient réunies. La place était libre pour le Comte de Chambord. Mais  » la France n’a pas assez prié ! « 

Les monarchistes ont perdu leurs forces dans des querelles fratricides. Les forces obscures de l’anticléricalisme étaient déjà en pleine expansion. Bien sûr, ce fut la déception à La Fraudais, quand le Comte de Chambord renonça au trône, puis mourut en 1883, emportant avec lui tout espoir de restauration.

Malgré cela, Marie-Julie, reconnaissant que le Ciel n’avait pas donné de dates, et qu’il y avait des conditions, ne cessa pas de transmettre fidèlement la promesse divine. La Troisième République fut une succession d’insolents assauts de l’esprit anti-christ déchaîné.

Malgré les avertissements du Ciel, la France s’enfonça dans l’athéisme et les reniements des promesses de son baptême. II s’en suivit deux guerres affreuses, mais la France ne se réveilla pas et s’enfonça de plus en plus dans l’ingratitude.

Dans les extases, les promesses de Notre-Seigneur sont les mêmes, mais elles s’appliquent désormais à  » celui qui doit venir  » et que personne ne connaît Tout ce qui a été dit reste valable. Mais ces promesses sont accompagnées d’une annonce de la nécessité absolue d’une grande purification avant toute restauration. II ne faut pas attendre de paix consolante avant ce châtiment mérité par la France coupable.

 » Je bouleverserai, je renverserai la bande des méchants et des impies. Je ferai triompher l’homme juste et les âmes ferventes. Oui, je confondrai la terre que j’amènerai aux pieds du juste, de l’homme qui doit gouverner la terre de France.  » Notre-Dame, le 23 mai 1874

 » Je ne suis pas le Roi des Français, ni de tel ou tel peuple, mais Je suis le Roi de l’Univers. J’ai voulu donner à la France un roi qu’elle a rejeté, mais celui que Je veux lui donner, elle l’acceptera et elle le demandera, elle le placera sur son coeur.

Mais, avant d’avoir ce Roi, la France aura une crise et une tempête violente ; le sang des chrétiens se mêlera avec celui de l’impie. Les jus tes tomberont, en petit nombre, mais il en tombera, car le sang des bons servira aux méchants. Le temps sera court, mais il vous paraîtra long.  » 21 juin 1874

Cette annonce est contemporaine de la renonciation du Comte de Chambord, faute d’union entre les Français. Ce n’était pas qu’une simple question de couleur de drapeau, comme le propagent ses ennemis. La blancheur qu’il aimait, c’était la pureté et la France devait être purifiée, avant de recevoir son Roi.

 » Je viendrai le placer au milieu de Mon Coeur. Mon Coeur sera au milieu de la Patrie ; son courage sera inébranlable. L’innocence et la blancheur ont flotté à sa naissance et flotteront sur les cendres de son tombeau. Les jours d’orage et de deuil ne sont pas passés ; Je vous garderai et vous protégerai, ne craignez rien.  » Notre-Dame, le 3 juillet 1874

 » Je veux que la France abjure ses erreurs. Marie Immaculée lui donnera un baptême nouveau, puis, après, je lui rétablirai son trône. Je lui apporterai cette belle palme de pureté au milieu de ce trône. Mon frère en Jésus-Christ qui la gouvernera conservera l’innocence et la pureté et Jésus et Marie le béniront, béniront sa Charité et sa Foi héroïque.  » Saint Louis, le 25 août 1874

 » Jamais, pauvre France, tu ne seras gouvernée par un autre que ce Roi de Mon choix.

Je viendrai Moi-même au moment où il y aura le moins d’apparence d’espérance. Je Me placerai au milieu de la France ; J’appellerai tous Mes enfants autour de Mon Sacré-Coeur et Je donnerai au vainqueur de la France la bannière où est gravé Mon Sacré-Coeur.

Après cette terrible épreuve, J’abrégerai le temps des châtiments à cause de Mes victimes, à cause de Mon Sacré-Coeur et enfin pour donner plus vite le Roi choisi et élu par Mon Divin Coeur.

Je peuplerai la terre de France de fleurs, c’est-à-dire de coeurs purs, généreux, repentants qui aimeront la Sainte Église, le Saint Père et le Roi. Je bénirai cette terre et Mon peuple échappé. Je donnerai à la France une génération nouvelle. Ils grandiront dans Ma grâce ; ils suivront sous le règne d’un Roi très pieux qui, par ses vertus, fera le bel ornement de la France. J’aime mieux que tu oublies d’autres révélations que celle-ci ; Il ne faut pas que Mon peuple soit surpris des châtiments promis.  » 1er décembre 1876

 » La Croix allait vaincre les grands héros. Ils l’ont portée à la face de l’ennemi et elle leur a donné la victoire… Vous Chrétiens, qui allez passer un terrible moment, prenez la Croix pour soutien… Quand le Roi élu et Sauveur de la France aura vu le triomphe de la France, il fera écrire par tout : In hoc signo vinces ; par ce signe, tu vaincras ! La France sera sous le signe du Sacré-Coeur, de la Croix et de Marie.  » 11 mai 1877

 » Pour ramener le Roi choisi et élu de Dieu, il faut que tous ceux qui sont au pouvoir soient balayés. Le poison est resté sur le trône, il faut qu’il soit purifié, car c’est un autre Saint Louis qui doit s’asseoir sur les lys embaumés. Les cadavres des ennemis de ce Roi seront tombés sous les pieds de ceux qui l’accompagneront sur le trône où il doit régner, rétablir la paix et faire refleurir partout le bien. Toutefois, continue l’Archange Saint Michel, il restera encore des ennemis debout, quand le Roi en prendra possession, parce qu’il viendra dans le cours de l’orage ; mais il sera sain et sauf car la Mère de Dieu le garde comme son propre fils et l’a réservé pour être l’héritier d’une couronne méritée qui lui aura été ravie. Les jours d’exil durent encore et coûtent bien cher à ce Roi fidèle, catholique, mais il sera d’autant plus récompensé. Laissons dire et affirmer aux hommes qu’il ne reviendra jamais. Écoutez-les, puis demandez-leur, s’ils sont prophètes !

Je marche sur la France ; je la veille de près, parce que le Seigneur est proche. Un autre attend dans la solitude avec résignation l’appel de ses frères pour donner de beaux jours florissants à celle que de saints rois jadis ont si bien gouvernés. Mais soyez sûrs qu’au moment où la décision commandera le choix, soyez sûrs qu’il ne sera pas le premier, celui que l’exil possède dans sa solitude. Il y a encore les restes d’une famille qui prétend aussi à une place, à un sceptre et à une couronne. Mais cette race n ‘est pas dans le dessein de Dieu, parce que sa malice a été jusqu ‘à faire une innocente victime qui a donné son sang pour garder sa Foi. C’est Louis XVI, cette dame royale dont le nom sera chère à la France. Les descendants des frères meurtriers prétendent avoir un droit au trône qui a été souillé par celui de sa race qui a gouverné. Mais cette famille a un fond très mauvais.

Celui qui attend, c’est celui que l’on appelle l’enfant du miracle. Ce royaume n’a pas encore connu que son nom, mais plus tard il connaîtra le fond de son coeur. Il est réservé pour les grandes époques.  » (6 septembre 1890)

 » Toutes Mes paroles prophétiques véritables, ô Roi de l’exil, t’appellent et t’acclament. Sans trop tarder, Je te rendrai à tes sujets et à ton peuple qui porte sur sa tête la même fleur que tu aimes. Cette fleur, c’est le lys, ô Roi, enfant du miracle, ne t’apprêtes-tu pas à venir de l’exil sous une épaisse poussière remuée par les fureurs des meurtriers de ton pays. Tu t’apprêtes à venir sur le bord de cette terre qui te fut étrangère. Du nord des frontières ta noble personne passera à travers les légions qui n’attendront que toi pour lever une vengeance. Mais, comme au jour des ténèbres, leurs yeux se voileront, l’exil s’éteindra et Ma Justice s’accomplira. Tu passeras pour aller reprendre le sceptre de gloire. Tu en tremperas la pointe dans le sang des Romains, pour la défense du Souverain Pontife, le lien de tous les fidèles.

J’aurai de profondes paroles de vie et d’encouragement. J’ai trouvé sur la terre de sages messagers tout prêts à obéir, pour porter ces paroles…  » 22 mars 1881

« Peuple fidèle, ne désespère pas… Il y a au Ciel un Saint Louis à qui le Ciel réserve une grande mission prochaine. L’immense Miséricorde divine a réservé des protecteurs, mais, enfants de la victoire, il faudra les payer par bien des souffrances et compter bien des sacrifices « . 23 janvier 1882

 » Ce seront des essais sur le trône de France pour les malheureux qui ne sont ni proches, ni choisis pour devenir les sauveurs, essais qui feront un grand mal au reste de Mon peuple… Le commencement ne s’étendra pas partout, le second et le troisième viendront partout. C’est là que seront la violence et le mal. Après, Je choisirai, Je ferai appeler, nommer par les âmes, le véritable consolateur de Mon peuple et de l’Église, celui qui reconstruira Mes Temples dévastés, incendiés sous la violence de la guerre civile.  » 15 juin 1882

À la mort du Comte de Chambord, en 1883,il est dit :  » Il faudra rester où le Bon Dieu nous aura placé et beaucoup prier. La France n’ayant pas mérité celui qui devait la sauver, Dieu l’a enlevé de la terre ; C’est le premier châtiment.  » 17 octobre 1883

 » Quand la terre aura été purifiée, de beaux jours reviendront et le Sauveur choisi par nous, inconnu de Mes enfants jusqu’ici, viendra.

C’est une âme bien belle, c’est une fleur spéciale de vertu et le Coeur adorable de Mon Fils commence à lui préparer ses nobles dignités et il viendra au nom du Sacré-Coeur avec la poitrine décorée de l’Adorable Coeur de Jésus. La grâce du Ciel sera avec lui et les ruines seront relevées.  » 19 septembre 1901

 » L’étranger entrera dans le royaume de la Fille aînée de l’Église avec toute son armée ; il fera une longueur d’un espace mesuré par Moi. Je les arrêterai et, dans cet arrêt, Je susciterai le Sauveur, du reste de Mes enfants. Il traversera l’Est et semblera sortir du fond du Nord. Je le conduirai jusqu’au midi et de là, Je le ramènerai non pas sur le trône d’aujourd’hui, car il n’y en aura plus, même pas de base pour en fonder un autre.  » 18 septembre 1902 En effet, Paris aura été détruit.

 » À celui qu’Il aura choisi, Dieu donnera toutes les grâces et les lumières nécessaires qui lui feront connaître les moyens par lesquels il devra mettre tout en oeuvre pour la régénération de l’humanité, telle que Dieu la veut.  » 9 février 1914

 » Il n’y aura pas une multitude d’hommes à conduire au trône de paix l’homme juste et sage choisi pour relever les ruines de la Fille aînée de l’Église.  » 16 juillet 1914

 » Il sera facile devoir que l’on veut moins que jamais, de celui que le Ciel a dessein d’envoyer sous un ciel chargé encore des nuées du combat de ses ennemis et de ses amis.  » 7juillet 1882

Mon peuple bien aimé de France, Je vais Me disposer à entrer sur la terre qui fut le trône de Saint Louis… Cette même terre, Je la prépare à celui qui est méprisé des hommes et regardé comme incapable, parce qu’il est chrétien et qu’il croit à son retour sur la terre de son berceau. Ses épaules porteront comme les miennes le manteau de l’abomination, ainsi que celles de ceux qui espèrent le voir ramener la paix.

Je le vois venir de bien près de la terre des martyrs, sur le sol où l’Église a tant de fois prononcé, par la bouche de l’Esprit-Saint de la terre, le nom de tant de chrétiens jugés dignes de monter sur les autels, c’est-à-dire de ceux dont la sainteté a été reconnue « . (Rome) 21 juillet 1881

Notons que Notre-Seigneur emploie les mêmes termes  » méprisé  » et jugé  » incapable  » par Lui-même, en tant que Sauveur et pour le Roi qui doit sauver la France du chaos. Le serviteur n’est mieux traité que le Maître. C’est le signe de la Croix, qui masque toutes les oeuvres voulues par Dieu sur cette terre.

 » Le prince de la terre digne d’honneur et louable, à cause de sa grande confiance et de la grande Foi qu’il a dans son attente, à cause de la blancheur qu’il aime et préfère à toutes les autres couleurs, sans que son coeur s’y attende, le Seigneur lui réserve de bien grandes paroles de grâce et de puissance qui lui seront remises par un messager de la terre, chargé des ordres du Seigneur. Avant que la langue reste sans mouvement, avant son repos tout entier, le Seigneur a de grands envois à laisser tomber de la bouche, sous la main de Ses serviteurs, pour celui qui n’est point appelé de Dieu en vain, qui n’est point acclamé par un vrai nombre, triomphateur des couleurs impures qu’on va lever dans la France et faire flotter dans toute sa longueur et largeur.

Vous, amis du grand destiné, vous porterez à sa rencontre la blancheur que son coeur aime tant. Le souffle du vent fera flotter sa bannière et, de loin, ses yeux mouillés de pleurs d’action de grâces, verront la bannière flotter sur son tombeau, au jour de ses religieuses funérailles.  » (Il sera fidèle jusqu’à la mort). 15 mars 1882

Après l’évocation des terribles combats, la Colombe dit :

 » Ce sera la veille du magnifique triomphe, où les amis fidèles en cortège unis, se seront rendus sur les frontières françaises, pour lever la blancheur du noble étendard que J’ai destiné pour la France nouvelle.

Celui qui la renouvellera est appelé à travers d’immenses difficultés, périssables selon le monde.

Selon Ma Puissance éternelle, il est appelé comme l’homme enveloppé de prodiges ; son manteau sauvegardera sa noble personne et toute la cour qui l’assiste, unie aux amis de la France. Ils le conduiront aux chants de la victoire jusqu’au lieu où il y aura plusieurs combats, luttes, détrônements, sang versé, révoltes indignes, avant qu’il monte s’asseoir, ce noble et digne fils de Saint Louis, sur cette chaise dont la souillure n’est pas encore effacée.  » 28 décembre 1880

Sa venue sera annoncée, par des signes et des révélations. D’après les textes incomplets que nous avons, nous pourrions résumer les événements comme suit, sous réserve d’informations complémentaires.

Tout commence par une prise du pouvoir par les révolutionnaires à Paris, une période d’anarchie et de persécution religieuse, puis l’intervention de forces étrangères. La France sera divisée en deux zones  » Ceux qui sont nouvellement entrés vont résider au Centre. L’autre partie sera donnée, comme commencement de conquête, à celui dont le nom sortira bientôt pour être proclamé roi des Français. « 

Il s’agit du  » prétendant que le Ciel refuse.  » II siégera probablement à Lyon, devenue capitale de la 2ème zone. C’est alors que le vrai Roi se fera connaître et que les signes seront donnés à ses amis de France et d’Allemagne. II devra affronter les forces du pouvoir de la zone Nord et les forces de l’occupant du trône. D’où des combats sur le Rhin (Le grand torrent) puis autour de Lyon et enfin entre Paris et Lyon pour la reconquête de la capitale. Le grand châtiment atteindra les ennemis dans leur retraite. Le Roi sera sacré, mais dans les ruines de Paris (?) dévasté. Tout au long de ces rudes combats, il sera aidé et guidé par le Ciel. Cette reconquête devrait durer environ 7 mois. Ensuite le Roi ira à Rome délivrer le Pape. L’Italie sera alors en pleine persécution.

 » Il est proche le moment où l’oracle ne cessera de prévenir, pendant quelques semaines, mais d’une voix forte et relevée, et de donner au peuple qui habite la contrée de Marmoutier où a vécu Saint Martin (abbaye située à 3km de Tours, fondée par Saint Martin au quatrième siècle – ne pas confondre avec Marmoutier dans le Bas-Rhin) les travers, les luttes et révolutions, rien que pour cette contrée de Touraine. Le nombre des mauvais y est immense. Le nombre des bons y est réduit à une valeur très réduite.

Après qu’une dame aura parlé pour les Tourangeaux, sa voix changera. Un cri perçant s’en échappera. Elle verra de ce lieu la lutte première se lever sur le Centre du Royaume, pour ne plus se tarir qu’à l’heure où viendra l’Appelé de Dieu, le Rejeté et le Délaissé de la plus grande partie des hommes. C’est au moment où la voix de Dieu l’appellera que le Royaume finira sa terreur.  » 25 août 1882, en la fête de Saint Louis

 » L’heure est proche où beaucoup de monde sera ébranlé, où ceux qui n’auront pas voulu suivre les bonnes lois seront sous le grand coup du regret.

Il n’est plus temps ! Ils ont voulu partir pour l’abîme ! Il est ouvert ! Ils n’ont pas voulu Mon Roi, ils ont préféré le trône des hommes infâmes. Ils l’auront pour peu de temps. Ils seront bien malheureux. Ils ont voulu l’abîme ! Ils y sont arrivés. Ils ont méprisé l’avenir de Mon serviteur (le Comte de Chambord). Ils ont donné la préférence aux révolutionnaires. C’est leur temps. C’est leur temps qui commence et pour le petit nombre, c’est l’entrée des grands malheurs par leur faute.

Mais espérance ! Ils ont tout engagé avec eux, mais le Ciel saura conserver les amis de Sa promesse.  » 12 juillet 1881

 » Mes enfants, Il n’y a plus que deux choses qui dévorent la pensée de ces hommes d’autorité gouvernementale : c’est l’Église, c’est le Roi. Ces deux choses animent au fond de leur coeur une passion que rien ne pourra ternir, et cela parce que Je destine Mon serviteur exilé à rentrer sur la terre de sa naissance. Il sera l’appui et le soutien de l’Église, Mon Épouse, dans les dernières luttes que lui tiendront, à lui, les princes étrangers, jaloux d’un règne si plein de paix et de fidélité à l’égard de l’Église et de son Chef

Ma Divinité va être déchirée ; toute Ma Puissance et Mon Règne vont tomber sous les noires peintures de leurs abominables paroles.  » 14 juillet 1881

 » Après qu’ils se seront vengés de tout, il viendra celui que la Bonté merveilleuse de Dieu a élu à travers tous les nuages obscurs, bien que cela paraisse impossible. Elle est si voilée, qu’il n’y arien d’apparent pour les aveugles et pour ceux qui ne voudraient jamais connaître son nom, ni le nom de tous ceux qui lui ressemblent par le caractère et surtout par la blancheur royale. Tout est possible au Seigneur. Cet arrêt est impossible aux hommes, mais quand [bien même] l’univers serait rangé pour empêcher ce passage triomphant, Dieu a des aides, Il a Ses puissances, et sans effort, Il le rendra maître et sauveur.

Là où le serpent porte la dent, la morsure est ineffaçable. Le temps est bien proche où la dent du serpent déchirera la réputation, l’honneur, la royauté de l’Ami du Sacré-Coeur. Mais sa morsure ne l’atteindra pas ; elle ne fera que parcourir les régions depuis la France jusqu’à l’étranger.

Il faut que ce coup passe et que la violence décharge l’écume de sa rage. Tout cela est proche. Le mal a fait un long chemin en immenses profondeurs. Nul ne peut le réparer sans lutte, sans crise, sans combattre jusqu’au sang.

Il ne reste plus que le dernier effort. Tout est là dans cet effort, ses coups, ses iniquités, sa terreur tout entière. Je dis : tout est là. Paroles claires et sans nuages.  » 19 juillet 1881

 » Mon peuple a bien mérité que Je fasse en son honneur une manifestation merveilleuse qui brûlera la langue de ses opposants et attirera la vengeance sur les fronts abîmés de meurtrissures et de poussière.

Pendant que J’aurai placé à l’abri du danger mes victimes, serviteurs et familiers bénis, tant que le flambeau ne sera point apparu, Mon peuple présent, tu ne bougeras pas d’ici cette heure du lieu de repos où Je vais te placer. « 

Allusion au signe céleste, sorte d’aurore boréale, décrit dans le chapitre avertissements. On devra attendre ce signe, afin d’éviter toute manoeuvre intempestive – allusion aux  » activistes  » impatients, qui ne font qu’aggraver la confusion !

 » Mais quand, environ vers les deux heures du jour où je lèverai le voile, commencera à paraître, sous le ciel, l’appel des amis et des frères du Sauveur, en Mon amour et en Ma Puissance, Mes victimes se lèveront aussi à leur tour, sans abandonner ceux qui auront travaillé à Mon oeuvre et elles iront porter la Sainte Bénédiction à celui qui rentrera, le front dans la poussière, en se courbant sous l’appel du Seigneur avec toute sa cour. Il arrive en face de Mes amis et des siens qui sont invités à aller à sa rencontre

Ces chers serviteurs et victimes ne porteront le drapeau sans tache, que décore le Lys de mon Coeur, qu’en revenant vers le Siège, car sa Majesté, instruite des desseins du Seigneur, aura obéi ponctuellement à Ses ordres divins. Ma volonté divine permettra que ces noms brillants des Français, Mes apôtres et disciples, soient imprimés sur le blanc drapeau du Sauveur, qui restera avec lui, dans sa demeure, sur son trône. Dans l’avenir des siècles, la France redira l’honneur et la gloire des illustres vainqueurs du Roi choisi et élu par le Sauveur de son peuple…

Ce ne sera qu’après quelques jours de repos que les chères victimes et amis connus et présents seront réunis sous Mon oeil adorable, pour célébrer, en action de grâces, les Augustes Mystères dans Mon Temple détrôné et appauvri par les affreux ravages du temps commencé. Sous ce toit bénit, l’Apôtre fidèle posera sa main consacrée sur la tête de celui que le Ciel aura conduit et amené par une voie miraculeuse.

Il sera difficile de trouver de grands pasteurs en ce moment, car le vide sera si profond qu’une grande partie de la terre sera comme des lieux inhabités. (Après le grand châtiment)

Après avoir reçu la très Sainte Bénédiction, avec ses compagnons et Mes nobles défenseurs, leur désir et Mes desseins sont qu’ils s ‘acheminent avec joie, portant la bannière blanche au lieu où J’aurais clairement dit l’heure de sa venue, d’où J’aurais envoyé les messagers porter la nouvelle et l’espérance du salut.

Au Sanctuaire où déjà Mes dons sont au comble de toute gloire et consolation, reposera ce signe de victoire, la bannière blanche.

Et l’Appelé, avec des larmes, louera Ma bonté, et en imitant le roi Saint Louis, se frappera la poitrine et se placera la figure contre terre.

Mon peuple, attends la clarté sans ombre des choses plus complète en Mon immense travail ; Il sera beau, le triomphe de la terre, la venue de l’Exilé au Siège de la Croix…

Cette fête désirée, acclamée ne sera plus pour réjouir tes yeux, mais de plus haut, voyant l’allégresse des nobles familles, voyant l’éclat de Ma gloire les vêtir, la sublime envie de ton âme ; partie de la terre, serait de revenir partager l’allégresse. Mais Mes desseins sont écrits bien plus profondément. Pas un coeur, bientôt ne doutera.  » 8 juillet 1882

 » Selon les désirs ardents de Ma puissance, tu viendras, de temps à autre, soutenir l’espérance de Mes apôtres et de Mes serviteurs ; en attendant que l’homme de leurs désirs ne lève enfin le voile… Je t’enverrai de temps en temps, annoncer la bonne nouvelle. Du haut du Ciel, tu descendras presqu’au milieu de Mes serviteurs qui auront à faire un travail double de celui d’aujourd’hui.  » (9 février 1882)

 » C’est vers la fin de la troisième crise qu’on amènera celui qui n’a guère d’espérance, qui n’est guère agréable ni consolant. Son nom passera dans le soleil, rapidement, comme un éclair, afin que le peuple sache qu’il n’est pas le vrai roi qui doit monter sur le trône. (Un prétendant)

C’est là que ses amis marcheront à l’encontre du nouveau Sauveur pour le terrasser dés son entrée, et l’empêcher d’arriver au trône qui lui est destiné.

Le vrai Roi viendra du côté du Levant. (II aura le secours d’amis étrangers et de troupes angéliques) A deux lieues du Centre se trouveront réunies les armées des gouverneurs d’aujourd’hui ; C’est là, dans une grande ville, que Dieu les attend pour leur donner ses grandes marques et aveugler ces barbares qui seront opposés au futur Sauveur.

D’autres iront plus avant pour l’attendre à son entrée, d’autres plus nombreux que ceux qui auront été terrassés par l’aveuglement de la Justice.

Le Roi aura déjà fait dix à douze lieues (Une lieue = 4km) sur la terre de France, en direction du trône. C’est là que Dieu attend Ses vrais amis pour les réjouir de Son grand signe. L’étendard blanc sera levé dans ce lieu dont le nom sera dit.

Il passera, malgré le rempart qui lui sera opposé, et ses vrais combattants ne craindront rien, car sur eux planera la protection. Il marchera, foulant aux pieds ses ennemis que l’aveuglement aura renversés.

Il viendra jusqu’au trône, avant que le combat ne soit fini.

Celui qui avait été désigné, en descendra honteux à la confusion de ceux qui l’y auront placé.  » 9 mai 1882

 » Ce n’est pas un pasteur du Centre qui aura l’insigne honneur de couronner de gloire le Roi, l’héritier qui aura mérité de gouverner sa patrie. Ce pasteur sera jeune ; ses 45 ans ne seront pas sonnés. Il viendra du diocèse d’Aix. Les pasteurs qui gouvernent aujourd’hui les diocèses ne seront plus sur leur siège épiscopal. Le glorieux et digne enfant de Dieu qui sacrera le vrai Roi, sur les ruines du Centre, quand la terre sera bien désertée, viendra d’assez loin « . 26 mai 1882

Le moment le plus éclatant sera celui où les ministres chrétiens, qui s’étaient tous dispersés sous la dent des tigres, reviendront par d’affreux chemins, pour le jour solennel. Parmi les ministres du Seigneur, amis du Roi, je n’ai vu que 4 évêques. 5 septembre 1882

 » Du Ciel, tu verras le triomphe de l’Église planer sur le front de Mon vrai serviteur Henri de la Croix ; Il viendra consoler l’indigence, renouveler le sacerdoce dévasté, affaibli et tombé comme une branche sous la scie de l’ouvrier. Sa charité renouvellera le sacerdoce, relèvera les statues de Ma Mère, fera remonter les calvaires insultés et réduits en morceaux.  » 14 février 1882

 » Après ce sera un Royaume purifié. En des contrées, il restera très peu de monde. La Justice fauchera une multitude, mais les justes seront préservés. Ma France plongée dans le crime ressuscitera glorieuse. Le règne de la paix sera prolongé de 25 ou 30 années, sous la direction d’une âme que le Divin Coeur réserve à Son peuple. A la montée de ce Prince qui deviendra roi, ma France nouvelle sera purifiée, ennoblie, ravissante à mes yeux.  » Notre-Dame, 23 juillet 1925

 » Je ne quitterai mon voile de deuil qu’au beau matin de l’aurore de la paix, où mon sol sera purifié, où mes justes chanteront le  » Te Deum  » d’action de grâces pour la période du temps de paix, marqué par la divine Volonté. Il peut monter ce temps encore, jusqu’à 40, mais pas beaucoup plus.  » Notre-Dame, 24 novembre 1922

 » Celui que l’exil réserve, c’est lui qui marchera sur la Ville Éternelle, avec les braves combattants qui l’auront assisté. L’Auguste Victime et tous ses enfants dans la Foi n’attendront plus qu’un miracle. Sans un miracle, rien ne pourra se faire : rien ne pourra rentrer dans la paix profonde.

 » Sans Moi, vous ne pouvez rien faire !  » (Saint Jean, XV-V)

Mais il faut demander ce Miracle ! Et remercier Tout ce que nous avons à faire, de notre côté, c’est : prier, souffrir, obéir avec Jésus.

Dans l’extase du 4 mai 1880, nous trouvons un exemple de la Présence constante de Jésus auprès de Ses Justes, de ceux qui souffrent persécution pour Son Royaume de justice, et le rappel de la valeur fondamentale pour l’Église du Saint Sacrifice de la Messe, du Crucifix, du Précieux Sang comme Bouclier et comme Arme contre les forces du Mal, des cinq Plaies comme  » mémoire de l’infinité de la faute, lavée dans l’infinité de la douleur, par l’infinité de l’amour.  » On y voit aussi la vigilance des Saints Anges et leur amour du Saint Sacrement.

 » Pendant la douleur qui fera fuir les habitants de la Ville éternelle, plusieurs ministres du Seigneur, désirant mourir pour la Foi, se réfugieront dans un Temple qui ne touche pas le sanctuaire du Vatican, mais qui en est le plus rapproché et à sa droite. (Église du Transtevere ?) Sous leurs yeux demeurera un Crucifix de moyenne grandeur.

Des cinq Plaies du Crucifix jailliront, à la fois, cinq flots de sang. Ce Sang jaillira si fort que deux Anges, dont la forme ne sera pas vue, le recueilleront dans deux calices qui seront vus, entourés d’une auréole.

Je vois aussi que les chaînes de Saint Pierre seront portées invisiblement et miraculeusement, au Christ qui laissera jaillir Son Sang. Ce miracle se fera pour toucher les coeurs impies, et desserrer un moment les liens du Père Commun des fidèles, qui sera sous les coups de ces coeurs sans pitié.

Les deux calices, où le Sang du Sauveur aura été recueilli, seront déposés, par les Anges, sur le grand Autel où le Saint-Père célèbre chaque jour le Saint Sacrifice. Personne ne pourra gravir les marches de cet Autel.

À une heure de la nuit, heure de l’Agonie au jardin des Olives, le Père des fidèles, pieds nus et accompagnés d’apôtres qui l’aiment et qui sont aimés de lui, par privilège, montera à l’Autel où se trouvent les deux calices.

Il ne pourra gravir ces marches, sans verser un torrent de larmes et sans être saisi d’un infini respect. Cet Autel sera le sien, comme Il fut celui de Pie IX. Il verra, écrit dans le Sang du calice de gauche :

 » Courage, très Auguste Pontife, le sang des Français, qui sont aussi tes enfants, vient s’offrir jusqu’à la mort pour ta défense. « 

Je vois le saint Pontife boire une goutte de Sang, de l’autre calice, de celui où il n’y a rien d’écrit.

Ce Sang le rendra conforme à son Sauveur mourant en Croix. 4 mai 1880

Le Roi aidera le Pape à vaincre les hérésies et les fausses religions. Le triomphe de l’Église et de son Chef, le triomphe du Roi convertiront un grand nombre d’infidèles.  » Dans Ma Sagesse Éternelle, J’ai le dessein de réserver un nombre immense de Juifs, car, au jour de Ma réjouissance Je veux les confondre… Je veux que ce peuple voit Ma Puissance.  » 18 janvier 1881

Protection et remèdes

Tout ce qui précède met en nos âmes un mélange de sentiments de crainte et un besoin de recours confiant.

C’est tout naturel, quand on perçoit bien le caractère sur humain et tragique des événements prédits. Nous sommes bien petits et démunis. Nous sentons bien le besoin d’un Sauveur, d’une certitude rassurante. Que faire ?

Tout d’abord, bien penser que le lion démoniaque est déjà à l’oeuvre,  » dévorant les âmes.  » II faudrait être totalement aveuglé pour ne pas voir son action en ces jours de boucherie, de désunion et de reniement. Même si ces événements ne devaient pas être pour notre génération ! II faut gagner des forces, des grâces pour ceux qui devront les affronter, pour les générations futures. Ce fut une des missions de Marie-Julie du Crucifix. Si nous avons encore la Foi, c’est à cause de ses souffrances et de ses prières, unies à celles de Jésus. Nous lui devons beaucoup.

Il faut tout d’abord, comme elle nous le dit tant de fois, remettre notre âme, notre vie corporelle et spirituelle, la vie de tous ceux pour qui nous devons prier, entre les mains de Dieu :

 » Mon Dieu, Je remets Mon âme entre Vos Mains. J’accepte Votre volonté, quelle qu’elle soit, si je dois vivre, ou si je dois mourir. « 

 » Ma fille, ce qui plaît à Dieu par-dessus tout, c’est de recevoir avec le même amour avec lequel Il le donne, tout ce qui va dépendre de Sa volonté adorable. C’est la gratitude pour tout.  »  » J’aime tant la reconnaissance. C’est un bienfait qui a une valeur inappréciable sur la terre. Au Ciel, vous verrez la beauté de ces grâces. Une action de grâces, c’est pour Moi, une ivresse de joie. « 

La valeur des prières ne vient pas de la quantité des paroles, mais de la pureté de l’intention, l’humilité de la demande.

 » Mon Jésus, j’ai grand besoin de Vous ! Je n’ai besoin que de Vous ! « 

La pureté, c’est Dieu qui la donne.

II faut être en état de grâce, c’est-à-dire confesser ses fautes à un prêtre fidèle. ( » Le nombre des bons prêtres sera bien petit. « )

- II faut faire tous les sacrifices pour assister à la Sainte Messe de toujours et communier le plus fréquemment possible, en esprit de charité pour ceux qui en sont privés.  » La pratique de la communion spirituelle fréquente plaît beaucoup à Jésus.  »  » L’amour pour le Saint Sacrement est celui qui enflamme le plus les âmes. C’est aussi celui que redoute le plus l’ennemi des enfers. « 

 » J’ai en tout temps le Dieu de mon coeur et en tous lieux le Coeur de mon Dieu.

- Bien entendu, cela suppose l’observation des commandements de Dieu et de l’Église, selon le devoir d’état, la charité envers le prochain, matérielle et spirituelle.

Attention à la médisance !  » La médisance et l’enfer, les deux plus grands amis. Ils sont toujours d’accord et prêts à agir. « 

 » Respectez les prêtres, C’est à Moi de juger ! « 

- Accepter avec patience les croix, les contrariétés, les traverses de l’existence et y ajouter le sel de quelques sacrifices plus personnels, en se souvenant de la patience et la compassion du Christ.

 » Ma chère enfant, sur terre, il ne faut jamais s’inquiéter. Il faut laisser agir la douce et sainte Volonté de mon Fils. « 

Tu diras :  » Mon Dieu, tout Vous regarde et rien ne me regarde moi-même, si ce n’est de Vous prier et de me soumettre. Je reste tranquille sur ma croix et dans Votre amour. « 

 » Tu ne désespéreras jamais, dût plutôt tout s’écrouler, la terre fut-elle couverte de feu et de charbon.  » 11 février 1878

- Utiliser l’eau bénite qui possède un pouvoir souverain contre les assauts de l’Ennemi. Mais il faut que cette eau soit bénie selon le rituel traditionnel.

- Faire souvent le signe de croix avec cette eau bénite.

- La prière du Rosaire avec méditation des mystères est essentielle, en évitant la précipitation. Ce qui compte, c’est le recours confiant à la Sainte Vierge, à Saint Joseph, aux Saints et aux Saints patrons en particulier.

- L’assistance de l’Ange gardien et de Saint Michel est très puissante contre les puissances du mal. Ils sont les messagers de nous à Dieu et de Dieu à nous. Un Ange gardien de Marie-Julie lui reprocha un jour d’avoir négligé de l’invoquer :  » Tu pries sans m’invoquer ! Tu es donc bien puissante pour prier toute seule ! Je suis là et tu ne m’invoques pas ! « 

Notre amie comprit bien la leçon et en fit son profit.

 » Ô nos Saints Anges gardiens, quand nous oublierons la Divine Présence du Bien-Aimé, pensez-y pour nous, adorez-Le pour nous, afin que pas une minute ne soit sans la pensée du Bien-Aimé.  » 22 juillet 1926

En réparation des profanations et des reniements :

 » Quand vous le pourrez, mes enfants, dites, soir et matin, le Miserere tout entier. Si vous êtes empêchés, dites-le au moins une fois. Si vous ne le pouvez pas, récitez un Pater et un Ave, ou l’acte de contrition au pied de la Croix ou en vous tournant vers l’Église. « 

 » Priez beaucoup pour l’Église, pour les prêtres et pour les pêcheurs, pour ceux qui vont faire lever le désordre et recrucifier mon Fils. Mes enfants, faites le Chemin de Croix qui, en peu de temps, mènera au Ciel bien des âmes… Faites beaucoup de communions, récitez le chapelet.  » 2 février 1881

Les prophéties comportent une liste de moyens simples, prescrits par le Ciel, à utiliser au cours des grandes épreuves, il ne s’agit pas de magie ou de superstition. Il s’agit de gestes simples, humbles qui sont des actes de confiance en l’Amour de Dieu, tel qu’il se dévoile dans le Coeur Sacré de Jésus, qui, Lui, est le seul Sauveur.

Peste mortelle – Un seul remède pour se protéger – Avaler un papier très mince sur lequel sera écrit :  » Ô Jésus, vainqueur de la mort, sauvez-nous ! Ô Crux ave, Spes unica !  » (27 mai 1880)

Pour les animaux : accrochez une médaille de Saint Benoît à leur cou.

Pour les cultures : médailles de Saint Benoît dans les plantations.

Pendant les grandes calamités : réciter la prière suivante à la Sainte Croix :

« Je Te salue, je T’adore, je T’embrasse,

O Croix adorable de Mon Sauveur !

Protège-nous, garde-nous, sauve-nous !

Jésus t’a tant aimée !

A Son exemple, je T’aime !

Ta Sainte image calme mes frayeurs,

Je ne ressens que paix et confiance. « 

Pendant les grands orages :  » Ô Crux, ave, Spes unica ! Et Verbum caro factum est. Ô Jésus, Vainqueur de la mort, sauvez-nous ! « 

Pendant les guerres :  » Pour dissiper toute crainte et toute frayeur, vous ferez toucher à votre front l’image ou la douce médaille de Marie Immaculée. Vos esprits resteront calmes. Vos intelligences ne craindront pas l’approche de la terreur des hommes. Elles ne ressentiront pas les effets de Ma grande Justice. « 

 » Mes enfants, reprend la Sainte Vierge, je dirai encore aux pères et mères de famille qu’il serait bon de faire porter à leurs enfants, petits et grands, une médaille, qui n’existe pas, mais que l’on pourrait faire faire, très peu large, comme on voudra. Cette médaille porterait ces mots :

 » O vous, Vierge sainte, qui avez écrasé la tête du Serpent, gardez notre Foi et l’innocence de nos petits enfants  « 

La Sainte Vierge porte la médaille sur son coeur ; elle est ronde et blanche. Il n’est pas nécessaire, dit-elle qu’elle soit d’un grand prix ; son efficacité sera la même.

Ce sera pour garder l’innocence, en un temps si difficile, quand la corruption se répandra partout. Tout chrétien pourra s’en munir, comme d’une défense et une arme de foi.  » 26 août 1880

Dans les maladies inconnues :  » Une médaille de Mon Divin Coeur, une médaille où sera tracée la Croix adorable. Vous tremperez dans un verre d’eau ces deux images, soit en carton, soit en métal. Vous boirez de cette eau deux fois bénite, deux fois purifiée. Une seule goutte dans vos aliments, une toute petite goutte, suffira pour éloigner non pas le fléau mais les fléaux de Ma Justice.

Vous donnerez une goutte de cette eau aux pauvres âmes atteintes par les fléaux des maladies inconnues qui attaquent le coeur, l’esprit, la parole. « 

Porter sur soi un Crucifix et adorer Jésus-Crucifié.  » La dévotion aux Saintes Plaies sera un paratonnerre pour les chrétiens qui l’auront conservée.  »  » N’oubliez jamais de renouveler continuellement l’offrande du Précieux Sang. Soyez consolés, vous tous qui honorez Mon Précieux Sang, il ne vous arrivera rien. « 

Maladies diverses : Dans le choléra, l’aubépine en infusion. Dans les fièvres inconnues, l’humble violette. Dans les souffrances de poitrine et les violents maux de tête : le lierre terrestre, l’herbe de Saint Jean.

Jours de ténèbres :  » Les cierges bénits (de cire d’abeille pure) donneront seuls de la lumière. Un seul suffira dans chaque maison pour les trois jours. Ils ne donneront pas de lumière dans les maisons des impies et des blasphémateurs. « 

 » Quand vous entendez un blasphème, dites un Gloria Patri. C’est une consolation pour le Ciel. « 

Mais l’essentiel, la Sainte Vierge nous le dit le 15 avril 1900 :

 » Mes petits enfants, c’est la Foi, c’est la confiance, la plus belle prière qui obtient le plus et davantage. « 

Notre Seigneur nous confie le 21 avril 1921 :  » Âmes bien aimées, il y a trois abris : Mon Divin Coeur, Ma Divine Croix, Ma Bien-Aimée Mère Immaculée. « 

Conseils de Saint Grégoire le Grand, Pape :

 » Qu’aurez-vous à faire ?

Attendre, prier, faire ce que Dieu veut.

Servons Dieu à travers toutes les obscurités qui se trouvent en nous. Servons-Le, malgré les ténèbres dans lesquelles Il nous laisse marcher.

Quand même la lumière de vos âmes serait complètement éteinte, servons-Le quand même ; servons-Le toujours.

Ne perdez pas courage ; traversez tous les périls ; affrontez les dangers.

Dieu vous comblera de grâces et de consolations.  » 19 août 1878

Prières pour le temps de pénitence

Au cours des extases, le Ciel nous adjure de prier, et de bien prier, et qu’y-a-t-il de plus efficace que les prières de la liturgie immémoriale de l’Église. Faites votre profit des trésors de dévotion que contient votre missel (un missel traditionnel est bien).

La prière de base est le  » Pater  » Il contient tout. Mais il faut le dire selon la forme traditionnelle. En particulier, bannir la formule moderne  » Ne nous soumets pas à la tentation  » qui est une absurdité et un quasi-blasphème envers l’Amour infini de notre Père des Cieux.

L’Ave Maria ne doit pas être modifié, car les paroles qu’il contient font partie de l’Écriture Sainte. La deuxième partie est l’héritage de la tradition suppliante de l’Église. C’est un acte d’humilité qui plaît beaucoup à la Sainte Vierge.

 » Mes petites âmes aimantes, J’ai un temps mesuré dans cette terrible épreuve où Mes justes souffrent et où Mes ennemis se réjouissent, mais la tâche sera bientôt abrégée. En abrégeant, Je bouleverserai la terre, Je ferai retentir du fond des montagnes, une voix de lamentation et de menace qui aura tous les accents de ce grand  » Libera  » réservé à la grande mortalité de la terre sous les foudres de Ma Justice et sous les rigueurs de Ma juste Colère.

Mes petites âmes aimantes, vous trouverez votre asile dans Ma Croix et dans Mon Sacré-Coeur, car Mon Sacré-Coeur est surmonté de la Croix et la Croix est le paratonnerre et l’abri de Mes justes.  » 16 juin 1914

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L’oeuvre de la Croix à l’heure des combats

 » Donnez la paix, Seigneur, à ceux qui Vous attendent, afin que vos prophètes soient trouvés véridiques.  » (Eccli 36, 18)

Chers amis de Marie-Julie, (Donné à La Fraudais le 4 octobre 2003)

Que mes premières paroles soient pour vous remercier de votre présence à cette assemblée annuelle !

Merci aussi à ceux qui sont unis à nous par la pensée et la prière.

Merci à tous ceux qui gardent la mémoire de notre grande amie, Marie-Julie Jahenny, à qui nous faisons une grande joie en l’invoquant sous le nom qui lui fut donné par le Ciel : Marie-Julie du Crucifix.

Elle montrait son Crucifix, comme on montre une arme redoutable, un livre admirable, une consolation inégalable.

Toute sa vie, elle a été à la Fraudais comme un Saint Jean-Baptiste, le prophète du désert. Elle a montré du doigt sur son Crucifix, et sur elle-même, véritable crucifix vivant, l’Agneau de Dieu qui porte les péchés du monde. Tout au long de cette vie de  » prière, de souffrance offerte, d’obéissance avec Jésus « , selon sa devise, elle a dit et répété la vérité que le monde refuse.

Jésus en Croix nous révèle l’immensité et l’horreur du péché.

Jésus en Croix s’y révèle comme le modèle de toutes les vertus.

Jésus en Croix nous fait connaître la Justice de Son Père, qui ne peut tolérer l’impunité de la moindre faute.

Jésus en Croix nous fait connaître l’infinie Miséricorde et les profondeurs insondables de l’Amour Divin, révélées par le Coeur ouvert, et les Saintes Plaies qui sont, comme le dit si magnifiquement Mgr Ghika :  » l’héritage et le souvenir de l’infinité de la faute, lavée dans l’infinité de la douleur par l’infinité de l’Amour. « 

La mission de Marie-Julie fut de montrer, de révéler les réalités surnaturelles, dans une époque enténébrée.

Elle montre la direction où il faut aller chercher la clarté, la lumière de la vérité qui sauve de la mort.

Elle n’est pas de ces démagogues qui, par peut de déplaire, édulcorent la vérité, rabotent, liment tout ce qui peut heurter l’esprit du monde, au prix d’un vandalisme doctrinal dont nous ne voyons que trop les terribles effets.

Sa doctrine est dans la plus pure Tradition de l’Église Catholique et Romaine. Nous pouvons et nous devons donc lui faire une entière confiance et poursuivre avec constance, avec persévérance, avec patience, le bon combat.

Ce combat nécessite des armes et de l’énergie. Le Ciel entier, par la voix de Marie-Julie, nous dit que nous les trouverons dans les Sacrements et particulièrement dans les Sacrements de Pénitence et de l’Eucharistie. Après sa mort en 1878, le Pape Pie IX apparaît à Marie-Julie, lui aussi appelle au bon combat :

 » Prenez vos armes, et si elles sont rouillées, il faut les frotter. Préparez vos armes ; les meilleures sont la prière, la Foi et la confiance. « 

C’est tout particulièrement pour la défense de la Sainte Messe et des prêtres fidèles que nous devons travailler et prier. Cela demande des efforts de patience, de discernement de l’essentiel, de mise en commun de toutes sortes de biens. Mais quel bien suprême au milieu de nos luttes. Voici ce que disait la Très Sainte Vierge le 16 juillet 1901 :

 » Mes enfants, quelle puissance que le Saint Sacrifice de la Messe. Ce n’est qu’au Ciel que vous pénétrerez l’immense efficacité de ce prodige de puissance, de bonheur, de merveille et de délivrance. « 

Soyez sûrs que Marie-Julie vous soutiendra dans ce combat, elle qui demanda la faveur d’assister à toutes les Messes jusqu’à la fin du monde :

 » Je veux souffrir jusqu’à la Fin du monde. Je veux assister à toutes les Messes jusqu’à la Fin du monde. « 

Sa mission n’est pas terminée, ni celle des saintes âmes victimes qui furent les premiers Amis de la Croix. Invoquons souvent ces saints prêtres, en particulier Monseigneur Fournier et l’Abbé David qui fusent si proches de Marie-Julie dans une commune persécution. Ils sont les protecteurs de tous ceux qui veulent maintenir vivante la mémoire des merveilles de La Fraudais.

La plus grande partie de ces merveilles est encore à venir avec la fondation de l’Oeuvre de la Croix et l’érection du Sanctuaire.

C’est donc à ce combat dans la Foi, l’Espérance et la Charité que nous sommes convoqués. Nous sommes enrôlés, mobilisés pour un très haut service. C’est une grâce que nous devons accueillir avec reconnaissance et avec la conscience que, sans l’aide du Ciel, nous ne pouvons rien faire :

 » Des serviteurs du Seigneur font bien la divine volonté. Ils attendent, avec confiance, l’arrivée de toutes choses.  » 8 mars 1881

Nos ennemis intimes, nous les connaissons trop bien : le doute, le découragement, le manque de confiance, une certaine irritation que les choses n’avancent pas selon nos désirs. L’esprit est prompt, mais la chair est faible ! Et nul doute que Quéquet ne s’en mêle certains jours !

Que faire ? que va-t-il arriver ? à chacun de nous ? à nos familles ? à la France ? au monde ?

Des lumières sur toutes ces questions bien légitimes nous les trouverons, bien souvent, dans les extases de notre amie. Mais il y faut du discernement et du calme.

Saint Grégoire le Grand, Pape, vient ainsi, le 19 août 1878, donner ses consignes à ceux qui doivent combattre en notre époque si terrible.

 » Qu’aurez-vous à faire ?

- Attendre, prier et faire ce que Dieu veut. Aimons Dieu de tout notre coeur, servons Dieu fidèlement, servons-Le à travers les obscurités qui se trouvent en nous, servons-Le malgré les ténèbres où Dieu nous laisse et où il nous faut marcher, servons-Le quand même. Quand même la lumière de vos âmes serait absolument éteinte, ne perdez pas courage, traversez tous les périls, affrontez les dangers et Dieu vous comblera de Ses grâces et de Ses consolations. Qui peut nous rendre heureux sur la terre, si ce n’est la paix de Dieu qui vit en nous, qui travaille en nous, qui prie en nous ? Sans cette paix, l’homme devient comme un damné, il court et se précipite dans le premier gouffre qu’il rencontre, parce que c’est l’affreux ravage que font en lui tous ses amours déréglés…

Prenons nos croix, portons-les sans rougir puisque la Croix nous procurera un jour le bonheur de voir Dieu, de Le comprendre et de L’aimer. Portons la Croix ! il y a des croix partout. Le bonheur d’aimer la Croix nous procure, dès cette vie, une délicieuse attente de bonheur de voir et de posséder Dieu. « 

La lecture de la suite des entretiens célestes de près de 70 ans nous en apprend beaucoup sur la Sagesse Divine qui gouverne toutes choses pour le plus grand bien de Ses amis, les justes, c’est-à-dire, ceux qui font tout leur possible, avec la grâce de Dieu, à travers leurs faiblesses et leurs chutes, pour ne pas renier les promesses de leur Baptême.

 » Je renonce à Satan. Je m’attache à Jésus-Christ pour toujours « .

Ces deux petites phrases sont comme le fil rouge qui permet de s’y retrouver dans les événements passés, présents et à venir.

En effet on ne peut rien comprendre dans la confusion actuelle du monde sans faire appel aux secours des lumières d’En-Haut.

Tout ce qui s’est passé dans le monde et à La Fraudais, pendant près d’un siècle, et ce qui s’y passe encore ne peut se comprendre que par la référence à un combat spirituel entre Jésus-Christ, Roi des rois, Tête de Son Corps mystique qu’est l’Église fidèle et le  » Prince de ce monde  » aidés par ses complices humains qui ne veulent pas de la Royauté du Seul Sauveur.

D’après les prophéties de Marie-Julie, nous en sommes à une phase décisive de la fin des temps, où Dieu permet à l’Enfer de répandre son action sur la terre pour mettre à l’épreuve la fidélité de l’Église et pour punir les pêcheurs ingrats et impénitents.

Celle crise terrible par ses persécutions tantôt violentes, tantôt larvées, et par ses séductions perfides a pris une ampleur d’incendie depuis la Révolution Française et son fameux esprit des lumières qui est en fait une entrée dans les ténèbres.

L’homme, séduit par le tentateur, se veut son propre créateur se disant le fruit d’un hasard aveugle. Estimant qu’il est capable de tout faire sans aide, ne s’estimant pas fautif ni redevable envers quiconque il ne reconnaît pas le besoin d’un Sauveur, d’un Messie médiateur entre Dieu et les hommes. Ces ténèbres intellectuelles aboutissent à la déchéance morale des personnes, des familles, des nations, en un mot à la perdition, au reniement, à l’apostasie en masse. Dans l’Église même se sont infiltrées des fumées de Satan, qui amènent les baptisés insouciants et endormis, à se détacher du Christ et de Sa Croix et à donner leur approbation à Satan et à ses tentations de jouissance immédiate et de rejet de toute dépendance.

Mais la Providence veille.

Comme dans toutes les oeuvres divines, justice et miséricorde se rencontrent.

Si Dieu se sert des démons, c’est pour châtier les pêcheurs qui se livrent à eux et pour donner plus de mérites aux justes qui les rejettent et les combattent.

Dieu avertit longtemps à l’avance par toutes sortes de moyens naturels ou miraculeux. Avant la grande révolution qui doit bouleverser l’Europe, fi fera comprendre aux pêcheurs, combien est noire leur âme ingrate. fi leur fera subir des jours de ténèbres physiques, de quelques heures, avant les trois jours de grandes ténèbres qui verront une véritable extermination des endurcis impénitents. Ces avertissements réveilleront de nombreux  » endormis  » et ainsi les sauveront. Mais ce sera ensuite le Châtiment des aveugles volontaires, car ils se seront crevés les yeux pour ne pas voir que Jésus est la seule Voie de la Vie et de la Vérité, le seul Soleil des âmes. Ils se seront donné le menteur pour guide et subiront son sort.

Chers amis, quand vous verrez les sectes lucifériennes parcourir le pays en poussant les chrétiens à renier le Christ (les impies coureurs), sachez que le moment est proche.

Quand vous verrez des offices ouvertement à la gloire de Lucifer, méprisant de façon injurieuse Jésus et Son Église fidèle, sachez que le moment est proche.

Nous en sommes à la phase préparatoire qui est celle du culte de l’homme. Déjà, on parle de l’équivalence des religions. La Passion du Christ est tenue pour négligeable. Sa Royauté absolue est niée. La France devient  » Mahomète « , comme dit notre amie, car elle nie la Divinité du Christ, accordant à la vérité et à l’erreur le même traitement. Sa mission de fille aînée de l’Église est bafouée par la France athée. On ne veut plus de chef, de pape, de roi. C’est tous ces reniements que Marie-Julie a dû expier. Elle a dû s’offrir en sacrifice pont obtenir qu’un petit reste trouve la force d’être fidèle, pour que l’Église triomphe, pour que le Papauté et la Royauté soient rétablies dans leurs droits.

Dans son fol orgueil, Lucifer veut se faire l’égal de Dieu et se faire adorer par les hommes, comme le seul vrai sauveur. Il est d’une féroce jalousie envers le Christ dont l’humilité et l’obéissance l’ont vaincu, il suscitera guerres, révolutions, massacres, désordres pour dissoudre toute la vie sociale et attirer vers lui les appels des hommes. Il s’acharnera à faire détruire tout ce qui rappelle le Sauveur, les croix en particulier et les tabernacles, les prêtres et les âmes consacrées. II lui sera permis de faire de faux prodiges, de fausses apparitions pour tromper les moins vigilants. Mais II sera donné aux âmes fidèles à la prière et à la Croix de déjouer ses pièges. Les Saints Anges seront leurs protecteurs… s’ils n’oublient pas de les invoquer !

Toute cette phase de véritable infestation satanique durera trois années, et se terminera par le châtiment universel qui réduira de beaucoup le nombre des humains.

Alors seulement viendra la consolation du règne d’un grand Roi catholique et de la résurrection de l’Église, sous la houlette d’un saint Pasteur.

Ce sera d’ailleurs pour un temps limité [à 40 ans,] avant le combat final contre l’antéchrist, Lucifer singeant l’incarnation et la résurrection avant son engloutissement définitif, la fin de ce monde et la Parousie. Voilà la trame du futur et l’explication de la confusion actuelle, telle que la décrit Marie-Julie.

Ce qui compte aujourd’hui, c’est de ne pas s’endormir mais de préparer les âmes au combat.

Le Ciel nous assure que si nous sommes vigilants, si nous prions pour y voir clair, nous ne serons surpris par aucun événement et que Dieu fera tout pour notre bien. Soyons Lui reconnaissant, Il nous prévient, Il ne veut pas que Ses enfants ressentent les mêmes terreurs que les païens frappés par les coups de Sa Justice :

 » Je veux qu’ils s’attendent à tout, Je veux que rien ne les étonne.  » 30 juillet 1925

Ce sont les prières des justes qui retiennent la Justice divine, qui écartent l’Enfer, qui obtiennent des remises de peine et des sursis de miséricorde. Les prophéties sont conditionnelles.

 » Il n’y a que la prière qui peut sauver la terre qui peut donner la victoire… Je ne peux vous donner cette victoire tant désirée. Il n’y a pas assez de prières, de sacrifices, de calvaires…  » 24 janvier 1882

La restauration de la monarchie n’a pas été accordée à la France en 1870, parce qu’il n’y a pas eu assez de prières et de pénitence, parce que la France n’a pas voulu renoncer à Satan et s’attacher à Jésus-Christ. Elle n’a pas assez désiré le salut. À la mort du Comte de Chambord, en 1883, il est dit :

 » Il faudra rester où le Bon Dieu nous aura placés et beaucoup prier. La France n’ayant pas mérité celui qui devait la sauver, Dieu l’a enlevé de la terre ; C’est le premier châtiment.  » 17 octobre 1883

Mais :

 » Quand la terre aura été purifiée, de beaux jours reviendront et le Sauveur choisi par nous, inconnu de Mes enfants jus qu’ici, viendra.

C’est une âme bien belle, c’est une fleur spéciale de vertu et le Coeur adorable de Mon Fils commence à lui préparer ses nobles dignités et il viendra au nom du Sacré-Coeur avec la poitrine décorée de l’Adorable Coeur de Jésus. La grâce du Ciel sera avec lui et les ruines seront relevées.  » 19 septembre 1901

Aussi :

 » Il n’y aura aucun espoir de renouveau avant une immense purification « , tel est l’avertissement maintes fois répété par Notre Seigneur et la Sainte Vierge à La Fraudais.

Les âmes sont mises en demeure de choisir leur camp. C’est pourquoi un des buts que nous devons poursuivre est de faire connaître le pourquoi des événements ; les dates et les lieux sont du domaine de la Providence :  » il ne vous appartient pas de connaître ni le jour, ni l’heure « , et cette divine Providence n’a jamais abandonné personne.

 » Mon Dieu, tout Vous regarde et rien ne me regarde moi-même si ce n’est de Vous prier et de me soumettre. Je reste tranquille sur la Croix et dans Votre Amour. « 

- Tu ne désespéreras jamais, dût plutôt tout s’écrouler, la terre fût-elle couverte de feu et de charbon.  » 11 février 1878

Soyez heureux, chers amis de Marie-Julie, de participer à cette oeuvre de miséricorde spirituelle, qui consiste à instruire les ignorants, à consoler les affligés, à rendre l’espérance à ceux qui souffrent sans connaître le sens et la valeur de la Croix, à ceux qui meurent sans savoir pourquoi ils ont vécu. Ces coeurs se tourneront vers vous spontanément. N’en soyez pas surpris, c’est Jésus qui veut qu’il en soit ainsi, c’est la mission qu’il vous donne : Soyez apôtres pour les accueillir.

Voici ce qu’il disait à Marie-Julie, le 3 septembre 1925 :

 » Je vous unis, petites âmes que J’aime et que Je choisis pour faire beaucoup de bien, pour semer beaucoup de paix dans les âmes et encore beaucoup d’amour miséricordieux (2 fois), amour de Miséricorde. Je vous donne cette grâce d’être à l’époque douloureuse de vrais porte-miséricorde pour beaucoup d’âmes. Vous me sauverez des âmes par les dons tout divins que Je vous donne dès aujourd’hui dans ma tendresse. Oh ! que Je vous aime. « 

 » Je vous aime tant que Je vous laisse dans ma bonté ce que Je veux de vous, mes petits apôtres de mon divin Coeur, de ma Croix et de ma Miséricorde, pour les âmes coupables qui ne me connaissent plus. Mes petites épouses, vous remplacerez mon prêtre qui fera défaut dans bien des lieux. Belle mission inventée par mon divin Amour et par ma divine Miséricorde.  » (2 fois)

Il ne s’agit pas, évidemment ! de se substituer aux prêtres, devenus si peu nombreux, dans la fonction qui leur revient en propre de ministres des sacrements, mais de les remplacer, là où ils feront défaut, dans le rôle qui leur revient normalement, d’apostolat et de réconfort auprès des âmes.

L’heure des grandes actions spectaculaires n’est pas venue, mais plutôt l’heure du silence priant des Catacombes.

Mais, puisque nous sommes ici sur la terre foulée pendant tant d’années par l’humble Marie-Julie, tout près de sa pauvre maison, il est peut-être intéressant de soulever quelque peu un coin du voile temporel qui nous cache l’avenir de La Fraudais. Ce lieu béni dont Notre-Dame pouvait dire, le 16 mars 1880 :

 » Depuis le Calvaire jusqu’à ce jour, je n’ai jamais remarqué tant de grâces, autant qu’il en est réservé pour ce lieu. « 

Le nom de  » La Fraudais  » signifierait  » le torrent  » C’est donc un lieu prédestiné au torrent de grâces, après avoir vu se déverser le torrent des souffrances, et le torrent des prières.

 » Mes enfants, tant de peines, tant de croix, tant de larmes seront hautement récompensées.

Le Ciel a tout prévu. Ce lieu deviendra grand, d’une immense grandeur. Les âmes viendront, poussées par une grâce extraordinaire.

Mes enfants, une montagne a été élevée ici…

C’est mon Fils qui, à Son tour va commander. Voilà comment les oeuvres secrètes arrivent doucement à leur terme, après avoir été longtemps voilées en apparence.

Vous êtes appelés à une régénération extraordinaire. Vous serez appelés les enfants du monde nouveau.  » 16 mars 1880

 » Il sera élevé, ici, un Sanctuaire à la Croix et à Marie Immaculée. Ce lieu sera vénéré par tous. J’y guérirai le corps et l’âme par une eau vive.

J’emploierai beaucoup de pierre pour les maisons où j’enfermerai les Pères de la Croix, et les orphelins de père et des veuves. Autour du Sanctuaire, d’où auront fui tous les bruits du monde, je veux faire des cloîtres de serviteurs et de vierges.

Au commencement, il y aura des difficultés, mais de courte durée.

Ce temple s’élèvera si rapidement que l’on verra bien que les Anges auront contribué à élever les murs. (suit le plan du Sanctuaire de la Croix).

Voilà, chères victimes, des travaux où couleront vos sueurs. La France entière viendra d’abord s’abriter sous l’arbre de la Croix ; puis l’univers entier comprendra et viendra. Voilà la fontaine, je vais bientôt la remplir.  » 9 février 1878

Forts de ces certitudes, il ne nous reste plus qu’à veiller aux signes de la Volonté de Dieu et à prier pour que ces projets se réalisent pour Sa plus grande gloire à l’heure qu’il aura choisie.

La canonisation de Marie-Julie et celle du Roi-Martyr, Louis XVI, sont dans ces projets divins pour après le grand Coup.

Je ne voudrais pas terminer ce petit entretien sans rappeler que, par le  » hasard  » (si le hasard existait !) des difficultés et des opportunités qui se présentaient à nous, nous nous réunissons aujourd’hui, le 4 octobre, en la fête de Saint François d’Assise. Nous pouvons y voir une faveur de notre amie du Ciel, car ce grand amant de la Croix, stigmatisé comme elle, fut du nombre de ces Saints qui eurent les plus étroits rapports avec Marie-Julie quand il s’agissait de la former dans son saint Noviciat. Il était son Père spirituel, le Père Séraphique, celui qui la guidait dans sa voie de souffrance et d’amour. Saint François, si proche de Jésus pour avoir participé aux souffrances de la crucifixion, formait Marie-Julie du Crucifix à cette rude école.

Il semble qu’il ait an grand rôle à jouer dans le relèvement de l’Église – tout comme Marie-Julie, nous pouvons le penser – et, qu’à ce titre, il soit le soutient tout particulier des chrétiens fidèles dans ces temps difficiles Guide de Marie-Julie dans son pèlerinage terrestre, il l’est aussi de ses amis ; et c’est à eux qu’il donnait ses directives, le 17 septembre 1878 afin de les fortifier en vue de la lutte qu’ils auront à subir par les ennemis jurés de la Foi catholique. J’ai déjà évoqué cette exhortation devant cette assemblée, lors d’une précédente réunion, il y a quelques années, mais qu’importe, n’avons-nous pas besoin de nous retremper de temps à autre ?

 » Chers frères de la Croix, (c’est Saint François qui parle) ne vous inquiétez pas de ce qu’on dira de vous ! De ce qu’on fera contre vous ! Gardez la paix et l’espérance car le chemin qui conduit à l’honneur et à la gloire vous est ouvert. Pourquoi ne vous attaque-t-on pas en face ? Parce que Dieu a versé en vous un respect que vous avez mérité, en vous dévouant à Sa gloire. C’est ce respect, venant de Dieu, qui empêche les affronts et empêche vos ennemis de s’approcher en face de vous, la tête et les yeux levés. Voilà pourquoi ils vous respectent par force. Il y a encore quelque chose qui les renferme ; ils sont attaqués en eux-mêmes, sans savoir comment ils sont retenus par une puissance invisible qui leur souffle :  » Tu respecteras l’âme choisie de Dieu, tu respecteras le corps de l’homme dont tous les mouvements se dévouent à l’oeuvre de ton Dieu « . Voilà le souffle qu’ils ne voient, ni ne connaissent, ni n’entendent, mais qu’ils ressentent.

Chers frères de la Croix, pourquoi déchire-t-on votre réputation ? C’est que vous êtes des hommes d’une chair trempée et retrempée dans la source Divine qui n’est réservée qu’aux véritables et fidèles serviteurs de Dieu. Voilà pourquoi vous êtes solides comme le fer éprouve’ par le feu. Mais on ne peut déchirer votre honneur, parce que votre honneur n’est pas un honneur naturel, comme celui de tous les autres. Cet honneur ne vient que de Dieu, que de Sa Croix, que de Ses promesses. Il ne vient que de la Divine Volonté, que de la confiance que mes frères ont en Dieu. Pourquoi invente-t-on ? Parce que l’honneur jaloux des ennemis de mon Dieu s’élève en eux, qu’il les travaille, qu’il ne leur laisse aucun repos, c’est là un honneur, un orgueil qui vit dans les vices, dans la colère, dans la vengeance de tous vos ennemis qui sont les ennemis de Jésus-Christ. Cette rage vient de la jalousie, de l’orgueil, du désir que Dieu ne soit pas défendu, que Son Nom ne soit pas respecté, que Sa Croix n’ait pas de défenseurs, que tout ce qu’il fait soit oublié et anéanti. Voilà pourquoi vous souffrez, pour Dieu, pour Son Nom, pour Sa Cause. Le petit nombre des amis de la Croix est choisi et béni. C’est Dieu qui le veut ainsi, il a pour lui les plus belles promesses divines. Dieu a dit :  » C’est sur vous, sur toi et sur toi, que j’arrête Mon Regard adorable. Je veux que tu Me sois dévoué dans Mes desseins. Je te choisis pour soutenir, pour défendre le commencement de Mon oeuvre. Je te place dans Mon oeuvre comme un poteau solide ; tu l’appuieras, tu la soutiendras, tu la porteras sur tes épaules, quand elle sera dans les plus grandes menaces.  » Les victimes et les serviteurs sont destinés à aider Notre-Seigneur à soutenir l’oeuvre, les murs de l’oeuvre, pour la placer sur de belles pierres taillées et polies. Quelle belle couronne de Gloire ! Quel honneur ! « 

Eh oui, quel honneur !

Que la Très Sainte Vierge, Notre-Dame de la Bonne Garde, qui s’est proclamée Maîtresse, Gouvernante et Directrice de l’Oeuvre de la Croix nous couvre de ses mérites afin que nous soyons rendus dignes d’une telle grâce !

Mes chers amis, je vous la souhaite et je vous remercie.

( 8 février, 2013 )

La prophetie de Jean de Jérusalem

hodpitalier

Je mets ce texte à votre disposition juste à titre informatif. En effet il ne me semble pas que l’Eglise se soit prononcée sur cette prophetie, bien qu’ilen existerait un exemplaire au Vatican, ceci étant, sa lecture laisse perplexe quand aux similitudes entre ce qui est prédit et les temps actuels.

« Jehan de Vézelay dit Jean de Mareuil ou Jean de Jérusalem (1042- 1119) est un Templier, qui aurait participé à la libération de Jérusalem en 1099, conquise vingt ans plus tôt par les Turcs. On lui attribue des prophéties concernant le second millénaire, dites Protocole secret des prophéties.

D’après sa biographie, selon le manuscrit de Loubianka, il serait l’enfant du monastère bénédictin de Vézelay, fils de Bourgogne, soldat du Christ en Terre sainte, et l’un de neuf fondateurs de l’ordre du Temple. Il serait un proche d’Hugues de Payns, premier grand maître de l’ordre du Temple, et serait né en Bourgogne vers 1042 et mort à Jérusalem en 1119. D’après une autre version, il aurait été plutôt croisé et bénédictin. On assure qu’après la Première Croisade il a découvert un grand secret sur la montagne du temple à Jérusalem, ce qui a fait de lui un prophète.

Jean de Jérusalem aurait écrit sept manuscrits de prophéties. Trois manuscrits auraient été confiés à Bernard de Clairvaux (saint Bernard) qui en donne un au monastère de Vézelay [Note 1]. Quatre autres exemplaires auraient été dispersés et eurent différents destinataires. Un manuscrit retrouvé dans les archives du KGB à la Loubianka en 1992, faisait, selon les services russes, parti d’un lot d’archives allemandes saisies à Berlin, ce qui expliquerait les différentes mentions en marge qui s’y trouvent, indiquant, que ce manuscrit fut saisi dans une bibliothèque juive de Varsovie (Pologne). Ce manuscrit sera traduit par le professeur russe Galvieski (ou Gavielevwi) (1917-1995) en 1994. Aucun autre original de cette prophétie n’a été retrouvé à ce jour. Ce manuscrit russe, on le dit aussi trouvé, dans les archives du monastère de la Trinité-Saint-Serge à Zagorsk près de Moscou (Russie) 1992/1993. On assure que les textes peuvent être datés du quatorzième siècle. »

Complément Source :  Wikipedia

Texte issue de la page : http://www.2012un-nouveau-paradigme.com/pages/la-prophetie-de-saint-jean-integrale-5453280.html

« LA PROPHETIE ANNONCANT LE NOUVEL ORDRE MONDIAL

Cette prophétie a été écrite en 1099 par Jean de Vezelay (Jean de Jérusalem ou Jean de Mareuil), l’un des 8 fondateurs de l’Ordre des Templiers. La première partie de la prophétie est une sombre    prédiction pour la période de l’an 2000, « l’An Mille qui… vient après l’An Mille ». La deuxième partie annonce une ère    nouvelle et pleine d’espoir, « lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille »…

Nous connaissons deux apocalypses, celle de Daniel et celle de Jean. La première ne subsiste aujourd’hui que grâce à la ferveur de certains milieux marginaux du monde Chrétien, celle de jean au    contraire a été reconnue par le canon chrétien au concile de Tolède, en 633 [...]. Certains pensent qu’elle a été écrite par des disciples de Jean, proche du milieu    éssénien. Néanmoins, nous trouverons de nombreuses associations entre la Kabbale et l’Apocalypse alors que la plupart des gens n’y voient que l’annonce d’une catastrophe et de la fin du monde.    (Notons que nous trouvons cette même peur aux alentours de l’an 1OOO qui voit l’Ordre du Temple s’établir).

Lorsque commencera l’an mille qui vient après l’an mille,
L’homme aura peuplé les cieux et la terre et les mers de ses créatures

Ce document a été retrouvé par le professeur Galvieski dans les archives du monastère de Zargorsk en Russie au monastère de la Sainte Trinité Saint Serge près de Moscou. Dans son introduction, ce    manuscrit indiquait qu’après la conquête par les Turcs de Constantinople en 1453, sur l’île de Zagorsk, dans l’Empire de la foi resté préservé, sont venus se réfugier les hommes et leurs écrits    et parmi eux Le « Protocole Secret » qui enseigne le destin des hommes quand commencera « l’An Mille qui vient après l’An Mille… » c’est à dire les années après l’an 2000.

Ce Protocole Secret dont parle le manuscrit de Zagorsk est recueilli par des religieux sur la route de Compostelle. Jean de Vezelay devenu un moine chrétien, chevalier Croisé, l’un des fondateurs    de l’Ordre du Temple et l’un des premiers templiers, il participa à la libération de Jérusalem en 1099, conquise 20 ans plus tôt par les Turcs. C’est au cours de son séjour dans la Ville Sainte    qu’il rédigea son recueil prophétique.

Voici le Livre des Prophéties , Le troisième millénaire révélé , de Jean de Jérusalem , traduit par M. Galvieski , qui a découvert le manuscrit du Livre des prophéties (Ed. J.C. Lattès ,    1994).

LA PROPHETIE DE JEAN DE JERUSALEM

Je vois et je sais.

Mes yeux découvrent dans le Ciel ce qui sera et je franchis le temps d’un seul pas.
Une main me guide vers ce que vous ne voyez ni ne savez.

Mille ans auront passé et Jérusalem ne sera plus la ville des Croisés du Christ.
Le sable aura enfoui sous ses grains les murailles de nos châteaux, nos armures et nos os.
Il aura étouffé nos voix et nos prières.

Les Chrétiens venus de loin en pèlerins là où étaient leur Droit et leur Foi, n’oseront s’approcher du tombeau et des Reliques qu’escortés par des Chevaliers Juifs qui auront ici leur Royaume et leur Temple.

Les Infidèles seront une foule innombrable qui se répandra partout et leur foi résonnera comme le tambour d’un bout à l’autre de la Terre.
Je vois la Terre immense.

Des continents qu’Hérodote ne nommait que dans ses rêves se seront ajoutés au-delà des grandes forêts dont parle Tacite, et loin au bout de mers illimitées qui commencent après les Colonnes d’Hercule.
Mille ans auront passé depuis le temps que nous vivons et les fiefs se seront partout rassemblés en de grands royaumes et de vastes empires.

Des guerres aussi nombreuses que les mailles de la cotte que portent les Chevaliers de l’Ordre se seront entrecroisées, défaisant les royaumes et les empires, en tissant d’autres.

Et les serfs, les manants, les pauvres sans feu se seront mille fois révoltés, brûlant les récoltes, les châteaux et les villes, jusqu’à ce qu’on les écorche vifs et qu’on force les survivants à rentrer dans leurs tanières.

Ils se seront crus Rois.

Mille ans auront passé et l’homme aura gagné le fond des mers et des cieux et il sera comme une étoile au firmament.
Il aura acquis la puissance du soleil et il se sera pris pour Dieu, bâtissant sur l’immense terre mille tours de Babel.
Il aura construit des murs sur les ruines de ceux qu’avaient élevés les Empereurs de Rome, et ils sépareront une nouvelle fois des Légions et des Tribus Barbares.

Au-delà des grandes forêts sera un Empire.
Quand les murs s’effondreront l’Empire ne sera plus qu’une eau boueuse.
Les peuples seront une nouvelle fois mêlés.

Alors commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille.

Je vois et je sais ce qu’il sera.
Je suis le scribe.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille l’homme sera devant la bouche d’ombre d’un labyrinthe obscur.
Et je vois au fond de cette nuit dans laquelle il va s’enfoncer les yeux rouges du Minotaure.
Prends garde à sa fureur cruelle, toi qui vivras l’An Mille qui vient après l’An Mille.

Lorsque commencera l’An Mille qui vient après L’An Mille…

1
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
L’Or sera dans le Sang
Qui regardera les étoiles y comptera des deniers
Qui entrera dans le Temple y rencontrera les marchands
Les Souverains seront changeurs et usuriers
Le Glaive défendra le Serpent

Mais le feu couvera
Chaque ville sera Sodome et Gomorrhe
Et les enfants des enfants deviendront la nuée ardente
Ils lèveront les vieux étendard

2
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
L’Homme aura peuplé les Cieux et la Terre et les Mers de ses Créatures
Il ordonnera
Il voudra les pouvoirs de Dieu
Il ne connaîtra aucune limite

Mais chaque chose se retournera
Il titubera comme un roi ivre
Il galopera comme un chevalier aveugle
Et à coup d’éperon il poussera sa monture dans la forêt
Au bout du chemin sera l’abîme

3
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Se dresseront en tous points de la Terre des Tours de Babel
Ce sera Rome et ce sera Byzance
Les champs se videront
Il n’y aura de loi que de soi et de sa bande

Mais les Barbares seront dans la ville
Il n’y aura plus de pain pour tous
Et les jeux ne suffiront plus
Alors les gens sans avenir allumeront les grands incendies

4
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
La faim serrera le ventre de tant d’hommes
Et le froid bleuira tant de mains
Que ceux-là voudront voir un autre monde
Et des marchands d’illusions viendront qui proposeront le poison

Mais il détruira les corps et pourrira les âmes
Et ceux-là qui auront mêlé le poison à leur sang
Seront comme bête sauvage prise au piège
Et tueront et violeront et rançonneront et voleront
Et la vie deviendra une apocalypse de chaque jour

5
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Chacun cherchera à jouir tout ce qu’il peut
L’Homme répudiera son épouse autant de fois qu’il se mariera
Et la femme ira par les chemins perdus (creux) prenant celui qui lui plaira
Enfantant sans donner le nom du Père

Mais aucun Maître ne guidera l’Enfant
Et chacun parmi les autres sera seul
La tradition sera perdue
La loi sera oubliée
Comme si l’Annonce n’avait pas été faite et l’homme redeviendra sauvage

6
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Le père prendra son plaisir avec sa fille
L’homme avec l’homme la femme avec la femme
Le vieux avec l’enfant impubère
Et cela sera aux yeux de tous
Mais le sang deviendra impur.

Le mal se répandra de lit en lit
Le corps accueillera toutes les putréfactions de la terre
Les visages seront rongés les membres décharnés
L’amour sera haute menace pour ceux qui ne se connaissent que par la chair

7
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Celui qui parlera de Serment et de Loi ne sera pas entendu
Celui qui prêchera la Foi du Christ perdra sa voix dans le désert
Mais partout se répandra les eaux puissantes des religions infidèles

De faux messies rassembleront les hommes aveuglés
Et l’infidèle armé sera comme jamais il ne fut
Il parlera de justice et de droit et sa foi sera brûlante et tranchante
Il se vengera de la Croisade

8
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Le bruit de la mort donnée roulera comme l’orage sur la terre
Les barbares seront mêlés aux soldats des dernières légions
Les Infidèles vivront dans le cœur des Villes Saintes
Chacun sera tour à tour barbare, infidèle et sauvage
Il n’y aura plus d’ordre ni de règle.

La haine se répandra comme la flamme dans la forêt sèche
Les barbares massacreront les soldats
Les infidèles égorgeront les croyants
La sauvagerie sera de chacun et de tous et les villes périront

9
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Les hommes se jugeront entre eux selon leur sang et leur foi
Nul n’écoutera le cœur souffrant des enfants
On les dénichera comme des oisillons
Et personne ne saura les protéger de la main raidie par le gantelet.

La haine inondera les terres qui se croyaient pacifiées
Et nul ne sera épargné ni les vieux ni les blessés
Les maisons seront détruites ou volées
Les uns prendront la place des autres
Chacun fermera les yeux pour ne pas voir les femmes violées

10
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Chacun saura ce qui est en tous les lieux de la terre
On verra l’enfant dont les os percent la peau
Et celui dont les yeux sont couverts de mouches
Et celui qu’on pourchasse comme un rat.

Mais l’homme qui verra détournera la tête
Car il ne se souciera que de lui
Celui-là donnera une poignée de grains comme aumône
Alors qu’il dort sur des sacs pleins
Et ce qu’il donnera d’une main il le reprendra de l’autre

11
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
L’homme fera marchandise de tout
Chaque chose aura son prix
L’arbre, l’eau et l’animal
Plus rien ne sera vraiment donné et tout sera vendu
Mais l’homme alors ne sera plus que poids de chair

On troquera son corps comme un quartier de viande
On prendra son œil et son cœur
Rien ne sera sacré, ni sa vie ni son âme
On se disputera sa dépouille et son sang comme une charogne à dépecer

12
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
L’homme aura changé le visage de la terre
Il se voudra le Maître et le Souverain des forêts et des troupeaux
Il aura creusé le sol et le ciel
Et tracé son sillon dans les fleuves et les mers
Mais la terre sera nue et stérile.

L’Air deviendra brûlant et l’eau sera fétide
La vie se fanera car l’homme épuisera la richesse du monde
Et l’homme sera seul comme un loup
Dans la haine de lui

13
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
L’enfant sera lui aussi vendu
Certains se serviront de lui comme d’une quintaine (*)
Pour jouir de sa neuve peau
D’autres le traiteront comme un animal servile
On oubliera la faiblesse sacrée de l’enfant
Et son mystère.

Il sera comme un poulain qu’on dresse
Comme un agneau qu’on saigne qu’on abat
Et l’homme ne sera plus rien que barbarie

14
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Le regard et l’esprit des hommes seront prisonniers
Ils seront ivres et l’ignoreront
Ils prendront les images et les reflets pour la vérité du monde
On fera d’eux ce que l’on fait d’un mouton.

Alors les carnassiers viendront
Les rapaces les mettront en troupeau pour mieux les guider vers l’abîme et les dresser les uns contre les autres
On les écorchera pour prendre leur laine et leur peau
Et l’homme s’il survit sera dépouillé de son âme

15
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Régnerons des Souverains sans croyance
Ils ordonneront aux foules humaines innocentes et passives
Ils cacheront leurs visages et garderont leurs noms secret
Et leurs châteaux forts seront perdus dans les forêts
Mais ils décideront du sort de tout et de tous.

Personne ne participera aux assemblées de leur ordre
Chacun sera vrai serf et se croira homme libre et chevalier
Seuls se dresseront ceux des villes sauvages et des fois hérétiques
Mais ils seront d’abord vaincus et brûlés vifs

16
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Les hommes seront si nombreux sur les terres
Qu’ils ressembleront à une fourmilière dans laquelle on enfonce le bâton
Ils grouilleront et la mort les écrasera du talon
Comme des insectes affolés
De grands mouvements les pousseront d’une contrée à l’autre.

Les peaux brunes se mêleront aux peaux blanches
La Foi du Christ à celle de l’Infidèle
Certains prêcheront la paix jurée
Mais partout ce sera la guerre des tribus ennemies

17
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Les hommes voudront franchir toutes les enceintes
La mère aura les cheveux gris d’une vieille
Le chemin de la nature sera abandonné
Et les familles seront comme des grains séparés que rien ne peut unir.

Ce sera donc un autre monde
Chacun errera sans lien comme un cheval emballé
Allant en tout sens sans guide
Malheur au chevalier qui chevauchera cette monture
Il sera sans étrier et chutera dans le fossé

18
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Les hommes ne s’en remettront plus à la loi de Dieu
Mais voudront guider leur vie comme une monture
Ils voudront choisir leurs enfants dans le ventre de leurs femmes
Et tueront ceux qu’ils n’aimeront pas
Mais que sera l’homme qui se prendra ainsi pour Dieu ?

Les Puissants se saisiront des meilleures terres et des plus belles femmes
Les pauvres et les faibles seront du bétail
Chaque masure deviendra donjon
La peur sera en chaque cœur comme un poison

19
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Un ordre noir et secret aura surgi
Sa loi sera de haine et son arme le poison
Il voudra toujours plus d’or et étendra son règne sur toute la terre
Et ses servants seront liés entre eux par un baiser de sang
Les hommes justes et les faibles subiront sa règle.

Les Puissants se mettront à son service
La seule loi sera celle qu’il dictera dans l’ombre
Il vendra le poison jusque dans les églises
Et le monde marchera avec ce scorpion sous son talon

20
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Bien des hommes resteront assis les bras croisés
Ou bien iront sans savoir où les yeux vides
Car ils n’auront plus de forge où battre le métal
Et plus de champ à cultiver.

Ils seront comme une graine qui ne peut prendre racine
Errants et démunis humiliés et désespérés
Les plus jeunes et les plus vieux souvent sans lieux
Ils n’auront que la guerre pour salut
Et ils se combattront d’abord eux-mêmes et ils haïront leur vie

21
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Les maladies de l’eau du ciel et de la Terre
Frapperont l’homme et le menaceront
Il voudra faire renaître ce qu’il a détruit et protéger ce qui demeure
Il aura peur des jours qui viennent
Mais il sera bien tard.

Le désert rongera la terre et l’eau sera de plus en plus profonde
Elle ruissellera certains jours en emportant tout comme un déluge
Et elle manquera le lendemain à la terre
Et l’air rongera le corps des plus faibles

22
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
La terre tremblera en plusieurs lieux et les villes s’effondreront
Tout ce que l’on aura construit sans écouter les sages sera menacé et détruit
La boue submergera les villages et le sol s’ouvrira sous les Palais
L’homme s’obstinera car l’orgueil est sa folie
Il n’entendra pas l’avertissement répété de la terre.

Mais l’incendie détruira les nouvelles Rome
Et dans les décombres accumulés
Les pauvres et les barbares pilleront malgré les Légions les richesses abandonnées

23
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Le soleil brûlera la terre
L’Air ne sera plus le voile qui protège du feu
Il ne sera qu’un rideau troué
Et la lumière brûlante rongera les peaux et les yeux.

La mer s’élèvera comme une eau qui bout
Les villes et les rivages seront ensevelies
Et des continents entiers disparaîtront
Les hommes se réfugieront sur les hauteurs
Et ils reconstruiront oubliant déjà ce qui est survenu

24
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Les hommes sauront faire vivre des mirages
Les sens seront trompés et ils croiront toucher ce qui n’est pas
Ils suivront des chemins que seuls les yeux verront
Et le rêve pourra ainsi devenir vivant.

Mais l’homme ne saura plus séparer ce qui est de ce qui n’est pas
Il se perdra dans de faux labyrinthes
Ceux qui sauront faire naître des mirage
Se joueront de l’homme naïf en le trompant
Et beaucoup d’hommes deviendront des chiens rampants

25
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Les animaux que Noé avait embarqués sur son Arche
Ne seront plus entre les mains de l’Homme
Que bêtes transformées selon sa volonté
Et qui se souciera de leur souffrance vivante?
L’homme aura fait de chaque espèce ce qu’il aura voulu
Et il en aura détruit d’innombrables.

Que sera devenu l’homme qui aura changés les lois de la vie ?
Qui aura fait de l’animal vivant une motte de glaise ?
Sera-t-il l’égal de Dieu ou l’enfant du Diable ?

26
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Il faudra avoir peur pour l’enfant de l’homme
Le poison et le désespoir le guetteront
On ne l’aura désiré que pour soi et non pour lui ou pour le monde
Il sera traqué pour le plaisir et parfois on vendra son corps
Mais même celui qui sera protégé par les siens
Sera menacé d’avoir l’esprit mort.

Il vivra dans le jeu et le mirage
Qui le guidera puisqu’il n’y aura plus maître
Personne ne lui aura enseigné à espérer et à agir

27
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
L’homme se croira Dieu alors qu’il ne sera rien de plus qu’à sa naissance
Il frappera toujours vaincu par la colère et la jalousie
Mais son bras sera armé de la puissance dont il se sera emparé
Et Prométhée aveuglé il pourra tout détruire autour de lui.

Il restera un nain de l’âme et il aura la force d’un géant
Il avancera d’un pas immense mais il ignorera quel chemin prendre
Sa tête sera lourde de savoir
Mais il ne saura pas pourquoi il vit et il meurt
Il sera comme toujours le fou qui gesticule ou l’enfant qui geint

28
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Des contrées entières seront la proie de la guerre
Au-delà du limès (*) romain et même sur l’ancien territoire de l’Empire
Les hommes des mêmes cités s’égorgeront
Ici sera la guerre entre tribus et là entre croyants.

Les Juifs et les enfants d’Allah n’en finiront pas de s’opposer
Et la terre du Christ sera leur champ de bataille
Mais les infidèles voudront partout défendre la pureté de leur foi
Et il n’y aura en face d’eux que doute et puissance
Alors la mort s’avancera partout comme l’étendard des temps nouveaux

29
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
Des hommes en multitude seront exclus de la vie humaine
Ils n’auront ni droits ni toit ni pain
Ils seront nus et n’auront que leurs corps à vendre
On les rejettera loin des tours de Babel de l’opulence
Ils grouilleront comme un remords et une menace
Ils occuperont des contrées entières et prolifèreront.

Ils écouteront les prédications de la vengeance
Et ils se lanceront à l’assaut des tours orgueilleuses
Le temps sera revenu des invasions barbares

30
Lorsque commencera l’An Mille qui vient après l’An Mille
L’homme sera entré dans le labyrinthe obscur
Il aura peur et il fermera les yeux car il ne saura plus voir
Il se défiera de tout et il craindra à chaque pas
Mais il sera poussé en avant car aucune halte ne sera permise
La voix de Cassandre sera pourtant haute et forte
Il ne l’entendra pas.

Car il voudra toujours plus posséder et sa tête sera perdue dans les mirages
Ceux qui seront ses Maîtres le tromperont
Et il n’y aura que des mauvais bergers

Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille

31
Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
Les hommes auront enfin ouvert les yeux
Ils ne seront plus enfermés dans leurs têtes et dans leurs cités
Ils se verront et s’entendront d’un point à l’autre de la terre
Ils sauront que ce qui frappe l’un blesse l’autre
Les hommes formeront comme un grand corps unique
Dont chacun d’eux sera une part infime.

Et ils constitueront ensemble le cœur
Et il y aura enfin une langue qui sera parlée par tous
Et il naîtra ainsi enfin le grand humain

32
Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
L’homme aura conquis le ciel
Il créera des étoiles dans la grande mer bleu sombre
Et il naviguera sur cette nef brillante
Nouvel Ulysse compagnon du Soleil pour l’Odyssée Céleste

33
Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
Les hommes pourront s’enfoncer sous les eaux
Leur corps sera nouveau et ils seront poissons
Et certains voleront haut plus haut que les oiseaux
Comme si la pierre ne tombait pas
Ils communiqueront entre eux
Car leur esprit sera si grand ouvert qu’il recueillera tous les messages
Et les rêves seront partagés
Et ils vivront aussi longtemps que le plus vieux des hommes
Celui dont parle les Livres Saints

34
Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
L’homme saura quel est l’esprit de toute chose
La pierre ou l’eau le corps de l’animal ou le regard de l’autre
Il aura percé les secrets que les Dieux anciens possédaient
Et il poussera porte après porte dans le labyrinthe de la vie nouvelle
Il créera avec la puissance et le jaillissement d’une source
Il enseignera le savoir à la multitude des hommes
Et les enfants connaîtront la terre et le ciel plus qu’aucun avant eux
Et le corps de l’homme sera agrandi et habile
Et son esprit aura enveloppé toutes choses et les aura possédées

35
Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
L’homme ne sera plus le seul souverain car la femme viendra saisir le sceptre
Elle sera la grande maîtresse des temps futurs
Et ce qu’elle pensera elle l’imposera aux hommes
Elle sera la mère de cet An Mille qui vient après l’An Mille
Elle répandra la douceur tiède de la mère après les jours du Diable
Elles sera la beauté après la laideur des temps barbares
L’An Mille qui vient après l’An Mille se changera en temps léger
On aimera et on partagera
On rêvera et on enfantera les rêves

36
Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
L’homme connaîtra une seconde naissance
L’Esprit saisira la foule des hommes
Qui communieront dans la fraternité
Alors s’annoncera la fin des temps barbares
Ce sera le temps d’une nouvelle vigueur de la Foi
Après les jours noirs du commencement de l’An Mille qui vient après l’An Mille
S’ouvriront des jours heureux
L’homme retrouvera le chemin des hommes
Et la terre sera ordonnée

37
Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
Des voies iront d’un bout à l’autre de la terre et du ciel à l’autre bout
Les forêts seront à nouveau denses
Et les déserts auront été irrigués
Les eaux seront redevenues pures
La terre sera comme un jardin
L’Homme veillera sur tout ce qui vit
Il purifiera ce qu’il a souillé
Il sentira toute la terre comme sa demeure
Et il sera sage pensant aux lendemains

38
Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
Chacun sera comme un pas réglé
On saura tout du monde et de son corps
On soignera la maladie avant qu’elle n’apparaisse
Chacun sera guérisseur de soi et des autres
On aura compris qu’il faut aider pour maintenir
Et l’homme après des temps de fermeture et d’avarice
Ouvrira son cœur et sa bourse aux plus démunis
Il se sentira chevalier de l’ordre humain
Et ainsi ce sera un temps nouveau qui commencera

39
Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
L’homme aura appris à donner et à partager
Les jours amers de solitude seront enfouis
Il croira à nouveau à l’esprit
Et les barbares auront acquis droit de cité
Mais cela viendra après les guerres et les incendies
Cela surgira des décombres noircies des tours de Babel
Et il aura fallu la poigne ferrée
Pour que s’ordonne le désordre
Et que l’homme retrouve le bon chemin

40
Lorsque ce sera le plein de l’An Mille qui vient après l’An Mille
L’homme saura que tous les vivants sont porteurs de lumière
Et qu’ils sont créatures à respecter
Il aura construit les nouvelles cités
Dans le ciel sur la terre et sur la mer
Il aura la mémoire de ce qui fut
Et il saura lire ce qui sera
Il n’aura plus peur de sa propre mort
Car il aura dans sa vie vécu plusieurs vies
Et la Lumière il le saura ne sera jamais éteinte »

( 7 février, 2013 )

Prière au Christ-Roi pour obtenir le retour du Roi très chrétien

Roi très Chrétien

O Christ, Roi des Francs et Chef des Nations, souvenez-Vous de votre peuple de France, votre peuple de prédilection, Souvenez-Vous de la Mission que vous lui avez confiée dans le monde. Souvenez-Vous de l’Alliance que Vous avez scellée avec Clovis au Baptistère de Reims et confirmée par Jeanne d’Arc, la Pucelle, et renouvelée à chacun des Sacres de ses Rois très Chrétiens.

Cette Alliance a été brisée : la France officielle a renié ses engagements envers Vous depuis qu’elle a assassiné son Roi. Faites-lui la grâce, Seigneur Jésus, de réparer ses erreurs et ses fautes afin qu’elle revienne au plus tôt à sa vocation première de soldat de Dieu et de Fille Aînée de l’Eglise !

Vos desseins sont impénétrables, mais nous croyons que la prière des hommes est puissante sur Votre Cœur. Soumis à Votre Sagesse et confiants en Votre Bonté, nous osons Vous supplier que la France revienne à ses origines par l’Alliance de l’Autel et du Trône restaurés.

Seigneur, comme au temps de Jeanne d’Arc, rendez à la France son Roi très Chrétien, afin que, recevant à Reims son « digne Sacre », il soit en toute vérité Votre Lieutenant temporel, le Ministre de Vos saintes volontés pour le bien de l’Eglise, de la Patrie et de l’Humanité.

 Nous Vous demandons cette grâce au nom de Votre Sacré Cœur qui aime toujours les Francs, au nom de Votre très Sainte Mère, notre Reine bien-aimée, au nom de Saint Michel, l’Ange Gardien de la France, de sainte Jeanne d’Arc la grande Martyre de Votre Royauté Universelle et du caractère sacré et divin de la Royauté en France, au nom de tous nos Saints protecteurs et de tous les Saints de la Maison Royale de France »
Seigneur, sauvez le Roi et exaucez-nous au jour de notre prière.
Cœur Sacré de Jésus, Espoir et Salut de la France, sauvez-nous !
O Marie, Reine de France, intercédez pour nous !
Saint Michel, Chef des Milices Célestes et grand Vainqueur de Lucifer, Ange Gardien de la France et du Roi, de Votre Epée défendez-nous !
Sainte Jeanne d’Arc, Saint Louis, Roi de France, tous les Saints patrons  de la France et tous les Saints de la Maison de France, Priez pour nous !
Ainsi Soit-il !

 

( 5 février, 2013 )

O Marie, O mère chérie

chant catholique traditionnel composé peu après la guerre de 1870 – la France implore sa Mère

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O Marie, ô Mère chérie (Années 1870)

Refrain

O Marie, ô Mère chérie,

Garde au cœur des français la foi des anciens jours !

Entends du haut du Ciel, ce cri de la patrie :

Catholique et Français toujours !

Entends du haut du Ciel, ce cri de la patrie :

Catholique et Français toujours !

Catholique et Français toujours !

1.

 Aux pieds de ta Mère bénie

Tombe à genoux peuple chrétien!

Et que ta bannière chérie

S’incline en ce lieu trois fois saint.

2.

Console-toi, Vierge Marie,

La France revient à son Dieu;

Viens, souris à notre patrie,

D’être chrétienne elle a fait voeu.

3.

 Elle assiège ton sanctuaire!

Elle accourt dans tes saints parvis!

Pitié, pitié, puissante Mère!

Fléchis le coeur de Dieu ton Fils.

4.

Rends la couronne à notre Père,

Confonds les méchants et leurs voeux;

Fais que le successeur de Pierre

Connaisse enfin des jours heureux.

( 30 janvier, 2013 )

La contraception est un péché, Encyclique CASTI CONNUBII

La contraception est un péché

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CASTI CONNUBII

LETTRE ENCYCLIQUE  DU SOUVERAIN PONTIFE PIE XI SUR LE MARIAGE CHRÉTIEN  CONSIDÉRÉ AU POINT DE VUE DE LA CONDITION
PRÉSENTE, DES NÉCESSITÉS, DES ERREURS ET DES VICES DE LAFAMILLE ET DE LA SOCIÉTÉ

Aux Vénérables Frères, Patriarches, Primats, Archevêques, Evêques et autres ordinaires en paix et communion avec le Siège Apostolique.

Vénérables frères, Salut et bénédiction apostolique.

INTRODUCTION

Raison et plan de cette Encyclique.

Combien grande est la dignité de la chaste union conjugale, on le peut surtout reconnaître à ceci, Vénérables Frères, que le Christ, Notre-Seigneur, Fils du Père éternel, ayant pris la chair de l’homme déchu, ne s’est pas contenté d’inclure d’une façon particulière le mariage — principe et fondement de la société domestique et de la société humaine tout entière — dans le dessein d’amour qui lui a fait entreprendre l’universelle restauration du genre humain : après l’avoir ramené à la pureté première de sa divine institution, il l’a élevé à la dignité d’un vrai et « grand » (1) sacrement de la Loi nouvelle, et, en conséquence, il en a confié la discipline et toute la sollicitude à l’Eglise son Epouse. Pour que, toutefois, cette rénovation du mariage produise dans toutes les nations du monde et dans celles de tous les temps ses fruits désirés, il faut d’abord que les intelligences humaines soient éclairées sur la vraie doctrine du Christ concernant le mariage ; il faut ensuite que les époux chrétiens, fortifiés dans leur faiblesse par le secours intérieur de la grâce divine, fassent concorder toute leur façon de penser et d’agir avec cette très pure loi du Christ, par où ils s’assureront à eux-mêmes et à leur famille le vrai bonheur et la paix. Mais lorsque, de ce Siège Apostolique, comme d’un observatoire, Nos regards paternels embrassent l’univers entier, Nous constatons chez beaucoup d’hommes, avec l’oubli de cette restauration divine, l’ignorance totale d’une si haute sainteté du mariage. Vous le constatez aussi bien que Nous, Vénérables Frères, et Vous le déplorez avec Nous. On la méconnaît, cette sainteté, on la nie impudemment, ou bien encore, s’appuyant sur les principes faux d’une morale nouvelle et absolument perverse, on foule cette sainteté aux pieds. Ces erreurs extrêmement pernicieuses et ces mœurs dépravées ont commencé à se répandre parmi les fidèles eux-mêmes, et peu à peu, de jour en jour, elles tendent à pénétrer plus avant chez eux : aussi, à raison de notre office de Vicaire du Christ sur terre, de Notre Pastorat suprême et de Notre Magistère, Nous avons jugé qu’il appartenait à Notre mission apostolique d’élever la voix, afin de détourner des pâturages empoisonnés les brebis qui Nous ont été confiées, et, autant qu’il est en Nous, de les en préserver. Nous avons donc décidé de vous entretenir, Vénérables Frères, et, par vous, d’entretenir toute l’Église du Christ, et même le genre humain tout entier, de la nature du mariage chrétien, de sa dignité, des avantages et des bienfaits qui s’en répandent sur la famille et sur la société humaine elle-même, des très graves erreurs contraires à cette partie de la doctrine évangélique ; des vices contraires à la vie conjugale, enfin des principaux remèdes auxquels il faut recourir. Nous Nous attacherons, ce faisant, aux pas de Léon XIII, Notre prédécesseur d’heureuse mémoire, dont Nous faisons Nôtre et dont Nous confirmons par la présente Encyclique, l’Encyclique Arcanum (2) sur le mariage chrétien, publiée par lui il y a cinquante ans : que si Nous Nous attachons davantage ici au point de vue des nécessités particulières de notre époque, Nous déclarons cependant que bien loin d’être tombés en désuétude, les enseignements de Léon XIII gardent leur pleine vigueur.

Principe et fondement : La doctrine catholique du mariage.

Et pour prendre Notre point de départ dans cette Encyclique même, qui est presque tout entièrement consacrée à prouver la divine institution du mariage, sa dignité de sacrement et son inébranlable perpétuité, rappelons d’abord ce fondement qui doit rester intact et inviolable : le mariage n’a pas été institué ni restauré par les hommes, mais par Dieu ; ce n’est point par les hommes, mais par l’auteur même de la nature et par le restaurateur de la nature, le Christ Notre-Seigneur, que le mariage a été muni de ses lois, confirmé, élevé ; par suite, ces lois ne sauraient dépendre en rien des volontés humaines, ni d’aucune convention contraire des époux eux-mêmes (3). Telle est la doctrine des Saintes Lettres, telle est la tradition constante de l’Eglise universelle, telle est la définition solennelle du Concile de Trente, qui, en empruntant les termes mêmes de la Sainte Ecriture, enseigne et confirme que la perpétuelle indissolubilité du mariage, son unité et son immutabilité proviennent de Dieu son auteur (4). Mais, bien que le mariage, à raison de sa nature même, soit d’institution divine, la volonté humaine y a cependant sa part, qui est très noble : car chaque mariage particulier, en tant qu’il constitue l’union conjugale entre un homme et une femme déterminés, n’a d’autre origine que le libre consentement de chacun des deux époux ; cet acte libre de volonté, par lequel chacune des deux parties livre et reçoit le droit propre du mariage (5), est si nécessaire pour réaliser un mariage véritable que « nulle puissance humaine n’y pourrait suppléer » (6). Cette liberté, toutefois, porte seulement sur un point, savoir : si les contractants veulent effectivement entrer dans l’état de mariage, et s’ils le veulent avec telle personne ; mais la nature du mariage est absolument soustraite à la liberté de l’homme, en sorte que quiconque l’a une fois contracté se trouve du même coup soumis à ses lois divines et à ses exigences essentielles. Car le Docteur Angélique, dans ses considérations sur la fidélité conjugale et sur la procréation des enfants, remarque que, « dans le mariage, ces choses sont impliquées par la consentement conjugal même, et, en conséquence, si, dans le consentement qui fait le mariage, on formulait une condition qui leur fût contraire, il n’y aurait pas de mariage véritable » (7). L’union conjugale rapproche donc tout dans un accord intime, les âmes plus étroitement que les corps ; ce n’est point un attrait sensible ni une inclination passagère des cœurs qui la détermine, mais une décision, délibérée et ferme des volontés : et cette conjonction des esprits, en vertu du décret divin, produit un lien sacré et inviolable. Cette nature propre et toute spéciale du contrat le rend irréductiblement différent des rapports qu’ont entre eux les animaux sous la seule impulsion d’un aveugle instinct naturel, où il n’y a ni raison ni volonté délibérée ; elle le rend totalement différent aussi de ces unions humaines instables, réalisées en dehors de tout lien véritable et honnête des volontés et qui n’engendrent aucun droit à vivre en commun. Il est donc manifeste que l’autorité légitime a le droit et qu’elle a même le devoir rigoureux d’interdire, d’empêcher, de punir les unions honteuses qui répugnent à la raison et à la nature ; mais comme il s’agit d’une chose qui résulte de la nature humaine elle-même, l’avertissement donné par Léon XIII (8), d’heureuse mémoire, n’est pas d’une vérité moins évidente : « Dans le choix du genre de vie, il n’est pas douteux que chacun a la liberté pleine et entière ou de suivre le conseil de Jésus-Christ touchant la virginité, ou de s’engager dans les liens du mariage. Aucune loi humaine ne saurait ôter à l’homme le droit naturel et primordial du mariage, ou limiter d’une façon quelconque ce qui est la fin principale de l’union conjugal établie dés le commencement par l’autorité de Dieu : Crescite et multiplicamini » (9). Ainsi l’union sainte du mariage véritable est constituée tout ensemble par la volonté divine et par la volonté humaine : c’est de Dieu que viennent l’institution même du mariage, ses fins, ses lois, ses biens ; ce sont les hommes — moyennant le don généreux qu’une créature humaine fait à une autre de sa propre personne pour toute la durée de sa vie, avec l’aide et la coopération de Dieu — qui sont les auteurs des mariages particuliers, auxquels sont liés les devoirs et les biens établis par Dieu.

I. Les biens du mariage véritable d’après saint Augustin.

Au moment où Nous Nous préparons à exposer quels sont ces biens du mariage véritable, biens donnés par Dieu, Nous Nous rappelons les paroles du glorieux Docteur de l’Eglise que Nous célébrions récemment dans Notre Encyclique Ad salutem, publiée à l’occasion du XVe centenaire de sa mort (10) : « Voilà tous les biens — dit saint Augustin — qui font que le mariage est bon : les enfants, la foi conjugale, le sacrement » (11). Et l’on peut dire que la somme de toute la doctrine catholique sur le mariage chrétien est surabondamment contenue sous ces trois chefs : le saint Docteur le montre lui-même quand il dit : « Par la foi conjugale, on a en vue cette obligation qu’ont les époux de s’abstenir de tout rapport sexuel en dehors du lien conjugal ; dans les enfants, on a en vue le devoir, pour les époux, de les accueillir avec amour, de les nourrir avec sollicitude, de les élever religieusement dans le sacrement, enfin, on a en vue le devoir, qui s’impose aux époux, de ne pas rompre la vie commune, et l’interdiction, pour celui ou celle qui se sépare, de s’engager dans une autre union, fût-ce à raison des enfants. Telle est la loi du mariage où la fécondité de la nature trouve sa gloire, et le dévergondage de l’incontinence, son frein.» (12)

1. – Les enfants

Dignité des parents

Parmi les biens du mariage, les enfants tiennent donc la première place. Et sans aucun doute, le Créateur même du genre humain, qui, dans sa bonté, a voulu se servir du ministère des hommes pour la propagation de la vie, nous a donné cet enseignement lorsque, en instituant le mariage dans le paradis terrestre, il a dit à nos premiers parents et, en même  temps, à tous les, époux à venir : «Croissez et multipliez-vous et remplissez la terre. » (13) C’est ce que saint Augustin a très bien fait ressortir des paroles de l’apôtre saint Paul à Timothée (14), en disant : « Que la procréation des enfants soit la raison du mariage, l’Apôtre en témoigne en ces termes : Je veux, déclare-t-il, que les jeunes filles se marient. Et comme pour répondre à cette question : Mais pourquoi ? il poursuit aussitôt : qu’elles procréent des enfants, qu’elles soient mères de famille. » (15) Pour apprécier la grandeur de ce bienfait de Dieu et l’excellence du mariage, il suffit de considérer la dignité de l’homme et la sublimité de sa fin. L’homme, en effet, dépasse toutes les autres créatures visibles, par la prééminence de sa nature raisonnable. Ajoutez-y que si Dieu a voulu les générations des hommes, ce n’est pas seulement pour qu’ils existent et pour qu’ils remplissent la terre, mais bien plus pour qu’ils l’honorent, lui, pour qu’ils le connaissent, qu’ils l’aiment et qu’ils jouissent de lui éternellement dans les cieux ; par suite de l’admirable élévation de l’homme par Dieu à l’ordre surnaturel, cette fin dépasse tout ce que l’œil a vu, ce que l’oreille a entendu et ce que le cœur de l’homme a pu concevoir (16). Par où l’on voit facilement que les enfants, nés par l’action toute-puissante de Dieu, avec la coopération des époux, sont tout ensemble un don de la divine bonté et un précieux fruit du mariage. Les parents chrétiens doivent comprendre en outre qu’ils ne sont pas seulement appelés à propager et à conserver le genre humain sur la terre, qu’ils ne sont même pas destinés à former des adorateurs quelconques du vrai Dieu, mais à donner des fils à l’Église, à procréer des concitoyens des saints et des familiers de Dieu (17), afin que le peuple attaché au culte de Dieu et de notre Sauveur grandisse de jour en jour. Sans doute les époux chrétiens, même s’ils sont sanctifiés eux-mêmes, ne sauraient transmettre leur sanctification à leurs enfants : la génération naturelle de la vie est devenue au contraire la voie de la mort, par laquelle le péché originel se communique aux enfants : ils gardent cependant quelque chose de la condition qui était celle du premier couple conjugal au paradis terrestre : il leur appartient, en effet, d’offrir leurs fils à l’Eglise afin que cette mère très féconde des enfants de Dieu les régénère par l’eau purificatrice du baptême à la justice surnaturelle, qu’elle en fasse des membres vivants du Christ, participants de la vie éternelle, des héritiers enfin de la gloire éternelle, à laquelle nous aspirons tous du fond du cœur. Si une mère vraiment chrétienne considère ces, choses, elle comprendra certainement que, dans un sens très élevé et plein de consolations, ces paroles de notre Rédempteur s’adressent à elle : « Lorsque la femme a engendré son enfant, elle cesse aussitôt de se rappeler ses souffrances, à cause de la joie qu’elle ressent, parce qu’un homme est né dans le monde » (18), devenue supérieure à toutes les douleurs, à toutes les sollicitudes, à toutes les charges inséparables de son rôle maternel, ce sera bien plus justement et plus saintement que la matrone romaine, mère des Grecques, qu’elle se glorifiera dans le Seigneur d’une florissante couronne d’enfants. D’ailleurs, ces enfants, reçus de la main de Dieu avec empressement et reconnaissance, les deux époux les regarderont comme un talent qui leur a été confié par Dieu, et qui ne doit pas être utilisé dans leur propre intérêt ni dans le seul intérêt terrestre de la société, mais qui devra au jour du jugement être restitué à Dieu avec le fruit qu’il aura dû produire.

Leur mission éducatrice

Le bien de l’enfant ne se termine pas, à coup sûr, au bienfait de la procréation ; il faut qu’il s’y en adjoigne un autre, contenu dans la bonne éducation de l’enfant. Dieu, malgré toute sa sagesse, aurait certes médiocrement pourvu au sort des enfants et du genre humain tout entier, si ceux qui ont reçu de lui le pouvoir et le droit d’engendrer n’en avaient pas reçu aussi le droit et la charge de l’éducation. Personne ne méconnaît, en effet, que l’enfant ne peut se suffire à lui-même dans les choses qui se rapportent à la vie naturelle : à plus forte raison ne le peut-il pas dans les choses qui se rapportent à la vie surnaturelle : durant de nombreuses années, il aura besoin de l’aide d’autrui, d’instruction, d’éducation. Il est  d’ailleurs évident que, conformément aux exigences de la nature et à l’ordre divin, ce droit et cette tâche reviennent tout d’abord à ceux qui ont commencé par la génération l’œuvre de la nature et auxquels il est absolument interdit de laisser inachevée l’œuvre entreprise et d’exposer ainsi l’enfant à une perte certaine. 0r, il a été pourvu, de la meilleure manière possible, à cette si nécessaire éducation des enfants, par le mariage où, unis par un lien indissoluble, les parents sont toujours en état de s’y appliquer ensemble et de se prêter un mutuel appui. Nous avons déjà traité ailleurs abondamment de l’éducation chrétienne de la jeunesse (19) ; les paroles de saint Augustin citées plus haut résumeront ce que Nous y avons dit : « Pour ce qui regarde les enfants, ils doivent être accueillis avec amour, élevés religieusement » (20) ; ainsi parle aussi le Droit canon avec son habituelle précision : «La fin première du mariage, c’est la procréation des enfants et leur éducation. » (21) Il ne faut enfin point passer sous silence que si cette double mission, si honorable et si importante, a été confiée aux parents pour le bien de l’enfant, tout usage honnête de la faculté, donnée par Dieu, de procréer de nouvelles vies, est exclusivement le droit et la prérogative du mariage, conformément à l’ordre du Créateur lui-même et de la loi naturelle : cet usage doit absolument être contenu dans les limites saintes du mariage.

2. – La foi conjugale.

Un autre bien du mariage que nous avons relevé à la suite d’Augustin est celui de la foi conjugale, c’est-à-dire la fidélité mutuelle des époux à observer le contrat de mariage, en vertu de laquelle ce qui, à raison du contrat sanctionné par la loi divine, revient uniquement au conjoint ne lui sera point refusé ni ne sera accordé à une tierce personne ; et au conjoint lui-même il ne sera pas concédé ce qui, étant contraire aux lois et aux droits divins et absolument inconciliable avec la fidélité matrimoniale, ne peut jamais être concédé.

L’absolue unité conjugale.

C’est pourquoi cette fidélité requiert tout d’abord l’absolue unité conjugale, dont le Créateur lui-même a formé le premier exemplaire dans le mariage de nos premiers parents, quand il a voulu que ce mariage ne fût qu’entre un seul homme et une seule femme. Et bien que, ensuite, le suprême Législateur divin ait, pour un temps, relativement relâché la rigueur de cette loi primitive, il est absolument certain que la loi évangélique a restauré en son intégrité cette parfaite unité primitive et qu’elle a aboli toute dispense : les paroles du Christ et l’enseignement constant de l’Eglise comme sa constante façon d’agir le montrent à l’évidence. C’est donc à bon droit que le saint Concile de Trente a formulé cette solennelle déclaration : « Le Christ Notre-Seigneur a enseigné clairement que par ce lien deux personnes seulement sont unies et conjointes, quand il a dit : C’est pourquoi ils ne sont plus deux, mais une seule chair : » (22) Notre-Seigneur n’a d’ailleurs pas seulement voulu condamner, toute forme de polygamie et de polyandrie, successive ou simultanée, ou encore tout acte déshonnête extérieur ; mais, pour assurer complètement l’inviolabilité des frontières sacrées de l’union conjugale, il a prohibé aussi les pensées et les désirs volontaires concernant toutes ces choses : «Et moi je vous dis que quiconque arrête sur une femme des regards de concupiscence a déjà commis l’adultère dans son cœur. » (23) Ces paroles de Notre-Seigneur ne peuvent être infirmées même par le consentement de l’autre conjoint ; elles promulguent, en effet, une loi divine et naturelle qu’aucune volonté humaine ne saurait enfreindre ou fléchir (24). Bien plus, afin que le bien de la fidélité conjugale resplendisse de tout son éclat, les rapports intimes entre. les époux eux-mêmes doivent porter l’empreinte de la chasteté, en sorte que les époux se comportent en tout suivant la règle de la loi divine et naturelle, et qu’ils s’appliquent toujours à suivre la volonté très sage et très sainte de leur Créateur avec un sentiment profond de respect pour l’œuvre de Dieu.

La charité conjugale.

Cette foi de la chasteté, comme saint Augustin l’appelle très justement, s’épanouira plus aisément et avec plus d’attrait et de beauté morale, dans le rayonnement d’une autre  influence des plus excellentes : celle de l’amour conjugal qui pénètre tous les devoirs de la vie conjugale et qui tient dans le mariage chrétien une sorte de primauté de noblesse : «Car la fidélité conjugale requiert que l’homme et la femme soient unis par un amour particulier, par un saint et pur amour ; ils ne doivent pas s’aimer à la façon des adultères, mais comme le Christ a aimé l’Eglise : c’est cette règle que l’apôtre a prescrite quand il a dit : «Epoux, aimez vos épouses comme le Christ a aimé son Eglise » (25) ; et le Christ a assurément enveloppé son Eglise d’une immense charité, non pour son avantage personnel, mais en se proposant uniquement l’utilité de son épouse. » (26) Nous disons donc : «la, charité », non pas fondée sur une inclination purement charnelle, et bien vite dissipée, ni bornée à des paroles affectueuses, mais résidant dans les sentiments intimes du cœur, et aussi — car l’amour se prouve par les œuvres (27) — manifestée par l’action extérieure. Cette action, dans la société domestique, ne comprend pas seulement l’appui mutuel : elle doit viser plus haut — et ceci doit même être son objectif principal, — elle doit viser à ce que les époux s’aident réciproquement à former et à perfectionner chaque jour davantage en eux l’homme intérieur : leurs rapports quotidiens les aideront ainsi à progresser jour après jour dans la pratique des vertus, à grandir surtout dans la vraie charité envers Dieu et envers le prochain, cette charité ou se résume en définitive « toute la Loi et les Prophètes » (28). Car enfin, dans n’importe quelle condition et n’importe quel état de vie honnête, tous peuvent et tous doivent imiter l’exemplaire parfait de toute sainteté que Dieu a présenté aux hommes dans la personne de Notre-Seigneur, et, avec l’aide de Dieu, parvenir au faîte de la perfection chrétienne, comme le prouve l’exemple de tant de Saints. Dans cette mutuelle formation intérieure des époux, et dans cette application assidue à travailler à leur perfection réciproque, on peut voir aussi, en toute vérité, comme l’enseigne le Catéchisme Romain (29), la cause et la raison première du mariage si l’on ne considère pas strictement dans le mariage l’institution destinée à la procréation et à l’éducation des enfants, mais, dans un sens plus large, une mise en commun de toute la vie, une intimité habituelle, une société. Cette même charité doit harmoniser tort le reste des droits et des devoirs des époux : et ainsi, ce n’est pas seulement la loi de justice, c’est la règle de la charité qu’il faut reconnaître dans ce mot de l’Apôtre : « Que le mari rende à la femme son dû ; et pareillement, la femme à son mari. » (30)

L’« ordre de l’amour ».

Enfin, la société domestique ayant été bien affermie par le lien de cette charité, il est nécessaire d’y faire fleurir ce que saint Augustin appelle l’ordre de l’amour. Cet ordre implique et la primauté du mari sur sa femme et ses enfants, et la soumission empressée de la femme ainsi que son obéissance spontanée, ce que l’Apôtre recommande en ces termes : « que les femmes soient soumises à leurs maris comme au Seigneur ; parce que l’homme est le chef de la femme comme le Christ est le Chef de l’Eglise. » (31) Cette soumission, d’ailleurs, ne nie pas, elle n’abolit pas la liberté qui revient de plein droit à la femme, tant à raison de ses prérogatives comme personne humaine, qu’à raison de ses fonctions si nobles d’épouse, de mère et de compagne ; elle ne lui commande pas de se plier à tous les désirs de son mari, quels qu’ils soient, même à ceux qui pourraient être peu conformes à la raison ou bien à la dignité de l’épouse ; elle n’enseigne pas que la femme doive être assimilée aux personnes que dans le langage du droit on appelle des « mineurs », et auxquelles, à cause de leur jugement insuffisamment formé, ou de leur impéritie dans les choses humaines, on refuse d’ordinaire le libre exercice de leurs droits, mais elle interdit cette licence exagérée qui néglige le bien de la famille ; elle ne veut pas que, dans le corps moral qu’est la famille, le cœur soit séparé de la tête, au très grand détriment du corps entier et au péril — péril très proche — de la ruine. Si, en effet, le mari est la tête, la femme est le cœur, et, comme la premier possède la primauté du gouvernement, celle-ci peut et doit revendiquer comme sienne cette primauté de l’amour. Au surplus, la soumission de la femme à son mari peut varier de degré, elle peut varier dans ses modalités, suivant les conditions diverses des personnes, des lieux et des temps ; bien plus, si le mari manque à son devoir, il appartient à la femme de le suppléer dans la direction de la famille. Mais, pour ce qui regarde la structure même de la famille et sa loi fondamentale, établie et fixée par Dieu, il n’est jamais ni nulle part permis de les bouleverser ou d’y porter atteinte. Sur cet ordre qui doit être observé entre la femme et son mari, Notre prédécesseur d’heureuse Mémoire, Léon XIII, donne, dans l’Encyclique sur le mariage chrétien, que Nous avons rappelée, ces très sages enseignements : « L’homme est le prince de la famille et le chef de la femme ; celle-ci, toutefois, parce qu’elle est, par rapport à lui, la chair de sa chair et l’os de ses os, sera soumise, elle obéira à son mari, non point à la façon d’une servante, mais comme une associée ; et ainsi, son obéissance ne manquera ni de beauté ni de dignité. Dans celui qui, commande et dans celle qui obéit — parce que le premier reproduit du Christ, et la seconde l’image de l’Eglise, — la charité ne devra jamais cesser d’être la régulatrice de leur devoir respectif. » (32) Le bien de la fidélité conjugale comprend donc : l’unité, la chasteté, une digne et noble obéissance ; autant de vocables qui formulent les bienfaits de l’union conjugale, qui ont pour effet de garantir et de promouvoir la paix, la dignité et le bonheur du mariage. Aussi n’est-il pas étonnant que cette fidélité ait toujours été rangée parmi les biens excellents et propres du mariage.

3.— Le sacrement.

Le mariage est indissoluble.

Cependant, l’ensemble de tant de bienfaits se complète et se couronne par ce bien du mariage chrétien, que, citant saint Augustin, Nous avons appelé sacrement, par où sont indiquées et l’indissolubilité du lien conjugal et l’élévation que le Christ a faite du contrat — en le consacrant ainsi — au rang de signe efficace de la grâce. Et tout d’abord, pour ce qui regarde l’indissolubilité du contrat nuptial, le Christ lui-même y insiste quant il dit : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare point » (33), et : « Tout homme qui renvoie sa femme et en prend une autre commet l’adultère : et celui qui prend la femme répudiée par un autre commet un adultère, lui aussi. » (34) Dans cette indissolubilité, saint Augustin place en termes très clairs ce qu’il appelle le bien du sacrement : «Dans le sacrement, on a en vue ceci : que l’union conjugale ne peut être rompue, et que le renvoi ne permet à aucun des deux époux une nouvelle union même pour avoir des enfants. » (35) Cette inviolable fermeté, dans une mesure d’ailleurs inégalé, et qui n’atteint pas toujours une aussi complète perfection, convient cependant à tous les vrais époux, car la parole du Seigneur : Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare point, a été dite du mariage de nos premiers parents, c’est-à-dire du prototype de tout mariage à venir, et elle s’applique en conséquence à tous les vrais mariages. Sans doute, avant le Christ, cette sublimité et cette sévérité de la loi primitive fut tempérée à ce point que Moïse permit aux membres de son peuple, à cause de la dureté de leur cœur, de faire, pour certaines causes déterminées, l’acte de répudiation ; mais le Christ, en vertu de sa suprême puissance de législateur, a révoqué cette permission d’une plus grande licence, et il a restauré en son intégrité la loi primitive, par ces paroles qui ne devront jamais être oubliées : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare point. » C’est pourquoi Pie VI, d’heureuse mémoire, écrivait avec une grande sagesse à l’évêque d’Eger : « Par où il est évident que même dans l’état de nature, et, en tout cas, bien avant d’être élevé à la dignité d’un sacrement proprement dit, le mariage a été divinement institué de manière à impliquer un lien perpétuel et indissoluble, qu’aucune loi civile ne peut plus dénouer ensuite. C’est pourquoi, bien que le mariage puisse exister sans le sacrement — c’est le cas du mariage entre infidèles, — il doit, même alors, puisqu’il est un mariage véritable, garder — et il garde, en effet — ce caractère de lien perpétuel qui, depuis l’origine, est de droit divin, tellement inhérent au mariage qu’aucune puissance politique n’a de prise sur lui. Aussi bien, quel que soit le mariage que l’on dit contracté, ou bien ce mariage est contracté en effet de façon à être effectivement un mariage véritable, et alors il comportera ce lien perpétuel inhérent, de droit divin, à tout vrai mariage ; ou bien on le suppose contracté sans ce lien perpétuel, et alors ce n’est pas un mariage, mais une union illicite incompatible comme telle avec la loi divine : union dans laquelle, en conséquence, on ne peut ni s’engager ni demeurer. » (36) Que si cette indissolubilité semble être soumise à une exception, très rare d’ailleurs comme dans les mariages naturels contractés entre seuls infidèles, ou si cette exception se vérifie en des mariages consentis entre chrétiens — ces derniers mariages consentis sans
doute, mais non encore consommés, — cette exception ne dépend pas de la volonté des hommes ni d’aucun pouvoir purement humain, mais du droit divin, dont seule l’Eglise du Christ est la gardienne et l’interprète. Aucune faculté de ce genre, toutefois, pour aucun motif, ne pourra jamais s’appliquer à un mariage chrétien contracté et consommé. Dans un mariage pareil, le pacte matrimonial a reçu son plein achèvement, et du même coup, de par la volonté de Dieu, la plus grande stabilité et la plus grande indissolubilité y resplendissent et aucune autorité des hommes ne pourra y porter atteinte. Si nous voulons scruter avec respect la raison intime de cette divine volonté, nous la trouverons facilement, Vénérables Frères, dans la signification mystique du mariage chrétien, qui se vérifie pleinement et parfaitement dans le mariage consommé entre fidèles. Au témoignage, en effet, de l’Apôtre, dans son Epître aux Ephésiens (37) que nous avons rappelée au début de cette Encyclique, le mariage des chrétiens reproduit la très parfaite union qui règne entre le Christ et l’Eglise : « Ce sacrement est grand, je vous le dis, dans le Christ et dans l’Eglise. » Cette union, aussi longtemps que le Christ vivra, et que l’Eglise vivra par lui, ne pourra jamais être dissoute par aucune séparation. Enseignement que saint Augustin nous donne formellement en ces termes : « C’est ce qui se passe dans l’union du Christ avec son Eglise : éternellement vivants l’un et l’autre, aucun divorce ne pourra jamais les séparer. La considération de ce sacrement est si grande dans la cité de notre Dieu, c’est-à-dire dans l’Eglise du Christ, que lorsque des fidèles ont contracté mariage, dans le but d’avoir des enfants, il n’est plus permis de laisser la femme, même stérile, pour en épouser une autre féconde. Que si quelqu’un le fait, il ne sera pas condamné sans doute par la loi de ce siècle, où, moyennant la répudiation, il est concédé que, sans délit, on convole à de nouvelles noces, chose que le saint législateur Moïse avait, lui aussi, permise aux Israélites — au témoignage du Seigneur — à cause de la dureté de leurs cœurs ; mais, suivant la loi de l’Evangile, celui qui se comporte de la sorte est coupable d’adultère, comme sa femme le sera aussi si elle en épouse un autre. » (38) Combien nombreux et précieux, d’ailleurs, sont les biens qui découlent de l’indissolubilité matrimoniale, il suffit, pour s’en rendre compte, de considérer, même superficiellement, soit le bien des époux et de leurs enfants, soit le salut de la société humaine. Et, premièrement les époux ont, dans cette stabilité, le gage certain de la pérennité, que réclame au plus haut point, — par leur nature même, l’acte généreux par lequel ils livrent leur propre personne, et l’intime association de leurs cœurs, puisque la vraie charité ne connaît pas de fin (39). Elle constitue en outre pour la chasteté un rempart contre les tentations d’infidélité s’il s’en présente intérieurement ou extérieurement. La crainte anxieuse qu’au temps de l’adversité ou de la vieillesse l’autre époux ne s’en aille perd toute raison d’être, et c’est une paisible certitude qui la remplace. Il est pareillement pourvu ainsi d’une façon excellente à la sauvegarde de la dignité chez chacun des deux époux et à l’aide mutuelle qu’ils se doivent : le lien indissoluble qui dure toujours ne cesse de les avertir que ce n’est pas en vue de biens périssables, ni pour assouvir la cupidité, mais pour se procurer réciproquement des biens plus hauts et perpétuels qu’ils ont contracté cette union nuptiale que, seule, la mort pourra
rompre. Il en va de même pour la tutelle et l’éducation des enfants, qui doit se prolonger durant de nombreuses années : cette tâche comporte des charges lourdes et prolongées qu’il est plus facile aux parents de porter en unissant leurs forces. Il n’en résulte pas de moindres bienfaits pour toute la société humaine. L’expérience, en effet, nous enseigne que l’inébranlable indissolubilité conjugale est une source abondante d’honnêteté et de moralité ; là où cet ordre est conservé, la félicité et le salut de l’Etat sont en sécurité : car la cité est ce que la font les familles et les hommes dont elle est formée, comme le corps est formé des membres. C’est donc rendre un précieux service, tant au bien privé des époux et de leurs enfants qu’au bien public de la société humaine, que de défendre énergiquement l’inviolable indissolubilité du mariage.

Les grâces du sacrement.

Mais, outre cette ferme indissolubilité, ce bien du sacrement contient d’autres avantages beaucoup plus élevés, parfaitement indiqués par le vocable de sacrement ; ce n’est pas là, en effet, pour les chrétiens, un mot vide de sens : en élevant le mariage de ses fidèles à la dignité d’un vrai et réel sacrement de la loi nouvelle, Notre-Seigneur, « qui a institué et parfait (40) les sacrements », a fait très effectivement du mariage le signe et la source de cette grâce intérieure spéciale, destinée à «perfectionner l’amour naturel, à confirmer l’indissoluble unité, et à sanctifier les époux » (41). Et parce que le Christ a choisi pour signe de cette grâce le consentement conjugal lui-même validement échangé entre les fidèles, le sacrement est si intimement uni avec le mariage chrétien qu’aucun vrai mariage ne  peut exister entre des baptisés « sans être, du même coup, un sacrement » (42). Par le fait même, par conséquent, que les fidèles donnent ce consentement d’un cœur sincère ils s’ouvrent à eux-mêmes le trésor de la grâce sacramentelle, où ils pourront puiser des forces surnaturelles pour remplir leurs devoirs et leurs tâches fidèlement, saintement, persévéramment jusqu’à la mort. Car ce sacrement, en ceux qui n’y opposent pas d’obstacle, n’augmente pas seulement la grâce sanctifiante, principe permanent de vie surnaturelle, mais il y ajoute encore des dons particuliers, de bons mouvements, des germes de grâces ; il élève ainsi et il perfectionne les forces naturelles, afin que les époux puissent non seulement comprendre par la raison, mais goûter intimement et tenir fermement, vouloir efficacement et accomplir en pratique ce qui se rapporte à l’état conjugal, à ses fins et à ses devoirs ; il leur concède enfin le droit au secours actuel de la grâce, chaque fois qu’ils en ont besoin pour remplir les obligations de cet état. Il ne faut pas oublier cependant que, suivant la loi de la divine Providence dans l’ordre surnaturel, les hommes ne recueillent les fruits complets des sacrements qu’ils reçoivent après avoir atteint l’âge de raison, qu’à la condition de coopérer à la grâce : aussi la grâce du mariage demeurera, en grande partie, un talent inutile, caché dans un champ, si les époux n’exercent leurs forces surnaturelles, et s’ils ne cultivent et ne développent les semences de la grâce qu’ils ont reçues. Mais si, faisant ce qui est en eux, ils ont soin de donner cette coopération, ils pourront porter les charges et les devoirs de leur état ; ils seront fortifiés, sanctifiés et comme consacrés par un si grand sacrement. Car, comme saint Augustin l’enseigne, de même que, par le baptême et l’ordre, l’homme est appelé et aidé soit à mener une vie chrétienne, soit
à remplir le ministère sacerdotal, et que le secours de ces sacrements ne lui fera jamais défaut, de même, ou peu s’en faut (bien que ce ne soit point par un caractère sacramentel), les fidèles qui ont été une fois unis par le lien du mariage ne peuvent plus jamais être privés du secours et du lien sacramentels. Bien plus, comme l’ajoute le même saint Docteur, devenus adultères, ils traînent avec eux ce lien sacré, non certes pour la gloire de la grâce désormais, mais pour l’opprobre du crime, « de même que l’âme apostate, même après avoir perdu la foi, ne perd pas, en brisant son union avec le Christ, le sacrement de la foi, qu’elle a reçu avec l’eau régénératrice du baptême » (43). Que les époux, non pas enchaînés, mais ornés du lien d’or du sacrement, non pas entravés, mais fortifiés par lui, s’appliquent de toutes leurs forces à faire que leur union, non pas seulement par la force et la signification du sacrement, mais encore par leur propre esprit et par leurs mœurs, soit toujours et reste la vive image de cette très féconde union du Christ avec l’Eglise, qui est à coup sûr le mystère vénérable de la plus parfaite charité. Si l’on considère toutes ces choses, Vénérables Frères, avec un esprit attentif et une foi vive, si l’on met dans la lumière qui convient les biens précieux du mariage — les enfants, la foi conjugale, le sacrement, — personne ne pourra manquer d’admirer la sagesse et la sainteté, et la bonté divines, qui, dans la seule chaste et sainte union du pacte nuptial, a pourvu si abondamment, en même temps qu’à la dignité et au bonheur des époux, à la conservation et à la propagation du genre humain.

II. Erreurs contraires à la doctrine du mariage et vices contraires à la vie conjugale.

l.  – L’assaut livré à la sainteté du mariage.

Une  campagne infâme.

Tandis  que Nous considérons toute cette splendeur de la chaste union  conjugale, il Nous est d’autant plus douloureux de devoir constater que cette divine institution, de nos jours surtout, est souvent  méprisée et, un peu partout, répudiée. Ce n’est plus, en effet, dans le secret ni dans les ténèbres, mais au grand jour, que, laissant de côté toute pudeur, on foule aux pieds ou l’on tourne en dérision la sainteté du mariage, par la parole et par les écrits, par les représentations théâtrales de tout genre, par les romans, les récits passionnés et légers, les projections cinématographiques, les discours radiophonés, par toutes les inventions les plus récentes de la science. on y exalte au contraire les divorces, les adultères et les vices les plus ignominieux, et, si on ne va pas jusqu’à les exalter, on les y peint sous de telles couleurs qu’ils paraissent innocentés de toute faute et de toute infamie. Les livres mêmes ne font point défaut, que l’on ne craint pas de représenter comme des ouvrages scientifiques, mais qui, en réalité, n’ont souvent qu’un vernis de science, pour se frayer plus aisément la route. Les doctrines qu’on y préconise sont celles qui se propagent à son de trompe comme des merveilles de l’esprit moderne — c’est-à-dire de cet esprit qui, déclare-t-on, uniquement préoccupé de la vérité, s’est émancipé de tous les préjugés d’autrefois, et qui renvoie et relègue aussi parmi ces opinions périmées la doctrine chrétienne traditionnelle du mariage. Et, goutte à goutte, cela s’insinue dans toutes les catégories d’hommes, riches et pauvres, ouvriers et maîtres, savants et ignorants, célibataires et personnes mariées, croyants et impies, adultes et jeunes gens ; à ces derniers surtout, comme à des proies plus faciles à prendre, les pires embûches sont dressées. Tous les fauteurs de ces doctrines nouvelles ne se laissent pas entraîner jusqu’aux extrêmes conséquences de la passion effrénée : il en est qui, s’efforçant de s’arrêter à mi-route, pensent qu’il faut seulement en quelques préceptes de la loi divine et naturelle concéder quelque chose à notre temps. Mais ceux-là aussi, plus ou moins inconsciemment, sont les émissaires du pire des ennemis qui s’efforce sans cesse de semer la zizanie au milieu du froment (44). C’est pourquoi, Nous que le Père de famille  a préposé à la garde de son champ, Nous que presse le devoir sacré de ne pas laisser étouffer la bonne semence par les mauvaises herbes, Nous considérons comme dites à Nous-même par l’Esprit-Saint les paroles si graves par lesquelles l’apôtre. Paul exhortait son cher Timothée : « Mais toi, veille… Remplis ton ministère. Prêche la parole, insiste à temps, à contre-temps, raisonne, menace, exhorte en toute patience et en toute doctrine. » (45) Si l’on veut échapper aux embûches de l’ennemi, il faut tout d’abord les mettre à nu, et il est souverainement utile de dénoncer ses perfidies à ceux qui ne les soupçonnent pas : Nous préférerions à coup sûr ne point même nommer ces iniquités, « comme il convient aux saints » (46), mais pour le bien et le salut des âmes, il Nous est impossible de les taire tout à fait.

Les sources des erreurs…

Pour commencer, en conséquence, par les sources de ces maux, leur racine principale est dans leur théorie sur le mariage, qui n’aurait pas été institué par l’Auteur de la nature, ni élevé par  Notre-Seigneur à la dignité d’un vrai sacrement, mais qui aurait été inventé par les hommes. Dans la nature et dans ses lois, les uns assurent qu’ils n’ont rien trouvé qui se rapporte au mariage, mais qu’ils y ont seulement observé la faculté de procréer la vie et une impulsion véhémente à satisfaire cet instinct ; d’autres reconnaissent que la nature humaine décèle certains commencements et comme des germes du vrai mariage en ce sens que si les hommes ne s’unissaient point par un lien stable, il n’aurait pas été bien  pourvu à la dignité des époux, ni à la propagation et à l’éducation des générations humaines. Ceux-ci n’en enseignent pas moins que le mariage lui-même va bien au delà de ces germes, et  qu’en conséquence, sous l’action de causes diverses, il a été inventé par le seul esprit des hommes, qu’il a été institué par la seule volonté des hommes.

et leurs conséquences désastreuses.

Combien profonde est leur erreur à tous, et combien ignominieusement ils s’écartent de l’honnêteté, on l’a déjà constaté par ce que Nous avons exposé en cette Encyclique touchant l’origine et la nature du mariage, ses fins et les biens qui lui sont attachés. Quant au venin de ces théories, il ressort des conséquences que leurs partisans en déduisent eux-mêmes : les lois, les institutions et les mœurs qui doivent régir le mariage, étant issues de la seule volonté des hommes, ne seraient aussi soumises qu’à cette seule volonté, elles  peuvent donc, elles doivent même, au gré des hommes, et suivant les vicissitudes humaines, être promulguées, être changées, être abrogées. La puissance génératrice, justement parce qu’elle est  fondée sur la nature même, est plus sacrée et va bien plus loin que le mariage : elle peut donc s’exercer aussi bien en dehors du mariage qu’à l’intérieur du foyer conjugal, elle le peut même sans tenir compte des fins du mariage, et ainsi la honteuse licence de la prostituée jouirait presque des mêmes droits que l’on reconnaît à la chaste maternité de l’épouse légitime. Appuyés sur ces principes, certains en sont arrivés à imaginer de nouveaux genres d’union, appropriées, suivant eux, aux conditions présentes des hommes et des temps : ils veulent y voir autant de nouvelles espèces de mariages : le mariage temporaire, le mariage à l’essai, le mariage amical, qui réclame pour lui la pleine liberté et tous les droits du mariage, après en avoir éliminé toutefois le lien indissoluble et en avoir exclu les enfants, jusqu’au moment, du moins, où les parties auraient transformé leur communauté et leur intimité de vie en un mariage de plein droit. Bien plus, il en est qui veulent et qui réclament que ces monstruosités soient consacrées par les lois ou soient tout au moins excusées par les coutumes et les institutions publiques des peuples, et ils ne paraissent pas même soupçonner que des choses pareilles n’ont rien assurément de cette culture moderne dont ils se glorifient si fort, mais qu’elles sont d’abominables dégénérescences qui, sans aucun doute, abaisseraient les nations civilisées elles-mêmes jusqu’aux  usages barbares de quelques peuplades sauvages.

2. - Contre les enfants.

Le crime d’Onan.

Mais pour aborder en détail l’exposé de ce qui s’oppose à chacun des biens du mariage, il faut commencer par les enfants, que beaucoup osent nommer une charge fastidieuse de la vie conjugale : à les en croire, les époux doivent avec soin s’épargner cette charge, non point, d’ailleurs, par une vertueuse continence (permise dans le Mariage aussi, quand les deux époux y consentent), mais en viciant l’acte de la nature. Les uns revendiquent le droit à cette criminelle licence, parce que, ne supportant point les enfants, ils désirent satisfaire la seule volupté sans aucune charge ; d’autres, parce qu’ils ne peuvent, disent-ils, ni garder la continence, ni — à raison de leurs difficultés personnelles, ou de celles de la
mère, ou de leur condition familiale — accueillir des enfants. Mais aucune raison assurément, si grave soit-elle, ne peut faire que ce qui est intrinsèquement contre nature devienne conforme à la nature et honnête. Puisque l’acte du mariage est, par sa nature  même, destiné à la génération des enfants, ceux qui, en l’accomplissant, s’appliquent délibérément à lui enlever sa force et son efficacité, agissent contre la nature ; ils font une chose honteuse et intrinsèquement déshonnête. Aussi ne faut-il pas s’étonner de voir les Saintes Ecritures attester que la divine Majesté déteste au plus haut point ce forfait abominable, et qu’elle l’a parfois puni de mort, comme le rappelle saint Augustin : « Même avec la femme légitime, l’acte conjugal devient illicite et honteux dès lors que la conception de l’enfant y est évitée. C’est ce que faisait Onan, fils de Judas, ce pourquoi Dieu l’a mis à mort. » (47)

Nouvelle promulgation de l’inviolable devoir.

En  conséquence, comme certains, s’écartant manifestement de la doctrine chrétienne telle qu’elle a été transmise depuis le commencement, et toujours fidèlement gardée, ont jugé bon récemment de prêcher d’une façon retentissante, sur ces pratiques, une autre doctrine, l’Église catholique, investie par Dieu même de la mission d’enseigner et de défendre l’intégrité des mœurs et l’honnêteté, l’Église catholique, debout au milieu de ces ruines morales, afin de garder la chasteté du lien nuptial à l’abri de cette honteuse déchéance, se montrant ainsi l’envoyée de Dieu, élève bien haut la voix par Notre bouche, et elle promulgue de nouveau : que tout usage du mariage, quel qu’il soit, dans l’exercice duquel l’acte est privé, par l’artifice des hommes, de sa puissance naturelle de procréer la vie, offense la loi de Dieu et la loi naturelle, et que ceux qui auront commis quelque chose de pareil se
sont souillés d’une faute grave.

Devoir  des confesseurs et des prêtres qui ont charge d’âmes.

C’est pourquoi, en vertu de Notre suprême autorité et de la charge que Nous avons de toutes les âmes, Nous avertissons les prêtres qui sont attachés au ministère de la confession et tous ceux qui ont charge d’âmes, de ne point laisser dans l’erreur touchant cette très grave loi de Dieu les fidèles qui leur sont confiés, et bien plus encore de se prémunir eux-mêmes contre les fausses opinions de ce genre, et de ne pactiser en aucune façon avec elles. Si d’ailleurs un confesseur, ou un pasteur des âmes — ce qu’à Dieu ne plaise — induisait en ces erreurs les fidèles qui lui sont confiés, ou si du moins, soit par une approbation, soit par un silence calculé, il les y confirmait, qu’il sache qu’il aura à rendre à Dieu, le Juge suprême, un compte sévère de sa prévarication ; qu’il considère comme lui étant adressées ces paroles du Christ : « Ce sont des aveugles, et ils sont les chefs des aveugles ; or, si un aveugle conduit un aveugle, ils tombent tous deux dans la fosse. » (48)

Les devoirs difficiles mais possibles avec la grâce.

Pour ce qui concerne les motifs allégués pour justifier le mauvais usage du mariage, il n’est pas rare — pour taire ceux qui sont honteux —  que ces motifs soient feints ou exagérés. Néanmoins, l’Eglise, cette pieuse Mère, comprend, en y compatissant, ce que l’on dit de la santé de la mère et du danger qui menace sa vie. Et qui ne pourrait y réfléchir sans s’émouvoir de pitié ? qui ne concevrait la plus haute admiration pour la mère qui s’offre elle-même, avec un courage héroïque, à une mort presque certaine pour conserver la vie à l’enfant une fois conçu ? Ce qu’elle aura souffert pour remplir pleinement le devoir naturel, Dieu seul ; dans toute sa richesse et toute sa miséricorde, pourra le récompenser, et il le fera sûrement dans une mesure non seulement pleine, mais surabondante (49) L’Eglise le sait fort bien aussi : il n’est pas rare qu’un des deux époux subisse le péché plus qu’il ne le commet, lorsque, pour une raison tout à fait grave, il laisse se produire une perversion de l’ordre, qu’il ne veut pas lui-même ; il en reste, par suite, innocent, pourvu qu’alors il se souvienne aussi de la loi de charité, et ne néglige pas de dissuader et d’éloigner du péché son conjoint. Il ne faut pas non plus accuser d’actes contre nature les époux qui usent de leur droit suivant la saine et naturelle raison, si, pour des causes naturelles, dues soit à des circonstances temporaires, soit à certaines défectuosités physiques, une nouvelle vie n’en peut pas sortir. Il y à, en effet, tant dans le mariage lui-même que dans l’usage du droit matrimonial, des fins secondaires — comme le sont l’aide mutuelle, l’amour réciproque à entretenir, et le remède à la concupiscence —  qu’il n’est pas du tout interdit aux époux d’avoir en vue, pourvu que la nature intrinsèque de cet acte soit sauvegardée, et sauvegardée du même coup sa subordination à la fin première. Pareillement Nous sommes touché au plus intime du cœur par le gémissement de ces époux qui, sous la pression d’une dure indigence, éprouvent la plus grande difficulté à nourrir leurs enfants. Mais il faut absolument veiller à ce que les funestes conditions des choses matérielles ne fournissent pas l’occasion à une erreur bien plus funeste encore. Aucune difficulté extérieure ne saurait surgir qui puisse entraîner une dérogation à l’obligation créée par les commandements de Dieu qui interdisent les actes intrinsèquement mauvais par leur nature même ; dans toutes les conjonctures, les époux peuvent toujours, fortifiés par  la grâce de Dieu, remplir fidèlement leur devoir, et préserver leur chasteté conjugale de cette tache honteuse ; telle est la vérité inébranlable de la pure foi chrétienne, exprimée par le
magistère du Concile de Trente : « Personne ne doit prononcer ces paroles téméraires, interdites sous peine d’anathème, par les Pères : qu’il est impossible à l’homme justifié d’observer les préceptes de Dieu. Car Dieu ne commande pas de choses impossibles, mais en commandant il vous avertit de faire ce que vous pouvez et de demander ce que vous ne pouvez pas, et il vous aide à le pouvoir » (50). Cette même doctrine a été, de nouveau, solennellement confirmée par l’Eglise dans la condamnation de l’hérésie janséniste, qui avait osé proférer contre la bonté de Dieu, ce blasphème : « Certains préceptes de Dieu sont impossibles à observer par des hommes justes, en dépit de leur volonté et de leurs efforts, étant données leurs forces présentes : il leur manque aussi la grâce par ou cette observation deviendrait possible. » (51)

Un  autre crime : L’attentat à la vie de l’enfant dans le sein de sa mère.

Mais il faut encore, Vénérables Frères, mentionner un autre crime extrêmement grave par lequel il est attenté à la vie de l’enfant encore caché dans le sein de sa mère. Les uns veulent que ce soit là chose permise, et laissée au bon plaisir de la mère ou du père ; d’autres reconnaissent qu’elle est illicite, à moins de causes exceptionnellement graves auxquelles ils donnent le nom d’indication médicale, sociale, eugénique. Pour ce qui regarde les lois pénales de l’Etat, qui interdisent de tuer l’enfant engendré mais non encore  né, tous exigent que les lois de l’Etat reconnaissent l’indication que chacun d’eux préconise, indication différente, d’ailleurs, selon ses différents défenseurs ; ils réclament qu’elle soit affranchie de toute pénalité. Il s’en trouve même qui font appel, pour ces opérations meurtrières, à la coopération directe des magistrats ; et il est notoire, hélas ! qu’il y a des endroits où cela arrive. très fréquemment. Quant à « l’indication médicale ou thérapeutique », pour employer leur langage, nous avons déjà dit, Vénérables Frères, combien. nous ressentons de pitié pour la mère que l’accomplissement du devoir naturel expose à de graves périls pour sa, santé, voire pour sa vie même : mais quelle cause pourrait jamais suffire à excuser en aucune façon le meurtre direct d’un innocent ? Car c’est de cela qu’il s’agit ici. Que la mort soit donnée à la mère, ou qu’elle soit donnée à l’enfant, on va contre le précepte de Dieu et contre la voix de la nature : « Tu ne tueras pas ! » (52) La vie de l’un et de l’autre est chose pareillement sacrée ; personne, pas même les pouvoirs publics, ne
pourra jamais avoir le droit d’y attenter. C’est sans l’ombre de raison qu’on fera dériver ce droit du ius gladii, qui ne vaut que contre les coupables ; il est absolument vain aussi d’alléguer ici le droit de se défendre jusqu’au sang contre un injuste agresseur car, qui pourrait donner ce nom d’injuste agresseur à un enfant innocent ? : il n’y a pas non plus ici ce qu’on appelle le «droit de nécessité extrême », qui puisse arriver jusqu’au meurtre direct d’un innocent. Pour protéger par conséquent et sauvegarder chacune des deux vies, celle de la mère et celle de l’enfant, les médecins probes et habiles font de louables efforts : par contre, ils se montreraient fort indignes de leur noble profession médicale, ceux qui, sous l’apparence de remèdes, ou poussés par une fausse compassion, se livreraient à des interventions meurtrières. Ces enseignements concordent pleinement avec les paroles sévères que l’évêque d’Hippone adresse aux époux dépravés, qui s’appliquent à empêcher la venue de l’enfant et qui, s’ils n’y réussissent pas, ne craignent pas de le faire mourir. « Leur cruauté libidineuse, ou leur volupté cruelle, dit-il, en arrive parfois jusqu’au point de procurer des poisons stérilisants, et si rien n’a réussi, de faire périr d’une certaine façon dans les entrailles de la mère l’enfant qui y a été conçu : on veut que l’enfant meure avant de vivre, qu’il soit tué avant de naître. A coup sûr, si les deux conjoints en sont là, ils ne méritent pas le nom d’époux ; et si dés le début ils ont été tels ce n’est pas pour se marier qu’ils se sont réunis, mais bien plutôt pour se livrer à la fornication : s’ils ne sont pas tels tous deux, j’ose dire : ou celle-là est d’une certaine manière la prostituée de son mari, ou celui. ci est l’adultère de sa femme. » (53).

Ce que l’eugénisme ne justifie pas.

Quand aux observations que l’on apporte touchant l’indication, sociale et eugénique, on peut et on doit en tenir compte, avec des moyens licites et honnêtes et dans les limites requises ; mais vouloir pourvoir aux nécessités sur lesquelles elles se fondent, en tuant un innocent, c’est chose absurde et contraire au précepte divin, promulgué aussi par ces paroles : « Il ne faut point faire le mal pour procurer le bien. » (54) Enfin, ceux qui, dans les nations, tiennent le pouvoir ou élaborent les lois n’ont pas le droit d’oublier qu’il appartient aux pouvoirs publics de défendre la vie des innocents par des lois et des pénalités appropriées, et cela d’autant plus que ceux dont la vie est en péril et menacée ne peuvent se défendre eux-mêmes, et c’est assurément le cas, entre tous, des enfants cachés dans le sein de leur mère. Que si les autorités de l’Etat n’omettent pas seulement de protéger ces petits, mais que, par leurs lois et leurs décrets, ils les abandonnent et les livrent même aux mains de médecins ou d’autres, pour que ceux-ci les tuent, qu’ils se souviennent que Dieu est juge et vengeur du sang innocent qui, de la terre, crie vers le ciel (55). Il faut enfin réprouver ce pernicieux usage qui regarde sans doute directement le droit naturel de l’homme à contracter mariage ; mais qui se rapporte aussi réellement, d’une certaine façon, au bien de l’enfant. Il en est, en effet, qui, trop préoccupés des fins eugéniques, ne se contentent pas de donner des conseils salutaires pour assurer plus sûrement la santé et la vigueur de l’enfant — ce qui n’est certes pas contraire à la droite raison, — mais qui mettent la fin eugénique au-dessus de toute autre, même d’ordre supérieur, et qui voudraient voir les pouvoirs publics interdire le mariage à tous ceux qui, d’après les règles et les conjectures de leur science, leur paraissent, à raison de l’hérédité, devoir engendrer des enfants défectueux, fussent-ils, d’ailleurs personnellement aptes au mariage. Bien plus, ils veulent que ces hommes soient de par la loi, de gré ou de force, privés de cette faculté naturelle par l’intervention médicale ; et il ne s’agit pas là d’une peine sanglante imposée par l’autorité : publique comme châtiment d’un crime, ou pour prévenir des attentats futurs de criminels : non, mais contre tout droit divin et humain, on attribue
aux magistrats une faculté qu’ils n’ont jamais eue et qu’ils ne peuvent avoir légitimement. Tous ceux qui agissent de la sorte oublient complètement que la famille est plus sacrée que l’Etat, et que surtout, les hommes ne sont pas engendrés pour la terre et pour le temps, mais pour le ciel et l’éternité. Il n’est certes pas permis que des hommes d’ailleurs capables de se marier, dont, après un examen attentif, on conjecture qu’ils n’engendreront que des enfants défectueux, soient inculpés d’une faute grave s’ils contractent mariage, encore que, souvent, le mariage doive leur être déconseillé. Les magistrats n’ont d’ailleurs aucun droit direct sur les membres de leurs sujets : ils ne peuvent jamais, ni pour raison
d’eugénisme ni pour aucun autre genre de raison, blesser et atteindre directement l’intégrité du corps, dés lors qu’aucune faute n’a été commise, et qu’il n’y a aucune raison d’infliger une peine sanglante. Saint Thomas d’Aquin enseigne la même chose lorsque, se demandant si les juges humains peuvent infliger du mal à un homme pour prévenir des maux futurs, il le concède pour quelques autres maux, mais il le nie à bon droit et avec raison pour ce qui concerne la lésion du corps : « Jamais, suivant le jugement humain, personne ne doit, sans avoir commis une faute, être puni d’une peine meurtrissante ; on ne peut ni les tuer, ni les mutiler, ni les frapper. » (56) Au surplus, les individus eux-mêmes n’ont sur les membres de leur propre corps d’autre puissance que celle qui se rapporte à leurs fins naturelles ; ils ne peuvent ni les détruire, ni les mutiler, ni se rendre par d’autres moyens inaptes à leurs fonctions naturelles, sauf quand il est impossible de pourvoir autrement au bien du corps entier : tel est le ferme enseignement de la doctrine chrétienne, telle est aussi la certitude que fournit la lumière de la raison.

3. - Contre la foi conjugale.

Mais, pour en venir à un autre chef d’erreurs, qui concerne la foi conjugale, tout péché contre l’enfant a pour conséquence que l’on pèche aussi ; d’une certaine façon, contre la fidélité conjugale, ces deux biens du mariage étant étroitement liés entre eux. Mais, en outre, il faut compter autant de chefs d’erreurs et de déformations vicieuses contre la fidélité conjugale, que cette même foi conjugale comprend de vertus domestiques : la chaste fidélité des deux époux, l’honnête subordination de la femme à son mari ; enfin, une ferme et vraie charité entre eux.

Licences illicites.

Ils altèrent donc premièrement la foi conjugale, ceux qui pensent qu’il faut condescendre aux idées et aux mœurs d’aujourd’hui sur une amitié fausse et non exempte de faute avec des tierces personnes ; qui réclament que l’on concède aux époux une plus grande licence de sentiment et d’action dans ces relations extérieures, d’autant plus (à leur sens) que beaucoup ont un tempérament sexuel auquel ils ne peuvent satisfaire dans les limites étroites du mariage monogame. Aussi la rigidité morale des époux honnêtes, qui condamne et réprouve toute affection et tout acte sensuel avec une tierce personne, leur apparaît-elle comme une étroitesse surannée d’esprit et de cœur, ou comme une abjecte et vile jalousie. C’est pourquoi ils veulent que l’on considère comme tombées en désuétude ou qu’à coup sûr on les y fasse tomber, toutes les lois pénales qui ont été portées pour maintenir la fidélité conjugale. Le noble cœur des époux chaste n’a besoin que d’écouter la voix de la nature pour répudier et pour réprouver ces théories, comme vaines et honteuses ; et cette voix de la nature trouve assurément une approbation et une confirmation tant dans ce commandement de Dieu : « Tu ne commettras point l’adultère » (57), que dans la parole du Christ : « Quiconque arrête sur la femme des regards de concupiscence a déjà commis l’adultère dans son cœur. » (58) Nulle habitude humaine, aucun exemple dépravé, aucune apparence de progrès de l’humanité, ne pourront jamais infirmer la force de ce précepte divin. Car de même que le seul et unique « Jésus-Christ qui était hier et qui est aujourd’hui sera toujours dans les siècles des siècles » (59), de même la seule et unique doctrine du Christ demeure, dont ne passera pas même une virgule jusqu’à ce que tout s’accomplisse (60).

L’émancipation de la femme.

Les mêmes maîtres d’erreurs qui ternissent l’éclat de la fidélité et de la chasteté nuptiales n’hésitent pas à attaquer la fidèle et honnête subordination de la femme à son mari. Nombre d’entre eux poussent l’audace jusqu’à parler d’une indigne servitude d’un des deux époux à l’autre ; ils proclament que tous les droits sont égaux entre époux ; estimant ces droits violés par la « servitude » qu’on vient de dire, ils prêchent orgueilleusement une émancipation de la femme, déjà accomplie ou qui doit l’être. Ils décident que cette émancipation doit être triple, qu’elle doit se réaliser dans le gouvernement de la vie domestique, dans l’administration des ressources familiales, dans la faculté d’empêcher ou de détruire la vie de l’enfant, et ils l’appellent sociale, économique, physiologique : physiologique, car ils veulent que les femmes soient à leur gré affranchies des charges conjugales
et maternelles de l’épouse (ce qui n’est pas émancipation, mais crime détestable, Nous l’avons suffisamment montré) ; économique ils entendent par là que la femme, même à l’insu de son mari, et contre sa volonté, puisse librement avoir ses affaires, les gérer, les administrer, sans se soucier autrement. de ses enfants, de son mari et de toute sa famille ; Sociale enfin : et par là ils enlèvent à la femme les soins domestiques, ceux des enfants et ceux de la famille, pour que, ceux là négligés, elle puisse se livrer à son génie naturel, se consacrer aux affaires et occuper des charges, même les charges publiques. Mais ce n’est pas là, une vraie émancipation de la femme, et ce n’est pas là non plus cette digne  liberté conforme à la raison, qui est due à la noble tâche de la femme et de l’épouse chrétienne ; c’est bien plutôt une corruption de l’esprit de la femme et de la dignité maternelle, un bouleversement aussi de toute la famille, par où le mari est privé de sa femme, les enfants de leur mère, la maison et la famille tout entière d’une gardienne toujours vigilante. Bien plus, c’est au détriment de la femme elle-même que tourne cette fausse liberté et cette égalité non naturelle avec son mari ; car si la femme descend de ce siège vraiment royal où elle a été élevée par l’Evangile dans l’intérieur des murs domestiques, elle sera bien vite réduite à l’ancienne servitude (sinon en apparence, du moins en réalité) et elle deviendra — ce qu’elle était chez les païens — un pur instrument de son mari. Mais, quant à cette égalité des droits qui est si exaltée et que l’on réclame si vivement, il faut la reconnaître dans les choses qui sont propres à la personne et à la dignité humaines, qui accompagnent le pacte nuptial et qui sont impliquées par la vie conjugale ; en ces choses-là, chacun des deux époux jouit assurément des mêmes droits et il est tenu à la même obligation ; dans les autres choses, une certaine inégalité et une juste proportion sont nécessaires, celles qu’exigent le bien de la famille ou l’unité et la stabilité nécessaires d’une société domestique ordonnée. Si parfois, cependant, les conditions sociales et économiques de la femme mariée doivent se modifier en quelque manière, à cause du changement qui s’est introduit dans la forme et les usages des relations humaines, il appartient aux pouvoirs publics d’adapter les droits civils de la femme aux nécessités et aux besoins de notre époque, en tenant compte de ce qu’exigent le tempérament différent du sexe féminin, l’honnêteté des mœurs, le bien commun de la famille, et pourvu que l’ordre essentiel de la société domestique soit sauvegardé : cet ordre a été institué par une autorité plus haute que l’autorité humaine, savoir par l’autorité et la sagesse divines, et ni les lois de l’Etat ni le bon plaisir des particuliers ne sauraient le modifier. Mais les ennemis les plus récents de l’union conjugale vont plus loin encore : à l’amour véritable et solide, fondement du bonheur conjugal et de la douce intimité, ils substituent une certaine correspondance aveugle des caractères, et une certaine union des cœurs qu’ils appellent sympathie ; quand celle-ci prend fin ils enseignent que le lien se relâche, par lequel seul les cœurs sont unis et qu’il se dénoue tout à fait. Mais n’est-ce pas là, en toute vérité, édifier la maison sur le sable ? Dés que celle-ci sera exposée aux flots des adversités, dit Notre-Seigneur, elle sera aussitôt ébranlée et elle croulera : « Et les vents ont soufflé, et ils se sont rués sur cette maison, et elle est tombée, et sa ruine, a été grande. » (61) Mais, au contraire, la maison qui aura été établie sur la pierre, savoir sur la charité entre les époux, et consolidée par l’union délibérée et constante des cœurs, ne sera ébranlée par aucune adversité, et, à plus forte raison, ne sera-t-elle pas renversée.

4. - Contre le sacrement.

La négation de son caractère sacré.

Nous venons, Vénérables Frères, de défendre les deux premiers biens du mariage chrétien, que les actuels ennemis de la société s’efforcent de ruiner. Mais, comme le troisième de ses biens, le sacrement, l’emporte de beaucoup sur les précédents, il n’y a rien d’étonnant à ce que nous voyions les mêmes hommes assaillir surtout, avec plus d’âpreté encore, son excellence. Et, tout d’abord, ils présentent le mariage comme une chose absolument profane et purement civile, et qui ne saurait en aucune façon être confiée à la société religieuse, l’Eglise du Christ, mais, à la seule société civile ; ils ajoutent alors que le pacte nuptial doit être libéré de tout lien indissoluble, que les séparations d’époux, ou divorces, doivent, en conséquence, être non seulement tolérés mais sanctionnés par la loi ; d’où il résultera finalement que, dépouillée de toute sainteté, l’union conjugale sera reléguée au rang des choses profanes et civiles. Ils décrètent principalement, à ce sujet, ce premier point : que l’acte civil même doit être considéré comme le vrai contrat nuptial (ce qu’ils appellent mariage civil) ; l’acte religieux ne sera plus qu’une addition au mariage civil, le maximum de la concession qu’on puisse faire au peuple trop superstitieux. Ils veulent ensuite que, sans aucun blâme, les catholiques puissent s’unir conjugalement avec les non-catholiques, sans tenir aucun compte de la religion ni demander le consentement de l’autorité religieuse. Le second point, qui suit celui-là, consiste à excuser les divorces complets, et à louer et promouvoir les lois civiles qui favorisent la rupture du lien. Pour ce qui regarde le caractère religieux de toute union conjugale, et plus particulièrement celui du mariage chrétien et du sacrement, l’Encyclique de Léon XIII, que Nous avons rappelée souvent, et que Nous avons déjà faite expressément Nôtre, en a traité avec plus de développement et en a donné de graves raisons : aussi y renvoyons-Nous ici, et ne jugeons-Nous bon que d’en reprendre maintenant quelques données. La seule lumière de la raison — surtout si l’on scrute les antiques monuments de l’histoire, si l’on interroge la conscience constante des peuples, si l’on consulte les institutions et les mœurs des nations — suffit à établir qu’il y a dans le mariage naturel lui-même quelque chose de sacré et de religieux, « non adventice, mais inné, non reçu des hommes, mais inséré par la nature même », parce que ce mariage « a Dieu pour auteur, et qu’il a été, dés le principe, comme une image de l’Incarnation du Verbe de Dieu » (62). Le caractère sacré du mariage intimement lié avec l’ordre de la religion et des choses saintes, ressort en effet soit de son origine divine, que Nous avons rapportée plus haut, soit de sa fin qui est d’engendrer et de former pour Dieu les enfants, et de rattacher pareillement à Dieu les époux par l’amour chrétien et l’aide mutuelle ; soit enfin de l’office naturel de l’union conjugale elle-même, instituée par la très sage Providence du Dieu Créateur, et qui est de servir comme de véhicule pour transmettre la vie par où les parents deviennent comme des instruments de la toute-puissance divine. Une nouvelle cause de dignité s’y ajoute, venant du sacrement, qui rend le mariage des chrétiens de beaucoup le plus noble et qui l’élève à une si haute excellence qu’il a apparu à l’Apôtre comme un grand mystère digne de toute vénération (63) Ce caractère sacré du mariage et la haute signification de sa grâce et de son union entre le Christ et l’Eglise exigent des futurs époux une sainte révérence envers le mariage chrétien, une sainte vigilance et un saint zèle pour que le mariage auquel ils se disposent se rapproche le plus possible de l’archétype du Christ et de l’Eglise.

Dangers des unions mixtes.

Ils se mettent bien en défaut à cet égard, et parfois non sans risquer leur salut éternel, ceux qui s’engagent témérairement dans les unions mixtes, dont l’amour maternel et la maternelle prévoyance de l’Eglise, pour des raisons très graves, détourne les siens — comme on le voit par de nombreux documents, y compris le canon du Code qui décrète ceci : « L’Eglise prohibe très sévèrement le mariage entre deux personnes baptisées, dont une est catholique et dont l’autre est adhérente à une secte hérétique ou schismatique ; que s’il y a péril de perversion pour l’époux catholique et pour les enfants, le mariage est interdit par la loi divine elle. même. » (64) Si l’Eglise, quelquefois, pour des raisons de temps, de choses, de personnes, ne refuse point de dispenser de ces sévères prescriptions (le droit divin étant sauf, et le péril de perversion ayant été écarté dans toute la mesure possible), il arrivera toutefois difficilement que l’époux catholique ne subisse en ce genre de mariage aucun détriment. Il n’est pas rare qu’il en résulte pour les enfants de déplorables défections religieuses, ou, du moins, un glissement rapide en ce qu’on appelle l’indifférence religieuse, si proche de l’infidélité et de l’impiété. Ajoutons que les mariages mixtes rendent beaucoup plus difficile cette vivante unanimité qui reproduit le mystère que nous avons dit, savoir l’union ineffable de l’Eglise avec le Christ. Cette étroite union des cœurs, en effet, sera difficilement réalisée, qui, étant le signe et la note de l’Eglise du Christ, doit être pareillement le signe, la gloire et l’ornement du mariage chrétien. Car le lien des cœurs se rompt d’ordinaire, il se relâche tout au moins, quand interviennent, dans les choses suprêmes que l’homme vénère, c’est-à-dire dans les vérités et les sentiments religieux, la dissemblance des esprits et la diversité des volontés. D’où le péril que la charité ne languisse entre les époux, et, conséquemment, que ne soient ébranlés la paix et le bonheur de la société domestique, qui naît surtout de l’union des cœurs. Car, comme l’avait défini l’antique Droit Romain : « Les noces sont la conjonction de l’homme et de la femme, la mise en commun de toute leur vie, la communauté parfaite du droit divin et du droit humain. » (65)

Facilité croissante des divorces.

Mais, comme Nous l’avons déjà relevé, Vénérables Frères, ce qui empêche surtout cette restauration et cette perfection du mariage établies par le Christ Rédempteur, c’est la facilité sans cesse croissante des divorces. Bien plus, les fauteurs du néopaganisme, nullement instruits par une triste expérience, continuent à s’élever avec une âpreté toujours nouvelle contre l’indissolubilité sacrée du mariage et contre les lois qui la favorisent ; ils insistent pour obtenir l’autorisation légale du divorce, afin qu’une autre loi, et une loi plus humaine, se substitue aux lois vieillies et périmées. Ils énoncent d’ailleurs des causes nombreuses et diverses : les unes tirées du vice ou de la faute des personnes, les autres, situées dans les choses (ils appellent les premières des causes subjectives, et les secondes des causes objectives) : enfin tout ce qui peut rendre la vie en commun trop pénible et désagréable. Ces causes de divorces et ces dispositions légales, ils veulent les justifier par de multiples raisons : tout d’abord le bien des deux époux, soit que l’un soit innocent et qu’en conséquence il ait le droit le se séparer du coupable, soit qu’il soit criminel et qu’il doive, pour ce motif, être écarté d’une union pénible et contrainte ; puis, le bien des enfants, dont l’éducation est viciée ou demeure sans fruit parce que, scandalisés par les discordes des parents et leurs autres méfaits, ils sont trop facilement détournés de la voie de la vertu ; le bien commun de la société enfin, qui réclame d’abord la totale extinction des mariages incapables de réaliser ce que la nature a en vue ; qui réclame ensuite la légalisation des séparations conjugales, soit pour éviter les crimes que laissent aisément craindre la vie en commun ou les rapports continus de ces époux, soit pour mettre fin aux affronts infligés, avec une fréquence croissante aux tribunaux et à l’autorité des lois, étant donné que les époux, pour obtenir la sentence désirée en faveur de leur divorce, ou bien commettent à dessein les délits pour lesquels le juge, aux termes de la loi, pourra rompre leur lien, ou bien, devant le juge, qui sait fort bien à quoi s’en tenir, s’accusent insolemment, avec mensonge et parjure, d’avoir commis ces délits. Les fauteurs du divorce clament qu’il faut absolument conformer les lois à ces nécessités, aux conditions changées des temps, aux opinions des hommes, aux institutions et aux mœurs des Etats : autant de raisons qui, même prises à part, mais surtout réunies en faisceau, leur semblent prouver surabondamment que le divorce, pour certaines causes déterminées, doit absolument être autorisé. D’autres vont encore plus loin : à leur sens, le mariage est un contrat purement privé, et, comme tous les autres contrats privés, il doit être absolument abandonné au consentement et au jugement privé des deux contractants ; il doit donc pouvoir se rompre pour n’importe quelle cause.

Vanité des objections contre l’indissolubilité du mariage.

Mais contre toutes ces insanités se dresse, Vénérables Frères, une loi de Dieu irréfragable, très amplement confirmée par le Christ, une loi qu’aucun décret des hommes, aucun plébiscite, aucune volonté des législateurs ne pourra affaiblir : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare point. » (66) Que si, prévariquant, l’homme a opéré cette séparation, son acte est sans aucune valeur : et il en résultera ce que le Christ a lui-même clairement confirmé : « Quiconque renvoie son épouse et en prend une autre commet un adultère ; et quiconque prend la femme renvoyée par son mari commet un adultère. » (67) ces paroles du Christ s’appliquent à n’importe quel mariage, même seulement naturel et légitime ; car cette indissolubilité convient à tout vrai mariage, qui, par elle, pour ce qui est de la rupture du lien, est soustrait au bon plaisir des parties et à toute puissance séculière. Il faut pareillement rappeler le jugement solennel par lequel le Concile de Trente a réprouvé ces choses sous peine d’anathème : « Si quelqu’un dit qu’à cause de l’hérésie ou à cause des difficultés de la vie en commun, ou à cause de l’absence systématique d’un époux, le lien du mariage peut être rompu, qu’il soit anathème » (68) ; et : « Si quelqu’un dit que l’Eglise s’est trompée quand elle a enseigné et lorsqu’elle enseigne, conformément à la doctrine évangélique et apostolique, qu’à raison de l’adultère d’un des époux le lien du mariage ne peut être rompu et qu’aucun des deux, même l’époux innocent, ne peut, du vivant de l’autre époux, contracter un autre mariage, et que celui qui, ayant renvoyé sa femme adultère en. prend une autre, commet un adultère, et pareillement celle qui, ayant renvoyé son époux, s’est unie à un autre : qu’il soit anathème. » (69). Que si l’Eglise ne s’est pas trompée et si elle ne se trompe pas quand elle a enseigné et quand elle continue à enseigner ces choses, et s’il est certain, en conséquence, que le lien du mariage ne peut pas même être rompu par l’adultère, il est évident que toutes les autres causes, beaucoup plus faibles, de divorce, que l’on pourrait présenter et que l’on a coutume de présenter, ont bien moins de valeur, et qu’il n’en faut tenir aucun compte. Au surplus, il est facile de réfuter les arguments que Nous avons entendu tirer d’un triple chef contre la fermeté du lien conjugal. Tous ces inconvénients sont écartés et tous les périls éliminés si, en ces conjonctures extrêmes, l’on permet la séparation imparfaite, c’est-à-dire ne comportant pas la rupture du lien : l’Eglise l’autorise par les claires formules des canons qui légifèrent sur la séparation du lit, de la table et de l’habitation (70). Quant aux causes de ce genre de séparation, aux conditions, au mode, et aux précautions propres à satisfaire à l’éducation des enfants et au salut de la famille, et pareillement pour tous les inconvénients soit pour l’époux, soit pour les enfants, soit pour la communauté civile elle-même, il appartiendra aux lois sacrées de statuer pour y parer dans la mesure du possible ; et, en partie du moins, cela appartiendra aussi aux lois civiles pour ce qui regarde les aspects et les effets civils de ce genre de séparation.

Le divorce condamné par ses effets.

Tous les arguments que l’on a coutume d’apporter pour établir l’indissolubilité de l’union conjugale, et que nous avons indiqués plus haut, ont manifestement la même valeur pour exclure la nécessité ou la possibilité du divorce et pour refuser à quelque magistrat que ce soit le pouvoir de l’accorder : à tous les avantages de l’indissolubilité correspondent autant de dommages de l’autre côté, dommages très pernicieux tant pour les individus que pour la société humaine tout entière. Et, pour revenir aux enseignements de Notre prédécesseur, il est à peine nécessaire de dire que les divorces sont la source d’autant de maux que l’indissolubilité conjugale apporte avec elle de bienfaits. D’un côté, en effet, avec le lien intact nous voyons les mariages tranquilles et en sécurité ; de l’autre, la perspective d’une séparation prochaine, le péril même d’un divorce éventuel rendent précaire l’union conjugale : ils y introduisent, en tout cas, des soupçons pleins d’anxiété. D’un côté, la bienveillance mutuelle et la communauté des biens merveilleusement affermies ; de l’autre, misérablement affaiblies par la possibilité même de la séparation. D’un côté, de très opportunes garanties pour la chaste fidélité conjugale ; de l’autre, de pernicieuses excitations offertes à l’infidélité. D’un côté, la venue des enfants, leur protection, leur éducation efficacement protégées ; de l’autre, sujettes aux plus graves dommages. D’un côté, la. porte étroitement fermée aux inimitiés entre les familles et entre les proches ; de l’autre, les occasions qui s’en multiplient. D’un côté, les semences de discordes plus facilement étouffées ; de l’autre, jetées plus largement et plus abondamment : D’un côté, surtout, la dignité et la fonction de la femme, aussi bien dans la société civile que dans la société domestique, heureusement restaurées et remises en honneur ; de l’autre, indignement humiliées, car les épouses encourent alors le péril, « après avoir servi à assouvir la passion de leurs maris, d’être considérées comme abandonnées » (71). Et parce que, pour conclure par ces très graves paroles de Léon XIII, « rien n’est si puissant que la corruption des mœurs pour perdre les familles et pour ruiner la force des Etats, il est facile d’apercevoir que les divorces représentent le plus funeste des dommages pour la prospérité des familles et des Etats, car ils naissent de la dépravation générale des mœurs, et, l’expérience en fait foi, ils ouvrent la voie et la porte aux habitudes les plus vicieuses de la vie privée et de la vie publique. Et il deviendra évident que ces maux sont plus graves encore, si l’on considère qu’aucun frein ne réussira à maintenir dans des limites certaines, ou fixées d’avance, l’usage des divorces. La force des exemples est bien grande, celle des appétits plus grande encore : leurs excitations auront forcément ce résultat que le désir morbide du divorce, se communiquant de proche en proche, gagnera de plus en plus les âmes ; telle une maladie qui se répand par contagion ; tel un fleuve qui, franchissant ses digues, inonde tout » (72). C’est pourquoi, comme on le lit dans cette même Encyclique, « si les choses ne changent pas, les familles et la société humaine devront craindre sans cesse qu’on en arrive misérablement à mettre toutes choses en question et en péril » (73). A quel point se sont vérifiées ces prévisions formulées il y a cinquante ans, on en a la preuve dans la corruption qui grandit de jour en jour, et dans la dépravation inouïe de la famille dans les régions où le communisme domine sans conteste.

III. Comment éliminer ces abus et rétablir partout le respect dû au mariage ?

Jusqu’ici, Vénérables Frères, Nous avons admiré avec respect ce que, dans sa suprême sagesse, le Créateur et Rédempteur du genre humain a décidé au sujet du mariage ; Nous avons déploré en même temps qu’un aussi pieux dessein de la divine Bonté soit maintenant un peu partout contrecarré et rendu vain par les passions, les erreurs et les vices de l’humanité. Il est temps que Nous tournions Notre esprit, avec une sollicitude paternelle, vers la recherche des remèdes opportuns, pour éliminer les abus si pernicieux que Nous avons énumérés, et pour rétablir partout le respect dû au mariage.

Méditer l’idée divine sur le mariage.

A cet effet, il est utile tout d’abord de rappeler cette vérité tout à fait certaine, aphorisme courant en philosophie et même en théologie : à Savoir que, pour ramener à son état primitif et conforme à sa nature une chose, quelle qu’elle soit, qui en a dévié, il est indispensable de revenir à l’idée divine qui (comme l’enseigne le Docteur Angélique) (74), est le modèle de toute rectitude. C’est pourquoi Notre prédécesseur d’heureuse mémoire Léon XIII dénonçait l’erreur des naturalistes par ces paroles si graves : « C’est une loi de la divine Providence que les institutions qui ont Dieu pour auteur se vérifient d’autant plus utiles et salutaires qu’elles restent davantage dans leur état primitif, intégralement et sans changement ; c’est qu’en effet le Dieu créateur de toutes choses savait fort bien ce qui convenait à l’établissement et à la conservation de chacune de ses œuvres ; il les a toutes, par sa volonté et son intelligence, ordonnées de telle sorte que chacune d’elles pût atteindre convenablement sa fin. Mais si la témérité et la malignité des hommes veulent changer ou troubler l’ordre si providentiellement établi, alors les institutions les plus sages et les plus utiles commencent à devenir nuisibles, ou bien elles cessent d’être utiles, soit qu’elles aient perdu, par ce changement, leur vertu bienfaisante, soit que Dieu lui-même préfère infliger ce châtiment à l’orgueil et à l’audace des hommes » (75). Il faut donc, pour rétablir dans le mariage l’ordre normal, que tous méditent la pensée divine sur ce sujet et s’efforcent de s’y conformer.

Attirer les grâces divines par une vie sincèrement chrétienne.

Mais comme à cette tâche s’oppose surtout la force de la concupiscence rebelle, qui est assurément la cause principale des fautes commises contre les saintes lois du mariage, et comme il est impossible à l’homme d’acquérir la maîtrise sur ses passions s’il ne se soumet d’abord lui-même à Dieu, c’est à réaliser cette soumission qu’il devra premièrement s’appliquer selon l’ordre divinement établi. Car c’est une loi inébranlable que quiconque se soumet à Dieu se sent capable, avec le secours de la grâce, de dominer ses passions et la concupiscence ; quiconque, au contraire, se révolte contre Dieu éprouve douloureusement la guerre intestine que la violence des passions déchaîne en lui, Combien il est sage qu’il en soit ainsi, saint Augustin l’explique en ces termes : « Il convient, en effet, que ce qui est inférieur soit soumis à ce qui est supérieur : celui qui veut dominer ce qui lui est inférieur doit se soumettre à ce qui lui est supérieur à lui-même. Reconnais l’ordre, cherche la paix. « A Dieu ta propre soumission ; à toi la soumission de la chair. » Quoi de plus juste ? Quoi de plus beau ? Tu es soumis, toi, à ce qui est plus grand que toi ; ce qui est plus petit que toi t’est soumis à toi. Sers donc, toi, celui qui t’a fait, afin d’être servi toi-même par ce qui a été fait pour toi. Voici, en effet, un ordre que nous, ne connaissons pas, un ordre que nous ne recommandons pas : « La soumission de la chair à toi, et ta propre soumission à Dieu ! » celui que nous recommandons, le voici : « A Dieu ta propre soumission, et à toi la soumission de la chair. » Que si tu méprises la première loi : « A Dieu ta propre soumission », tu n’obtiendras jamais que se vérifie la seconde : « A toi la soumission de la chair. » Toi qui n’obéis pas à Dieu, tu es torturé par l’esclave. » (76) Le bienheureux Docteur des nations lui-même, sous le souffle de l’Esprit-Saint, atteste cet ordre établi par la divine Sagesse ; après avoir rappelé les sages de l’antiquité qui, ayant connu avec certitude l’existence du Créateur de toutes choses, avaient cependant refusé de l’adorer et de lui rendre un culte, il poursuit en ces termes : « C’est pourquoi Dieu les a livrés aux désirs de leur cœur, à l’impureté, en sorte qu’ils déshonorent leurs corps » il dit encore : « C’est pourquoi Dieu les a livrés aux passions honteuses » (77), car « Dieu résiste aux superbes, et il donne aux humbles sa grâce » (78), sans laquelle, comme l’enseigne le même Docteur des nations, l’homme ne peut dompter la concupiscence rebelle (79). Et dés lors, puisque les mouvements impétueux de la concupiscence ne pourront jamais être refrénés comme il le faut, si l’âme elle-même ne rend d’abord à son Créateur l’humble hommage de la piété et de la révérence, il est par-dessus tout nécessaire qu’une profonde et véritable piété pénètre tout entiers ceux qui s’unissent par le lien sacré du mariage, piété qui anime toute leur vie et qui remplisse leur esprit et leur volonté du plus profond respect envers la souveraine Majesté de Dieu. C’est donc, de la part des Pasteurs, agir excellemment et conformément au plus pur esprit chrétien, pour éviter que les époux ne s’écartent de la loi divine dans le mariage, que de les exhorter par-dessus tout à rester fidèles à la pratique de la piété et de la religion ; à se donner tout entiers à Dieu ; à implorer avec assiduité son secours ; à fréquenter les sacrements ; à entretenir et à développer toujours en. eux-mêmes les dispositions de piété et de dévotion envers Dieu. Ils se trompent grandement, au contraire, ceux qui, dédaignant ou négligeant les moyens qui dépassent la nature, croient, par la pratique et les découvertes des sciences naturelles (savoir : de la biologie, de la science des transmissions héréditaires, et d’autres semblables), pouvoir amener les hommes à refréner les désirs de la chair. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille faire peu de cas de ces moyens naturels : car il n’y a qu’un seul auteur de la nature et de la grâce, Dieu, qui a disposé les biens de l’ordre naturel et de l’ordre surnaturel pour le service et l’utilité des hommes. Les fidèles peuvent donc et doivent s’aider aussi des moyens naturels. Mais c’est se tromper que de croire ces moyens suffisants pour assurer la chasteté de l’union conjugale, ou de leur attribuer une efficacité plus grande qu’au secours de la grâce surnaturelle.

Docilité aux enseignements de l’Eglise et obéissance à ses prescription.

Cette conformité de l’union conjugale et des mœurs aux lois divines, sans laquelle aucune restauration efficace du mariage n’est possible, suppose que tous peuvent discerner, avec facilité, avec une pleine certitude, et sans aucun mélange d’erreur, quelles sont ces lois. Or, tout le monde voit à combien d’illusions on donnerait accès, et combien d’erreurs se mêleraient à la vérité, si on abandonnait à chacun le soin de découvrir ces lois à la seule lumière de la raison, ou s’il les fallait trouver moyennant l’interprétation privée de la vérité révélée. Cette considération vaut sans doute pour nombre d’autres vérités de l’ordre moral, mais son importance est extrême quand il s’agit de l’union conjugale où l’attrait de la volupté peut facilement s’emparer de la fragile nature humaine, la tromper et la séduire. Et cela d’autant plus que l’observation de la loi divine exige des conjoints des sacrifices parfois difficiles et prolongés, auxquels, l’expérience en témoigne, un homme faible oppose autant d’arguments qu’il lui en faut pour s’excuser de ne point observer la loi divine. Aussi, pour que ce ne soit pas une fiction ou une déformation de la loi divine, mais une vraie et authentique connaissance de cette loi qui éclaire les esprits et dirige les mœurs des hommes, il est nécessaire qu’à la dévotion envers Dieu et au désir de le servir s’ajoute une filiale et humble obéissance envers l’Eglise. C’est, en effet, Notre-Seigneur lui-même qui a établi l’Église maîtresse de vérité, même en ce qui regarde la conduite et l’ordre des mœurs, bien qu’en cette matière beaucoup de choses ne soient pas, par elles-mêmes, inaccessibles à la raison humaine. Car si, pour les vérités naturelles de la religion et des mœurs, Dieu a joint la révélation à la lumière de la raison, afin que « même dans la condition présente du genre humain tous puissent connaître aisément, avec une certitude ferme et sans mélange d’erreur » (80) ce qui est juste et vrai, il a pareillement établi dans le même but, l’Eglise comme gardienne et maîtresse de toute la vérité, tant de la religion que des mœurs. Que les fidèles lui obéissent donc, pour prémunir leur intelligence contre l’erreur et leurs mœurs contre la corruption, et qu’ils lui soumettent leur esprit et leur âme. Si, d’ailleurs, ils ne veulent pas se priver eux-mêmes d’un secours accordé par Dieu avec une si grande bonté, ils doivent pratiquer cette obéissance non seulement à l’égard des définitions plus solennelles de l’Eglise, mais aussi, proportion gardée, à l’égard des autres constitutions et décrets qui proscrivent ou condamnent certaines opinions comme dangereuses ou mauvaises (81). En conséquence, dans les questions qui sont soulevées aujourd’hui par rapport au mariage, que les fidèles ne se fient pas trop à leur propre jugement, et qu’ils ne se laissent pas séduire par cette fausse liberté de la raison humaine que l’on appelle autonomie. Rien ne convient moins en effet à un chrétien digne de ce nom que de pousser l’orgueilleuse confiance en sa propre intelligence, jusqu’à refuser son assentiment aux vérités dont il n’aurait pu acquérir personnellement une connaissance directe ; jusqu’à regarder l’Eglise, envoyée par Dieu cependant pour enseigner et régir toutes les nations, comme médiocrement informée des choses présentes et de leurs aspects actuels, ou même jusqu’à n’accorder son assentiment et son obéissance qu’aux définitions plus solennelles dont Nous avons parlé, comme si l’on pouvait prudemment penser que les autres décisions de l’Eglise sont entachées d’erreur ou qu’elles n’ont pas un fondement suffisant de vérité et d’honnêteté. C’est au contraire, le propre des vrais chrétiens, savants ou non, de se laisser gouverner et conduire, en tout ce qui concerne la foi et les mœurs, par la sainte Eglise de Dieu, par son suprême Pasteur, le Pontife romain, qui est lui-même dirigé par Notre-Seigneur Jésus-Christ.

La doctrine du mariage chrétien enseignée avec zèle.

En
conséquence, comme il faut tout ramener à la loi et aux pensées divines pour que la restauration du mariage se réalise partout et de façon durable, il est souverainement important que les fidèles soient bien instruits du mariage, par un enseignement oral ou écrit, non point une fois en passant, ni à la légère, mais fréquemment et solidement au moyen d’arguments clairs et convaincants, afin que ces vérités saisissent vivement l’esprit et pénètrent jusqu’au fond des cœurs. Qu’ils sachent et considèrent souvent quelle sagesse, quelle sainteté, quelle bonté envers les hommes Dieu a montrées, soit en instituant le mariage, soit en le garantissant par de saintes lois, et, plus encore, en l’élevant d’une façon merveilleuse à la dignité de sacrement, par quoi une source si abondante de grâces est ouverte aux époux chrétiens, qui peuvent ainsi, chastement, fidèlement, réaliser les hautes fins du mariage, pour leur bien et leur salut personnel, pour le bien et le salut de leurs enfants, et aussi pour le bien et le salut de la société civile et du genre humain tout entier. Or, si les adversaires actuels du mariage n’épargnent rien — discours, livres, brochures, ni toutes sortes d’autres procédés — pour pervertir les esprits, corrompre les cœurs, ridiculiser la chasteté conjugale et exalter les vices les plus honteux, vous devez bien plus encore, Vénérables Frères, vous que l’ « Esprit-Saint a placés comme évêques pour régir l’Eglise de Dieu, acquise par lui au prix de son sang » (82), vous devez vous engager à fond pour un effort contraire : par vous mêmes, par les prêtres soumis à votre obédience, et même par ces laïques d’élite rassemblés pour aider l’apostolat hiérarchique, en cette Action Catholique si vivement désirée et recommandée par Nous, vous devez tout mettre en œuvre pour opposer la vérité à l’erreur, la splendeur de la chasteté au vice honteux, la liberté des enfants de Dieu à la servitude des passions (83) ; enfin, à la coupable facilité des divorces, l’indéfectibilité de la vraie charité dans le mariage, et le sacrement de la fidélité conjugale inviolé jusqu’à la mort. Ainsi les chrétiens pourront-ils de toute leur âme rendre grâce à Dieu de se sentir liés par ses ordres et contraints avec tant de force et de douceur à fuir au plus loin toute idolâtrie. de la chair et tout ignoble esclavage du plaisir : ils se détourneront avec horreur, ils mettront la plus grande vigilance à s’éloigner de ces criminelles conceptions qui, pour la honte de la dignité humaine, se répandent en ce moment même, de vive voix ou par écrit, sous le nom de « mariage parfait », et qui font de ce soi-disant mariage parfait un « mariage dépravé », comme on l’a dit aussi, fort justement. Ce salutaire enseignement et cette science religieuse du mariage chrétien n’ont aucun rapport avec cette éducation physiologique exagérée par laquelle, de nos jours, de soi-disant réformateurs de la vie conjugale prétendent rendre service aux époux : ils s’étendent longuement sur ces questions de physiologie, mais ce qu’on enseigne ainsi, c’est bien plutôt l’art de pécher avec astuce que la vertu de vivre avec chasteté. Aussi ferons-Nous Nôtre, de toute Notre âme, Vénérables Frères, les paroles de Notre prédécesseur Léon XIII, d’heureuse mémoire, dans sa Lettre encyclique sur le Mariage chrétien, adressée aux évêques du monde, entier : « Ne négligez aucun effort, y disait-il, usez de toute votre autorité pour garder dans toute son intégrité et toute sa pureté, parmi les populations qui vous sont confiées, la doctrine que le Christ Notre-Seigneur et les apôtres, interprètes de la volonté divine, nous ont transmise, que l’Eglise catholique a conservée, elle aussi religieusement, et qu’elle a ordonné à tous les chrétiens d’observer jusqu’à la fin des temps. » (84)

La coopération des époux aux grâces du sacrement.

Mais l’enseignement de l’Eglise, si excellent soit-il, ne suffit pas à lui seul à rétablir la conformité du mariage à la loi de Dieu : même quand les époux sont instruits de la doctrine du mariage, il leur faut, en outre, une très ferme volonté d’observer les saintes lois de Dieu et de la nature concernant le mariage. Quelles que soient les théories que d’aucuns veulent soutenir et propager par la parole et par la plume, il est une décision qui doit être, chez les époux, ferme, constante, inébranlable : celle de s’en tenir, sans hésitation, en tout ce qui concerne le mariage, aux commandements de Dieu : en s’entraidant toujours charitablement, en gardant la fidélité de la chasteté, en n’ébranlant jamais la stabilité du lien conjugal, en n’usant jamais que chrétiennement et saintement des droits acquis par le mariage, surtout dans les premiers temps de l’union conjugale, afin que, si par la suite les circonstances exigent la continence, il leur soit, pour s’y être habitués déjà l’un et l’autre, plus facile de la garder. Pour concevoir cette ferme volonté, pour la conserver et pour la faire passer en acte ; il sera fort utile aux époux chrétiens de méditer souvent sur leur état et de se rappeler soigneusement le sacrement qu’ils ont reçu. Qu’ils se souviennent sans cesse qu’en vue des devoirs et de la dignité de leur état ils ont été sanctifiés et fortifiés par un sacrement spécial, dont la vertu efficace, tout en n’imprimant pas de caractère, dure cependant perpétuellement. Qu’ils méditent, dans cette vue, ces paroles si consolantes à coup sûr du saint cardinal Bellarmin, qui formule ainsi pieusement le sentiment que partagent avec lui d’autres théologiens éminents : « Le sacrement de mariage peut se concevoir sous deux aspects : le premier, lorsqu’il s’accomplit, le second, tandis qu’il dure après avoir été effectué. C’est, en effet, un sacrement semblable à l’Eucharistie, qui est un sacrement non seulement au moment où il s’accomplit, mais aussi durant le temps où il demeure ; car, aussi longtemps que les époux vivent, leur société est toujours le sacrement du Christ et de l’Église. » (85) Mais pour que la grâce de ce sacrement produise son plein effet, elle requiert la coopération des époux dont Nous avons déjà parlé, et qui consiste à faire tout ce qui est en eux pour remplir leur devoir avec zèle. De même, en effet, que dans l’ordre de la nature, les énergies que Dieu a répandues ne se manifestent dans leur pleine vigueur que si les hommes les mettent en œuvre par leur propre travail et leur propre industrie, sous peine de n’en retirer aucun avantage, ainsi les forces de la grâce, qui du sacrement ont jailli dans l’âme et qui y demeurent, doivent-elles être fécondées par la bonne volonté et le travail des hommes. Que les époux se gardent donc de négliger la grâce du sacrement, qui est en eux (86) ; mais qu’ils s’appliquent avec soin à l’observation de leurs devoirs, si laborieuse qu’elle soit, et qu’ils expérimentent ainsi la force, croissant chaque jour davantage, de cette grâce. Et s’il arrive qu’ils sentent peser plus lourdement sur eux les labeurs de leur condition et de leur vie, qu’ils ne perdent pas courage, mais qu’ils s’appliquent à eux-mêmes ce que l’apôtre saint Paul écrivait au sujet de l’0rdre à son très cher disciple Timothée, tout près d’être découragé par les fatigues et par les avanies : « Je te recommande de ressusciter la grâce de Dieu, qui est en toi par l’imposition de mes mains. Car Dieu ne nous a pas donné un esprit de crainte, mais un esprit de force, d’amour et de sagesse. » (87)

La préparation nécessaire au mariage.

Mais tout cela, Vénérables Frères, dépend en grande partie de la préparation convenable des époux au mariage, préparation éloignée et préparation prochaine. De fait, on ne peut nier que le solide fondement d’un mariage heureux et la ruine d’un mariage malheureux se préparent déjà dans les âmes des jeunes gens dés le temps de l’enfance et de la jeunesse. Car ceux qui, avant le mariage, se cherchaient égoïstement en toutes choses, qui s’abandonnaient à leurs convoitises, il est à craindre qu’ils ne restent, dans le mariage, pareils à ce qu’ils étaient avant le mariage ; qu’ils ne doivent aussi récolter ce qu’ils auront semé (88) : c’est-à-dire la tristesse au foyer domestique, les larmes, le mépris mutuel, les luttes, les mésintelligences, le mépris de la vie commune ou encore, ce qui est pire, qu’ils ne se retrouvent eux-mêmes avec leurs passions indomptées. Que les fiancés s’engagent donc dans l’état conjugal bien disposés et bien préparés, afin de pouvoir s’entraider mutuellement à affronter ensemble les vicissitudes de la vie, et, bien plus encore, à se procurer le salut éternel et à former, en eux l’homme intérieur jusqu’à la perfection de maturité du Christ (89). Par là même aussi, ils se montreront plus aisément à l’égard de leurs enfants tels que Dieu veut que soient des parents : un père qui soit vraiment père, une mère qui soit vraiment mère, et dont le pieux amour et les soins assidus fassent retrouver à leurs enfants, dans la maison paternelle, même au sein de l’indigence et au milieu de cette vallée de larmes, quelque chose de pareil au paradis de délices où le Créateur du genre humain
avait placé les premiers hommes. C’est ainsi, pareillement, qu’ils feront de leurs enfants des hommes parfaits et des chrétiens accomplis, qu’ils leur inspireront le véritable esprit catholique, et qu’ils leur communiqueront ce noble sentiment d’affection et d’amour pour la patrie qu’exigent la piété et la reconnaissance. C’est pourquoi ceux qui songent à s’engager dans cette sainte union conjugale, et aussi ceux qui sont chargés de l’éducation de la jeunesse chrétienne, attacheront le plus grand prix à ces conseils, ils prépareront le bien, ils préviendront le mal, ils renouvelleront le souvenir des avis que Nous avons donnés, dans Notre Encyclique sur l’éducation. « Il faut donc, dés l’âge le plus tendre, corriger les inclinations déréglées des enfants, développer celles qui sont bonnes. Par-dessus tout, il importe d’imprégner leur intelligence des doctrines venues de Dieu, de fortifier leur cœur par le secours de la grâce divine, sans laquelle aucun d’eux ne pourra dominer ses mauvaises inclinations, et sans laquelle non plus on ne pourra espérer le résultat total et parfait de l’action éducatrice de l’Église que le Christ a précisément dotée de doctrines célestes et de sacrements divins pour en faire la Maîtresse très sûre des hommes. » (90) Quant à la préparation prochaine d’un mariage heureux, le choix soigneux du futur conjoint y importe au plus haut point : c’est de ce choix, en effet, que dépend en grande partie le bonheur ou la disgrâce du mariage, chaque époux pouvant être un aide puissant, ou un grand péril et un grand obstacle, pour la pratique de la vie chrétienne dans le mariage. C’est, durant toute la vie qu’un mariage imprudent serait une source de chagrins : aussi les jeunes gens qui se destinent au mariage devront réfléchir mûrement avant de choisir la personne avec laquelle ils devront ensuite passer toute leur existence ; dans ces réflexions, il leur faut considérer en tout premier lieu Dieu et la vraie religion du Christ, puis penser à leur avantage, à celui du conjoint, des enfants à venir, de la famille humaine, et de la société civile qui sortent de l’union conjugale comme de leur source. Qu’ils implorent avec ferveur le secours divin, pour que leur choix se fasse suivant la prudence chrétienne, non sous la pression aveugle et effrénée de la passion, ni par le seul désir de lucre ou quelque autre mobile moins noble, mais par un vrai et loyal amour, et par une sincère affection envers le futur époux, et pour chercher dans le mariage les fins pour lesquelles Dieu l’a institué. Qu’ils n’omettent pas, enfin, de solliciter, touchant ce choix, le conseil prudent des parents ; qu’ils tiennent grand compte de leur avis, afin de se prémunir, grâce à la sagesse et à l’expérience de ceux-ci, contre une erreur pernicieuse et de s’assurer plus abondante, au moment de s’engager dans le mariage, la bénédiction du quatrième commandement : « Honore ton père et ta mère (ce qui est le premier commandement accompagné d’une promesse), afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre. » (91)

Les difficultés économiques qu’il faut résoudre.

Et comme il n’est pas rare que des époux éprouvent de graves difficultés à observer parfaitement les commandements de Dieu et l’honnêteté conjugale, à cause de la gène qui règne à leur foyer et de la trop grande pénurie de biens temporels, il faut évidemment, en ces cas, subvenir de la meilleure manière possible à leurs nécessités. Et tout d’abord, il faut s’efforcer de toutes façons de réaliser ce que Notre prédécesseur Léon XIII avait déjà déclaré (92) : que, dans la société civile, le régime économique et social soit constitué de façon que tout père de famille puisse gagner ce qui, étant données sa condition et la localité qu’il habite, est nécessaire à son entretien et à celui de sa femme et de ses enfants : « Car l’ouvrier mérite son salaire » (93). Lui refuser ce salaire, ou lui donner un salaire inférieur à son mérite, c’est une grave injustice et un péché que les Saintes Ecritures rangent parmi les plus grands (94). Il n’est pas permis non plus de fixer un taux de salaire si modique que, vu l’ensemble des circonstances, il ne puisse suffire à l’entretien de la famille. Il faut néanmoins avoir soin que les époux eux-mêmes, et cela déjà longtemps avant de s’engager dans l’état du mariage, S’appliquent à pourvoir d’avance aux charges et aux besoins de leur avenir ou, du moins, à les alléger, et qu’ils se renseignent auprès des gens compétents sur les moyens d’y réussir efficacement et en même temps, honnêtement. Il faut aussi veiller à ce que, s’ils ne se suffisent pas à eux seuls, ils arrivent, en s’unissant aux gens de leur condition, et par des associations privées ou publiques, à parer aux nécessités de la vie (95). Mais quand, par les moyens que Nous venons d’indiquer, la famille, surtout si elle est nombreuse, ou moins capable, ne parvient pas à équilibrer son budget, l’amour chrétien du prochain requiert absolument que la charité chrétienne compense ce qui manque aux indigents, que les riches surtout secourent les. pauvres, que ceux qui ont du superflu ne le gaspillent pas en dépenses vaines ou en pures prodigalités, mais qu’ils le consacrent à entretenir la vie et la santé de ceux qui manquent même du nécessaire. Ceux qui auront fait part de leurs richesses au Christ présent dans les pauvres recevront du Seigneur, quand il viendra juger le monde, une très riche récompense ; ceux qui se seront comportés d’une façon contraire en seront sévèrement punis (96). Car ce n’est pas en vain que l’Apôtre donne cet avertissement : « Celui qui possède les richesses d’ici-bas et qui, sans s’émouvoir, voit son frère dans la nécessité : comment l’amour de Bien demeure-t-il en lui ? » (97) Que si les subsides privés restent insuffisants, il appartient aux pouvoirs publics de suppléer à l’impuissance des particuliers, surtout en une affaire aussi importante pour le bien commun que l’est une condition vraiment humaine assurée à la famille et aux époux. Si, en effet, les familles, surtout celles qui comptent de nombreux enfants, sont privées de logements convenables ; si l’homme ne parvient pas à trouver du travail et à gagner sa vie ; si ce qui est d’usage quotidien ne peut s’acheter qu’à des prix exagérés ; si même la mère de famille, au grand détriment de la vie domestique, se voit contrainte d’ajouter à ses charges celle du travail pour se procurer de l’argent ; si cette même mère, dans les fatigues ordinaires ou même extraordinaires de la maternité, manque de nourriture convenable, de médicaments, de l’assistance d’un médecin compétent, et d’autres choses du même genre ; tout le monde voit en quel découragement peuvent tomber les époux, combien la vie domestique et l’observation des commandements de Dieu leur en deviennent difficiles, et aussi quel péril peut en résulter pour la sécurité publique, pour le salut, pour l’existence même de la société civile, car enfin des hommes réduits à ce point pourraient en arriver à un tel désespoir que, n’ayant plus rien à perdre, ils finissent par concevoir le fol espoir de tirer de grands profits d’un bouleversement général du pays et de ses institutions. En conséquence, ceux qui ont la charge de l’Etat et du bien commun ne sauraient négliger ces nécessités matérielles des époux et des familles sans causer un grave dommage à la Cité et, au bien commun ; il leur faut donc, dans les projets de loi et dans l’établissement du budget, attacher une importance extrême au relèvement de ces familles indigentes : ils doivent considérer cette tâche comme une des principales responsabilités du pouvoir. Nous le constatons ici avec peine : il n’est pas rare aujourd’hui que, par un renversement de l’ordre normal, une mère et des enfants illégitimes (qu’à la vérité il faut secourir aussi, ne fût-ce que pour prévenir de
plus grands maux) se voient accorder tout de suite et abondamment des subsides qui sont refusés à la mère légitime, ou qui ne lui sont concédés que parcimonieusement et comme à regret.

La collaboration de l’Eglise et de l’Etat.

Mais ce n’est pas seulement au temporel, Vénérables Frères, qu’il importe extrêmement à l’Etat de donner au, mariage et à la famille des bases solides, mais aussi en ce qui concerne le bien des âmes : il lui importe de promulguer et de faire observer des lois justes touchant la chaste fidélité et l’entraide mutuelle des époux. Car, l’histoire en témoigne, le salut de l’Etat et la félicité temporelle des citoyens sont précaires et ne peuvent rester saufs là ou on ébranle le fondement sur lequel ils sont établis, qui est le bon ordre des mœurs, et là où les vices des citoyens obstruent la source où la Cité puise sa vie, savoir le mariage et la famille.

Mais pour sauvegarder l’ordre moral, il ne suffit pas de recourir aux forces extérieures et aux châtiments dont dispose l’Etat, ni de montrer aux hommes la beauté et la nécessité de la vertu ; il faut y associer l’autorité religieuse qui répand dans l’esprit la lumière de la vérité, qui dirige la volonté et qui est en mesure de fortifier l’humaine fragilité par les secours de la grâce divine 0r, la seule autorité religieuse, c’est l’Eglise instituée par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Voilà pourquoi Nous exhortons vivement dans le Seigneur tous ceux qui sont dépositaires du pouvoir civil à nouer et à entretenir des rapports de concorde et d’amitié avec l’Eglise du Christ. De la sorte, en conjuguant leurs efforts et leur zèle, les deux Puissances écarteront les dommages immenses que le dérèglement des mœurs, en s’attaquant au mariage et à la famille, tient suspendus sur l’Eglise autant que sur la société civile. Les lois de l’Etat peuvent seconder beaucoup l’Eglise en cette tâche très importante, si, dans leurs prescriptions, elles tiennent compte de ce que la loi divine et ecclésiastique a établi, et si elles punissent ceux qui y contreviennent. Ils ne sont pas rares, en effet, ceux qui pensent que la loi morale autorise ce que les lois de l’Etat permettent, ou du moins ce qu’elles ne punissent pas, ou qui, même à l’encontre de leur conscience, usent de toutes les libertés consenties par la loi, parce qu’ils n’ont pas la crainte de Dieu et qu’ils ne trouvent rien à redouter du côté des lois humaines. Ainsi ils sont souvent cause de ruine, pour eux et pour beaucoup d’autres. Il ne résultera, à coup sûr, de cette alliance avec l’Église, ni danger ni amoindrissement pour les droits de l’Etat et pour son intégrité : toute défiance, toute crainte à cet égard sont vaines et sans fondement ; Léon XIII l’a déjà clairement montré : « Personne ne doute que le divin Fondateur de l’Eglise, Jésus-Christ, n’ait voulu que la puissance ecclésiastique fût distincte de la puissance civile et que chacune fût libre de remplir sans entraves sa mission propre, avec cette clause toutefois, qui est utile à chacune des deux Puissances, et qui importe à l’intérêt de tous les hommes, que l’accord et l’harmonie régneraient entre elles… Quand l’autorité civile s’accorde avec le pouvoir sacré de l’Eglise dans une entente amicale, cet accord procure nécessairement de grands avantages aux deux Puissances, La dignité de l’Etat, en effet, s’en accroît, et, tant que la religion lui sert de guide, le gouvernement reste toujours juste. En même temps, cet accord procure à l’Eglise des secours de défense et de protection qui sont à l’avantage des fidèles.» (98) Pour apporter ici un exemple récent et éclatant, c’est suivant cet ordre et absolument selon la loi du Christ que le Pacte solennel, heureusement conclu entre le Saint-Siège et l’Italie, a inclus dans ses dispositions une entente pacifique et une coopération amicale touchant le mariage, comme il convenait à l’histoire glorieuse de la nation italienne et à ses antiques traditions religieuses. Voici, en effet, ce qu’on lit à ce sujet dans les Accords du Latran ; « L’Etat italien, voulant restituer à l’institution du mariage, qui est la base de la famille, une dignité conforme aux traditions de son peuple, attache les effets civils au sacrement de mariage célébré conformément au droit canonique. » (99) La règle et le principe qu’on vient de lire trouvent leur développement dans les articles suivants du Concordat. Voilà qui peut servir d’exemple et d’argument pour démontrer que, même dans notre temps, où, hélas ! l’on préconise si souvent une absolue séparation de l’Etat d’avec l’Eglise, et même d’avec toute religion, les deux Puissances souveraines peuvent, sans aucun détriment pour leurs droits et leurs souverainetés respectives, se rapprocher et s’allier dans un accord mutuel et une entente amicale pour le bien commun de toutes les deux, que les deux Puissances
peuvent aussi associer leurs responsabilités concernant le mariage et écarter ainsi des foyers chrétiens de pernicieux périls et même une ruine imminente.

Les exhortations et la prière du Saint Père.

Toutes ces considérations auxquelles, Vénérables Frères, ému par Nos sollicitudes pastorales, Nous venons de Nous arrêter attentivement, Nous désirons les voir, conformément à la règle de la prudence chrétienne, largement propagées parmi tous Nos chers Fils immédiatement confiés à vos soins, parmi tous les membres de la grande famille du Christ sans exception ; qu’elles leur soient expliquées pour que tous connaissent parfaitement la vraie doctrine du mariage, pour qu’ils se prémunissent avec soin contre les périls que préparent les prêcheurs d’erreurs, et, surtout pour que, « répudiant l’impiété et les convoitises mondaines, ils vivent dans le siècle présent sobrement, justement, pieusement, dans l’attente de l’espérance bienheureuse et du glorieux avènement de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ » (100). Fasse donc le Père tout puissant, « de qui toute paternité, reçoit son nom dans les cieux et sur la terre (101), qui fortifie les faibles et qui donne du courage aux pusillanimes et aux timides, » fasse le Christ, Notre-Seigneur et Rédempteur, qui a institué et conduit à leur perfection les vénérables sacrements (102), qui a voulu faire du mariage une image de son ineffable union avec l’Eglise ; fasse l’Esprit-Saint, Dieu Charité, Lumière des cœurs et force de l’esprit, que Nos enseignements donnés en cette Encyclique sur le mariage, sur l’admirable loi et l’admirable volonté de Dieu qui concerne cet auguste sacrement, sur les erreurs et les périls qui le menacent, sur les remèdes auxquels on doit recourir, soient compris par tous, reçus avec des dispositions généreuses, et, la grâce de Dieu aidant, mis en pratique, afin que, par là, refleurissent et revivent dans les mariages chrétiens la fécondité sainte, la foi immaculée, la stabilité inébranlable, le caractère sacré et la plénitude de grâces du sacrement. Afin que Dieu, l’auteur de toutes les grâces, « lui qui produit, en nous le vouloir et le faire » (103), daigne, suivant la grandeur de sa toute-puissance et de sa bonté, réaliser et accorder la demande que Nous venons de formuler, Nous répandons très humblement Nos ferventes prières devant le Trône de sa grâce, et comme gage de l’abondante bénédiction de ce Dieu tout-puissant, Nous vous accordons de tout cœur, Vénérables Frères, ainsi qu’au clergé et au peuple confiés à vos soins vigilants, la Bénédiction Apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 31 décembre de l’année 1930, de Notre Pontificat la neuvième.

PIE XI


NOTES

1 – Eph V, 32.
2 – Encycl.
Arcanum divinae sapientiae, 10 février 1880 [cf Lettres apostoliques de S. S. Léon XIII, t. p. 76-109].
3 –
GenI, 27-28 ; II, 22-23 ; Mt XIX, 3 sq. ; Eph V, 23 sq.
4 – Conc. Trid., sess. XXIV.
5 –
Cod. iur. can., c. 1081, § 2.
6 –
Cod. iur. can., c. 1081, § 1.
7 – S. Thom. d’Aquin,
Summa theol, p. III. Supplem. 9, XLIX, art. 3.
8 – Encycl.
Rerum novarum, 15 mai 1891
9 –
Gen, 1 28.
10 – Encycl.
Ad salutem, 20 avril 1930 [cf. Documentation Catholique t. 23, col. 1155-1181].

11 – S. August., De bono coniug, cap. XXIV, N° 32.
12 – S. August.,
De Gen. ad litt, I. IX, ch. VII, N° 12.
13 –
Gen I, 28.
14 – 1
Tim V, 14.
15 – S. August.,
De bono coniug, cap. XXIV, N° 32.
16 – 1
Co II, 9.
17 –
Eph II, 19.
18 –
Jn XVI, 21.
19 – Encycl.
Divini illius Magistri, 31 déc. 1929.
20 – S. August,
De bono coniug, cap. XXIV, N° 32.
21 –
Cod., iur. can, C. 1013, § 1.
22 – Conc. trid., sess. XXIV.
23 –
Mt V, 28.
24 – Decr. S ;
Officii, 2 mars 1679, propos. 50.
25 –
Eph V, 25 ; Col. III, 19.

26 – Catéch. Rom, II, ch. VIII, q. 24.
27 – S. Grégoire Le Grand, Homil. XXX in Evang. (Jn., XIV, 23-24), N° 1.
28 –
Mt XXII, 40.
29 –
Catéch. Rom. II, ch. VIII, q. 13.
30 – 1
Cor, VII, 3.
31 –
Eph V, 22-23.
32 – Encycl.
Arcanum divinae sapientiae, 10 février 1880 [cf. Lettres Apost, t. 2, p. 85].
33 –
Mt XIX, 6.
34 –
Lc XVI, 18.
35 – S. August.,
De Gen. ad litt., I. IX, ch. VII, N° 12.
36 – Pie VI,
Rescript. ad Episc. Agriens., 11 juillet 1789.
37 – Eph V,.
38 – S. August.,
De nupt. et Concup., I 1, ch X.
39 – 1
Co XIII, 8.
40 – Conc. trid., sess. XXIV.
41 – Conc. trid, sess. XXIV.
42 –
Cod., iur. can, C. 1012.
43 – S. August,
De nupt. et Concup., I 1, ch X.
44 –
Mt XIII, 25.
45 – 2
Tim IV, 2-5.
46 –
Eph V, 3.
47 – S. August,
De coniug adult, I II, N° 12 ; cf Gen. XXXVIII, 8-10, decr. S. Pœnitent. 3 avril, 3 juin 1916.
48 –
Mt XV, 14. cf Decr. S. Officii, 22 novembre 1922.
49 –
Lc VI, 38.
50 – Conc. trid., sess. VI, ch. II.
51 – Const. Apost.
Cum occasione, 31 mai 1633 prop. 1.
52 –
Ex XX, 13 ; cf Decr S. Officii du 4 mai 1898 ; 24 juillet 1895 ; 31 mai 1889 (cf Denzinger, n° 1889 et 1890).
53 – S. August,
De nupt et Concup, I 1, ch XV.
54 –
Rm III, 8.
55 –
Gen IV, 10.
56 – Summ. theol., 2° 2ac, q. CVIII, 4 ad.
57 –
Ex XX, 14.
58 –
Mt V, 28.
59 –
Hebr, XIII, 8.
60 –
Mt V, 18.
61 –
Mt VII, 27.
62 – Encycl.
Arcanum divinae sapientiae, 10 février 1880.
63 –
Eph V, 32 ; Hebr. XIII, 4.
64 –
Cod, iur. can, C. 1060.
65 – Modestinus, in Dig. (Liv. XXIII, II ; De ritu nuptiarum), I. I, Regularum.
66 –
Mt XIX, 6.
67 –
Lc XVI, 18.
68 – Conc. Trid., sess. XXIV, ch. V.
69 – Conc. Trid. sess. XXIV, ch. VII.
70 –
Cod, iur. can, C. 1128 sq.
71 – Encycl.
Arcanum divinae sapientiae, 10 février 1880.
72 – Encycl.
Arcanum divinae sapientiae, 10 février 1880.
73 – Encycl.
Arcanum divinae sapientiae, 10 février 1880.
74 – S. Thom. d’Aquin,
Summ. theol, 1° IIse, q. XCI, a. 1-2.
75 – Encycl.
Arcanum divinae sapientiae, 10 février 1880.
76 – S. August, Enarrat. in Ps. 143
77 –
Rm 1, 24, 26
78 –
Jc IV, 6.
79 –
Rm VII, 8.
80 – Conc. Vat. sess III, ch. II.
81 – Conc. Vat. sess XIII, ch. IV ;
Cod., iur. can, C. 1324.
82 –
Ac XX, 28.
83 –
Jn VIII, 32sq. ; Ga V, 13.
84 – Encycl.
Arcanum divinae sapientiae, 10 février 1880.
85 – S. Robert Bellarmmo,
De controvresiis, t. III, De Matr, controvers. II, ch VI.
86 – 1
Tim IV, 14.
87 – 2
Tim I, 6-7.
88 –
Ga VI, 9.
89 –
Eph IV, 13.
90 – Encycl.
Divini illius Magistri, 31 décembre 1929.
91 –
Eph VI, 2-3 ; Ex XX, 12.
92 – Encycl.
Rerum novarum, 15 mai 1891.
93 –
Lc X, 7.
94 –
Dt XXIV, 14, 15.
95 – Encycl.
Rerum novarum, 15 mai 1891.
96 –
Mt XXV, 34 sq.
97 – 1
Jn, III, 17.
98 – Encycl.
Arcanum divinae sapientiae, 10 février 1880.
99 – Concord. art. 34 : Act. Apost. Sed., XXI (1929), p. 290.
100 –
Tit II, 12-13.
101 –
Eph, III, 15.
102 – Conc. Trid, sess. XXIV.
103 –
Phil. II, 13.

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